‹ Recherches expérimentales sur les moulinets anémométriquesChapitre 3 sur 40 · LES DIVERS TYPES D'ANÉMOMÈTRES ET LEUR HISTORIQUE · texte numérisé non relu

LES DIVERS TYPES D'ANÉMOMÈTRES ET LEUR HISTORIQUE

Utilité de l’étude historique de l'anémométrie. — Avant de se livrer à des recherches fructueuses sur des questions aussi complexes que celles que soulève l’anémométrie, questions sur lesquelles l’ingéniosité des inventeurs s’est exercée pendant plus de deux siècles, il est indispensable de bien connaître les diverses voies que l’on a suivies pour arriver aux formes d’anémomètres actuellement en usage. Cette manière de faire évite au chercheur des tâtonnements souvent décourageants et, en le faisant profiter de l'expérience de ses devanciers, abrège notablement son travail en lui montrant les causes d’erreur dont il doit se garder. On ne trouve malheureusement en français aucun ouvrage récent sur les anémomètres et les recherches auxquelles ils ont donné lieu. C’est pourquoi j'ai cru utile de combler cette lacune en donnant un aperçu général de l’historique de l’anémométrie,

(4) En réalité j'ai pu mener de front l'étude de ces deux problèmes et le second s’est trouvé résolu en même temps que le premier. Les principes sur lesquels est basé l'instrument que j’ai réalisé ont été exposés devant la Société météorologique de France le 6 janvier 1920 (voir Ann. Soc. mét. de France, LXIV, p. 51). Cet instrument fera l’objet d'un Mémoire ultérieur dans lequel seront donnés tous détails utiles sur son étalonnage et son fonctionnement.

Premier stade de l’anémométrie : les échelles anémométriques. — Grâce aux actions exercées par le vent sur le corps humain, les arbres, les fumées et en général sur les objets qui constititent notre entourage, tout le monde sait apprécier si le vent est nul, faible, moyen, fort ou violent. Ce sont ces appréciations dont l’usage remonte vraisemblablement à l'antiquité la plus reculée, qui constituent le premier stade de l’anémométrie. On voit immédiatement que ces mesures rudimentaires ne peuvent être comparables entre elles que si les divers individus qui les font ou les utilisent se sont au préalable bien entendu sur la signification des termes qu'ils emploient et sur les phénomènes qui leur servent de base pour déclarer que le vent est nul, moyen ou violent. Autrement dit, il est nécessaire d’établir un ensemble de règles, un code, suivant lequel seront faites les diverses appréciations. |

Ce n’est qu’à la fin du xvirre siècle que fut faite la première tentative de codification des estimations de la force du vent. Vers 1780, l’Association météorologique de Mannheim adoptait une échelle anémométrique dont l’usage avait été introduit par les observateurs d’Upsal et qui comportait à degrés : o, calme; 1, faible ou modéré; 2, fort; 3, très fort; 4, violent. Mais cette échelle a été détrônée par celle de Beaufort dont l'usage a été introduit par son auteur dans la marine britannique vers 1800. Elle comprend 13 degrés s’étendant depuis le calme, noté o, jusqu’à l’ouragan, noté 12, et sert actuellement en Europe pour la transmission des observations par télégraphe avec la seule modification que les degrés 9, 10, 11 et 12 sont confondus en un seul caractérisé par le chiffre 9 et correspondant aux vents violents. Pour les observations faites dans les stations climatologiques, on se sert fréquemment d’une autre échelle dite échelle terrestre. Cette échelle ne comprend que 7 degrés (o à 6); chacun des six derniers correspond à 2 degrés de l’échelle de Beaufort.

L'adoption des échelles anémométriques, à défaut de procédés de mesure plus précis, a fait faire un notable progrès à l’anémométrie en rendant les observations comparables. Actuellement, e’est encore le plus souvent à l’estime que le vent est mesuré dans un grand nombre de stations et il est rare que des observateurs exercés fournissent pour une même vitesse du vent des appréciations simultanées différant de plus de 1 degré de l’échelle de Beaufort.

Classification des anémomètres. — Nous avons vu que les divers anémomètres pouvaient être répartis en trois grandes classes suivant la nature de l'effet utilisé pour la mesure de la force du vent :

Ce sont les anémomètres à pression, les anémomètres à rotation et les anémomètres à refroidissement.

La plupart des appareils anémométriques susceptibles de fournir des résultats suffisamment précis rentrent dans l’une de ces catégories, mais leur multiplicité

est telle que, pour plus de clarté, il est utile de diviser chacune d’elles en sousgroupes d’après la manière dont sont utilisés les effets produits par le vent pour mesurer son intensité.

Nous adopterons la classification suivante :

Ï. Anémomètres à pression :

a. Anémomètres à pendule.

b. Anémomètres à plaque normale.

c. Anémomètres tubulaires.

d. Anémomètres bridés.

Page 1