III
1. Maintenant qu'on vient d'énumérer et d'assigner les diverses parties nerveuses qui concourent au mécanisme respiratoire , il s'agit de démêler dans quel ordre, dans quelle mesure, selon quel mode , chacune d'elles y concourt.
2. Tout le monde sait qu'une inspiration, ou un mouvement inspiratoire , se compose de quatre mouvemens bien distincts , quoique exécutés simultanément : le bâillement des narines ou de la bouche, l'ouverture de la glotte , l'élévation des côtes et des épaules, et la contraction du diaphragme.
Or, chacun de ces mouvemens, les bâillemens , la dilatation des narines, l'ouverture de la glotte, l'élévation des côtes, la contraction du diaphragme; chacun de ces mouvemens, dis-je, tient en particulier à une origine particulière de nerfs.
Il est donc clair que, tant qu'on ne touche point à cette origine, le mouvement doit se conserver; et il ne l'est pas moins qu'il doit se perdre quand on y touche.
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3. J'ai dçtruit) sur un lapin, la moelle costale , et le mouYemeot des côtes s'est aussitôt éteint : mais les trois autres mouremens 9 celui du diaphragme, celui des narines, celui de la glotte, subsistaient toujours.
4* J'ai détruit, sur un autre lapin, et la moelle costale, et le point d'origine des nerfs diaphragmatiques; et le jeu des côtes, et le jeu du diaphragme se sont à la fois éteints; mais celui des narines et celui de la glotte n'en subsistaient pas moins.
5. J'ai détruit enfin, sur un troisième lapin, et la moelle costale , et l'origine des nerfs diaphragmatiques , et l'origine des nerfs de la huitième paire ; soudain le mouvement des côtes , le mouvement du diaphragme, le mouvement de la glotte, se sont éteints; il ne subsistait plus que les bâillemens de la bouche et la dilatation des narines.
6. J'ai procédé alors en sens inverse; j'ai retranché la moelle alongée, par tranches successives , d'avant en arrière : ce sont les bâillemens qui ont disparu les premiers , puis la dilatation dçs narines ; il ne* survivait plus que les seuls mouvemens inspiratoires du tronc.
7. Ainsi, selon qu'on procède d'avant en arrière, ou d'arrière en avant, ce sont les mouve-
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mens du tronc qui survivent à ceux de la tête , ou ceux de la tête à ceux du trooc.
Nul , à cet égard , n'a de privilège ; nul ne suryit qu'autant qu'on respecte son origine. Chacun d'eux peut être isolément détruit ou conservé ; ce n'est conséquemment d'aucun d'eux que dépend l'existence de tous les autres.
1 . Les divers mouvemens qui composent le mécanisme respiratoire sont dont; essentielle-* ment distincts et indépendans entre eux. D'où vient donc qu'ils concourent , qu'ils s'unissent , qu'ils conspirent avec un ordre si merveilleux pour l'exécution de ce mécanisme? Chacun de ces mouvemens a-t-il en lui-même et son premier mobile et son principe régulateur? Ou bien y a-t-il un seul premier mobile , un seul principe régulateur, qui les détermine et les ordonne tous?
2. J'ai coupé , sur un lapin , par une simple section transversale 9 la moelle épinière immédiatement au-dessus dç l'origine de la première paire intercostale. •
Soudain 9 tous les mouvemens inspiratoires
*de8 côtes se sont éteints; et pourtant, chose
bien remarquable, le tronçon de moelle duquel
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partent les nerfs des côtes était encore si plein de vie, que» pour peu qu'on Texcitât, la cage respiratoire se mouvait tout aussitôt comme auparavant.
3. J'ai coupée sur un autre lapin, la moelle épinière au-dessus de l'origine des nerfs dîaphragmatiques; sur-le-champ, les mouvemens inspiratoires des côtes et du diaphragme ont disparu.
Cependant le fragment médullaire postérieur vivait toujours : pour peu qu'on l'irritât , il survenait aussitôt des contractions du diaphragme et des mouvemens des côtes ; il se faisait un véritable mouvement inspiratoire du tronc, et ce mouvement pouvait aller jusqu'à déterminer un certain bruit dans le larynx.
4. J'ai, s«r un troisième lapin, coupé la moelle épinière, d'abord au-dessus de l'origine de l'accessoire , et puis à l'origine même de la huitième paire.
D'abord , tous les^ mouvemens des épaules , des côtes et du diaphragme se sont éteints , et enisuite ceux de la glotte^
Et, dans les deux cas, une excitation extérieure du tronçon de moeUe restant pouvait encore les ranimer tous.
5. J*ai coupé enfin la moelle alongée, sur un quatrième lapin , quelques lignes au-dessus de
DU SYSTÈME NERTB!Jl«X:. 17g
' TorigiDe de la huitième paire; et tous les mou<" vemens inspiratoires du tronc se sont conservés. Ceux de la tête continuaient aussi : il ne mao'quait plus qu'une certaine harmonie entre les uns et les autres ; harmonie interrompue par l'interruption même du siège dont elle émane.
6. Ainsi, une simple section au-dessus de la moelle costale arrête le jeu des côtes ; au-dessus •de l'origine des nerfs diaphragmatiques , le jeu des côtes et du diaphragme; à l'origine même de la huitième paire, tous les mouvemens inspiratoires du tronc, à la fois ; et, quelques lignes par-delà cette origine, elle n'en arrête aucun.
Nul de ces mou vemens ne contient donc en lui-même le premier principe de son action : il suffit de les isoler d'un point donné pour qu'aussitôt ils s'éteignent; il suffît de les maititenir réunis à ce poioA, pour qu'ils se conservent : c'est donc évidemment de ce point et de ce point seul , qu'ils tirent leur premier mobile.
7. Il n'est donc pas étonnant qu'en ne supprimant directement que ce point , on les supprime tous, sans toucher à l'origine immédiate d'aucun. '
Toutefois , dans ce cas-ci , ce n'est pas précisément eux qu'on supprime ; c'est seulement leur lien et leur premier mobile. Dans le fait, ils survivent tous, sinon en acte^ du moins en puissance :
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une excitatioQ extérieure peut encore les provoquer chacun en particulier; il n'y a d'éteint que feur simultanéité et leur spontanéité.