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III. Anémomètres à refroidissement

g. Anémomètres-thermomètres.

h. Anémomètres à fil chaud.

Nous laisserons de côté les anémomètres musicaux qui ne constituent qu'une simple curiosité et nous insisterons spécialement sur les instruments appartenant à la deuxième classe qui rentrent plus spécialement dans le cadre de ce travail.

T. — Anémomètres à pression.

a. Anémornètres à pendule. — L'histoire de l’anémométrie de précision commence avec lanémomètre à pendule décrit par Robert Hooke en 1667 dans les {nstructions for Seamen. Il se compose d’une plaque P fixée à l'extrémité d’une tige OR mobile autour d’un axe horizontal O et se déplaçant le long d’un are de cercle divisé AB. Cet ensemble est mobile autour d’un pivot vertical CD et s'oriente à la manière d’une girouette de façon que la plaque P soit placée face au vent. La force de celui-ci est mesurée par l’angle que fait la tige OR avec la position qu’elle occupe en air calme.

C’est l’instrument qui a servi de type aux divers anémomètres à pendule

de Wild (1861) et de Prestel (1865) en passant par ceux de Dalberg (1780), ensemble compliqué de mécanismes combinés, d’après Brewster, « sans discer-

qui ont vu le jour par la suite, depuis celui de Pickering (1744) jusqu à ceux

nement ni ingéniosité » et de Schmidt (1828) qui en a fait comme Pickering un instrument donnant les maxima.

Quand le vent change rapidement de direction, il devient difficile de main-

s + MIUSE BRAZIER o

tenir la plaque exactement tournée face au vent. Pour remédier à cet inconvénient, on à songé à Ja remplacer par une sphère sur laquelle, par raison de symétrie, l’action du vent est la même quelle que soit la direction d’où il souffle : cette idée, due à Parrot ('), a été réalisée par Howlett en 1868; elle a été

Anémomètre de Hooke.

reprise dans ces dernières années en France par Daloz (?). Mais les mesures faites avec de tels dispositifs ne peuvent être acceptées que sous réserve; les recherches sur la résistance des corps sphériques placés dans l’air en mouvement ont montré, en effet, qu’une même déviation de la sphère peut correspondre à des valeurs différentes de la vitesse du vent (*). D'ailleurs leur emploi ne s’est guère répandu.

La modification imaginée par Draper en 1872 n’a pas non plus été consacrée par la pratique. Son anémomètre comportait un cylindre intercalé entre deux chaînes. L’une de celles-ci était suspendue à un support rigide. L'autre servait à enregistrer les déplacements subis par le cylindre sous l’action du vent.

b. Anémomètres à plaque normale. — Ce qui caractérise ces instruments, c'est que la plaque, au lieu de s’incliner plus ou moins suivant que la force du vent est plus ou moins grande, est assujettie à rester verticale et à s'orienter face à la direction d’où soufflent les courants aériens. La pression qu’elle subit de la part de l'air en mouvement est équilibrée par l'action d’un ressort ou d’un poids agissant à l'extrémité d’un bras de levier variable.

Le premier modèle de ce type est signalé dans le Theatrum machinarum

} Voigts Magazin, L, 1397, p. 152.

?) Catalogue de la maison J. Richard, Météorologie, Paris, 1914.

) G. Exrrer, Sur la résisiance des sphères dans l'air en mouvement (C, KR. Acad: Se, à 455, 1912, p'x1597),

generale de Leupold, paru à Leipzig en 1724. En 1746, Bouguer, dans son Traité du Navire, décrit un anémomètre à plaque portatif formé d'une feuille de carton fixée à une tige perpendiculaire à son plan et appuyant sur un ressort contenu dans un tube. Divers essais dus à l’abbé Nollet (1550), au colonel Demenge (1780), à Kirwan (1810) et à Beaufoy (1821), forment la transition entre cet appareil et ’anémomètre enregistreur à plaque d’Osler (1836) qui a été pendant longtemps employé comme étalon en Angleterre et dans un certain nombre d’observatoires du continent. PSE

Dans cet instrument, la plaque est séparée de Ja girouette, mais portée par le même axe vertical; la pression au vent est équilibrée par des ressorts placés à l'arrière; les déplacements de la plaque sont transmis à l’enregistreur par une chaîne traversant la tige creuse qui sert de support au dispositif. Celui-ci permet d'inscrire à la fois la direction et la pression du vent.

En 1850, Jelinek modifie l’anémomètre d’Osler en entourant les ressorts par un cylindre elos à sa partie postérieure et dont la base antérieure est formé par la plaque de pression. L'action du vide partiel produit derrière la plaque est ainsi éliminée. En 1864, Cator remplace le cylindre par un cône et Îles ressorts par un poids agissant à l'extrémité d’un bras de levier de longueur variable. Depuis cette époque, l'emploi de l’anémomètre à plaque normale semble avoir été en déclinant maloré les perfectionnements que divers inventeurs y ont apportés et dont le dernier en date paraît être celui de Baxendell qui remonte à 1903 (1).

Dans tous ces instruments, la pression du vent est mesurée par la tension d’un ressort ou la longueur d’un bras de levier variable à l'extrémité duquel agit un poids constant. Parallèlement à ces tentatives, d’autres inventeurs cherchaient à mesurer cette pression par un procédé manométrique. Dès 1585, Wilke proposait de placer derrière la plaque un sac de cuir rempli de mercure et relié à un tube vertical étroit contenant de l’alcool coloré. La plaque pressant sur le mercure produit des variations de hauteur de la colonne d’alcool qui sont fonetion de la force du vent. Quarante ans plus tard, Pujoux reprit la même idée en remplacant le sac de mercure par une vessie remplie d'air.

Ces instruments forment la transition entre les anémomètres à plaque nor-

male et les anémomètres tubulaires,

c. Anémomètres tubulaires ou anémomanomètres. — Les anémomètres tubulaires utilisent les effets de compression et d'aspiration que produit le vent en

(4) Jos. BaxenDezt, Descriplion of the Dines-Baxendell anemograh and the Dial Pattern non oscillating pressure-plate anemometer (Quart. Journ. Roy. Met. Soc., vol. XXIX, 1905, p. 289-298).

agissant sur des ajutages de forme appropriée et convenablement orientés. On .peut en distinguer trois variétés :

19 Ceux qui n’utilisent que les effets de compression;

20 Ceux qui n’utilisent que les effets d'aspiration ;

30 Ceux qui utilisent à la fois ces deux effets.

19 Le premier en date de ces appareils est décrit par Leupold dans son Theatrum staticum (Leipzig, 1726), il était constitué par un entonnoir placé face au vent et adapté sur un flacon contenant un liquide daus lequel plongeait un tube vertical. La force du vent était mesurée par la hauteur du liquide soulevé dans ce dernier. Lind, en 19775, emploie un tube en U ouvert à ses deux extrémités et dont l’une des branches est coudée en angle droit à sa partie supérieure. Ce tube en U est porté par une girouette de manière que la branche coudée présente toujours son ouverture au vent, La partie inférieure de PU contient de l’eau et la différence des niviaux occupés par ce liquide dans les deux branches sert à mesurer la force des courants aériens. Après diverses modifications de détail dues à Snow Harris et à Forbes, et dispositif, qui fut à un moment donné très répandu en Angleterre, finit par être abandonné.

Le baromètre différentiel de Wollaston est de 1829; réinventé par Ramsbottom en 1866 1l n’est au point de vue anémométrique que l'adaptation d’un manomètre différentiel très sensible à l’anémomètre de Lind. En 1835, Adie se sert d’un tube à ouverture évasée orientée par une girouette. Ce tube aboutit à l’intérieur d’une cloche cylindrique reposant sous l’eau, les variations de hauteur de cette espèce de gazomètre servent à repérer la force du vent.

29 En 1867, Fletcher mesure cet élément par aspiration qu'il détermine dans un tube cylindrique vertical ouvert à sa partie supérieure, le plan de l'ouverture étant parfaitement horizontal, et dont l’extrémitéinférieure est reliée à un manomètre. Cet instrument, réimventé par Hagemann en 1876, porte le nom de ce dernier. C’est une modification de l’anémomètre de Lind rentrant dans la deuxième variété des anémomètres tubulaires.

En adaptant, à la partie supérieure du tube vertical, un ajutage de forme et d'orientation convenables, on peut augmenter notablement les effets de succion dus au vent. Dès 1854, Overduyn s'était servi dans ce but d’un tube de Venturi formé de deux troncs de cônes opposés par leur petite base et de hauteur et d'ouverture différentes. Cet ajutage est disposé de manière que le vent entre par le tronc de cône le plus court; l'aspiration est maximum au point où la veine gazeuse est le plus contractée; c’est à cet endroit qu'Overduyn adaptait un tube relié à une petite caisse hermétiquement close contenant un baromitre anéroïde. Les différences entre la pression barométrique et celle qa’inlique j’anéroïde sont fonction de la vitesse du vent.

CHERCHES EXPERIMENTALES SUR LES MOULINETS ANÉMOMÉTRIQUES. 17

Arson, en 1875 (1), propose de modifier l’ajutage de Venturi en remplaçant le tronc de cône arrière par un cylindre de manière à produire une augmentation brusque du diamètre, mais cette modification n’a fait l’objet d'aucune application pratique.

Overduyn avait montré que l'aspiration était beaucoup plus forte à l’étranglement d’un deuxième tube de Venturi convenablement disposé à l’intérieur du premier, Cette donnée a été utilisée par Bourdon dans son multiplicateur (1878) (?). Les variations de pression étaient enregistrées par l'intermédiaire d’un manomètre à tube elliptique dû au même inventeur.

Ce dispositif est tombé rapidement en désuétude; cependant le multiplicateur a été utilisé dans ses dernières années par MM. Toussaint et Lepère à l’Institut aérotechnique de Saint-Cyr, et le Service météorologique militaire s’en est servi pour la construction d’un anémomètre (1918) qui ne diffère que par des détails de celui de Bourdon et possède le même défaut.

Ce défaut, connu depuis plus de 35 ans et qui est loin d’être négligeable, provient de ce que le manomètre destiné à enregistrer les variations de pression qui se produisent à l’étranglement du tube intérieur du multiplicateur, au lieu “de donner la différence entre la pression en ce point et la pression statique de l'air en mouvement, donne en réalité la différence de pression entre l'atmosphère de la pièce dans laquelle il est installé et l’intérieur de l’ajutage dans lequel s’engouffre le vent. Or les variations de pression qu’il s’agit de mesurer, étant très faibles, sont affectées très notablement par celles que produisent dans l'atmosphère de la salle le tirage des cheminées, l’ouverture des portes et les actions d'aspiration et de compression exercées par le vent et variables suivant

la direction d’où il souffle et suivant sa vitesse.

Anémomètre de Dines.

30 Cette imperfection est complètement évitée dans les anémomètres tubu-

() Association française, Nantes, 1875.

(2 C. R. Acad. Sc., t. 94, 1882, p. 229.

laires de la troisième espèce dont le type le plus répandu actuellement est l’anémomètre de Dines. Cet instrument, dont le premier modèle a été décrit par son auteur en 1892, se compose d’un tube ouvert horizontal orienté face au vent par l'intermédiaire d'une girouette et d’un second tube fermé à sa partie supérieure, mais percé de trous latéraux disposés en couronnes. La différence de pression existant entre les deux ajutages est enregistrée à l’aide d’un dispositif spécial dont les indications sont proportionnelles à la racine carrée de cette différence de pression.

d. Anémomètres bridés. — Les anémomètres bridés forment toute une catégorie d'instruments dans lesquels les organes destinés à mesurer la force du vent sont disposés de manière à communiquer à un axe un mouvement de rotation que l’on freine par une résistance susceptible de mesure. Quand l’équilibre est atteint, le moment par rapport à l’axe de la pression exercée par le vent sur l'organe sensible est égal à celui de la force antagoniste, d’où la possibilité de calculer le premier et par conséquent la force du vent.

Le premier type de ces appareils est celui de Christian Wolf (1708). Un ensemble d’ailettes convenablement disposées autour d’un axe est orienté par une girouette. Le mouvement de rotation que prend l’axe sous l'influence de l’action des courants aériens sur les ailettes se communique par des rouages à un pivot, muni d’une aiguille se déplaçant sur un cadran, et fait monter un poids dont le bras de levier par rapport à ce pivot croît très rapidement à mesure qu'il est soulevé. Quand le moment du poids équilibre celui qui résulte de la pression du vent sur les ailettes, le mouvement de rotation s'arrête et la position occupée par l’aiguille mesure la force du vent.

. Les anémomètres de Gärthner et de Leutmann reposent sur le même principe.

Ce type n’a guère été employé et l'adoption des coupes hémisphériques pour la constitution de l’organe exposé à l’action du vent, par Francis Galton (1859) et Stokes (1881) (1), n’a pu parvenir à en répandre l’usage,

IT. — Anémomètres à rotation.

Mesure directe de la vitesse du vent. — Nous arrivons maintenant à une classe très importante d'instruments que l’on peut appeler anémomètres de vitesse.

par opposition à ceux que nous avons vus Jusqu'à présent. Îls sont construits en vue de mesurer le vent non par les effets de pression qu’il exerce sur une

(*) On trouvera une description de l'anémomètre bridé de Stokes dans un article de R.-H. Curmis, Characteristic features of gales and Strong winds (Quart. Journ. Roy. Met, Soc., vol. XX, p. 262-269).

certaine surface ou par l'aspiration ou la compression qu'il produit dans des ajutages convenables, mais par la vitesse du mouvement qu’il communique à un système de surfaces convenablement disposées et orientées, le plus souvent assujetties à tourner autour d’un axe.

Le procédé le plus simple qui se présente à l'esprit pour déterminer la vitesse d’un courant d’air consiste à mesurer l’espace parcouru en un temps donné par un corps très léger emporté par ce courant. C’est le procédé dont se servait Mariotte dès 1680. Repris par Derham en 1708, il est encore appliqué aujourd’hui à la mesure de la vitesse des courants supérieurs de l’atmosphère à l’aide des ballons-pilotes.

En 1733, Bouvet modifie ce procédé primitif et calcule la vitesse du vent par le temps que met à parcourir une longueur donnée d’un fil, tendu dans la direction des filets d'air, un disque de liège empenné assujetti à se mouvoir le long de ce fil. Cette méthode est de nouveau préconisée par Snow Harris en 1840 ('). Elle n’a Jamais été employée pour des mesures suivies.

Premiers types d’anémomètres à rotation. — Jusqu'à présent le seul moyen pratique dont l’usage se soit répandu pour la détermination direete de la vitesse du vent consiste dans l'emploi des anémomètres à rotation.

Le premier de ces instruments serait, d’après Laughton (*), celui de Dinglinger, mentionné par Leupold en 1542, et dont l'invention remonterait aux environs de l’année 1720, mais 1l n’est pas certain que l’instrument dont parle Leupold en 1724 n’est pas le même que celui qu’il décrit en 1726 sous le nom de Gärthner et qui appartient à la classe des anémomètres bridés; de sorte qu'il paraît vraisemblable que le premier type bien défini d’anémomètre à rotation est l’anémomètre pendule de d’Ons en Bray (1734) (*). C'était un instrument compliqué enregistrant à la fois la direction du vent et sa vitesse. Cette dernière donnée était fournie par la rotation continue d’un moulinet spécial appelé par son auteur moulin à la polonaise. Îl ne semble pas que cet appareil ait Jamais été utilisé pour des mesures suivies.

En 1751, Lomonosow emploie un anémomètre unique en son genre et dont il est difficile de dire s’il appartient à la classe des anémomètres à rotation ou à la catégorie des anémomètres bridés. Il se compose d’une roue à aubes montée sur une girouette de manière que son axe soit toujours horizontal el perpendiculaire au vent. La moitié inférieure de cette roue est abritée par une caisse fermée à sa partie inférieure et le mouvement qu’elle prend lorsque souffle

(1) Nous verrons dans le Chapitre IT de la deuxième Partie que certains anémomètres à rotation peuvent être considérés comme dérivant directement de ces expériences,

(2) Laucnron, Historical Sketch of Anemometry and Anemometers (loc, cit).

(3) Histoire de l'Ac Roy des Sc, p. 123,

le vent est transmis à un disque par un ensemble de rouages. Pour étalonner l'instrument, on compare la vitesse de rotation de ce disque à la vitesse du vent mesurée par le procédé de Mariotte.

e. Anémomètres à axe parallèle au vent. — Tous ces instruments ne présentent qu'un intérêt historique et méritent à peine le nom d’anémomètres : il faut arriver jusqu’à l’an 1952 pour trouver le premier dispositif permettant de mesurer le vent par la rotation continue d’un organe convenablement orienté. Il est dû à Schober et comporte un moulinet formé de quatre lames métalliques légères fixées aux extrémités de deux bras disposés en croix et inelinées d’environ 380 sur le plan passant par ces derniers. Ce moulinet, monté sur un axe dirigé parallèlement au vent, communiquait à cet axe un mouvement de rotation continu dont on pouvait mesurer la vitesse grâce à un petit marteau qui venait frapper une clochette chaque fois que le moulinet avait accompli six révolutions.

L’anémomètre de Schober ne fut guère emplové pas plus que celui du même genre que proposa Edgeworth en 1783.

En 1590, Woltmann donna une théorie de ces instruments et, à la suite d’une série de recherches expérimentales, modifia les dimensions du moulinet et l’inclinaison des palettes. Il trouva que celle-ci devait être ramenée à 410 50° et que, dans les conditions où il opérait, la vitesse du vent V était représentée en fonction de la vitesse linéaire du centre des ailettes par une équation de la forme

Vip?

a étant une certaine constante dépendant de la densité de l'air et du frottement de l’axe sur ses coussinets.

En 1820, Kallstenius porta à 12 le nombre des pales et leur donna une inelinaison de 530 (379 par rapport à l’axe).

Les anémomètres de Combes et de Whewell (1835), qui furent à un moment donné très employés en France et en Angleterre, ne sont que des modifications de l’anémomètre de Schober-Woltmann. L’instrument de Combes, dont le Bureau Central météorologique possède encore un modèle construit par Bréguet et portant le n° 65 122, comportait quatre ailettes carrées très légères de 22MM,5 de côté portées par deux bras en croix et inclinées de 200 sur le plan de ces derniers. Leur centre se trouve placé à 26,95 de l’axe de rotation consütué par une mince tige d’acier munie d’une vis sans fin qui actionne un mécanisme permettant de compter le nombre de tours faits par l'organe sensible en un temps donné. D'une série d'expériences d'étalonnage faites au manèoe, Combes conclut que la vitesse du vent V pouvait se déduire de la vitesse de rotation de lPappareil par une formule linéaire : V = a+ bn, dans laquelle n

représente le nombre de tours du moulinet par unité de temps, « et b étant deux constantes.

Les appareils anémométriques connus sous le nom d’anémomètres à main ne sont pour la plupart que des modifications de cet instrument.

En 1843, Biram eut l’idée de remplacer les ailettes planes par des ailettes gauches. Mais c’est J. Richard qui paraît avoir adopté le premier les ailettes de forme hélicoïdale nettement définie. Cet habile constructeur français eut l’idée de les constituer par des portions de la surface d’un hélicoïde ayant 1" de pas et d'adapter au moulinet un mécanisme extrêmement ingénieux (einémographe) capable d'enregistrer toutes les variations de sa vitesse de rotation. Le moulinet, grâce à sa légèreté, suit sensiblement les variations de la vitesse du vent. Il s'ensuit qu’en tarant préalablement le cinémographe, on peut lire directement sur le diagramme qu’il fournit la vitesse du vent exprimée en mètres par seconde.

Fig. /.

Le)

Anémomètre Richard,

On peut rapprocher de l’anémomètre Richard l’appareil conçu par Dines (1887) et auquel il a donné le nom d’anémomètre hélicoïidal autoréglable (À).

f. Anémomètre à axe perpendiculaire au vent. — Les moulinets dont lPhistorique vient d'être brièvement retracé exigent que leur axe soit dirigé parallèlement au courant dont on désire connaître la vitesse. Il faut donc les monter sur une girouette si l’on désire faire des mesures continues. C’est là une complication que l’on peut éviter par l'emploi du moulinet inventé par Robinson en 1846 et universellement connu sous le nom de moulinet à coupes hémis-

U) W. I. Dies, À new form of velocity anemomeler (Quart, Journ. Roy. Met, Soc., vol. XIIT, 1887),

phériques où moulinet Robinson. Sa robustesse et la commodité de son emploi l'ont fait adopter dans la plupart des services météorologiques et, à l’heure actuelle, c’est encore l’anémomètre Robinson (voir fig. ) et ses modifications qui sont les plus répandus pour la mesure de la vitesse du vent.

Fig. 5.

Anémomètre Robinson.

Le moulinet à coupes hémisphériques, dont la première idée paraît appartenir à Edgeworth, se compose de quatre hémisphères creux fixés aux extrémités de quatre bras disposés en croix et dans le même plan horizontal autour d'une tige verticale formant pivot. Le plan de base des coupes est disposé verticalement et un observateur se déplaçant autour du moulinet rencontre toujours dans le même ordre le côté concave et le côté convexe des hémisphères successifs.

Si l’on considère deux coupes diamétralement opposées, on voit que, par suite de cette disposition, l’une d’elles présente sa concavité au vent, tandis que l’autre lui offre son côté convexe. Comme la résistance de la première au mouvement de l'air est plus grande que celle de la seconde, le dispositif prend un mouvement de rotation dont la rapidité est fonction de ses dimensions et de la vitesse du vent. De ses premières expériences Robinson avait conelu que la vitesse linéaire du centre des coupes était très sensiblement égale au tiers de la vitesse du vent, et, depuis cette époque, la plupart des anémomètres genre Robinson ont été construits sur cette donnée quoiqu'il soit démontré depuis environ 50 ans que la manière dont se comportent les moulinets à coupes hémisphériques diffère notablement de l’idée que l’on s’en était faite d’après les premières indications fournies par l'inventeur. On en a fait de toutes les tailles depuis celle du Kew-Standard, établi par Beckley et installé à l'Observatoire de Kew en 1856, dont les coupes ont 9 inches de diamètre (228Mm.6) et dont le diamètre mesuré de centre en centre de deux hémisphères opposés atteint 48 inches (1,519), jusqu’à celle de l’anémomètre de voyage de Fuess (Reiseanémometér) dont le diamètre est de 34MM et qui comporte des coupes de 22Mm,

La vitesse de rotation de la partie tournante est mesurée, soit par un compteur de tours actionné par une vis sans fin, soit par un cinémographe (Richard), soit au moyen d’un régulateur de Watt (Maurer) (1), soit par le voltage aux bornes d’une magnéto dont l’induit est entraîné par l’axe (Richard) (?).

Diverses modifications du moulinet Robinson ont été tentées en remplaçant les coupes par des hémicylindres ou des cônes. Mais leur emploi est resté tout à fait restreint.

III, — Anémomètres à refroidissement.

g. Anémomètres-thermomètres. -— C’est à Leslie que revient l’idée de mesurer la vitesse du vent en déterminant la rapidité avec laquelle s’abaisse la température d’un corps chaud exposé au vent. Î] a proposé dès 1804 d'employer à cet usage un thermomètre à gros réservoir préalablement chauffé à une température supérieure d’une quantité connue à celle de l'air. Ce procédé fut étudié de nouveau par Phillips en 1846-184 8-1849 et dans ces dernières années

(1915) par Hill, Griffith et Flack (*).

= Ces derniers auteurs ont également proposé de se servir d’un thermomètre à réservoir mouillé.

h. Anémomètres à fil chaud. — Les anémomètres à fil chaud n'ont fait leur apparition que peu d'années avant la dernière guerre. Dans ces appareils, la mesure de la vitesse du vent est effectuée en déterminant la perte de chaleur que subit, par unité de temps, de la part de l’air en mouvement, un fil fin de platine formant l’une des branches d’un pont de Wheatstone. La première tentative de ce genre est due à G.-A. Shakespear et remonte à 1902. La question a été ensuite étudiée par nombre d'auteurs parmi lesquels on peut citer : Kennelly, Bordoni, Morris, Gerdien, mais s’est L.-V. King qui paraît avoir rendu vraiment pratique la mesure de la vitesse des courants d’air par le moyen

d’un fil chauffé ().

() Die Werwendung des Walt’schen pendels zur kontinuirlichen mechanischen Registrirung des Robinsonschen Schalenkreuzes (Zeutsch. für Instr., LIT, 1885, p. 189-192).

(2) Ce dispositif à été également appliqué à l’anémomètre à mouïinet Richard (1913).

@) Haizc, Grirrirm et Frack, The measurement of the rate of heat loss dt body temperature by convection, radiution and evarorution (Phil. Trans, Roy. Soc., vol. 207, p. cr, London, 1915).

(*} Voir On the convection of heu from small cylinders in & stream of fluid : delermuination of the convection constants of small platinum wires, with applications to hot-wire anemometry (Phil. Trans. Roy. Soc., vol. 214, p. 373-452, London, 1914). On trouvera des renseignements bibliographiques sur la question dans un Mémoire du même auteur : On the precision measurement of air velocity by means of the Linear Hot Wire anemometer (Phil. Mag., 1915, p. 556) et dans un travail de F.-S.-G, Tmomas, The Hot-Wire anemometer : its applications to the Investigalion of the velocity o; gases in pipes (Phil. Mag. 1420, p. 505:534;)

Sans insister davantage sur les anémomètres à refroidissement qui sont encore à l’heure actuelle des instruments de laboratoire plutôt que des appareils destinés aux usages météorologiques, nous allons exposer succinctement les principales recherches auxquelles ont donné lieu les dispositifs employés par les météorologistes pour mesurer la vitesse du vent (1).

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