‹ Recherches expérimentales sur la rage et sur son traitementChapitre 16 sur 48 · ATTÉNUATION DU VIRUS RABIQUE · texte numérisé non relu

ATTÉNUATION DU VIRUS RABIQUE

Nous avons “té conduit à expérimenter sur les effets produits par le froid sur le virus rabique par une série de résultats très curieux obtenus au moyen de cet agent sur un certain nombre d’autres virus. À ce sujet, nous ferons une légèra digression, dont l’objet sera d'exposer un certain nombre des résultats susvisés afin de prendre date ; nous nous proposons, en effet, d'étudier cette question d'une façon plus complète et nous exposerons quelque jour ce que nous aurons obtenu dans cette voie.

Nos expériences sur les effets du froid ont été faites depuis la température ambiante jusqu'à —45°,au moyen d’un appareil à ammoniaque muni d'un régulateur de notre invention.

Cette machine à été présentée à l’Académie des sciences (1) ainsi que le récipient qui a servi à refroidir les tubes de virus. Ce récipient diffère un peu de celui qui estreprésenté dans la figure accompagnant la note de présentation en.ce sens qu'il est beaucoup plus étroit; le tube dans lequel on introduit les substances à congeler n’a que trois centimètres et demi de diamètre environ. Ces dimensions restreintes ont pour but de concentrer une plus grande quantité de froid sur de plus petits volumes à refroidir, et la température obtenue de cette manière atteint un degré de froid beaucoup plus intense.

Avant de parler des expériences, nous allons reproduire la note explicative de l'instrument qui a servi à les faire.

(1) Acad, des sc., 4 juin 1883. C.-R,

Éae (: Mens

Sur un appareil destiné à obtenir des températures basses pouvant être graduées à volonté :

« Dans une série de recherches entreprises pour déterminer ies effets du froid sur les matières virulentes, nous avons dû avoir recours aux moyens propres à obtenir des températures variant de 0° à — 50° et au-dessous.

« Si nous avions voulu nous servir des moyens dont dispose actuellement l’instrumentation physique, il nous aurait fallu employer un produit, un mélange chimique variant avec chaque degré de froid cherché, ce qui est impraticable.

« Nous aurions pu employer les éthers et, au moyen d’une pompe, mue plus ou moins rapidement, produire un froid variable. Les essais que nous avons faits dans ce sens nous ont obligé à en rejeter l'emploi, en raison du prix relativement élevé des substances utilisées, de leur odeur, des dangers d'explosion et d'incendie, sans Compter qu'il faut un moteur pour la pompe et que le froid ainsi obtenu, malgré toutes les précautions, n’est rien moins que régulier.

« La nécessité a donc été un aiguillon qui nous a fait rechercher un procédé capable de combler la lacune existant de ce fait dans l’instrumentation scientifique. Nous croyons avoir réussi, au moins depuis la température ambiante jusqu'à — 45°,

« Nous avons imaginé un appareil à l’aide duquel nous avons pu faire, sur le principe des maladies contagieuses, un certain nombre d'observations intéressantes qui seront l’objet d’une prochaine communication.

« Cet instrument, basé sur l'expérience de Faraday sur la liquéfaction du gaz ammoniac, se compose d’une chaudière contenant une solution ammoniacale et reliée à -un condensa-

29) teur par un serpentin compris entre l'enveloppe d'un réservoir à eau et le condensateur.

« La chaudière est entourée d’une cuve qu’on emplit d'eau pour refroidir son contenu, au moment du retour du gaz qui se dissout à nouveau dans l'eau pendant la production du froid. La même solution peut ainsi servir indéfiniment ou au moins fort longtemps.

Elévation : Echelle de +.

À, foyer. — B, chaudière contenant la solution ammoniacale. — C, ouverture pour remplir ou siphonner la chaudière, — D, thermomètre, — HE, jeu de soupapes. — F, tube reliant la chaudière au condensateur I. — G, serpentin — H, bâche à eau froide, — I, condensateur. — J, volant du robinet. = K, purgeur d'air. — L, capacité où l’on produit le froid. — M, tube de retour de gaz. — N, tube restituant à la chaudière l'eau entraînée pendant la distil= lation dans le réfrigérateur ; le robinet placé à la parrie moyenne du tube doit rester fermé quand l'appareil est sous pression. — 0, bâche destinée à recevoir l’eau qui refroidit la chaudière à la fin de la liquéfaction du gaz.

D ou

« Le condensateur placé au dessus de la chaudière est entouré, ainsi que le serpentin, d’une bâche où l’on fait passer un courant d’eau froide pendant la distillation du gaz ammoniac.

« Cette disposition est absolument neuve; elle a pour effet de rendre l’appareil inamovible en même temps que portatif, Toute la manœuvre consiste à faire mouvoir un robinet,

« Les figures ci-jointes et leurs légendes feront comprendre facilement le dispositif de l'appareil; nous insisterons seulement sur la partie du mécanisme qui préside à la graduation du froid.

« Le gaz liquéfié est enfermé dans le récipient supérieur. On peut l’y maintenir indéfiniment au moyen du robinet à volant et à cône, représenté en coupe dans la fig. 2.

Robinet automatique : Échelle de =.

Robinet automatique servant à graduer le froid. — A, ouverture du réfrigérateur. — B, orifice du serpentin allant à la chaudière. — C, ressort spiroïde pouvant être tendu de 0 kg à 2 kg. Ce ressort, pouvant être plus ou moins tendu, laisse échapper le gaz plus où moins rapidement, d’où la graäuation du froid. Quand le gaz est à une tension donnée, le ressort est tendu avec la vis Ê de façon à faire équilibre-au gaz. Si ce dernier se légage trop rapidement il se refroidit, perd de sa tension et ne peut plus lutter contre la pression du cône obturateur F, pous.é par le ressort C. Le gaz ne se dégageant plus, l'échauffement se produit, la tension augmente et la résistance d: C est vaineue et ainsi de suite, — G, paroi du réfrigérateur. — H, paroi de la bâche supérieure. — I, presse-étoupe. — D, volant.

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