‹ Recherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du système nerveux, dans les animaux vertébrésChapitre 76 sur 167 · X. Ce dernier point est remarquable: car il a · texte numérisé non relu

X. Ce dernier point est remarquable: car il a

porté quelques auteurs à regarder la circulation capillaire ou comme absolument indépendante de la circulation sénérale, ou comme plus soumise qu'elle à l'action nerveuse, ou même comme exclusivement soumise à cette action: toutes suppositions qui ne reposent, Je crois, que sur une simple apparence. |

XI. La circulation capillaire n'est ni plus spécialement, ni plus radicalement soumise à l’action nerveuse que la circulation générale; mais elle accuse et manifeste plutôt les effets de cette action, parce que, placée comme elle l’est à l'extrémité de la circulation vasculaire, la force d'impulsion centrale qui n'y parvient jamais qu'affaiblie, n'y parvient plus du tout dès qu'une cause quelconque l’affaiblit plus encore. C'est ainsi que le sang coule d'un jet continu, quoique saccadé, dans la circulation vasculaire, tandis qu'il oscille et hésite dans la circulation capillaire; c'est ainsi qu'il oscille dans la circulation vasculaire même, quand elle est près de s'éteindre, et que cette cir te pa se rétrécit et se concentre de plus en a plus à me-

sure qu'elle s'éteint.

XIL. En résumé, le système nerveux influe sur la circulation; il y influe par tout son ensemble; il y influe par ses diverses régions; c'est surtout

par la circalation capillaire que ses moindres effets sur la circulation générale apparaissent (1).

XIE. Mais, quel que soit le concours du système nerveux dans la circulation, ce concours n'est point émmédiat, car ce système peut être détruit et la circulation survivre un certain temps encore. Un intermédiaire particulier, le grand sympathique, s'interpose d’ailleurs, comme chacun sait, entre le système nerveux proprement dit et les organes circulatoires.

La circulation ne dépend donc, encore un coup,

(1) Quelques expériences de M. W. Philip semblent ajouter un grand poids à ces propositions. Cet habile physiologiste a vu l'application de l'alcool ou de l’opium à la moelle épinière ou au cerveau‘produire une accélération dans le mouvement de la circulation. (Voyez Bibl. univ. Genèv., tom. X, pag. 182.; et An experiment. inquiry into the laws of the vit. func., etc.; chap. H, p- 80; chap. XI, p. 243.)

Je lis, en outre, dans M. Lobstein (De nerv. $ympath. human. fabric., usu et morb., p. 107), le passage suivant :

« Simili modo, W. Philip, admotis ad ranarum cerebrum al- » koole, solutione opii, infuso tabaci, circulationem sanguinis in » membranis natatoriis istorum animalium clarissime vidit accele- » ratam ; annihilatam vero, quum cerebrum et medullam spinalem » destruxerat. Qua re optime perspexit experimentator noster, » mnotum sanguinis in vasculis minoribus nervosi systematis impe- » rio esse subjecturn. »

Enfin, les expériences de M. Treviranus, citées par le même M. Lobstein , et au même lieu, paraissent confirmer aussi cette

action du système nerveux sur la circulation.

du système nerveux que d’une manière médiate; et ce n’est pas ce système qui l'ordonne et la détermine, comme il ordonne et détermine le mécanisme des mouvements de respiration.

L. Peut-être s’'étonnera-t-on que, de deux mouvements tels que la respiration et la circulation, confondus jusqu'ici dans la même classe sous lé nom commun de mouvements involontaires, l’un dépende immédiatement du système nerveux, et l'autre n’en dépende, au contrairé, que d'une manière Mmédiale. | |

Mais je prie de remarquer que rien ne justifie

une pareille confusion.

IL D'abord, ces deux mouvements sont loin d’être involontaires au même degré: le mouvement inspiratoire, et tous ceux qui en dérivent, le cri, le bâillement, certaines déjections, etc., tout cela est plus ou moins soumis à la volonté.

Nous agissons, quand il nous plaît, sur le mouvement de l'inspiration : nous l’accélérons, nous le ralentissons, nous le suspendons même.

Dans une infinité de cas, nous pouvons pousser des cris, ou les contenir; provoquer l'éjection des matières fécales, ou l'interrompre, etc.

Il n'en est point ainsi, au contraire, des mouvements du cœur et des intestins : mouvéments absolument, constamment, et de tout point, rebelles à la volonté.

TL. En second lieu, le mouvement respiratoire, comme tous les mouvements qui en dérivent, est un mouvement coordonné, résultant du concours de plusieurs parties diverses et éloignées.

Le mouvement du cœur, comme celui des intestins, au contraire, ne tient qu à certaines parties continues, liées entre elles et ne formant toutes qu'un seul système : on pourrait dire qu'un seul organe.

IV. Enfin, la dernière et définitive différence est précisément celle qu'on vient de voir, c'est-àdire que le mouvement respiratoire et ses dérivés tirent leur principe immédiatement du système nerveux ; tandis que le principe des mouvements du cœur et des intestins n'en dérive que d’une manière mnédiate.

V.Ce dernier point posé, il ne s'agirait plus que de déterminer avec précision :

1° Quel est l'intermédiaire par lequel Les mouvements du cœur et des intestins tirent leur principe du système nerveux, et jusqu à quel point ils l'en tirent ;

2° Quel est le mode d'action propre et déterminé de cet intermédiaire ;

Deux questions qui se résolvent, comme tout le monde voit, dans la détermination des propriétés et des fonctions du système nerveux, communément nommé grand sympathique.

VI. Ces questions importantes seront traitées, du moins en partie, dans le chapitre qui suit.

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