NERF GRAND SYMPATHIQUE
Les recherches sur l'innervation des vaisseaux cutanés dont on vient de lire la première partie * nous ont amené à étudier les propriétés vaso-motrices du système grand sympathique d'une façon un peu plus complète qu'on ne l'avait fait jusqu'ici. Nous avons reconnu la nécessité de faire porter l'investigation non seulement sur les rameaux facilement accessibles de ce système, mais encore et surtout sur ses parties profondes, sur ses origines représentées par celles de ses branches qui communiquent avec la moelle épinière. Des tentatives de ce genre avaient été faites déjà, mais il importait de les renouveler en vue de l'objet spécial qui nous préoccupait, et qui était l'étude des nerfs vaso-dilatateurs.
' Archives de Physiologie normale et pathologique, 1876, p. 409.
A. DASTRE ET J.-P. MORAT.
L'expérience nous a fait reconnaître dans quelques-unes des branches profondes du grand sympathique, l'existence bien évidente de nerfs vaso-dilatateurs. Dans les notes succinctes que nous avons communiquées sur ce sujet à la Société philomatique et à la Société de biologie, nous en avons montré déjà plusieurs exemples. Allant, comme il arrive presque toujours, du compliqué au simple, nous eûmes ensuite l'idée de les rechercher dans le sympathique cervical. Un fait remarquable s'offrit à nous. Nulle part, en effet, le grand sympathique ne montre sa propriété vaso-dilatatrice avec autant d'évidence, au moins chez l'animal le plus expérimenté, chez le chien. Nulle part aussi les conditions de l'observation ne sont aussi simples, tant pour la mise à nu du nerf, puisqu'il s'agit d'un des troncs nerveux les plus accessibles, que pour Fobservation des effets vaso-moteurs, puisque ceux-ci ont pour théâtre des régions découvertes, ou facilement observables, les muqueuses nasale et buccale, et les départements cutanés correspondants. On voit, par là, que ces faits nouveaux se rattachent naturellement à l'étude de l'innervation des vaisseaux cutanés qui a été le point de départ de nos recherches.
Ce mémoire a pour objet d'établir la propriété vaso-dilatatrice du grand smypathique en faisant connaître et en développant l'exemple le plus frappant qu'on en puisse donner parmi ceux que nous avons découverts. Toute la démonstration repose sur une expérience que nous appelons fondamentale, et autour de laquelle toutes les autres se groupent naturellement pour lui servir de complément et de preuves. Cette expérience n'est autre que celle très anciennement connue de l'excitation du sympathique cervical par laquelle on a démontré l'existence des nerfs irido-dilatateurs, des nerf vaso-constricteurs, des nerfs sudoripares même ; elle va nous servir à démontrer l'existence des vasodilatateurs sympathiques.
Pour mettre un peu d'ordre dans l'exposition des faits, nous étabhrons les divisions suivantes :
1° État de la question: historique.
2° Aclion vaso-dilatatrice du sympathique cervical. 3° Excitation asphyxique des vaso-dilatateurs sympathiques.
4° Excitation réflexe de ces mêmes nerfs.
Réponse aux objections, examen de quelques faits nouveaux.
6° Résumé et conclusion.