Sonde à coupe
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clié le fond, et on notait la quantité de lil employé. On avait, d'ailleurs, la précaution de sonder en canot, en se maintenant à l'aviron contre la dérive. Ce procédé était imparfait pour deux raisons. D'abord, il arrivait souvent que l’embarcation, quelle qu’elle fut, donnait des chocs au lil au moment du tangage ou du roulis; les ruptures étaient, de ce fait, très fréquentes.
Pour y remédier, on adapta au fil de sonde un accumulateur analogue à ceux que nous avons décrits à propos du dragage : nous ne reviendrons pas sur cette description.
Le deuxième inconvénient est que l’on ne pouvait espérer remonter le plomb de sonde, le cable cassait à tous coups. Ou avait pris l’habitude de le perdre après chaque sondage, ce qui restreignait évidemment le nombre de ceux-ci.
Ce deuxième inconvénient fut supprimé par l'invention faite en 1854 par l’aspirant américain Brooke.
La fameuse sonde de Brooke est composée d’un boulet percé d'un trou dans sa longueur. Par ce trou passe une tige de fer terminée en haut par deux doubles crochets à charnière. Aux branches internes de ces doubles crochets s’attache la ligne de sonde doublée à ce niveau. Aux branches externes se fixe une élingue qui passe sous le boulet, et s’attache à un anneau de cuir de chaque coté. Le boulet se trouve ainsi suspendu après les crochets. Que la tige touche le fond, comme le représente la figure, les crochets s’abaissent, l’élingue se décapèle, le boulet tombe et est perdu ; on ne remonte que la tige. A ce moment, on a très bien à bord, par des procédés variés, la notion que le plomb a touché le fond, il suffit donc de noter la longueur de corde déroulée, en tenant compte de la dérive, pour avoir la profondeur vraie. La perte du boulet est insignifiante. Enfin, j’ajouterai que l’extrémité de la tige, qui plonge dans le sol, est munie de tuyaux de plume d’oie, qui se remplissent de la vase du fond et la rapportent à bord. — Lin défaut de l’appareil de Brooke est qu’il se montre trop sensible. Souvent, le boulet se décroche avant que la sonde soit au fond.
En 1800, à bord du Bull-Doc/ , Steil construisit un sondeur
composé Je deux écopes maintenues écartées par un cylindre de plomb, qui appuyait sur la partie supérieure de leurs bras. Le cylindre était, d’ailleurs, retenu par des crochets comme ceux de Brooke. Au moment où la sonde touchait le fond, le cylindie se décrochait et libérait un fort ressort, qui serrait solidement
les deux écopes l’une contre l’autre; elles ramassaient, dès lors, un échantillon du fond. On avait à la fois sa connaissance et celle de la profondeur (fig. 54).
Ce sondeur ne semble pas devoir rendre de très grands services, il est compliqué; de plus, il suffit d’un grain de sable qui s’interpose entre les mors des écopes, pour qu’il revienne vide sur le navire.
Le sondeur du Lightning est à une seule écope. Quand elle arrive sur le fond, elle s’y enfonce. Du même coup, le gros poids de fonte, jdacé au-dessus d’elle, chavire. L'écope vient alors
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s’appliquer sur une plaque-couvercle, que la figure 55 montre inclinée au-dessus d’elle. I ne grande quantité de vase se trouve de ce chef emprisonnée et ramenée à bord. Il paraît que c’est là un excellent appareil.
A bord du Challenger on enploya une modification de Y Hydre, dont Filhol nous donne ainsi la description : « Cet appareil
consistait en un tube dans lequel pouvait se mouvoir un piston. Le fond touché, le piston tiré par les poids descendait, expulsant, par des orifices latéraux, l’eau renfermée dans le tube. Quand les dents auxquelles étaient rattachés les poids arrivaient, par suite de la pénétration de la tige dans le tube, à rencontrer le bord de la paroi supérieure du sondeur, les lacs se décrochaient, et les cylindres de fonte tombaient sur le fond. Le jeu du piston avait pour but de retarder la chute des poids, et de produire ainsi une pénétration plus intense dans le fond. Des soupapes s’ouvrant de bas en haut permettaient l’entrée de
la vase ci du gravier,
Fig. 57.
LA. VIE DANS LES EAUX, et s’opposaient à leur chute durant 1 ascension (fig. 56).
A. Milne-Edwards, à bord du Talisman,, imagina un sondeur qui, joint à un appareil de mesure de l’ingénieur Thibaudier, constitua certainement ce qu’on avait fait jusqu'alors de plus commode et de plus précis.
Le sondeur proprement dit est un fort cylindre de fer dans lequel sont creusés deux compartiments. Dans le supérieur se trouve une lige de fer, dont l'anneau est attaché à la ligne de sonde. Cette tige monte et descend dans le sondeur, mais sans pouvoir s’en séparer. Le sondeur est chargé de poids, comme celui du Challenger. Ces poids ont la forme d’anneaux, et sont au nombre de trois ou quatre.
Ils sont enfilés dans le sondeur et un fil de fer, passant sous eux, va s’attacher par deux anneaux à deux crans de la tige mobile dont nous parlions tout à l’heure. Tant que le fil est tendu parles poids, l’appareil ne fait qu’une pièce; mais que le sondeur touche, les poids tendent à faire rentrer la tige mobile dans le tube; de ce coup, les fils sont décrochés, les poids tombent et sont abandonnés sur le fond, le tube est facilement remonté à bord.
Comme les autres sondeurs, celui du Talisman possède une chambre pour recueillir des échantillons; elle est — Sonde du Talisman, iermée par deux v alves que deux le-
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viers à angle ferment vivement quand le tube a déjà pénétré d'une certaine quantité dans la vase. Ces valves sont même garnies de suif, et rapportent du gravier, quand le fond est, trop dur pour que le tube du sondeur ait pu y pénétrer.
Notre figure montre au-dessus du sondeur un appareil spécial : c'est un thermomètre dont nous parlerons plus tard.
Le sondeur électrique de Delacroix est destiné à indiquer en permanence le fond sur lequel on se trouve : en effet, on le laisse à la traîne comme un loch, on ne le relève jamais. L’auteur le destine aux grands fonds; je crois qu’il ne pourra jamais être utilisé pour eux, mais bien au contraire pour l’exploration des côtes, pour le cabotage et la marche rapide sur un bas-fond où l’on craindrait de toucher.
Le cable qui porte ce sondeur contient dans son âme deux rhéophores soigneusement isolés l'un de l'autre et isolés aussi de l’eau de mer, c'est déjà dire qu’il ne peut avoir une grande longueur. « Le sondeur qui est au bout se compose de deux parties métalliques A et B. La partie A peut se mouvoir dans le sens de l’axe, mais est guidée par quatre tiges C, C, C, C, à section presque triangulaire, glissant dans des rainures pratiquées dans le flanc de la masse B. L’extré-
. . . . Fig.58.— Sonde élec-
mité intérieure de ces tiges se termine par trique de Delacroix.
un petit coude E émergeant de la surface A et qui vient buter sur un cercle F agissant comme arrêt, de telle sorte que le sabot A ne peut s’éloigner de la masse de plus de 0m,03 environ. Ce sabot porte sur son centre une tige G glissant à frottement doux par un trou cylindrique pratiqué dans l’axe même de la partie supérieure. Une garniture v, ü, en caoutchouc, assure l’imperméabilité de cette ouverture cylindrique.
«La partie B se compose essentiellement de deux moitiés
Régna rd. 8
Coupe suivant X Y
demi-cylindriques jointes ensemble au moyen de cercles et de boulons, elle porte à son extrémité supérieure un étrier II pouvant tourner autour d’un tourillon I, I. Dans l’intérieur du col et de chaque côté de l’axe sont pratiqués deux petits canaux servant de conduits isolés à deux fils électriques J, K. Ceux-ci viennent aboutir à une petite chambre L dans laquelle ils se recourbent à angle droit, mais sans se toucher.
Fig. 59. — Compteur du soudeur Delacroix.
« Une petite tige M, mobile dans le sens vertical, traverse la partie qui sépare la chambre du trou cylindrique. A sa partie supérieure, elle est fixée au fil J et à son extrémité inférieure elle porte un bouton N ; en son milieu elle est pourvue d’un petit renflement servant d’arrêt et sur lequel viennent appuyer deux ressorts o, o, qui, à l’état normal, pressent la tige sur le fond inférieur de la chambre. »
Le sondeur et son câble passent sur un treuil à compteur pareil à ceux dont nous allons parler tout à l’heure (fig. 59). On les file en même temps qu’un courant de Leclanché passe dans les rhéophores. Si le plomb touche, ses deux parties séparées se rejoignent; un timbre intercalé sur le courant se met à sonner, on lit le nombre de mètres dévidés, on relève un peu le sondeur et on le laisse à la traîne; si le timbre sonne de nouveau c est que le fond se relève. Cet appareil peut donc, à notre avis, servir a éclairer la route d’un bateau qui navigue dans