‹ Recherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du système nerveux, dans les animaux vertébrésChapitre 69 sur 167 · UNITÉ · texte numérisé non relu

UNITÉ

bornent à vouloir le mouvement ; le cervelet, à le coordonner ; tandis que la moelle allongée, la moelle épinière, les nerfs, le produisent.

V. Généralement, on donne assez indifféremment le nom de paralysie à la perte, ou à la faiblesse du mouvement, quelle que soit d’ailleurs la partie nerveuse de laquelle cette perte et cette faiblesse émanent.

Ce qui précède suffit pour faire voir qu'appliqué à la destruction des lobes cérébraux ou du cervelet, le mot paralysie ne peut signifier, relativement aux facultés locomotrices, qu'affaiblissement ; tandis qu'appliqué à la destruction des moelles épinière ou allongée, il signifie abolition radicale de ces facultés.

VI. On a vu, d'un autre côté, que, parmi les diverses parties du système nerveux affectées aux mouvements, les unes le sont aux mouvements de locomotion, les autres aux mouvements de conservation : il s'ensuit que la destruction de cellesci doit être bien plus promptement funeste que là destruction des autres, puisque la vie dépend immédiatement des mouvements de conservation, et ne dépend, au contraire, des mouvements de locomotion que d'une manière éloignée.

VIL Mais il est un ordre de phénomènes bien autrement propre à mettre dans tout son jour, et

cette unité puissante du système nerveux, qui, maloré leur diversité d'action, lie entre elles toutes les parties de ce système, et le degré d'influence selon lequel chacune de ces parties concourt à l'énergie commune.

VIIL. Lorsque l'on divise, par une section transversale , la moelle épinière dans une région déterminée de son étendue, c'est la portion postérieure qui meurt, et l'antérieure qui vit.

Lorsqu'au contraire on divise les lobes cérébraux par une section pareillement transversale, c'est la portion postérieure qui vit, et l’antérieure qui meurt.

IX. En remontant de l'extrémité caudale de la moelle épinière vers un point donné de l’encéphale, c'est toujours la portion séparée de l'encéphale qui meurt.

En redescendant, au contraire, des lobes cérébraux vers ce point, ce sont toujours les portions détachées de la moelle épinière qui meurent.

Ce qui décide donc de la vie ou de la mort de ces portions ainsi divisées, c’est de tenir ou non à ce point.

X. Mes expériences établissent que c’est dans la moelle allongée que ce point important réside, commençant à l'origine méme de la huitième

212 UNITÉ paire, origine qu'il comprend dans son étendue, et finissant un peu au-dessous.

Ce point est remarquable sous bien des rapports : c'est par ce point que doivent passer les impressions pour être perçues; c'est par ce point que doivent passer les ordres de la volonté pour être exécutés; c'est à ce point que finit la moelle épinière ; c'est à ce point que commence la moelle allongée et par conséquent l'encéphale : il suffit que les autres parties du système nerveux tiennent à ce point pour conserver la vie; il leur suffit d'en être détachées pour la perdre : il est donc et Île foyer central et le lien commun de toutes ces parties.

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