‹ Recherches expérimentales sur le rôle possible des gaz à hautes températures doués de trèsChapitre 5 sur 9 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

FORMATION ET TRANSPORT DE DÉBRIS ; MENUS FRAGMENTS ET POUSSIÈRES ; APPLICATION AUX PHÉNOMÈNES NATURELS, ET SPÉCLVLEMKNT A L*UISTOIRE DES POUSSIÈRES COSMI. QUES ET DE CELLES QUI ABONDENT DANS LES RÉGIONS ABYSSALES DE LA MER.

LUMIERE FOURNIE PAR L'EXPÉRIMENTATION A L'HISTOIRE DU CONCASSEMENT DES ROCHES ET A CELLE DE LA PRODUCTION DE POUSSIÈRES.

Ainsi qu'on pouvait s'y attendre, des fractures plus ou moins nombreuses se produisent dans les roches, sous l'action du choc subit des gaz.

Dans l'ardoise, les plans de rupture teont dirigés suivant des clivages, et les segments se déi)lacent, en glissant les uns relativement aux autres, à la manière de ce qu'on observe, toute proportion gardée, pour les failles. Le verre se craquelé.

Gomme contre-partie des érosions et des perforations qu'ils causent, les gaz produisent une quantité de débris qu'ils emportent au dehors. Une feuille de carton G G (Fig. iO), enduite de vaseline, qui était placée à 1°», 40 au-dessus de la sortie de l'éprouvettc E et maintenue au moyen d'unchAssis, servait à recueillir une partie de ces projections. Gelles-ci, suivant Icir grosseur, subissent une sorte de triage qui les distribue sur la surface adhésive, suivant des cercles concentriques (Fi^^ 17). Les grains les plus grossiers, comme une violente milraill;% pt^forcnt le carton et môme la planche de support; quant aux parties extrêmement ténues, elles sont partiellement emportées au loin par les gaz qu'elles rendent opaques.

Examen dn poumhrs; Inus rnuilof/ics axec certaines poussières, déposées par l'atmosphère ou dans les mers profondes.

L'examen des poussières retenues sur la feuille de carton, ([ue M. Stanislas Meunier a bien voulu faire, mérite d'être résumé.

Dans les poussières produites lors de la trituration des roches par le passage des explosions gazeuses, on distingue au microscope des grains de deux catégories dillérentes. Les uns ne sauraient

DAUBRÉe

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être distingués de ceui que dooae la simple pulvérisation mécaaique; les autres ont uu car;icti>re six^cial qui luirait en rapport intime avec les conditioDsiiarticiilières de l'expérience. Php exemple, dans le cas du granité, les trois minéraux constituants : quartz,

Flf. ifi.

ChAaeis placé sur l'éprouvette el tnuiûv il'nnf vaseline el destinée à arrêter une partie ilrs jiiiu>sii' l'ijprouvetle E. — Kcheile j^.

feldspath et mica, se retrouvent avec tous leii outre ces matériaux, on est frappé de rpncoiil parfaites ou presque parfaites iflf:. IS), ni: noires, ou peu translucides et liriiriAIrcs, dont et présentant parfois un jielit goulot ))iou cul sans aucun doute, des produits de fusion.

lui!

1801 rAle géologique possible des gaz a haute pression 33S

On retrouve des éléments idenlîquea, dans la poussière dérivant de roches très diverses, (|ui eut été soumises à l'expiirienci!, mais avec des cireoustances variiibles pour chacune d'elles et <iout {|uelques unes méritent d'èlre rapidement résumées.

Malgré la variation dans la densité du chargement, qui a été

Fig. 17.

Feuille lie carton à laquelle les poussier par lt!s gralnn h'''"^^'''

1 fine» ont adhéré el qui a été percée j. — Éclielle de...

portée de l),i à 0,2, les caractères des poussières, produites par le granité de Vire, n'ont pas v;irié d'unie expérience à l'autre.

Iji méuilite, comme le cristal de roche, donne une |)Oudre remarquablement anguleuse. Pour l'opale, les grains sont les uns translucides et fort peu colorés, taudis que les autres sont sen-

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siblemenl opaques. On voit avec eux quelques globules noirs et brillants, mais qui sont exceptionnellement petits et rares.

La poussière de la craie de Rouen se signale par de petits éclats transparents de glauconie (ou de cblorite plus ou moins altérée) d'un beau vert émeraude, mùlés aux fragments plus ou moins opaques de carbonate de chaux. On voit des débris à clivage rhomboèdrique de calcite transparente, ainsi que beaucoup de grains opaques et quelques globules parfaits et généralement très gros.

La craie de Maëstricht donne une poussière entièrement amorphe, sauf pour quelques grains qui ont des formes de foraminifères et renferme très peu de globules. Le calcaire de Marly produit une poudre très fine, où les globules sont très peu nombreux. Enfin Tanhydrile n'a guère fourni que des éclats de clivage, qui se teignent entre les niçois de bandes, concentriques à la propre forme de chaque fragment. On ne voit pas de globules ])rillauts.

La poussière de la serpentine se montre en grains fort petits, dont les formes sont tout A fait irrégulières, et parmi lescjnelson reronnaît des fragments bacillaires, très probablement constilués p;ir de la diallage. Des grains opaijues irréguliers sont du fer oxydiilé : ils se distinguent très nettement de sphérules parfaits, à surface brillante et en général forts petits, auxquels ils sont mélanines, ('eux-ci sontattirables au barreau aimanté; leur nombre est très j;:raii(l et plusieurs ont une forme ellipsoïdale remarquable.

Enfin la poussière procurée par la lave du Vésuve, présente, au maximum, le caractère globuliforme, déjà signalé dans l(»s produits de trituration de roches par les exi)losions gazeuses. Presipie loutc' la matière est à l'état de sphérubîs noirs, de diuiensioiis varialiles, mais toujours très faibles, de 0™"ï012 à O^n'^OTO, olTraut parfois nn<» tubulure. Cette abondance est manifesfenieiil eu rappoil intime avec la fusibilité relative de la roche, (jui se traduit aussi par la constitution du vernis général dont sont recouverte^ toutes les parties en contact avec les gaz incandescents.

Ajoutons que Ton retrouve des globules dans l;i ponssièif de la porcelaine ou de la terre à poteries, mais en nomlire variable et avec des dimensions difTérentes dans chaipie cas.

Cette dernière circonstance montre (ju(^ si l'acier de !*( |)ifHiveMr peut donner lieu lui-n)éme, par combustion, à (|uel«|iH'< ulnhiihs. ce qui est douteux, comme on le verra plus bas, la plupul n:ii réellement pour origine la roche en expérience.

Il est impossible de contester l'identité de ce^ ulohiih < avec ceux qui existent en si grande abondance dans les poussière-- aliin»--

pliériques, qu'on a signalés à tant de reprises dans les vases actuelles des mers profondes et qui pullulent dans un si grand nombre de sédiments de tous les î\ges, depuis les argiles albiennes du puits de Grenelle jusqu'aux grès paléozoïquos de Villedieu (l).

Jusqu'ici l'opinion générale, la seule d'ailleurs que l'on put avoir, a été de rattacher l'origine de ces globules à l'arrivée dans l'atmosphère de masses cosmiques; et lou peut ajouter aujourd'hui aux argumentsdéjàpréseutés à l'appui de cette thèse,les résultats fournis par la trituration gazeuse des roches météoritiques. La poussière qu'à donné un cylindre de la pierre tombée du ciel en 1868, à Pultusk, montre en eflet d'innombrables globules, associés aux éclata de péridot et d'enstatite, ainsi qu'aux granules métalliques, ayantxîonservé leur (orme ramifiée et même souvent leur adhérence avec des minéraux lithoïdes.

Cependant, ce qui précède fait voir que les roches terrestres, de môme que les météorites, peuvcn t engendrer les globules qui nous occupent.

On peut même en saisir, pour ainsi dire, l'origine sur le fait. Sur la paroi interne des canaux ouverts par les gaz dans les cylindres de granité, on voit à côté du quartz, qui a été écaillé par décrépitation, que le mica et le feldspath ont pris, à des degrés divers et avec une intensité inégale suivant les [)oints, un état visqueux ou lluide ([uï les a étîilés sous forme de vernis. Ce vernis a, (;à et là, été arraché par le courant gazeux, en minces pellicules, dont on voit les attaches et qui ont été projetées dans l'air, en lambeaux fondus, l)ientùt refroidis et consolidés.

Pour bien élucider la suite de leur histoire, il est commode, comme l'a fait M. Stanislas Meunier, de substituer aux matériaux réfractaires des roches, quelque corps très fusible, et l'on reconnaît alors que la capillarité intervient pour transformer, en effet, les pellicules fondues, dont nous venons de voir le point de départ, en petits ballonnets creux, souvent tubulés, comme les globules naturels.

Ainsi, en lançant dans l'eau froide le contenu d'une pipette à orifice capiilîiire, remplie soit de stéarine fondue, soit de cire à cacheter, ou d'un mélange de ces deux substances, on produit des myriades de p(»titcs sphérules, ayant les caractères de forme de celles qui nous occupent et reproduisant ainsi, malgré la différence de substances, toutes les allures des globules résul-

(1) Stanislas Meunier et (îasfon Tissamlier, Coniples-rpiiilus, tome LXXXVI, p. 4aO, iS7S.

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tant rie Ir combusttnn du fer dans l'air ou du choc du silex sur l'iicior du briquet. Leur forme est, eu (r*^néral, d'autant plus sphériqiio que leur diamètre est plus réduit ; mais on peut arriver k en produini de fort grosses, c'eat-à diivarnnt plusieurs millimètres et, dans ce cas, très faciles à étudier.

En résumé, sans contester, et bien au contraire, que l'arrivée des météorites dans l'atmosphère contribue puissamment à la produ<>tion des globules brillants dont abondent les séxliments aériens et aqueux, il convient de l)ieu établir que le phénomène terrestre de l'ouverture des diatrëines intervient tr6s activemeat pour sa part. Les sphéniles concomitantes à l'érosion gazeuse des (çranites et des autres roches, lancées daus l'atmosphère, aux vertifiinenses altitudes où parviennent les fines déjections volcaniqufis, peuvent être souleiiiies en l'air fort longtemps et rctomlier à des distances quelconques. A l'appui de celte opinion, il faut rappeler que dans le bassin des mers, les corpuscules dont il s';tf!tt, et que MM. Renard et Murray n'hésitent cependant pas à raltaclier à une origine extra-terrestre, sont, en général, associés à dos prwUiils nettement volcaniques, qui semblent être là tixit cxiités pour trahir leur véritable orisine.

On peut noter ici que, à l'inverse des rorlics préiédcnteii, le quartz hyalin n'a fourni qu'une poussière anfriiIrTisc.rdriijilètcintMit dépourvue de globules.

La poussière impalpable produite |i;ir IVn.-^iiiri ;:;i/f'(ise des cylindres de fonte et d'acier n'a monln'', iiuitraininciit à ci> ([u'il semblait légitime de supposer, que di's ;;r;iiiis Ir.'-i nuiruloux ou à peine arrondis et pas du tout iJes[iliénil''^. i.i niiitièri' est d'ailleurs à peine oxydée, connue en téinoitine sun iicliori prcripitante sur les sels de cuivre, et cet état est pi-ut-élre la raison de sa diilt'rence déforme avec les poussières gloliiiMEi'ri'salirKisiilii'riques.qui paraissent dériver, au moins en partie, de la comlmstion dans l'air de masses de fer.

Broches et poussihes riws à la simple nrliott ih- flniih:- .'Uisti^jm-i.

L'expérience explique que les formes angiilensi^s îles tra;:nieiits de certaines brèches éruptives, telles que celles t[>'^ \<,\,\r< iTisinllifèressi connus de la Somma, et particiilièrenn'nt vi-\\<-- .\.'~ l.ij.nh^, peuvent être dues, non-sfiilemeut à }» frirliim dcsrMrii-- -nliij.'^ dans la cheminée vtdcauique, comme on l'a siipims. l:,;h„n<i<rniif/Zomcrin. mais aussi à la seule actiun deslhiidesé)a>ii.|ii.-,i|,iiii la puissance brisante est énorme.

Il en est de même des poussières d'une extrême ténuité, que Ton dési}z:ne improprement sous le nom de cendres volcaniques, par exemple pour celles que le Krakatau, en 1883, a vomies en si prodigieuse abondance que Tatmosphère terrestre tout entière eu a été salie des mois durant. Toutes ces poussières ont leurs analogues dans les poudres, absolument impalpables, formées dans les expériences par les explosifs, aux dépens de toute espèce de roches.

Il convient de tenir grand compte en géologie de cette puissance des gaz.

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