‹ Recherches expérimentales sur le foie rénalChapitre 10 sur 23 · DES · texte numérisé non relu

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chares). Deux lapins notamment recurent ainsi, l’un 80 gram< mes d’urée en onze jours, l’autre 69 grammes en huit jours. Chez tous, la mort fut précédée de convulsions. Sur dix lapins injectés, sept ne présenlèrent que de la congestion du foie, plus ou moins marquée, à l'œil nu. Ces foies ne présentaient pas d'altération histologique, sauf l'un d’eux sur lequel on constatait un début de cirrhose à la fois péri et intralobulaire, avec une disposition spéciale des travées hépatiques rappelant l’évolution nodulaire. Les trois autres foies étaient au contraire pâles, deux uniformément, le troisième présentant des zones congestionnées alternant avec les zones päles, d'où un aspect bigarré. Les cellules étaient normeles dans les zones foncées ; dans les zones claires, correspondant aux régions sus-hépatiques des lobules, l'ordination habituelle est conservée ; beaucoup de cellules sont restées de forme et de dimensions normales, mais çà et là une cellule est augmentée de volume, s'arrondil et a perdu son noyau. L'intérieur en est absolument clair, incolore, comme privé de protoplasma, et les capillaires qui les séparent sont vides de sang, contrastant avec l'aspect rouge clair des capillaires des îlots normaux. A un très fort grossissement, on distingue un fin réseau donnant au corps cellulaire comme un aspect craquelé. M. Gouget rapproche cette altération de la tuméfaction transparente décrite pour la première fois par Hanot et Gilbert dans le foie cholérique, en faisant remarquer l'importance que Joue l’urémie dans le choléra. Dans les deux foies d’aspect uniformément pâle, M. Gouget trouva cette lésion beaucoup plus étendue, il ne persistait plus que quelques cellules saines. Etudiant le mécanisme de ces lésions, M. Gouget se demande, vu la

faible toxicité de l’urée, si elles ne sont pas dues à l'élévation de la concentration moléculaire du plasma, si, en un mot, elles ne relèvent pas plus d'une action physique que d'une action chimique.

MM. Achard et Paisseau (1) ont injecté dans les veines de lapins des solutions hypertoniques ou hypotoniques d'urée, seule ou mélangée à du chlorure de sodium et à du lactose, à doses massives, jusqu’à mort de l'animal. Tandis que le cerveau ne présentait aucune lésion, dans le foie, fixé immédiatement après la mort dans le liquide de Flemming, on trouve des altérations marquées. Dans le cas d'injection hypotonique, l'aspect général est trouble, les limites cellulaires mal dessinées, la préparation infiltrée de gouttelettes laquées, homogènes, fortement teintées par l'éosine, répandues en grand nombre dans les interstices des travées cellulaires. Dans le cas d'injection hypertonique l’aspect général est trouble. Par places on voit des cellules très vacuolisées et comme déchiquetées, d'où formation d’un réseau protoplasmique très découpé, laissant dans l'intervalle de ses mailles des espaces clairs donnant à l’ensemble un aspect dentelé. Ces altérations hépatiques ne sont pas dues seulement à la tonolyse, mais aussi à la Loxolyse.

M. Læderich (2), chez un lapin ayant succombé après avoir reçu dans les veines en six jours 30 grammes d’urée, trouve le foie très congestionné et les cellules vides de glycogène. Le foie d’un autre lapin sacrifié en bonne santé ap-

(4) AcHarp et Paisseau, Tonolyse cellulaire par injections massives de solutions diversement concentrées. Arch. de méd. expér., juillet 1905, — Passeau, Thèse, 1906, p. 139.

(2) Lxveric, Thèse Paris, 1907.

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parente après avoir reçu en injection intraveineuse 39 grammes d’urée en dix jours, était légèrement congestionné et renfermait quelques cellules en état clair avec surcharge glycogénique. M. Læderich rapproche ce fait des constatations antérieures de M. Gouget, la modification des cellules hépatiques décrite par celui-ci ne devant pas être interprétée comme une lésion de tuméfaction transparente, mais comme un indice de surcharge glycogénique.

Nous avons injecté de l’urée à quinze cobayes et à quatre lapins. Pour simplifier l'étude des altérations toxiques produites par l’urée, nous avons éliminé l'influence de la concentration des solutions injectées en ayant recours à la voie sous-cutanée. Dans quatre cas, pour que le toxique fat amené d’une facon plus rapide et plus élective au niveau du foie, l'injection fut pratiquée dans le péritoine.

Nous nous sommes servi de solutions d’urée à 5 et à 30 0/0, stérilisées, les animaux étant destinés à survivre quelque temps.

La toxicité immédiate de l’urée, en injection intraveineuse, est de 6 grammes par kilo d'animal d'après M. Bouchard. En pratiquant des injections répétées et espacées, on parvient à injecter aux animaux des doses plus considérables, telles que 9, 11 et 15 grammes d’urée pour des cobayes de 400 à 700 grammes. À un cobaye du poids de 67» grammes, nous injectâmes, en l’espace de vingt jours, 25 grammes et demi d'urée, soit 37 grammes par kilo.

L'injection à l’animal d’une quantité d'urée insuffisante pour provoquer sa mort n'a point déterminé dans Îe foie

de lésions cellulaires précoces. Ces lésions font également

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défaut dans les cas où l'injection de doses plus fortes à causé la mort de l'animal.

Les injections intra-péritonéales d’urée, pratiquées à ‘OVOC i altérations dose toxique, ne provoquent dans le foie que ie très légères ; autour des espaces-portes on voit quelques

Fig. 5. — Cobaye 47. Injections d’urée.

Bouin. Zeiss, AA. oc. comp. 4.

cellules granuleuses, en petit nombre; leur noyau ne présente pas d’altérations.

Dans le cas d'injections espacées et répétées d'urée, per-

mettant une survie prolongée de l'animal, le foie reste, dans certains cas, indemne.

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