‹ Recherches Expérimentales Sur La Sélection Des Élèves De L'Enseignement SecondaireChapitre 16 sur 48 · OU · texte numérisé non relu

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du classement scolaire avec le classement par le test devait nécessairement s'élever. Ces deux considérations nous encourageaient à appliquer ce test à des lycéens de 12 à 17 ans, sachant déjà, par bien des recherches antérieures, que la moyenne des résultats des tests dits « d'intelligence » est plus élevée, à âge égal, chez des enfants de la bourgeoisie cultivée que chez les enfants provenant des milieux populaires.

L'homogénéité du test, par corrélation entre questions paires et impaires, avait été calculée sur des adultes de culture primaire et d’un niveau mental moyen équivalent à celui d’écoliers de 12 ans (done dans des conditions défavorables étant donnée la difficuité du test) et trouvé égal à 0,86 + 0,017 (1).

L’étude, une à une, des 80 questions du test était en cours au moment où nous avons commencé notre recherche, et déjà était apparue la nécessité de corriger la rédaction de certaines d’entre elles (2). Toutefois, cette étude n’étant pas encore achevée, nous étions tombés d’accerd pour n’apporter encore aucune modification au test (qui, dans l’ensemble et malgré ces imperfections de détail, donnait des résultats, somme toute, très utilisables) afin de pouvoir comparer les résultats des lycéens avec ceux déjà obtenus sur des écoliers, et bénéficier aussi des aperçus nouveaux que pourrait apporter l'extension de lapplication du test à d’autres catégories d'individus, avant d’opérer sa révision complète. Quelques exemples de corrections nécessaires sont donnés dans l’article déjà cité de M. Lahy. Aurions-nous dû attendre, pour entreprendre notre recherche, de posséder un test « définitivement » au point ? C’eût été, à notre avis, chimérique : La mise au point d’un test d'intelligence n’est jamais définitive. L'étude complète en est longue : il faut des années pour vérifier la valeur pronostique ; et quand létude a fait apparaître la nécessité de certaines corrections, toutes les vérifications d’homogénéité, de constance, de validité, de valeur pronostique sont à reprendre. On ne peut pas attendre la fin de ce « travail de Pénélope », et cela d’autant plus que, dans l’évolution rapide des centres d'intérêt, des préoccupations, et par conséquent des connaissances usuelles et du vocabulaire des enfants en fonction de l’évolution technique autour de nous, les tests « vieillissent » rapidement : on l’a fait remarquer à diverses reprises à propos

(A) J.-M. Lay. — « Un test d’intelligence logique. » Article de « Le Travail Humain », t. I (1933), n° 2, p. 17 et suivantes. CT bId Sp ral

des tests de Binet, malgré leurs révisions successives : ainsi l'épreuve des « pièces de monnaie » est devenue bien plus difficile avec les monnaies actuellement en usage (les pièces de nickel de 4 diamètres différents au lieu des « gros sous » et « petits sous » en bronze) qu’elle ne l'était il y a encore 15 ans. Nous pourrions citer bien d’autres exemples empruntés aux tests verbaux ou imagés les plus divers.

C'est pourquoi, prenant notre parti d’imperfections de détail et considérant seulement l’ensemble de l'instrument qui s’avérait d’une précision suffisante encore qu’améliorable, nous n’avons pas hésité à l’utiliser sans plus attendre et à faire état des mesures qu’il donnait.

La notation de l’épreuve, en usage au laboratoire, était très simple : elle consistait à compter pour un point chaque réponse juste (1) ; toute réponse fausse, l’absence de réponse, les réponses trahissant l’incompréhension du texte Iu étaient tenues uniformément pour nulles. Ce système eût pu être amélioré : une réponse donnée « au hasard » a, en effet, une chance sur deux, trois. d’être juste, suivant la nature des questions posées. Il en résulte qu’un sujet qui souligne le premier mot venu, par incapacité de faire un choix raisonné, se trouvera mieux classé qu’un sujet relativement plus intelligent mais scrupuleux qui, de peur de se tromper, n’aura pas osé donner des réponses dont certaines auraient pu être bonnes. Effectivement, une étude que nous avons faite sur 80 élèves nous a montré qu’en comptant pour 1/2 point les « omissions » nous obtenions un classement par le test en meilleur accord avec le classement d’après les résultats scolaires, en remettant à leur place légitime quelques individus desservis par un excès de scrupule. Mais, le très léger relèvement des coefficients de corrélation ainsi obtenu n’était qu’un avantage minime à mettre en balance avec l’inconvénient d’un décalage général des valeurs centrales qui ne nous aurait plus permis de comparer les résultats obtenus sur nos lycéens avec ceux des expériences effectuées antérieurement sur des écoliers.

Les corrélations avec le travail scolaire, calculées pour des

(1) On peut discuter du critère de la « honne réponse ». Au cours des premiers essais faits par l’auteur sur ses collaborateurs et d’autres adultes d'intelligence relativement supérieure, ont été admises comme étant « justes » les réponses données après sérieuse réflexion, par le plus grand nombre de ces sujets d’élite. On peut contester, dans l’absolu, le principe « que la majorité à toujours raison » ; en l’espèce, comme il ne s’agit que de questions concrètes, empruntées aux notions courantes et à la portée d’enfants, et non pas de délicats problèmes philosophiques ou politiques, l’ob- Jection ne nous paraît pas devoir être prise en grande considération.

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