CHAPITRE I
LÉSIONS HÉPATIQUES PRODUITES PAR LES INJEC- TIONS D'URINE OU DE SES COMPOSANTS
S 1. — Inmjections d'urine.
A la suite d'injections répétées d'urine à haute dose chez le lapin, M. Gouget (1) a observé des altérations hépatiques caractérisées par une pâleur spéciale du foie avec décoloration d’un grand nombre de ses cellules.
M. Læderich (2), ayant pratiqué à cinq lapins des injections intraveineuses d'urine, à des doses variant de 110 à 1020 centimètres cubes, pendant un espace de temps variant de 25 à 124 jours, a constaté dans tous les cas des modifications plus ou moins importantes du foie. Le foie est augmenté de volume et de poids ; il est généralement pâle, décoloré. Histologiquement, on constate l’augmentation de volume des cellules hépatiques, avec état clair du protoplasma et surcharge glycogénique. Chez les animaux soumis à des injections très longtemps répétées d'urine apparaît un certain degré de sclérose, biveineuse chez un lapin, exclusivement périportale chez deux autres. Une femelle, ayant eu une gestation pendant le cours de l’expé-
(1) Goucsr, Essai d’accoutumance aux poisons urinaires. Soc, de Biol.,
25 mars 1899.
(2) Læperiem, Thèse Paris, 1907.
rience, présentait une abondante infiltration graisseuse du foie.
Après l'injection intraveineuse d'urine à deux lapins jusqu’à ce que la mort s'ensuive, nous n'avons constaté dans leur foie aucune lésion ; les coupes histologiques ne font
Fig. 4. — Cobaye 30. Injections d'urine.
Flemming. Zeiss DD. oc. comp. 4.
voir que de grandes cellules claires juxtaposées, sans trace de cellules sombres.
Nous avons injecté de l'urine d’une façon plus prolongée sous la peau d’un lapin et de trois cobayes et dans le péritoine d'un cobaye.
Sur le foie d’un lapin ayant reçu en dix jours 270 centi-
mètres cubes d'urine, on ne voit qu'une légère surcharge graisseuse disséminée, sans lésions cellulaires.
Les foies de deux cobayes ayant reçu chacun en sept semaines 8) centimètres cubes d'urine sous la peau ne présentent pas non plus d’altérations. Les deux autres cobayes reçurent l’un, en injection sous-cutanée et dans l’espace de vingt-trois jours, 370 centimètres cubes d'urine ; l'autre, en injection intrapéritonéale pratiquée aseptiquement, 279 centimètres cubes d’urine, dans le même laps de temps. Le foie de ces cobayes présente une surcharge graisseuse très accusée ; tandis qu'autour des espaces portes les travées hépatiques ne montrent que de place en place une grosse vésicule graisseuse, les cellules entourant la veine sus-hépatique sont à peu près toutes remplies d’une grosse goutte noire d'acide osmique réduit. On a ainsi une surcharge graisseuse à disposition nettement sus-hépatique. Le protoplasme et les noyaux de ces cellules graisseuses paraissent sains ; autour des espaces-portes on note la présence d'un assez grand nombre de cellules sombres, à protoplasma condensé, acidophile, mais à noyau normal.
S2, — Injections d'urée.
De toutes les substances retenues dans l'organisme dans le cas d’abolilion ou de diminution de la sécrétion urinaire, l'urée est une des plus importantes. Aussi s’est-on demandé si les lésions hépatiques décrites dans le cas d'imperméabilité rénale n'étaient pas dues pour la plus grande part à celte substance et quelles altéralions son injection était
susceptible de causer.
Ribot 3