Recherches théoriques
L’anémomètre Robinson étant le plus répandu, c’est sur les instruments de ce modèle qu'ont surtout porté les efforts des chercheurs.
1. Recherches à l'air libre. —- Si l’on disposait d’un anémomètre parfait capable de définir à tout instant le vecteur vitesse du vent, 1l serait possible d'arriver à déterminer d’une manière suffisamment précise la valeur des indications des divers anémomètres placés dans le vent naturel par une série de comparaisons plus ou moins longue. Comme ce n’est malheureusement pas le cas, les auteurs qui se sont livrés à des comparaisons à l’air libre ont dû se borner à choisir arbitraitement comme étalon l’un des appareils étudiés. Sous cette forme imparfaite, ces études ont cependant été très utiles en montrant les divergences qui existent entre les mesures de la vitesse du vent faites à l’aide d’anémomètres différents. Les divergences observées ont fait voir la nécessité de nouvelles recherches et ont provoqué un grand nombre de travaux dans le but, soit de les expliquer, soit de les corriger.
(1) On trouvera une bibliographie détail'ée concernant l'historique des anémomètres depuis l'origine jusqu'à 1887 à la fin du Mémoire de Lauenrox : Historical Sketch of Anemometry and Anemometers (Quart. Journ. Hoy. Mer, Soc, vol. VIT, 1882, p. 161-189).
Les premiers en date et les plus importants par la répercussion qu'ils ont eue sur les progrès de l’anémométrie sont ceux du Rév. Fenwick Stow (1).
Il fit en 1870 et 1872, dans un endroit bien découvert, une série de comparaisons entre des anémomètres Robinson de différentes dimensions en adoptant comme étalon un instrument du même modèle que le Kew-Standard et en admettant que, pour tous, la vitesse du vent s’obtenait en multipliant par le facteur 3 la vitesse linéaire du centre des coupes.
Les expériences mirent en évidence les résultats suivants :
19 La plupart des petits instruments donnent des vitesses moyennes inférieures de 15 à 25 pour 100 à celles indiquées par le modèle de Kew.
29 Si l’on examine le rapport entre les indications d’un anémomètre donné et celles de l’étalon, on trouve qu'il varie avec la vitesse du vent et décroît à mesure que celle-ci augmente.
39 Cette variation est d’autant plus accusée que le quotient
Diamètre des coupes (4) Diamètre du moulinet (D)
est plus grand.
Pour expliquer ces phénomènes, Stow invoque l'influence du frottement de l’axe sur ses coussinets et l’action des coupes les unes sur les autres, celles-e1 s’abritant mutuellement contre l’action du vent, et cet effet étant d’autant plus prononcé que lese bras sont plus courts relativement au diamètre des hémisphères. |
Deux autres séries de comparaisons furent faites à Petrograd en 1873-1874 et en 1877-1878 par Dohrandt (?). Ces expériences avaient surtout pour but de déterminer les constantes de certains anémomètres en les comparant à d’autres préalablement étalonnés au manège.
En 1889 et 1890, des mesures comparatives furent faites par M. Angot au Bureau Central météorologique et à la Tour Eiffel entre l’anémomètre Richard et des anémomètres Robinson (*). Elles montrèrent qu'une bonne lubrification des coussinets était indispensable pour assurer la comparabilité des observations faites à l’aide d’un même instrument à coupes.
On doit à W. H. Dines une très intéressante étude faite à l'air bre à Hersham en 1890 et 1891 {‘). Les instruments, installés à 9 pieds (5%,48) au-dessus d’un toit comprenaient :
a. Un Kew-Pattern Robinson;
(1) On large and small anemometers (Quart. Journ. Roy. Met. Soc., vol. I, 1872, p. 41).
(2) DonranDr, Bestimmung der Anemometer-Konstanten (Rep. f. Met., IV, n° 3, et VE, n°5).
(5) A. Axcor, Observations météorologiques faites au Bureau Central météorologique et à la Tour Eijjel (Ann. du B.C. M., t. I, 1888; t. I, 1889; Paris, 1891 et 1892).
(+) W, H. Dinus, Anemomeler comparisons (Quart. Journ. Roy. Met. Soc., vol. XVIIT, 1899, p. 65-183).
b. Un anémomètre hélicoïdal auto-réglable; ce. Un « air-meter »;
d. Une plaque circulaire d’un pied carré;
e. Un anémomètre tubulaire Dines,
et avaient été tarés préalablement sur un manège. Ces expériences ont mis en évidence un certain nombre de faits dignes de
remarque.
10 Par vents faibles, les anémomètres de pression donnent des indications trop élevées, les anémomètres de vitesse des indications trop basses. La différence entre ces deux catégories d'appareils s’annule pour les vents forts.
20 Le fonctionnement du Robinson et des instruments à pression est affecté par la variabilité de la vitesse. Il ne semble pas qu'il en soit de même pour l’anémomètre auto-réglable et l’air-meter. Les premiers ont tendance à donner des indications trop élevées par vent variable, mais cet effet décroît à mesure que la vitesse moyenne du courant augmente.
30 Le Robinson et les anémomètres à pression ne sont pas influencés par les variations de la direction qui, au contraire, tendent à rendre trop basses les
indications des autres appareils.
Quant au facteur par lequel 1l faut multiplier la vitesse linéaire du centre des coupes du Kew-Pattern pour trouver la valeur vraie de la vitesse du vent, il n’est pas constant et varie entre 2 et 2,27. L'auteur pense qu’en adoptant la valeur 2,10 les nombres obtenus ne doivent pas s’écarter de la vérité de plus de 5 pour 100.
La même année, Whipple compare un anémocinémosoraphe Richard au Robinson étalon de Kew. Le rapport des vitesses moyennes données par le premier instrument à celles déduites des mesures faites à l’aide du second varie de 0,88 (vitesse lue au Kew-Standard : 6 miles à l'heure) à 0,80 (vitesse mesurée au Kew-Standard : 42 miles à l'heure).
D'études semblables faites par Curtis en 1895 à Scilly sur un anémomètre de Dines et un Robinson ayant 18 inches de diamètre et muni de coupes de 5 inches, ii ressort que le coeflicient de ce dernier instrument varie avec la vitesse du vent el passe par un maximum égal à 3 pour les vitesses comorises entre 10 et 25 miles à l’heure. On doit au même expérimentateur des essais comparatifs faits à Holÿhead sur l’anémometre bridé de Stokes d’une part et l’anémomètre de Dines d'autre part. De ces essais il résulte que les vitesses moyennes indiquées par les deux dispositifs diffèrent d'une quantité constante qui peut être considérée comme provenant d’une détermination inexacte du o de l’anémomètre
bridé, En ce qui concerne les maxima, ceux qu'indique ce dernier sont plus
élevés que ceux qu'enregistre l’anémomètre tubulaire et semblent se rapprocher davantage de la réalité.
Hazen (1) a essayé trois anémomètres à coupes de dimensions différentes placés à 20 pieds au-dessus d’un toit. Il trouve que les rapports Ÿ de la vitesse du vent V à la vitesse linéaire des coupes # dépend de V et va en diminuant quand V augmente. [l pense que le facteur du Kew-Pattern doit être compris entre 3 pour les vents faibles (3 miles à l'heure) et 2,10 pour les vents forts (25 miles à l’heure).
À la même époque, Marvin (?) étudie simultanément le fonctionnement dans le vent naturel de l’instrument du Signal Service (*) et d’un anémomètre très léger muni de coupes coniques en papier préalablement taré au manège. Dans la plupart des cas, les vitesses données par le Robinson du Signal Service sont supérieures de 10 pour 100 à celles que l’on relève sur l’autre. Cette différence ne paraît pas dépendre de la moyenne des vitesses du vent pendant l’expérience, mais de la variabilité de celle-ci. Elle s’exagère si l’on augmente le moment d'inertie du premier instrument, C’est d’ailleurs ce que permet de prévoir le fait bien connu qu’un moulinet Robinson une fois lancé continue à tourner en air calme pendant un temps d'autant plus long que son moment d'inertie est plus orand. Marvin conclut de ses expériences que de nombreuses mesures faites à l’air libre dans des conditions très variées seraient nécessaires pour obtenir l'équation approchée de l’anémomètre du Signal Service.
De 1892 à 1895, S. P. Fergusson a fait à Blue-Hill de nombreuses comparaisons entre un Kew-Pattern, deux Robinson modèle du Signal Service dont les coupes étaient faites pour l’un en aluminium et pour l’autre en cuivre, deux anémomètres hélicoïdaux auto-réglables différant l’un de l’autre par la matière ayant servi à la fabrication de leurs ailettes (cuivre pour l’un, aluminium pour l’autre) et un anémomètre Richard.
D'une première série de mesures faites en 1892 (‘), cet auteur conclut que l'instrument du Weather Bureau (anémomètre du Signal Service) donne des vitesses plus élevées que l’anémomètre hélicoïdal et que lexcès de ses indications croît à mesure que la vitesse du vent augmente. Si celles-ci sont corrigées à l’aide de la table de Marvin, les vitesses obtenues sont au contraire trop basses sauf aux faibles vitesses. Le Robinson à coupes de cuivre fournit des nombres plus grands que celui muni de coupes d'aluminium pour des vitesses supérieures à à» miles à l’heure, Au-dessous de cette limite, c’est l'inverse que l’on
observe.
() Americ. Met. Journ., V, p. 498.
(2) Amer. Met. Journ., V, p. 558 et suiv.
(3) Diamètre de centre en centre des coupes : 13, 44 inches; diamètre des coupes : 4 inches. (:) S. P. Ferausson, Anemometer comparisons (Amer. Met. Journ., IX, p. 427).
Dans le Mémoire beaucoup plus complet qu’il a publié en 1895 (1), Fergusson sépare les comparaisons qui concernent le Kew-Pattern en deux catégories : l’une d’elles contient les mesures faites par vents variables, l’autre celles qui correspondent aux vents réguliers. Il trouve que, pour une même vitesse moyenne, les indications de l'instrument copié sur le Kew-Standard sont plus élevées dans le premier cas que dans le second.
L'auteur conclut de ses observations que les petits instruments sont les plus sensibles aux variations rapides de vitesse et que celles-ci affectent beaucoup moins les valeurs de la vitesse moyenne trouvées à l’aide des anémomètres à moulinet orienté face au vent que celles données par les Robinson.
Des résultats fournis par ces travaux, et des études poursuivies à la Deutsch Seewarte, Neumayer (?) déduisit que, pour étalonner un Robinson de grandes dimensions, le meilleur procédé consistait à le comparer dans le vent naturel à un instrument de modèle réduit taré au manège.
Cederstrüm {*) a déterminé l'équation d’un Robinson ayant 30cm de diamètre et pourvu de coupes de 11m en mesurant la vitesse du vent à l’aide de ballonspilotes. Les vitesses, calculées d’après les tarages de l'instrument faits au manège
dd
et sur un train de chemin de fer, seraient supérieures à celles correspondant l’étalonnage fait dans le vent naturel de 5 pour 100 à 10 m:sec et de 8 à 10 pour 100 à 20 m : sec.
Les dernières comparaisons d’anémomètres à l’air Hbre qui soient parvenues à ma connaissance sont celles de À. Norman Shaw (‘). Elles ont porté sur un Robinson du modèle adopté par le Weather Bureau, sur un tube de Pitot, un anémomètre à fil chaud de King et un anémomètre-thermomètre (katathermometer). L'auteur trouve que les vitesses moyennes calculées d’après la formule de Marvin à l’aide des indications du Robinson s'accordent bien avec celles que l’on déduit de observation d’un ballon-pilote. Tous les autres instruments essayés lui ont donné des résultats satisfaisants. On peut cependant se demander jusqu’à quel point il est légitime de comparer les vitesses mesurées avec les ballons employés par l’auteur et qui s’élevaient avec une vitesse de 8om par minute avec les indications d’un Robinson placé à la hauteur de 40. Sur neuf comparaisons qu'il reproduit, on en trouve six pour lesquelles les mesures ont fourni exactement le même nombre, deux pour lesquelles l’écart est respec-
() S. P. Fercusson, Anemometer Comparisons (Ann. of the astronomical Observatory of Harvard College, vol. LX, Part # Appendix G.) : Observations made at Blue-Hill metcorological Observatory in the year 1894.
(2) Neumayer, Aus dem Archis der D. Seew., Jahrg. 20, n° 4.
(5) Emil Cepersrrôm, On meloderna alt profoa anemometrar (Helsingfors, 1905).
(*) Notes on the comparison of anemometers under open-ar conditions (Monthly Weather Review, vol. XLVII, n° 4, 1919, p. 21.
tivement de 11 et de 12 pour 100 et un où il s'élève à plus de 66 pour 100 de la vitesse mesurée à l’aide du Robinson.
Il. Recherches faites au manège. — Il semble que le premier anémomètre qui ait été étalonné au manège soit celui de Schober ('). Woltmann (?), après avoir tenté l’emploi de ce procédé pourses recherches, yrenonça à cause des mouvements parasites communiqués à l’air de la salle d'expériences par la rotation du bras.
Combes (*) s’en servit ensuite pour établir la formule de son anémomètre, et Robinson (*) détermina par ce moyen le facteur par lequel il fallait multiphier la vitesse linéaire du centre des coupes des moulinets de son invention pour trouver la vitesse du vent.
En 1860, Glaisher eut l’idée de vérifier expérimentalement la constante du moulinet Robinson employé à l’observatoire de Greenwich (5). L’anémomètre (%) fut monté sur le bras d’un manège installé à l’air hbre. On trouva que le coeflicient était trop fort de 6 pour 100. Ce résultat fut considéré comme suflisant que pour l’on püt admettre les idées de Robinson. Aucune correction avait été apportée aux nombres expérimentaux en vue de tenir compte des mouvements parasites de l’air causés par la rotation du manège.
Cependant les résultats obtenus par Stow, en comparant les anémomètres à coupes dans le vent naturel, vinrent montrer l’utilité de reprendre les travaux de Robinson.
Dès 1872, des expériences furent entreprises dans ce but par Jeflery et Whipple sur un manège de chevaux de bois à vapeur installé à Crystal-Palace. Jugées insuffisantes par leurs auteurs, elles furent discutées en 188r par Stokes (7) qui en tira les conclusions suivantes :
Le quotient Vitesse du vent (V) Vitesse linéaire du centre des coupes (6)
varie avec les dimensions des organes constituant le moulinet. Toutes choses égales d’ailleurs, ce sont les moulinets dont les coupes sont les plus grandes qui tournent le plus vite. Pour le Kew-Pattern, le facteur à employer est d’en-
() Scnoser, Hamburger Magazin, IX, Stück 2.
(} Wozrmanx, Theorie und Gebrauch des Hydrometerflügels oder zuverlassige Methode, die Geschswindigkeit der Winde und strômenden Wasser zu beobachten (Hambourg, 1790).
(3) Comses, Mémoire sur un nouvel unémomètre (Ann. des Mines, 3° série, t. XII, 1838, p. 103).
(‘) Transactions of the Roy. Irish Academy, XXII, Part III, 1852, p. 155.
(5) Greenwich Magnetical and meteorological Observations, 1866; Introduction, p. 48.
(5) Diamètre du moulinet de centre en centre des coupes : 13, 44 inches; diamètre des coupes : 3,75 inches.
(") Sroxes, Proceedings Roy. Soc., XXXIT, 1581, p. 170.
THÈSE BRAZIER a]
30 RECHERCHES EXPÉRIMENTALES SUR LES MOULINETS ANÉMOMÉTRIQUES. viron 2,5 au lieu de 3, et cette valeur est probablement encore trop élevée. Il est d’ailleurs vraisemblable que le facteur ! n’est pas indépendant de la vitesse du vent, mais décroît à mesure que celle-e1 augmente.
A partir de cette époque, les recherches faites au manège se multiphent et il faudrait un volume entier pour les résumer et les discuter. Les plus importants travaux qui en donnent les résultats sont, par ordre d'ancienneté, ceux de :
Dohrandt (Russie) (1873-1874 et 1877-1878) (');
Robinson (Iles Britanniques) (1873) (*);
Recknagel (Allemagne) (1878) (°);
Stelling (Russie) (1882) (“)
Dines et Whipple (Iles Britanniques) (1888) (°):
Dines (Iles Britanniques) (1889-1893) (°);
Marvin (États-Unis) (1889-1890) (°);
Hasenkamp (Allemagne) (1890) (°);
Neumayer (Allemagne) (1897) (°);
Certains de ces chercheurs ont opéré sur des manèges installés à l’air hbre, soit dans une cour entourée de bâtiments élevés (Marvin), soit dans un jardin (Dines et Whipple); la plupart ont fait leurs expériences en salle close.
La majeure partie des instruments étudiés sont des anémomètres à coupes. Seules les expériences de Dines ont porté sur presque tous les types d’instruments employés pour la mesure de la vitesse du vent.
De ces travaux on peut dégager les conclusions suivantes :
19 Pour Îles anémomètres pourvus de moulinets à axe parallèle au vent et munis d’ailettes planes suffisamment petites, la formule de Combes V = & +bn (V, vitesse du vent; a et b, constantes expérimentales; n, nombre de tours du moulinet par unité de temps), dans l'étendue des vitesses expérimentées (0-12), suffit pour calculer ces dernières à 1 ou 2 pour 100 près de leur valeur.
20 Le rapport : se montre, pour l’anémomètre hélicoïdal auto-reglable, sensi-
blement indépendant de la vitesse du vent.
*, Donranvr, Rep. f. Met., IV, n° 5, 18%4, et VI. n° 5, 18
Roginson, Plhilos. Trans., vol. 169, p. 777, et vol. 171, p. to R
55, ECKNAGEr, Wiedemanns Annalen, IV, 1838, p. 149. 5) W. I Dixes et G. M. Ware, Report of the wind force-commitiee on experiments with anemomelers conducted at Hersham (Quart. Journ. Roy. Met. Soc., vol. XIV, 1889).
(5) W. I Dines, Quart. Journ. Roy. Met. Soc, vol XV, XVI, XVIII, XIX; Proc. Roy. Soc., vol. XLVIII ct L.
CCE Marvix, Sctience, 1888, 1889: Amner. Met. Journ., V, NI, VIT; Month. Weat. Review, 1889 et 1890.
(5) I. v. Hasexkamp, Aus dem Archis der D. Seew., Jahrg. 13, 1890, n° 3.
{%) Neumaver, Aus dem Archiv der D, Seew., Jahrg, 20, n° 4,
39 Les anémomètres tubulaires munis d’ajutages convenablement disposés constituent d'excellents instruments pour la mesure de la vitesse du vent, une fois connue l’équation reliant leurs indications à cette vitesse.
4° En ce qui concerne les anémomètres Robinson, les vues primitives de l'inventeur doivent être rejetées.
En effet :
a. Le facteur - varie dans de larges limites avec les dimensions des divers
organes du moulinet.
b. Pour un même instrument, il varie avec la vitesse du vent.
c. D’une manière générale, l'équation empirique qui relie la vitesse linéaire du centre des coupes à la vitesse du vent contient un terme en #? et peut se
mettre sous la forme V=a+ be + ce? (Dohrandt, Marvin).
59 La formule empirique donnée par Dohrandt pour le caleul de la vitessé du vent en fonction de la vitesse de rotation d’un moulinet Robinson et des dimensions de ses organes ne conduit pas à des résultats satisfaisants (Neumayer). * |
60 On n’est d’ailleurs pas parfaitement d’accord sur la valeur des mesures
faites au manège.
a. La position occupée par l’axe du moulinet par rapport au bras est loin d’être indifférente. Les comparaisons au manège doivent être faites avec l’axe de l’instrument disposé verticalement (Hasenkamp).
b. Quoique linterprétation rigoureuse des expériences faites au manège sur des anémomètres à axe diversement inclinés soit extrêmement complexe, il est possible d’en induire que des inclinaisons de l’ordre de quelques degrés des filets d’air sur le plan du moulinet n’exercent pas une influence notable sur sa vitesse de rotation (Hasenkamp).
c. L'emploi de la méthode du manège pour la détermination de l'équation d’un anémomètre ne paraît pas être à l’abri de toute critique. Les points faibles du procédé sont la réduction du mouvement circulaire au mouvement rectiligne, l’existence des mouvements parasites dus à l’entraînement de l’air (mitwind) (Hasenkamp, Neumayer) et les perturbations causées par la force
centrifuge.
En fait, les résultats obtenus par Cederstrôm (1) semblent montrer que les
expériences faites au manège ne conduisent pas, pour les coefficients de l’équa-
(1) Emil Cenersrrôm, loc. cit.
tion empirique d’un anémomètre Robinson, aux mêmes valeurs que les déterminations faites en déplaçant lPinstrument dans l’air suivant une trajectoire rectiligne. En montant sur un train de chemin de fer un Robinson préalablement étalonné au manège, il a trouvé que les expériences étaient bien repré-
sentées par la formule V—=0,62 + 2,618r — 0,016?
alors que la méthode du manège avait donné
Les valeurs de V calculées par ces deux formules s’écartent de 4 pour 100 pour V — 10 m:sec et l’écart, nul vers 19", croît ensuite rapidement en sens inverse pour atteindre 10 pour 100 aux environs de V — 30 m : sec.
IT. Recherches théoriques. — La première explication théorique du fonctionnement des moulinets à axe orienté parallèlement au vent est due à Woltmann (') (1790). Combes (?) a donné quarante-huit ans plus tard une théorie de son anémomètre basée sur celle des moulins à vent; il en a déduit la formule linéaire V = a + bn dont l'exactitude a été reconnue par Recknagel.
En ce qui concerne le moulinet à coupes hémisphériques, les travaux théoriques les plus importants auxquels il a donné lieu sont, après ceux de Robinson (*), provoqués par les recherches de Stow et de Dohrandt, ceux de Thiesen (*) et de Chree (>).
Malgré leur mérite incontestable, le résultat le plus elair de ces travaux a été de montrer que l'étude expérimentale des moulinets anémométriques n’a pas encore été poussée assez loin pour que le mathématicien ait à sa disposition les éléments nécessaires pour résoudre les problèmes que soulève la théorie de leur fonctionnement dynamique.
Les hypothèses que l’on est obligé de faire n’ont pas une base assez solide pour que ces travaux de pure mathématique puissent avoir, dans l’état actuel de nos connaissances, une utilité pratique en rapport avec le travail qu'ils exigent. Par exemple, on ignore encore à l’heure actuelle comment varie la pression exercée par l’air en mouvement sur un hémisphère creux en fonction de la vitesse du courant d’une part et en fonction de l’inclinaison de celui-e1 sur le plan diamétral. Les efforts du physicien doivent donc tendre à rassembler les
(4 Wozrmanx, loc. cil.
(2) Comges, loc. cit.
(*)} Rosrnson, On the theory of th: cup anemomeier and the determination of its constants (Proc. R Irish Acad. Sc., vol. IT, n° 5, et Phil. Trans., vol. CLXIX et CLXXI). (*) M. Tniesen, Zur Theorie des Robinsonschen Schalen-Anemometer (Rep. f. Met., Bd V, n° 41) (5) CG. Carre, Contribution to the theory of the Robinson cup-anemometer (Phil. Mag, 5° sér., XL, p. 63).
données expérimentales indispensables à l'édification d’une théorie vraiment objective.
Pour les anémomètres tubulaires, leur théorie est intimement liée à celle du tube de Pitot et du tube de Venturi. Elle est résumée dans le Treatise on Meteorological apparatus and methods de Cleveland Abbe (‘). G. E. Curtis (°) a consacré un Mémoire spécial à l'étude du tube Venturi et de ses modifications employées pour la mesure du vent et l’on doit à Buky (*) des recherches mathé-
matiques sur les anémomètres système Dines /#).
Conclusion. — On voit par cet exposé que si les appareils anémométriques à
rotation ont fait l’objet de nombreuses recherches, il reste encore bien des points à élucider concernant leur fonctionnement. En particulier, les divergences constatées entre les résultats des comparaisons faites à l’air libre et de celles effectuées au manège, dont une partie peut s'expliquer par l’inertie des moulinets, attirent l’attention sur l’influence de l’inclinaison du vent sur la vitesse de rotation de ces derniers, influence dont l’étude systématique n’a pas encore été faite Jusqu'à ce jour.
La discussion des recherches faites au manège montre d'autre part qu’il n’est pas inutile de tenter l’étalonnage de ces instruments par un procédé dans lequel on ferait mouvoir l’air en ligne droite par rapport aux anémomètres maintenus à poste fixe dans le courant, au lieu de déplacer ces derniers suivant une trajectoire circulaire par rapport à l’air maintenu à l’état de repos.
Enfin la complexité des phénomènes mis en jeu par le fonctionnement des moulinets genre Robinson montre qu'il y aurait avantage à connaître comment varie la pression du vent sur les hémisphères et les hémicylindres creux en fonction de l’inclinaison des filets d’air par rapport à leur plan diamétral.
Je n'insiste pas sur l'intérêt qui s’attacherait à l’étude expérimentale des anémomètres dans des courants de vitesse et de direction rapidement variables. En espérant qu’un jour il sera possible de la réaliser, J'ai essayé d’apporter ma contribution à l’étude des instruments à rotation, en profitant des ressources mises oracieusement à ma disposition par les directeurs des laboratoires aérodynamiques d'Auteuil et de Saint-Cvr.
() Report of the secretary of war, vol. IV, Part 2 (Washington, 1889).
(2) G. E. Curris, On suction anemometers (Am. Met. Journ., IV, p. 193).
(3) Aurez v. Buxv, Mathemalische Untersuchung und Verbesserung der Winddruckregistrierapparatus System « Dines » (Phys. Zeitsch., X, 19°9, p. 1008-1r°17).
(*) Une étude expérimentale de diverses formes du tube Pitot et du multiplicateur de Bourdon est donnée par Otto Krell jr, dans un Ouvrage intitulé : Ueber messung von dynamischen und statischen Druck bewegter Luft (München und Berlin, 1904).