‹ Recherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du système nerveux, dans les animaux vertébrésChapitre 101 sur 167 · IV. Quesnay l'avait remarqué · texte numérisé non relu

IV. Quesnay l'avait remarqué

« Cet accident (l'étranglement des méninges » poussées par le cerveau ) a bien moins lieu, dit-. » il , quand les ouvertures du crâne ont été fort

(x) Voyez ci-devant , le chapitre XIX de cet Are {. 313.

DU TRÉPAN. 397 » grandes, que quand elles n'ont été que peu con: » sidérabies; car, pendant que le crâne est ou: » vert dans Les plaies de tête; le gonflement dé

» la duré-mere n'arrive puêre qüärid l’o‘uverture » est fort grande (1). »

Guérison des plaies du cerveau dans l'homme.

L J’ai prouvé, par une foule de faits réunis dans cet ouvrage , que les diverses parties du cerveau peuvent être blessées et perdre leurs fonctions ; et puis guérir, et recouvrer, en A nu les fonctions qu'elles avaient perdues.

IL. D'habiles observateurs avaient déjà recueilli, sur l’homme même, plusieurs faits de ce genre.

IL. « Le cerveau, dit Quesnay, est formé d'une » substance si tendre, et ses fonctions sont , en » général, si importantes à la vie, qu'il semble que ” » le moindre choc ou läi moindre bléssuré doive » causer dans cette partie un désordre irrépara- » ble, et Y attaquer la vie dans son principe. Ce- » pendant nous avons une infinité d'observations D) qui nous rassurent, et qui nous font connaitre

(i) Afin. de l'Acad. roy de chir. ,t. À

3928 OPÉRATION » que les plaies de ce viscère, surtout celles de la » partie corticale, se guérissent aussi facilement » que celles des autres viscères (1). »

IV. Les observations rassemblées par Quesnay montrent que le cerveau de l'homme peut étre blessé, qu'il peut l'être avec perte de substance(o),

et que néanmoins il peut conserver ses fonctions,

(1) Mem. de L'Acad. roy. de chir., t. I.

(2) Voici deux observations de ce genre, toutes deux très curieuses, et que j'emprunte à Lapeyronie.

« 1° Un paysan âgé de dix-huit ans reçut un coup de pierre sur le » pariétal droit; cet os fut fracturé ; les esquilles ouvrirent la dure- 5 mère et blessèrent le cerveau. Le jeune homme, qui avait été » renversé par le coup, resta deux jours sans connaissance. En » retirant les esquilles dans le premier pansement , on ramassa , » outre beaucoup de sang caillé, une très grande cuillerée des » débris de la propre substance du cerveau. Le malade fut se- » couru à propos, et il guéritsans qu'il lui restât aucun ressenti- » ment de sa blessure.

» 2° Un homme de trente ans fit une chute sur le front; la première » table du coronal fut simplement félée , mais la nature des acci- » dents décida à trépaner le malade. L'ouverture du crâne de- » couvrit des esquilles de la seconde table qui avaient ouvert la » dure-mère et blessé le cerveau. Le second jour, la portion de la » substance du cerveau, qui répondait à l'ouverture du crâne, » se gonfla et s'échappa à travers le trou du trépan. Pendant dix » jours le malade perdit à chaque pansement environ la grosseur » d'une noisette de la substance du cerveau , ce qui fit en tout » la quantité de deux cuillerées de cette substance. Le malade » guérit sans qu'il lui restät aucun accident. » Observations par lesquelles on tache de découvrir la partie du cerveau où l'âme

exerce ses fonctions. Mém. de l'Acad. roy. des sc., année 1741.

. DU TRÉPAN. 329 ou les réacquérir après les avoir perdues. Et de toutes ces observations rapprochées, Quesnay tire cette conclusion aussi pleine de sens que profonde :

« La connaissance de ces faits présente, dit-il, » aux chirurgiens un point de vue particulier; car

NP

» non seulement les cures que nous venons de

rapporter doivent les encourager à traiter les

plaies de la substance du cerveau, quelque con- » sidérables qu'elles soient, avec toute l'attention » possible, puisqu on peutespérer de réussir ; mais » elles leur font apercevoir encore qu'ils peuvent » tenter sur le cerveau même certaines opéra- » tions , que le danger dans lequel se trouve le » malade permet, et que les indications prescri- » vent comme l'unique secours que l'on puisse » employer (1). »

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