‹ Recherches expérimentales sur le foie rénalChapitre 16 sur 23 · LEE · texte numérisé non relu

LEE

cupe la totalité du lobule hépatique, on ne peut apprécier sa richesse en glycogène qu’en se basant sur la teinte plus ou moins foncée des blocs de glycogène que la gomme iodée a teintés en brun acajou. D'une légère variation dans l'épaisseur de la coupe, possible même si celle-ci a été pratiquée avec un bon microtome, découlera une erreur dans la comparaison de la richesse en glycogène de deux coupes différentes.

Nous ne pouvons dire exactement à partir de quelle richesse du foie en glycogène le lobule est rempli dans toute son étendue par cette substance. Le foie d'un des cobayes témoins de l'expérience 24 ne renfermait que 8 grammes 75 p. 1000 de glycogène et cependant tout le lobule est déjà teinté en brun par la gomme iodée (1). Or, comme on trouve souvent dans le foie de lapins ou de cobayes normaux une proportion de glycogène de 60 à 75 p. 1000, la marge est considérable.

C'est en la goûtant que les anciens analysaient l'urine des diabétiques ; l'évaluation quantitative du glycogène d’après la teinte plus ou moins foncée que donne la gomme iodée est presque aussi simple, mais aussi inexacte.

Puisqu'il s'agit, en l'espèce, d'une substance chimiquement définie dont on peut évaluer la quantité d’une façon

(1) Dans la figure de MM. Léon Bernard et Læderich représentant la surcharge glycogénique d’un lapin, le glycogène n'occupe qu'une partie du lobule hépatique, ce qui ne correspond qu'à une faible teneur du foie en glycogène. Chez le lapin et le cobaye, quand le glycogène est peu abondant, il se localise autour de la veine sus-hépatique, contrairement à ce qui se passe chez le chien. Nous n'avons pas eu l'occasion de le voir massé autour de l'espace porte, comme dans la figure de MM. Bernard et Læderich.

exacte, c'est au dosage chimique du glycogène qu'il faut avoir recours ; la balance est ici plus sensible et plus précise que l'œil de l’histologiste.

Nous avons dosé le glycogène par le procédé de Fränkel, modifié par M. Garnier (1), qui consiste à précipiter les matières albuminoïdes et à extraire le glycogène par l'acide trichloracétique à 4 0/0. M. Garnier a montré que ce procédé fournit un glycogène exempt de’matières albuminoïdes et permet une extraction au moins aussi complète que celle obtenue par la méthode de Brücke-Külz. Nous avons du reste vérifié la pureté du glycogène ainsi préparé par sa saccharification, à l’autoclave, avec de l’acide chlorhydrique étendu ; nous avons toujours ainsi obtenu le chiffre théorique de glucose, si l’on admet, avec M. Gautier, que 97,8 de glycogène du foie de lapin agissent sur la liqueur de Fehling,après hydrolyse,comme 100 de glucose anhydre.

Le dosage du glycogène a été pratiqué sur la totalité du foie, après prélèvement des fragments nécessaires à l'examen histologique. M. Sérégé, Jovane, Pincherle ont pré- . tendu en effet que la teneur en glycogène des divers lobes du foie était différente ; quoi qu’il en soit de l'exactitude de cette théorie, les chiffres que nous avons obtenus correspondent à la richesse totale du foie en glycogène.

Si l’on se reporte aux résultats consignés dans le présent tableau, on verra que les teneurs en glycogène du foie d’un animal opéré et de son témoin peuvent différer dans une assez grande proportion. On trouve, par exemple, 40 grammes p. 1000 de glycogène dans le foie de l’un contre 7? gram-

(4) Garnier, Journal de physiol. et de path. gén., 1899, n° 2.

jee mes dans le foie de l’autre, 26 contre 8, 47 contre 68 (1). Dans deux cas, le foie de l’opéré contient plus de glycogène que le foie du témoin ; dans trois cas,c'est le foie du témoin qui est le plus riche.

Nous n’avons dosé que dans une seule expérience la quantité de glycogène contenu dans le foie d'animaux ayant subi des injections d'urine,répétées pendant sept semaines. En ne tenant pas compte d'un cobaye dont l’estomac fut trouvé vide d'aliments, on voitque le foie d’un cobaye ayant résisté sans maigrir aux injections n'est pas plus riche en glycogène que le foie des animaux témoins.

La plupart de ces animaux en expérience avaient un foie riche en glycogène : ils avaient été nourris convenablement, mais l’état normal ne consiste-t-il pas pour l’animal — et aussi pour l’homme — dans la satisfaction de son appétit ? Quand nous avons supprimé toute nourrilure à nos animaux, le glycogène a disparu du foie de l’opéré d’une façon aussi complète que du foie du témoin. |

Ces quelques expériences ne nous ont donc pas permis de constater une augmentation de la teneur en glycogène du foie des animaux ayant subi la suppression d'un rein. Cette surcharge glycogénique est peut-être réalisable dans d’autres conditions, mais on ne pourra en affirmer l'existence qu’en constatant, par des dosages, l'augmentation de la quantité de cette substance dans le foie. Il sera indispensable aussi de soumettre les témoins au même ré-

(1) L'expérience 24 montre en outre que chez des animaux soumis au même régime et sacrifiés à huit jours d’intervalle,le glycogène peut, malgré la continuation d’une alimentation identique, tomber de 72 et 40 à 26 et 8 p. 1000.

LA + os

TaBLeau Î.

Page 1