‹ Recherches expérimentales sur les causes du mouvement du sang dans les veinesChapitre 7 sur 8 · PAR M. LE D' BARRY · texte numérisé non relu

PAR M. LE D' BARRY

N . B. Les rapports indiqués supposent l'animal debout, dans une position naturelle.

Première expérience.

Le i4 juin, en présence de MM. Laennec, professeur à la Faculté; Breschet, chef des travaux anatomiques ; Billery de Grenoble, Bennet, chirurgien du collège de Londres , et de plusieurs élèves , M. Barry a répété l'expérience suivante, déjà consignée dans le mémoire qu'il a eu l'honneur de lire à l'Académie des sciences dans la séance du 8 de ce mois.

La jugulaire interne fut mise à découvert sur un chien de petite taille. Une incision ayant été pratiquée aux parois de cette veine, une sonde de gomme élastique fut introduite dans sa cavité, et dirigée vers le cœur. Au bout extérieur de cette sonde était fixé un robinet , dans l'autre extrémité duquel on introduisit un tube de verre

coudé à angle droit et en partie contourné en spirale.

L'appareil ainsi disposé, le tube de verre fut mis en communication avec un vase rempli d'une teinture d'indigo; puis le robinet ayant été ouvert , on vit qu'à chaque dilatation inspiratoire du thorax, le liquide bleu passait dans la cavité du tube, et s'y élevait à une hauteur d'autant plus considérable que l'inspiration était plus prononcée. Dans l'expiration , le liquide restait en place , ou rétrogradait un peu vers le vase. A la fin de l'expérience seulement , le sang veineux refluait quelquefois vers le tube lorsque l'animal expirait.

Deuxième expérience.

La même expérience fut répétée sur un cheval, le 10 juin, devant MM. Laennec, Cruveilhier, professeur d'anatomie à l'École de médecine; Breschet, Bogros, prosecteur de la même faculté; Bennet, et de beaucoup d'élèves. Les résultats furent les mêmes, à cettedilFérenCe près, que pendant l'expiration on n'observa aucune régurgitation du sang veineux dans le tube. Pendant l'inspiration, le liquide affluait en abondance vers le cœur, et bientôt il n'en resta plus dans le vase , qu'on fut obligé de remplir une seconde fois.

La coïncidence entre les mouvemcns inspiratoires et l'ascension du liquide était si prononcée, qu'en comptant les premiers , on indiquait la seconde, et réciproquement.

Troisième expérience.

Le même cheval étant couché sur le dos , l'extrémité abdominale de l'appendice xiphoïde fut mise à découvert; alors M. Barry la souleva de la main gauche , taudis que la droite^ poussait vers le cœur l'extrémité d'un tube d'acier coupée obliquement en bec de plume. Par cette manœuvre, l'instrument, après avoir longé la face interne du cartilage, et traversé la marge inférieure du diaphragme, parvint, sans ouvrir le péritoine, dans l'angle inférieur et postérieur du péricarde. A l'autre extrémité du tube était fixée une bouteille de caoutchouc remplie d'un mélange demiconcret d'axonge et de cire. Cette bouteille était percée dans son fond d'une ouverture par laquelle on fit arriver à travers la composition dont elle était remplie, jusque dans l'intérieur du tube qui la terminait, une sonde flexible d'une grandeur moyenne. Un mécanisme très-simple, mais trop minutieux à décrire ici , permettait à l'extrémité de cette sonde de traverser la poire sans que l'orifice interne en fût bouché par la matière que contenait celle-ci.

Ces préparatifs terminés , il devint facile d'établir par l'intermédiaire de la sonde une communication entre la cavité du péricarde et un vase rempli d'une liqueur colorée en bleu. Alors il fut sensible pour tous les yeux qu'à chaque mouvement d'inspiration la liqueur s'élevait dans le .tube, qu'elle redescendait dans l'expiration , et que ces mouvemens étaient pour la vitesse et pour l'étendue précisément en raison directe de ceux du thorax; de telle sorte que, quand la respiration était profonde, le liquide s'élevait très-haut, et pénétrait même dans le péricarde, tandis qu'il semblait agité d'oscillations courtes et rapides quand les mouvemens de la poitrine étaient faibles, mais rapprochés (i).

Signé : Eve. LEGALLOIS,

aide de clinique à la Charité.

(i) Le procès-verbal de ces expériences fut rédige sous les yeux de M. le professeur Laennec, par son élève, M. Legallois, jeune homme de talent , et fils du célèbre physiologiste de ce nom.

Expériences sur ('ascension des fluides dans (es veines et dans tes cavités du péricarde, faites par M. ie docteur Barry à l'École royale vétérinaire d'Alfort, en présence de M. Girard , directeur de ladite école.

M. Barry a répété ses expériences le 8 et le 1 5 juillet 1825.

Dans la séance du 8 , il a commencé par démontrer rascension du fluide dans les veines ; il a appliqué à cet elFet la canule d'un instrument dans la jugulaire d'un cheval.

Pendant l'inspiration , le fluide montait plus fortement que dans le temps de l'expiration, et son ascension n'avait lieu souvent qu'avec la dilatation de la poitrine. Pendant le contre-temps qui marque l'intervalle de l'inspiration à l'expiratioD , le cours du fluide restait constamment suspendu.

Montre à la main, il a été constaté que l'ascension continuée du fluide pendant cinquantesix secondes a été de cent quatre-vingt-dix-huit grammes.

L'expérience des veines étant terminée, M. le docteur Barry a poussé un autre instrument dans le péricarde. L'ascension du fluide a commencé dès que l'on a ouvert le petit robinet de l'instrument. Le fluide montait pendant les deux mouvemens de la respiration, mais bien plus

fortement dans les instans de la dilatation des poumons.

Cette expérience du péricai'de a eu lieu sur plusieurs chevaux, et a été suivie plus particulièrement sur deux de ces sujets. L'ouverture de l'un de ces derniers a fait voir que la canule de l'instrument n'avait pénétré que dans le tissu cellulaire environnant le péricarde. Dans l'autre 1 cheval, la canule se trouvait bien dans la cavité du péricarde , mais le cœur avait été l'ortemont endommagé.

Une remarque particulière , c'est qu'après la mort de l'animal, l'ascension du fluide a continué d'avoir lieu pendant quelque temps et sans nulle interruption.

Dans la séance de ce jour, 1 5 juillet , M. Barry s'est borné aux expériences sur le péricarde, qu'il a répétées successivement sur trois chevaux. L'expérience tentée sur le premier de ces . animaux a présenté absolument les mêmes ob- ; servations que celles faites sur la veine jugulaire I dans la séance du 8 juillet. L'ascension du fluide ' coloré en bleu, d'abord très-forte, et continuée pendant les deux mouvemens de la respiration, ' cessait à chaque intervalle de l'inspiration à l'exipiration, et était toujours plus forte pendant l'inspiration. Quelques momens avant la mort, l'ascension du fluide n'était bien marquée que

pendant la dilatation de la poitrine, et restait! presque entièrement suspendue à chaque temps d-'expiration. A l'ouverture de ce premier sujet, on a trouvé la canule de l'instrument prolongée dans le péricarde ; mais le oœur se trouvait percé î vers sa pointe. Cette dernière lésion nous a paru i être postérieure à l'admission de la canule dans i la poche, et avait été occasionnée par les mou-^ vemens désordonnés du cœur, qui s'est déchiré Ji en fj.appant sur la pointe du tube métallique.

La même expérience , renouvelée siu' un se-i cond cheval, a démontré que l'ascension dui fluide se faisait à peu près dans les mêmes rapi; ports, k l'autopsie cadavérique, il a été coa*r« staté que la canule de l'instrument n'était pas i parvenue dans le sac du péricarde, et qu'elle n'avait pénétré que dans le tissu environnant.

Un troisième cheval soumis au même essai a fourni des résultats plus marqués et plus déci-^ sifs; l'ascension du fluide, toujours plus forte et plus sensible dans l'inspiration , restait le plus souvent suspendue pendant le temps de l'expiration. L'autopsie cadavérique de ce dernier cheval a fait voir quelacamde de l'instrument se prolongeait dans la cavité du péricarde, qu'elle traversait superficiellement la substance du cœur, et ressortait par le bout. Il a été bien constaté qu,« cette canule passait dans la sub-

lui' 'ait'

stance du septum venlriculaire, sans néanmoins pénétrer dans aucun des ventricules (i). Le fluide renfermé dans le même sac était le même que celui introduit du dehors ; ce qui a été parfaitement reconnu et vérifié.

Certifié exacts tes faits ci-dessus rstatés.

A l'École royale vétérinaire d'Alfort , ce i5 juillet iSaS.

Le direcleur de l'École ,

Signé : GIRARD.

(i) Le fluide introduit du dehors était une solution de carbonate «J'ammoniaque colorée en bleu foncé. Le fluide trouvé dans le sac du péricarde présentait la même couleur, et donnait avec l'acide sulfurique une effervescence considérable. II n'y avait point d'hémorrhagie <ians la cavité du péiicarde. [Note de i'autcur. )

INSTITUT DE FRAiSCE.

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