V. Je pris un lapin adulte; je détruisis d'abord
la moelle lombaire et la moelle dorsale jusqu’à l’origine de la dernière paire intercostale; j'ouvris alors la trachée-artère; j'adaptai la canule d’une seringue à insufflation à cette ouverture, et l’insufflation fut commencée du moment où commenca la destruction de la moelle costale.
La moelle cervicale, la moelle allongée, toute la masse cérébrale furent ensuite successivement détruites.
L’insufflation se continuait, et la circulation persistait toujours. |
Une heure après, les carotides battaient encore avec force; l'artère crurale même ayant été coupée donna du sang rouge par jets sensibles.
VL. Je pris tout de suite un autre lapin; J'ouvris le crâne; j'enlevai toute la masse cérébrale; et l'insufflation commença avec la destruction de la moelle allongée.
Je détruisis ensuite toute la moelle épinière.
À chacune de ces destructions partielles survécut la circulation; elle survécut à toutes.
VIT. Je détruisis, sur un gros canard, sur un jeune coq et sur une forte poule, tout le système cérébro-spinal à la fois.
La circulation, soutenue par l'insufflation, survécut une heure dans le premier de ces animaux, ét plus d’une heure et demie dans les deux autres.
. VII. La circulation survit donc, un certain temps, à la destruction totale du système nerveux.
IX. Mais on ne parvient à la détacher ainsi de ce système qu'en suppléant à propos, comme on vient de voir, à la respiration par l'insufflation.
D'où l’on pouvait inférer qu'en prenant un âge auquel la respiration ne fût pas encore devenue aussi nécessaire qu'aux âges précédemment observés, on arriverait infailliblement à maintenir la circulation beaucoup plus long-temps.