CHAPITRE XI
I. Chaque partie essentiellement distincte du système nerveux a, comme nous l'avons vu, une fonction propre et déterminée. ;
Les lobes cérébraux sont le siége du principe qui Juge, qui se souvient, qui voit, qui entend, etc., en un mot qui percoit et veut. Le cervelet détermine et coordonne les mouvements de locomotion ; la moelle allongée, ceux de conservation; la moelle épinière lie en mouvements d'ensemble les contractions musculaires immédiatement excitées par les nerfs.
IL. Mais, indépendamment de cette action propre et exclusive à chaque partie, il y a, pour chaque partie, une action commune, c’est-à-dire de chacune sur toutes, de toutes sur chacune.
Ainsi, par les lobes cérébraux l’animal percoit et veut, c'est leur actionpropre : la suppression de ces lobes affaiblit l'énergie de tout le système ner-
veux (1); c'est leur action commune. L'action propre du cervelet est de coordonner les mouvements de locomotion; son action commune est d'influer sur l'énergie de tout le système, etc., etc.
Chaque partie du système nerveux, les lobes cérébraux, les tubercules bijumeaux où quadrijumeaux , la moelle allongée, la moelle épinière, les nerfs, a donc une fonction propre; et c'est là ce qui la constitue partie distincte : mais l'énergie de chacune de ces parties influe sur l'énergie de toutes les autres; et c'est là ce qui les constitue parties d'un système unique.
IL. Cela posé, toute la question de l'Unité du système nerveux se réduit visiblement à l'évaluation expérimentale du rapport selon lequel chaque partie distincte de ce système concourt à l'énergie commune.
IV. On a vu que l'ablation des lobes cérébraux se borne à affaiblir les mouvements; celle du cervelet, à les affaiblir plus encore; tandis que celle de la moelle épinière, de la moelle allongée, ou des nerfs, les abolit radicalement. C'est que, comme on l'a vu aussi, les lobes cérébraux se
(1) Du moins immédiatement : la faiblesse qui suit immédiatement l'ablation des lobes cérébraux ou du cervelet disparait
bientôt.