‹ Recherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du système nerveux, dans les animaux vertébrésChapitre 94 sur 167 · S LEE · texte numérisé non relu

S LEE

L. Entre les grandes opérations de la chirurgie, celle qui me paraît avoir fixé, de tout temps, avec le plus d’attrait l'attention des observateurs, est l'opération du trépan. Nulle autre peut-être ne montre au même degré cette connexité profonde qui lie partout la pathologie, soit qu'on l'appelle chirurgicale ou médicale, à la physiologie. 7

IL. On ne peut étudier cette longue suite d'observations recueillies par Quesnay, par Lapeyronie, par Pourfour Du Petit, par Louis et par quelques autres, sans croire lire des expériences de physio-

(1) Mémoire lu à l'Académie royale des sciences, le 29 novembre 1830.

CÉRÉBRAUX. 279 logie; et, réciproquement, il serait difficile de ne pas voir que toute expérience. de physiologie. rigoureusement déterminée , n'est autre chose qu'une opération de chirurgie, mais une opération neuve, originale, et que l'art pratique n'aurait peut-être pas conçue.

IIL Dés mes premières expériences sur les fonctions propres des diversés parties qui constituent l'encéphale, j'ai fait voir que la méthode employée jusque là dans ces expériences, était radicalement vicieuse : 1° parce que, en se bornant, comme tous les expérimentateurs l'avaient tou] ours fait jusqu'à moi, à ouvrir le crane par un trépan, et à enfoncer un trois-quarts ou un scalpel par cette ouverture, on ne savait jamais réellement ni quelles parties on blessait, ni conséquemment à quelles parties il fallait rapporter les phénomènes qu'on provoquait; 2° parce que, avec ces ouvertures de trépan, telles qu'on les faisait, on compliquait, presque toujours, les effets propres de la lésion d'une partie donnée, des effets plus ou moins généraux produits, soit par les épanchements de sang, Soit par les exubérances cérébrales ; ce qui, mélant et confondant tout, ne permettait d'obtenir aucune fonction distincte.

IV. Cependant, cette distinction des fonctions étant le but même des expériences, et ce but ne

pouvant être atteint que par l’ésolement des partes , il est évident que le premier pas à faire était d'imaginer une méthode qui ssolät ces parties. Mais il est évident aussi que, le procédé experimental n'étant autre que le procédé opératoire, la réforme apportée dans l’un, devait aussi être apportée dans l'autre; car il n'importe pas moins en chirurgie qu'en physiologie, dès qu'on agit sur le cerveau, et de discerner les parties qu'on blesse, et de prévenir la complication, soit des épanchements, soit des exubérances.

V. Je commence par l'examen du mécanisme selon lequel agissent les épanchements cérébraux.

Page 1