‹ Recherches expérimentales sur le foie rénalChapitre 6 sur 23 · TECHNIQUE HISTOLOGIQUE · texte numérisé non relu

TECHNIQUE HISTOLOGIQUE

L'étude cytologique du foie ne peut se pratiquer que sur des pièces fraiches. Nous n'avons pas tenu compte de l’examen des foies prélevés quelque temps après la mort. Nous n'avons ulilisé que les pièces recueillies immédiatement après la mort spontanée de l'animal ; plus souvent nous l’avons sacrifié par traumatisme bulbaire ou par section de la carotide. Ce dernier procédé permet, dans le cas de congeslion du foie, de vider l'organe des globules rouges qui y sont contenus et par suite de mieux apprécier l'état de la cellule hépatique elle-même.

Pour l'étude de la cellule hépatique nous nous sommes servi de fixateurs osmiqués ; le mélange fort de Flemming et le liquide de Lindsay nous ont donné sensiblement les mêmes résultats. Les morceaux de foie destinés à l’inclusion et détachés avec un rasoir ou un bistouri bien sec doivent être de taille minime, le fixateur ne pénétrant rapidement que les portions superficielles des fragments trop épais. Les inclusions étaient faites dans la paraffine à 50°, après passage dans l'alcool absolu et le xylol.

Nous avons eu recours comme colorant nucléaire à la safranine anilinée, comme colorant cytoplasmique au vert lumière en solution alcoolique.

Ainsi préparée, une coupe de foie normal présente un aspect général clair dû à la juxtaposition sans ordre apparent des cellules hépatiques, claires également. De place

BE, FRS en place un espace vide, arrondi, représente la lumière d’une veine porte ou sushépatique. On ne reconnaît que très difficilement la disposition lobulaire si nette sur les coupes de foies humains prélevés aux autopsies pratiquées vingt-quatre heures après la mort.

A un plus fort grossissement, on voit les cellules hépatiques, de forme irrégulièrement arrondie ou polygonale, strictement juxtaposées ; de place en place on ne voit entre elles que les noyaux plus ou moins allongés des cellules de Kupfer et parfois quelques globules rouges. Les cellules hépatiques ne laissent entre elles, en fait d’espace vide, que de place en place l’étroite lumière d’un capillaire.

Fig. 1. — Cellules hépaliques de lapin contenant du glycogène. A gauche cellules granuleuses.

Flemming. Dessin à la chambre claire, Zeiss imm. 7 °C-comp. 4.

Le contour de la cellule hépatique est représenté par une mince lame protoplasmique d’apparence homogène. Le noyau, sphérique, est situé plus ou moins au centre de la cellule ; souvent la cellule contient deux noyaux. Quelques cellules n’ont pas de noyau : c’est que celui-ci n’a pas été compris dans la mince tranche cellulaire débitée par le microtome,.

Ai Du pourtour de la cellule à son noyau rayonnent de minces travées protoplasmiques déterminant la formation d’un

fin réseau aréolaire ; parfois la cellule paraît plus dense en un point de sa périphérie.

Fig. 2.— Cellules hépatiques de cobaye dépourvues de glycogèné.

Flemming. Dessin à la chambre claire, Zeiss imm, oc. comp. 4.

Cet aspect cellulaire se retrouve sur tous les foies, que ceux-ci contiennent ou non du glycogène. Comme l'a vu depuis longtemps M. Ranvier, en l’absence de glycogène, les cellules montrent toujours la disposition trabéculaire du protoplasma. Les mailles sont seulement un peu plus petites, arrondies et « disposées d'une manière régulière comme les alvéoles d’un gâteau d'abeilles ». L'aspect général de la cellule est alors un peu moins clair.

Le foie de l’homme, prélevé au cours d’une opération, est formé de cellules juxtaposées présentant les mêmes

caractères.

À côté des cellules hépatiques répondant à la description ci-dessus, il n’est pas exceptionnel de rencontrer quelques cellules isolées, d'aspect tout spécial. Sombres, granuleuses, acidophiles, elles sont diminuées de volume et, comprimées par les cellules voisines, elles prennent souvent un aspect étoilé. Leur noyau est ordinairement irrégulier, parfois pycnotique. Elles ne se voient en grand nombre que sur les foies malades. Ce sont les cellules sombres de MM. Gilbert et Jomier; ce ne sont, d’après M. Fiessinger(l1),que des cellules hépatiques en dégénérescence (dégénérescence granuleuse atrophique acidophile). Ces cellules peuvent pourtant, comme l’ont vu MM. Gilbert et Jomier, se rencontrer dansles foies d'animaux delaboratoire considérés comme normaux, mais elles n’y existent jamais qu’en nombre restreint. Elles paraissent se rencontrer plus fréquem-

Fig. 3. — Cellules hépaliques d'homme.

Dessin à la chambre claire. Zeiss RENE comp. 4.

ment dans les foies de lapins réputés normaux que dans ceux de cobayes d’où elles sont ordinairement totalement absentes. Le bord de la coupe correspondant à la section

(1) FressiNGex, Hislogenèse des processus de cirrhose hépatique. Thèse Paris, 1908.

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par le rasoir est parfois composé uniformément de cellules granuleuses ; on ne doit pas en tenir compte dans l'étude des allérations hépatiques expérimentales.

Les autres fixateurs, tels que le Bouin, le Van Gehuchten, l'alcool, rétractent plus ou moins les cellules hépatiques, déterminant parfois entre elles la formation d'espaces intertrabéculaires ; l'aspect du foie se rapproche alors de celui que présentent les pièces cadavériques. La rétraction que ces fixateurs font subir à la cellule est plus ou moins marquée suivant que la cellule est ou non dépourvue de glycogène ; dans ce dernier cas elle reste plus ou moins claire, dans l’autre, elle devient uniformément granuleuse, et par suite l'étude de ses lésions fines est rendue impossible. Cet aspect correspond-il à la réalité ? Pas plus, semble-t-il, dans son genre, que l’état vacuolaire déterminé, par exemple, dans la cellule du tube contourné du rein par une fixation au Zenker.

Pour l'étude du glycogène, les pièces étaient fixées par l'alcool absolu ; les coupes (à 1/150 ou 1/200), étalées à sec sur une lame, étaient traitées par le xylol et l'alcool et recouvertes d'une goutte de gomme iodée, puis ultérieurement d’une lamelle.

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