DES POISSONS
IT. Je découvris le cerveau d'une lotte. Trois renflements distincts se succèdent dans ce cer- veau : les deux antérieurs, pairs ou doubles; le postérieur, unique ou impair.
Les deux premiers peuvent être piqués sur tous les points sans exciter des convulsions.
Les deux seconds ne donnent des convulsions que quand on en pique les couches les plus profondes.
Enfin, le dernier ne produit jamais de convulsions.
La moelle allongée n'offre pas, dans la lotte (1), le tubercule médian qu'elle offrait dans la carpe ; mais les deux masseslatérales, quoique moins considérables, subsistent; et, selon qu'on coupe la droite ou la gauche, ou les deux, l'opercule droit ou le gauche, ou les deux, sont paralysés; et de plus, quand on coupe la moelle allongée jusques et y compris ces deux masses d’où naissent les nerfs des branchies, comme dans les animaux supérieurs jusques et y compris l’origine de la huitième paire, la respiration est éteinte.
IV. Le renflement médian de la carpe se retrouve dans la brème, la tanche, et autres espèces du genre cyprin; et partout il occupe le même siége et exerce les mêmes fonctions.
(1) Non plus que dans le brochet.
V. Le cerveau Te l'anguille offre une combinaison toute nouvelle : cinq renflements e constituent; les quatre premiers, pairs ou doubles ; le cinquième, unique ou impair.
Les trois premiers ne donnent pas de convulsions, le quatrième en donne Den ses couches les
plus profondes, le cinquième n en donne pas.
S EV
I. Ces expériences laissent encore bien des doutes sur la correspondance réelle de l'encéphale des poissons comparé à celui des autres classes.
Quelle est la partie de decébh des poissons qui correspond aux lobes cérébraux, au cerveau PFoprsent dit des autres classes ? * ;
Quelle est celle qui répond aux tubercules bijumeaux ou quadrijumeaux ! AT
Ces expériences laissent ces deux questions indécises.
Elles semblent indiquer, avec plus de sûreté, la véritable correspondance du cervelet (1).
(1) Lequel se caractérise d’ailleurs, d'une manière si si précise, par sa position même. Le cervelet est toujours placé en travers sur la ioëllé allongée ; et, selon l'expression très juste de M. Cuvier, 2! la
Joint par les côtés, comme férait un pont. (Voyez Hist, natur. des
poissons , 1. [, p. 421).
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Mais une partie qu les donnent surtout avec | certitude c ‘est la moelle allongée. |
Il. En comparant les poissons aux animaux supérieurs, on Vo oit donc que le point par lequel le cérveau des premiers diffère le plus essentiellement du cerveau des seconds, est celui par lequel cet or gane préside aux mouvements respiratoires. Or, la respiration est pr écisément ce qui constitue la différence Ja plus profonde entre la classe des poissons et les autres.