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Les doses d’histamine injectées varient de 10 à 500 doses mortelles. L'animal était ensuite sacrifié au gaz d'éclairage au bout d’un délai qui variait de trente minutes à vingt-quatre heures. Avec les doses élevées, on a pu observer parfois les symptômes d’une péritonite par perforation, suivie de mort de l’animal.
L'étude des lésions obtenues, en variant ainsi les conditions expérimentales, montre que leur intensité dépend de deux facteurs : d'une part, de la dose d’histamine injeetée, d'autre part du délai écoulé entre cette injection et le sacrifice de l’animal.
L'injection des doses faibles comprises entre 10 et 100 doses mortelles ne détermine aucune lésion macroscopique de la muqueuse, mais seulement un état de contracture plus ou moins marqué, se traduisant par une diminution du calibre de l'estomac et un aspect plissé de l’ensemble de la paroi. Cet état de contracture, absolument constant, n’est pas strictement proportion-. nel à la dose injectée. 5
Les injections des doses moyennes comprises entre 100 et 250 doses mortelles déterminent au contraire des lés'ons macroscopiquement apparentes de la muqueuse. . Ces lésions apparaissent à 100 doses mortelles et le facteur temps joue peu entre quatre et vingt-quatre heures. Elles consistent en petites taches brunâtres, punctiformes, parsemant la muqueuse de la petite courbure et de l’antre pré-pylorique. Elles s’enlèvent facilement au grattage et ne laissent pas percevoir de lésions Sousjacentes de la muqueuse. Deux fois, ces lésions se sont accompagnées de présence de sang dans la cavité gastrique. La contracture de la paroi est intense.
Les injections de doses fortes comprises entre 250 et 500 doses mortelles déterminent des lésions considérables. L’estomac n’est plus contracté, mais au contraire dilaté. Sa capacité varie de 10 à 20 cc. Sa paroi est très amincie. Les lésions endo-gastriques sur lesquelles nous
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reviendrons tout à l'heure, apparaissent par transparence à l’observation des faces. A l'ouverture, la présence de sang est constante et l’on peut voir toute une gamme de lésions depuis le piqueté hémorragique accompagné ou non d’érosions sous-jacentes, jusqu’à la perforation complète, en passant par le stade d’ulcère vrai, unique ou multiple.
L'ulcère vrai est caractérisé par une perte de substance de la muqueuse qui met à nu de facon fort apparente les couches sous-jacentes. Les bords de cet ulcère sont en général abrupts et sa surface varie des dimensions d’une tête d’épingle à celle d’une lentille.
Fig. 4
ASpect inacroscopique d'un ulcère perforé et dulcères au stade préperforatif
La perforation revêt des aspects assez variables, depuis la perforation punctiforme jusqu’à la perforation atteignant les dimensions d’un pois et dont les bords sont éversés dans la cavité péritonéale (fig. 4). Ces lésions d’ulcères perforés ou non, se trouvent soit en territoire sain, soit en territoire plus ou moins imprégné de suffusions hémorragiques. Elles siègent de facon presque élective sur les faces, un peu plus souvent sur la face postérieure que sur la face antérieure, On, les
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observe avec une fréquence égale à la partie moyenne et à la partie inférieure, mais, par contre, avec une fréquence plus grande près de la grosse tubérosité. Il va sans dire que ces localisations électives sont surtout remarquables lorsque les lésions sont peu nombreuses. Au contraire, lorsque les lésions sont multiples elles se répartissent sur toutes les régions gastriques, et il nous a été donné de constater des ulcères dont la perforation transformait l'estomac en véritable écumoire. Quelquefois même, la coalescence des lésions était telle que l’estomac était complètement délâbré.
Nous allons maintenant aborder la description histologique des lésions que nous venons de signaler et nous étudierons successivement :
— Les lésions érosives, c’est-à-dire les pertes de substance limitées à la muqueuse.
—— Les lésions ulcéreuses où la perte de substance dépasse la musculaire muqueuse.
— Les processus de réparation.
— La perforation.
1°) Les lésions érosives (fig. 5) :
L'étude d’une lésion érosive nous permet de constater une desquamation importante des cellules de l’épithélium de surface dont les débris tombent en paquets - massifs dans la lumière gastrique. L'importance de ces
débris évite toute confusion avec la desquamation physiologique normale que présente, comme nous l’avons vu, la muqueuse de l'estomac sain. Ces débris constituent des amas de vestiges cellulaires dont seuls, les” noyaux demeurent parfaitement reconnaissables. Tous les protoplasmes sont fondus en un magma de substances apparemment fibrinoïdes. La plupart des noyaux conservent une morphologie voisine de la normale et,
tous, quel que soit l’état de leur appareil chromatinien, conservent des contours pratiquement définis.
Dans sa partie initiale, la lumière du tube est encombrée de débris cellulaires : là encore, les protoplasmes nécrosés constituent un magma au sein duquel, seuls. les noyaux ont conservé une morphologie sensiblement
# Fig.r5
Aspect histologique d'une érosion
normale, mises à part quelques altérations de leur réseau chromatinien. 4 Plus profondément, des vestiges protoplasmiques adhèrent encore à la vitrée sur laquelle sont fixées les cellules. C’est là que l’on peut noter les premières altérations protoplasmiques. Ces altérations consistent en perte des contours cellulaires et modification dans la densité protoplasmique.
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Cette altération atteint particulièrement les cellules bordantes dont les grains s’agglutinent en des points différents, très souvent autour du noyau, cette densification parcellaire exagérant ainsi considérablement l’hétérogénéité normale du protoplasme de ces cellules. Enfin, à un terme ultime, on constate l'éclatement de la cellule avec expulsion des grains protoplasmiques. Mais, là encore, la noyau conserve ses caractères normaux.
Les cellules principales présentent des altérations sensiblement du même ordre. Il semble toutefois qu'elles prennent avant leur nécrose des aspects de dédifférenciation que ne prennent pas les cellules bordantes. Ces aspects consistent en basophilie plus marquée du protoplasme et en condensation de la chromatine nucléaire. Quelles que soient les cellules considérées, on doit souligner dans tous les cas, le fait que le noyau est l’élément cellulaire qui résiste le dernier, même après la disparition totale de tout protoplasme. Cette nécrose cellulaire protoplasmique intéresse toutes les cellules du tube. Toutefois, les cellules bordantes étant les plus nombreuses à la partie profonde du tube, ce sont elles qui demeurent également les plus nombreuses au point ulcéré.
L'observation critique de cette lésion tend à prouver
que le processus lésionnel progresse de la partie initiale du tube à sa partie profonde. La vitrée résiste bien à la nécrose, de telle sorte qu’au niveau de l'érosion et sur ‘toute la hauteur de celle-ci, elle limite pratiquement, à elle seule la lumière du tube. Cette persistance des vitrées, sur lesquelles quelques vestiges cellulaires à noyau intact restent adhérents, donne à l’ensemble de la muqueuse un aspect tout à fait particulier que Jean MARTIN désigne sous le nom de dissection en colonnettes.
La hauteur de cette érosion est variable. Lorsqu'elle arrive à la limite de la muqueuse, on constate un aspect
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un peu particulier de régression des cellules profondes qui se rangent sur une assise de cellules cubiques indifférenciées, autour d’une lumière nettement arrondie. Dans la sous-muqueuse on constate alors une ébauche de réaction scléreuse bien mise en évidence, sur les préparations colorées au trichrome. Dans la région de la grosse tubérosité, ces lésions prédominent manifestement sur les faces et à proximité de la petite courbure. Dans la région médio-gastrique et l’antre pré-pylorique, elles sont disséminées sur tout la muqueuse sans qu’il y ait de siège électif. :
Les modifications vasculaires sont caractérisées par une congestion importante des vaisseaux et des capillaires de la muqueuse. L'importance de cette congestion est inversement proportionnile au délai écoulé entre l’injection d’histamine et le sacrifice de l’animal. Jean MAR- TIN signale un fait un peu paradoxal de mécanisme probablement assez complexe et auquel il ne peut actuellement attribuer une pathogénie : il s’agit d’une vasodilatation de vaisseaux et de capillaires qui sont vides de sang.
En résumé, la lésion érosive se caractérise :
a) par une atteinte de l'épithélium de surface;
b) par une iyse de cellules glandulaires débutant à la partie superficielle du tube, lyse intéressant au premier chef le protoplasme cellulaire et respectant long-: temps les noyaux et le tissu conjonctif qui constituent la vitrée;
c) par son maximum de fréquence dans les régions où les cellules bordantes sont les plus nombreuses:
d) par la concomitance d'une congestion vasculaire importante intéressant non seulement tous les vaisseaux de la paroi, mais particulièrement les capillaires de la muqueuse ;
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€) par la détermination, lorsqu'elle s'étend en pro-
fondeur, d’une dédifférenciation, suivie d’un aspect de
régression des cellules profondes et d’une ébauche de réaction scléreuse dans la sous-muqueuse. .
& 2°) Lésions ulcéreuses
Fig. 6
Aspect histologique d’un ulcère creusé en puits à travers la muqueuse
L'étude d'ensemble de ces lésions nous permet de considérer deux types morphologiques qui ne se dis-
tinguent en réalité que par l'étendue du territoire ulcé- TEUX, : LR