II
Expériences relatives à la détermination des propriétés des nerfs.
1. Lorsque l'on pince ou que l'on pique un nerf dans une certaine étendue de son trajet, il y a , sur-le-champ , une réaction opérée \
' Il ne s'agit ici que des nerfs rachidiens. On verra plus tard le résultat de mes recherches sur le grand sympathique.
4 PROPRIÉTÉS ET FOINCTIOKS
Cette réaction a pour effets immédiats , d'une part, la contraction des parties musculaires auxquelles le nerf se rend; et, d'autre part, la sensation éprouvée par l'animal.
Ainsi, contraction dans les muscles; sensation éprouvée par l'animal : voilà les deux effets ordinaires de l'irritation d'un nerf.
2. J'ouvris le ventre à une grenouille, et je découvris bien les nerfs cruraux; puis, j'irritai ces nerfs en les pinçant, à plusieurs reprises, avec une pince à disséquer. A chaque pincement, l'animal éprouva des contractions brusques et partielles dans les muscles de la région antérieure des cuisses ; et il ressentit en même tems des douleurs qui le tourmentaient beaucoup.
5. Je découvris le nerf sciatique d'une autre grenouille : les irritations de ce nerf déterminèrent également des contractions dans les muscles postérieurs de la jambe, et un malaise général
Je coupai ce nerf par une section transversale, à peu près vers le milieu de son trajet fémoral: les irritations du tronc inférieur donnèrent longtems encore des contractions dans les muscles de ce tronc ; mais je ne remarquai plus de malaise général, l'animal ne ressentait plus ces irritations. Les irritations du tronc supérieur pro-
roquaient toujours , au contraire , des douleurs et des convulstons tout ensemble.
4. J'ai choisi le nerf sciatique pour sujet ordinaire des expériences de ce genre. Il est le plus gros et le plus long de tous les nerfs , le moins pourvu de rameaux dans sa portion supérieure , l'un des plus faciles à découvrir, l'un de ceux dont les altérations compromettent le moins la vie générale de l'individu.
Je découvris ce nerf sur un jeune chien , par une incision qui se prolongeait du grand trochanler au jarret : lorsque je pinçais un peu fortement le nerf ainsi mis à nu , l'animal poussait des cris horribles; les muscles postérieurs de la jambe éprouvaient des contractions vives et partielles; l'animal se débattait et faisait des efforts incroyables pour s'échapper.
Je dépouillai bien exactement la portion supérieure du nerf de tous les rameaux qui en provenaient; j'interceptai cette portion entre deux ligatures; et, après que les douleurs déterminées par l'application de ces ligatures furent apaisées, je soumis tour à tour à des piqûres, à des pincemens , à des tractions, la portion de nerf ainsi interceptée; il n'y eut plus ni sensation ni contraction , l'animal n'éprouva plus rien.
6 PROrRlÉTÉS ET FONCTIONS
5. Je supprimai la ligature supérieure ', sans toucher à l'inférieure^, et j'irritai de nouveau la portion de nerf précédemment irritée: l'animal cria et voulut se sauver ; mais les muscles postérieurs de la jambe restèrent complètement immobiles.
Je réappliquai la ligature supérieure , et j'enlevai l'inférieure ; j'irritai fortement toujours la même portion du nerf: les muscles postérieurs de la jambe subirent des contractions violentes; mais l'animal ne ressentit rien, il ne fut pas plus ému que si tout cela s'était passé sur un autre.
6. Je découvris le nerf sciatique de l'autre jambe également dans son trajet fémoral; je détachai pareillement tous les rameaux de sa portion supérieure. J'interceptai derechef cette portion entre deux ligatures ; puis je l'irritai violemment , en déliant tantôt l'une et tantôt l'autre de ces ligatures; et je déterminai tour à tour, selon la ligature supprimée, tantôt des contractions , tantôt des sensations , et toujours les unes séparément des autres.
' C'est-à-dire, celle placée vers le point d'insertion du nerf à la moelle cpinière.
= C'est-à-dire, celle placée dn côté des ramifications^ nerveuses dans les parties.
DU SYSTEME NERVEUX. y
7. EuliiK je coupai ce nerf sciatique par une section transversale : les irritations du tronc supérieur n'excitèrent plus que des, sensations ; celles du tronc inférieur, que des contractions.