AUDE
mains imprégnées. On a pu se servir de cette litière pour le sécher plus vite. Dans une question de cette nature, on ne saurait se montrer trop exigeant à l'égard des preuves. »
Nous croyons être en mesure de répondre à ces objections et nous demandons à notre cher maître la permission de n’être pas de son avis sur cette question. En effet, si le veau dont il vient d’être parlé est mort de la rage il est certain qu'il n’a pu mourir que de la rage héréditaire, car nous ne connaissons pas d'exemple d’une rage inoculée même sur le cerveau par trépanation ou térébration qui n’ait mis plus de trois jours pour tuer sa bête. La plus courte distance entre l’inoculation et la mort est à notre connaissance de huit jours.
On peut objecter que les sujets inoculés d’une manière ou d'une autre sont des adultes ou des jeunes, mais non des nouveau-nés.
Pour juger la valeur de cet argument, que nous nous sommes posé à nous-même, nous avons inoculé des cobayes aussitôt après leur naissance et l’incubation n’a pas été plus brève que pour les cobayes adultes, bien que l’inoculation ait été faite dans la boîte crânienne, entre les deux hémisphères, et chez l'animal le plus sensible à la rage que nous connaissions.
| EXPÉRIENCE X, Inoculation cérébrale de deux cobayes nouveau-nés, mort au bout de huit jours.
22 avril 1883. Deux petits cobayes nouveau-nés, encore mouillés par les liquides maternels, sont inoculés directement dans l’espace interhémisphérique avec de la substance nerveuse provenant d'un cobaye tué par l’inoculation de matière cérébrale excisée sur un pigeon rabique. (Ce pigeon vit toujours bien portant, six mois après l'opération. V. l'observation XX.)
Rien d’appréciable jusqu’au 28.
Le 28, sixième jour. Les deux petits cobayes inoculés commencent à trembler et sont moins vifs.