EXPÉRIENCES
L’expérimentateur, guidé par la lueur provisoire des théories actuelles, doit se considérer comme un aveugle et n’avancer qu’avec circonspection, en donnant toujours la main à l’expérience , qui seule peut l’empêcher de tomber dans l’erreur et de s’égarer. Cl. Bernard.
Toutes nos expériences ont porté sur des lapins ou des pigeons trèsjeunes. Chez les lapins nous avons réséqué le nerf sciatique ou l’une de ses branches, chez les pigeons le nerf médian au pli de, l’aile.
Expérience première. Résection du nerf sciatique chez un lapin.
Le 14 mars 1867 nous pratiquons sur un lapin de deux mois environ la résection du nerf sciatique gauclie, vers la partie moyenne de la cuisse. La portion réséquée mesure 0 m ,015. Après l’opération, le lapin boite visiblement. La plaie ne suppura pas.
Autopsie faite le 24 mars. Les deux bouts du nerf sciatique sont distants de 0 m ,015. Il n’existe aucune différence de coloration, de consistance ni de calibre entre les deux extrémités du nerf. Le segment central est un peu effilé à son extrémité libre, il se continue par une petite traînée jaunâtre, qui se dirige vers le segment périphérique; l’extrémité libre de ce dernier est englobee dans une petite masse cicatricielle.
Examen histologique. Segment intermediaire aux deux extrémités du nerf. on y trouve un grand nombre de cellules jeunes et de granulations.
Extrémité du bout central : on trouve quelques tubes vides auprès de la surface de section; dans le voisinage, de petites masses ressemblant assez à de la graisse, c’est probablement le contenu des tubes nerveux expulsé au moment de la section. Entre ces tubes il existe un grand nombre de cellules plasmatiques jeunes. Les tubes nerveux du segment périphérique ont subi un commencement d’altération; il y a une segmentation encore assez grossière de la myéline, sans traces de globules
graisseux dans l’intérieur des tubes, qui ont conservé leur calibre normal, ainsi que leur forme.
Notons dans cette observation la tendance à fa réunion des deux bouts du nerf réséqué, tendance bien accusée par te tractus jaunâtre qui va d’une extrémité à l’autre, et qui se compose en grande partie de cellules jeunes. Notons aussi la prolifération active des cellules plasmatiques entre les tubes nerveux du bout central; enfin, l’altération commençante de la partie périphérique, caractérisée seulement par une segmentation encore grossière de la myéline.
Expérience II. Résection du nerf sciatique en deux points chez un lapin.
Le 14 mars nous pratiquons sur un jeune lapin de deux mois environ la résection du nerf sciatique à sa partie moyenne dans une étendue de 0 m ,005. Une autre résection de 0 m ,01 est pratiquée à la partie supérieure du nerf; de telle sorte qu’il y a un segment nerveux bien isolé.
Les plaies ne suppurèrent pas.
Autopsie faite le 29 mars. Le segment compris entre les- deux résections a pris une direction un peu sinueuse; il est distant de 0 m ,015 du bout central, de 0 m ,02 du bout périphérique. A l’aspect extérieur on ne remarque pas de différence entre les trois portions du nerf. Pas de traces de réunion.
Examen histologique. A. Extrémité libre du bout périphérique : quelques tubes nerveux sont pleins de granulations graisseuses , d’autres renferment encore de la myéline segmentée, tous ont conservé leur forme et leur calibre. On remarque entre ces tubes-un bourgeonnement du tissu conjonctif.
B. Petite branche nerveuse provenant d’une des dernières ramifications du nerf sciatique coupé : dégénérescence graisseuse très-avancée de la myéline. Les tubes nerveux sont remplis de globules de graisse très-fins en certains endroits, plus gros dans d’autres. Les tubes nerveux n’ont pas diminué de calibre; les gaines celluleuses sont encore très-apparentes.
Q. Segment intermédiaire : infiltration graisseuse assez avancée du contenu des tubes nerveux. *
D. Extrémité libre du bout central : la plupart des tubes nerveux sont sains. Quelques-uns présentent une dégénérescence graisseuse commençante. Le tissu conjonctif prolifère activement entre les tubes.
Nous observons ici une nouvelle phase de l’altération des nerfs : la transformation en graisse de la myéline; nous voyons de plus que l’altération a lieu en même temps dans toute la longueur du nerf. L’altération du segment intermédiaire, isolé du centre et de la périphérie, n’est pas plus avancée que celle du segment périphérique.
Expérience III. Résection du nerf sciatique.
Le i6 mars nous pratiquons sur une jeune lapin de deux mois environ la résection du nerf sciatique, à droite, dans une étendue de 0 m ,008 au tiers supérieur de la cuisse. La plaie se réunit sans suppuration.
Autopsie faite le 8 avril. Les deux bouts du nerf réséqué sont distants de 0 m ,0l5; l’extrémité du bout central est un peu grisâtre et à demi-transparente dans l’étendue de 0 m ,005 environ, plus haut le nerf reprend sa couleur normale et son brillant. L’extrémité du bout périphérique est englobée dans un tissu cicatriciel; tout le segment périphérique est d’un blanc mat, l’aspect brillant du nerf sain a disparu. Dans l’espace intermédiaire aux deux bouts du nerf il existe un petit tractus d’un gris jaunâtre, à demi-transparent, qui se continue avec les deux extrémités du nerf coupé. Ce tractus est loin de présenter le même volume que le nerf sciatique.
Examen histologique. A. Extrémité du bout central : dans la partie blanche les tubes nerveux sont sains, ils renferment de la myéline. Dans la partie décolorée, c’est-à-dire tout à fait à l’extrémité libre, on ne trouve plus que des tubes vides, la myéline a disparu. Entre les tubes, tissu conjonctif très-délicat parsemé de noyaux.
B. Tractus intermédiaire aux deux portions du nerf réséqué : cellules plasmatiques en grand nombre, noyaux disposés irrégulièrement, fines granulations. Pas de tubes nerveux. Deux ou trois fibres musculaires saisies dans la cicatrice et dégénérées pourraient en imposer au premier abord et être confondues avec des tubes nerveux altérés; mais on trouve encore quelques stries transversales, qui ne laissent point de doute..
C. Bout périphérique : extrémité libre; tissu conjonctif très-délicat, capillaires gorgés de sang. Cellules de forme et de volume variables, mesurant en moyenne de 1/60 à 1/70 de millimètre. Ces cellules assez nombreuses sont infiltrées de graisse, par.conséquent en voie de dégénérescence. En s’éloignant un peu de l’extrémité libre, on voit que tous les tubes nerveux sont en voie de dégénérescence graisseuse trèsavancée. Ils sont remplis de gros globules de graisse en quelques points, de fines gra* nidations dans d’autres. Pas de tubes nerveux vides.
D. Petite branche nerveuse provenant d’une des dernières ramifications de la partie périphérique : la dégénérescence graisseuse est au moins aussi avancée que dans le tronc lui-même.
Nous voyons ici, comme dans l’exp. n° 1, qu’il existe une tendance manifeste à la réunion, malgré l’écartement des deux bouts du nerf. Le tractus grisâtre, composé de cellules jeunes, indique évidemment un travail régénérateur commençant. La dégénéralion du bout périphérique est un peu plus avancée que dans l’expérience précédente ; cependant la résorption de la graisse n’a pas encore commencé. Ici, comme plus haut, nous voyons que le travail atrophique a marché également vite sur tout Je trajet du nerf.
Nos lapins ayant tous succombé assez rapidement, nous renonçons à réséquer le nerf sciatique, et nous pratiquerons les opérations suivantes sur l’une des branches de division de ce nerf, qui répond tout à fait au nerf sciatique poplité externe, c’est le nom que nous lui donnerons.
Expérience IV. Résection des nerfs sciatiques poplités externes.
Ces résections sont pratiquées le 5 avril sur un jeune lapin mangeant seul depuis quelques jours seulement. Nous enlevons de chaque côté 0 m ,003 environ du nerf. Les plaies guérissent rapidement sans suppuration.
Autopsie faite le 25 avril. Pas de tendance à la réunion des nerfs coupés. Les altérations des bouts périphériques étant les mêmes que dans l’exp. III, nous nous dispenserons de les décrire.
Expérience V. Résection des nerfs sciatiques poplités externes.
Le 7 avril nous pratiquons sur un jeune lapin de un mois environ la résection des deux nerfs sciatiques poplités externes dans une étendue de 0 m ,003 environ.
Autopsie faite le 3 mai. La réunion ne s’est faite ni d’un côté ni de l’autre ; les extrémités des nerfs coupés sont distantes de 0 m ,005 à 0 m ,006 aux deux membres. L’extrémité libre des bouts centraux est légèrement renflée.
Examen histologique. A. Bout central : à 1 centimètre de la surface de section et au-dessus, les tubes nerveux sont entièrement sains; plus bas, au niveau du renfle-
ment; les tubes nerveux sont irréguliers, le contenu est grossièrement fragmenté, mais on n’y trouve pas de globules graisseux. Entre les tubes nerveux il existe une prolifération abondante de cellules plasmatiques, d’où dépend le renflement.
B. Bout périphérique rdégénérescence graisseuse avancée, tubes nerveux remplis de granulations graisseuses plus ou moins fines. Les tubes ont encore à peu près leur diamètre normal; il n’y en a point de vides.
Ainsi, vingt-six jours après l’opération, le nerf réséqué n’a encore parcouru que les premières phases de sa dégénérescence.
Expérience VI. Section des nerfs sciatiques poplités externes.
Le 30 avril nous pratiquons chez un jeune lapin la section simple des deux nerfs sciatiques poplités externes. Depuis ce jour jusqu’à sa mort, qui eut lieu le 22 mai, le lapin traîna toujours ses membres postérieurs, qui s’atrophièrent considérablement.
Autopsie. A droite les deux bouts du nerf coupé sont distants de 0 m ,01 ; pas de tendance à la réunion; le bout central est un peu renflé à son extrémité libre. Le bout périphérique est grisâtre; on le distingue immédiatement du nerf sain à sa couleur. A gauche, les deux extrémités sont distantes de 0 m ,005. Pas de tendance à la réunion.
Examen histologique. Les tubes nerveux des bouts périphériques sont en partie vides; en quelques points ils sont réduits à leurs gaines, si bien qu’on a quelque peine à reconnaître que ce sont bien des tubes nerveux; en d’autres points, ils sont encore remplis de granulations graisseuses.
Nous observons dans ce cas la troisième phase de dégénération des nerfs, qui consiste dans l’absorption de la graisse. Quelques tubes nerveux sont déjà vides, de là la couleur grisâtre du segment périphérique du nerf. La coloration blanche des tubes nerveux est due à la présence de la myéline; quand elle disparaît, le nerf devient grisâtre et translucide. La dégénérescence a marché plus rapidement dans ce cas que dans les précédents.
Remarquons en passant l’écartement qui s’est produit entre les extrémités des nerfs, bien qu’on n’ait pratiqué dans ce cas que des sections simples.
Expérience VII. Résection des nerfs sciatiques poplités externes.
Le 30 avril nous pratiquons sur un jeune lapin de deux mois la résection des nerfs, sciatiques poplités externes dans une étendue de 0 m ,005. ^
Autopsie faite le 22'mai. A gauche les deux bouts du nerf sont distants de 0 m ,01 ; l’extrémité du bout central est très-légèrement renflée; elle est reliée à l’extrémité du bout périphérique par une petite traînée de tissu grisâtre demi-transparentqui ne mesure que le quart du diamètre du tronc nerveux. Même disposition à droite.
Examen histologique. A. Traînées grisâtres reliant les extrémités des nerfs : elles ne contiennent pas d’éléments nerveux; on n’y trouve que des cellules jeunes trèsdélicates, des granulations et quelques globules graisseux.
B. Bout central : tout à fait à l’extrémité libre, le contenu des tubes nerveux est grossièrement fragmenté; pas de dégénérescence graisseuse. Plus haut, les tubes redeviennent parfaitement sains.
G. Bout périphérique : la contenu des tubes nerveux a subi la dégénérescence graisseuse. Au voisinage de la surface de section, on ne reconnaît plus bien les contours des tubes nerveux. Entre ces tubes il existe du tissu conjonctif en voie de prolifération.
Nous constatons encore dans ce cas un commencement de travail de réunion, bien que la dégénérescence du bout périphérique soit loin d’être complète. Faisons remarquer encore ici la prolifération active des cellules plasmatiques entre les tubes nerveux aux extrémités libres des nerfs et l’écartement des surfaces de section.
Expérience VIII. Résection des nerfs médians chez un pigeon.
Le 1 er avril nous pratiquons sur un jeune pigeon mangeant à peine seul la résection du nerf médian de chaque côté, au niveau du pli de l’aile, dans une étendue dé 0 m ,004 environ.
Le pigeoh succomba six jours après l’opération sans cause connue.
Autopsie. Adroite, la plaie n’a pas eu le temps de se fermer complètement; on y trouve un caillot sanguin qui englobe les deux extrémités du nerf. Les tubes nerveux du bout périphérique présentent déjà un commencement d’altération; la myéline est assez finèment fragmentée.
Nous assistons ici aux premiers phénomènes qui suivent la section
des nerfs : formation d’un caillot sanguin, qui englobe les deux extrémités du nerf coupé, segmentation de là myéline dans le bout périphérique du nerf réséqué.
Expérience IX. Résection des nerfs médians chez un pigeon.
Le 5 avril nous pratiquons sur un pigeon mangeant à peine seul la résection du nerf médian aux deux ailes, dans l’étendue de 0 m ,004 environ.
Autopsie faite le 12 avril. A droite, pas de réunion; à gauche, les deux bouts du nerf coupé sont réunis par une masse renflée de tissu jaunâtre.
Examen histologique. Les tubes nerveux appartenant aux parties périphériques des nerfs renferment de la myéline fragmentée et déjà des granulations graisseuses en quelques points. A la partie centrale de la cicatrice qui réunit les deux bouts du nerf à gauche, on trouve un semis de jeunes éléments globuleux à un ou plusieurs noyaux.
Le bout central, examiné à son extrémité libre, présente également une prolifération abondante d’éléments de nouvelle formation.
Cette observation est intéressante au point de vue de la formation de la cicatrice nerveuse; nous trouvons en effet, du côté gauche, les deux bouts du nerf réséqué englobés dans une masse de tissu jaunâtre, bien isolée des tissus ambiants et composée en grande partie de jeunes éléments à un ou deux noyaux, par conséquent en voie de prolifération.
Expérience X. Résection des nerfs médians chez un 'pigeon. Régénération des portions enlevées.
L e 1 er avril nous pratiquons sur un jeune pigeon, mangeant seul depuis la veille seulement, la résection des deux nerfs médians dans une étendue de 0 m ,004 environ.
Durant les premières semaines qui suivirent l’opération, le pigeon laissait un peu tomber ses ailes, il volait difficilement; de plus, les ailes furent animées pendant longtemps d’un tremblement continuel. Dès la fin de juin, le tremblement cessa; le pigeon recommença à voler et au commencement de juillet rien ne pouvait faire soupçonner qu’il avait subi une opération.
Ce pigeon fut sacrifié le 18 juillet, trois mois et dix-huit jours après avoir subi l’opération. - f
Autopsie. Aile droite : au niveau du pli de l’aile, après avoir enlevé les plumes, nous remarquons une petite tumeur de la grosseur d’un grain de millet, non adhérente à la peau. Nous enlevons la peau et disséquons le nerf médian. On voit alors que la petite tumeur est située sur le trajet du nerf médian, précisément au niveau du point où a été faite la résection. La continuité des deux bouts du nerf est parfaitement rétablie. La partie du nerf située au-dessous du renflement ne paraît pas altérée, sa couleur, sa consistance, son volume sont parfaitement normaux. Au-dessus du renflement principal, que nous avons vu à travers la peau, il en existe un autre plus petit, qui se continue insensiblement avec le bout central. Ces renflements, surtout le plus gros, sont d’un blanc un peu grisâtre; ils ont assez l’aspect de ganglions nerveux du grand sympathique.
Examen histologique fait par M. le professeur Morel. A. Fragment pris au centre du plus petit renflement : on y trouve de très-belles fibres nerveuses parfaitement normales.
B. Fragment pris au centre du plus gros renflement : tubes nerveux bien développés, présentant tous les caractères de tubes nerveux sains; entre ces tubes, substance conjonctive granuleuse, un peu infiltrée de graisse.
G. Fragment du bout périphérique : les tubes nerveux sont revenus pour la plupart à 1 état normal. Quelques-uns contiennent encore cependant des granulations graisseuses.
D. Ramifications terminales du nerf médian : les tubes nerveux pris dans les ramifications ne sont pas aussi beaux que les tubes pris immédiatement au-dessous de la cicatrice. Leur diamètre est moindre qu’à l’état normal, et en quelques points leur contenu est encore finement granulé.
Aile gauche : la réunion s’est faite également de ce côté. Il existe deux renflements semblables à ceux décrits du côté droit; le renflement inférieur est plus volumineux qu’à l’autre aile.
Examen histologique. A. Fragment pris au centre du petit renflement : tubes nerveux tout à fait normaux.
B. Fragment pris au centre du gros renflement : tubes nerveux bien formés, très-distincts ; leur diamètre est seulement plus petit qu’à l’état normal.
G. Bout périphérique : tubes nerveux presque normaux, renfermant d’autant plus de granulations graisseuses qu’on s’éloigne davantage de la cicatrice.
Ainsi, nous avons obtenu au bout de trois mois et dix-huit jours une réunion parfaite des extrémités des deux nerfs réséqués, en même temps que nous observions le retour des fonctions. La struc-
ture nerveuse des cicatrices est évidente; de plus nous voyons que le travail réparateur a suivi dans ce cas, une marche centrifuge dans la portion périphérique dégénérée. Quant à la disposition des renflements cicatriciels, il nous paraît probable que le plus petit n’était autre que le renflement qui s’observe toujours à l’extrémité du bout central d’un nerf coupé et que le plus gros constituait la portion régénérée. Entre les tubes nerveux de ce dernier renflement, nous avons trouvé de fines granulations graisseuses, qui indiquent un travail régressif. Il est pro- • bable que le tissu conjonctif en excès, au milieu duquel s’étaient produits les tubes nerveux, tendait déjà à disparaître, un peu plus tard on n’aurait plus trouvé de renflement en ce point.
Expérience XI. Section des nerfs médians chez un pigeon. Réunion des nerfs coupés par des cicatrices nerveuses.
Le 8 juin nous coupons les deux nerfs médians à un pigeon qui mange à peine seul. Le pigeon est sacrifié le 19 août, deux mois et onze jours après l’opération.
Autopsie. Aile gauche : la réunion des deux bouts du nerf médian s’est effectuée. Au niveau du point où a porté la section, il existe un petit renflement globuleux un peu grisâtre.
Examen histologique. A. Portion prise dans le bout central : fibres nerveuses normales.
B. Fragment pris au centre du renflement : dans une première préparation on trouve beaucoup de tissu conjonctif de nouvelle formation, des cellules plasmatiques très-petites et très-nombreuses; de temps en temps quelques tubes nerveux bien caractérisés, mais courts, grêles, à contours assez pâles. Dans une seconde préparation, les tubes nerveux sont en beaucoup plus grand nombre, un peu plus petits et très-régulièrement variqueux. Entre ces tubes il existe du tissu conjonctif en assez grande quantité.
C. Fragment du bout périphérique pris immédiatement au-dessous du renflement: Les tubes nerveux sont beaux, bien distincts, un peu plus grêles que ceux du bout central, plus réguliers que ceux du renflement et à contours mieux dessinés. Ils renferment tous de la myéline.
D. Fragment appartenant à l’une des dernières ramifications du nerf coupé : les ‘tubes nerveux sont très-petits; quelques-uns paraissent complètement vides; d’au-
très, dont le diamètre égale à peine la moitié du diamètre des tubes du bout central, contiennent à leur intérieur un grand nombre de fines granulations.
Aile droite : la réunion s’est faite. Il existe un petit renflement au niveau du point sectionné.
Examen histologique. A. Fragment pris au centre du renflement : tissu conjonctif très-abondant et au milieu, quelques tubes nerveux pâles et minces. On ne peut pas les suivre longtemps, ils ne tardent pas à se perdre dans le tissu conjonctif; on n’y remarque pas de cylindres axes.
B. Portion du bout périphérique prise immédiatement au-dessous du renflement : tubes nerveux très-minces, irréguliers, variqueux; quelques-uns sont presque vides encore.
G. Fragment d’une des dernières ramifications du nerf coupé : tubes très-petits, presque vides; à côté, quelques tubes plus gros renfermant des granulations grais seuses.
Quoique la section des deux nerfs médians ait été faite des deux côtés le même jour, à la même heure, la régénération est évidemment plus avancée à gauche qu’à droite.
A gauche, la transformation nerveuse de la cicatrice est presque complète, aussi les tubes nerveux du bout périphérique sont revenus à peu près à l’état normal, les plus fines ramifications présentent seules encore des traces d’altération (tubes nerveux plus grêles qu’à l’état normal, granulations graisseuses).
Le renflement situé sur le nerf médian à droite nous présente pour ainsi dire les tubes nerveux à l’état naissant. Au milieu d’une masse de cellules embryonnaires on voit des fragments de tubes nerveux, pâles, minces, variqueux. La continuité entre les deux portions du nerf coupé est donc assez mal rétablie , aussi la réparation est-elle très-peu avancée dans le bout périphérique, surtout dans les fines ramifications, où l’on trouve des tubes nerveux presque vides, d’autres qui contiennent un grand nombre de granulations graisseuses, tandis que, immédiatement au-dessous du renflement, les tubes, quoique encore grêles, contiennent déjà de la myéline. Ici l’on voit bien que la réparation commence avant que la dégénération soit arrivée à sa dernière période.