De tout cela il suit
i"" Que le ganglion semi-lunaire est constamment et très énergiquement excitable ;
2^ Que les autres ganglions ne le sont que de loin en loin , et qu'à un degré très faible ;
3* Que tout ce que tant d'habiles observateurs ont dit de cette haute puissance nerveuse^ résidant, selon eux, vers la région diaphragmaljique, et tour à tour célébrée par eux sous les noms à'archée «
' Van-BelmoDt.
deprœèes systetnatis nervosi\ de centre phrénique, épigastrique *, etc. , parait , en quelque sorte , justifié par Textrême susceptibilité du réseau serui-lunaire.
4* Que l'excitabilité du grand-sympathique , devenue, enfin, fait expérimentai, de simple conjecture qu'elle a été jusqu'ici, semble s'accorder assez bien avec l'opinion la plus générale et la plus ancienne peut-être ^ que l'on ait eue de ses fonctions ; opinion qui, le regardant comme le lien sympathique au moyen duquel le système nerveux proprement dit s'unit aux viscères , lui a, très probablement, valu ce nom de grandsympathique.
§. vi.
1 . Il reste à déterminer encore et le rôle que joue le grand-sympathique dans le mouvement des parties musculaires où il se rend , et le degré cle dépendance ou d'indépendance selon lequel les divers ganglions communiquent, soit entre eux , soit avec les nerfs de la moelle épinière et de l'encéphale : toutes questions qui seront ^ \ >
■* Wepfer.
" Bordeu, Lacaze, BuffoD, etc.
^ Voyez Willis, Vieussens, etc.
DU STSTÂME NEHYCUX. ^09
traitées dans le travail que j'ai Thon neur d'annoncer à TAcadémie, et dont le peu que je viens de lui soumettre n'est qu'un extrait.
§. vn.
ConcUisioD générale et définUlye de ces Mémeirea.
u Nul naouvement ne dérive directement de la volonté. La volonté peut bien être la cause déterminante ou provocatrice' de certains mouvemens; mais elle n'est jamais la cause efficiente ou effective d'aucun.
Qu'un animal i^euille mouvoir ou son bras,* ou sa jambe , ou toute autre partie , et aussitôt il la meut. Mais ce n'est pas sa volonté qui anime les muscles de cette partie , qui les excite , les arrange , les coordonne.
Ni la production de la contraction musculaire , ni la coordination du jeu des divers muscles entre eux , contraction et coordination indispensables pourtant pour que le aK>uvement s exécutQ : en un mot^ aucun des [^énomènes qui ont lieu pour la production et l'exécution >du mouvement même ; rien de cela n'est sous la puissance de la volonté , et conséquemment des lobes cérébraux en lesquels cette volonté réside.
â. Il a été montré que la cause directe des
âlO PROJPRliTÉS £T FONCTIONS
contractions musculdires réside particulièrenxjsnt dans la moelle épinière et ses nerfs ; et que la cause coordûnnatrice du jeu des di?erses parties entre elles réside exclusivement , au contraire , dans le cervelet.
3* Voilà donc trois phénomènes essentiellement distincts dans un mouvement voulu : i*" la volition de ce mouvement , vplition qui réside dans les lobes cérébraux ^â"^ la coordination des diverses parties' concourant à ce mouvement ^ coordination qui réside dans le cervelet ; et 3* enfin , l'excitation des contractions musculaires 9 laquelle a son siège effectif dans la moelle épinière et ses nerfs.
4. Puisque ces trois grande phénoniènes, essentiellenûient distincts , résident dans trois organes essentiellement distincts aussi , on voit tout aussitôt la possibilité de n'abolir que l'un de ces phénomènes , la volonté par exemple , en lais sant subsister les deux autres, la coordination et la contraction ; ou d'abolir à la fois la coordination et la volonté , en ne respectant que la contraction.
5. Or c'est là ce que mes premières expériences ont mis dans une évidence complète.
Un animal privé de $és lobes cérébraux ne se meut plus volontaireinent, ni dans un but
DU SY8TÉMB NBHYEUX. 311
déterminé , ni dans une vue quelconque ; mais il se meut ooordonnément et tout aussi régulièrement que lorsqu'il avait ses lobes.
Un animal privé de son cervelet , au contraire , perd tout équilibrement , toute coordination , toute corrélation de ses mouvemens.
Cependant toutes les parties d'un tel animal , la tête , le tronc > les extrémités , toutes ces parties, dis-je, se meuvent, et se meuvent avec vigueiir ; mais comme elles ne concourent plus , ne s^ordonnent plus, ne s'entendent plus , si on l'ose dire ,'il n'y a plus de résultat obtenu. Un pareil animal ne marche plus , ne vole plus , ne se tient plus debout; non qu'il ait perdu l'usage de ses pattes et de ses ailes , mais parceque lé principe coordonnateur de ses pattes et de ses ailes n'existe plus. En un mot, tous les paouvemens partiels subsistent encore; la coordination seule <le ces mouvemens est perdue.
Enfin , la destruction de la moelle épinjère abolit bientôt la contraction dans toutes les parties qui reçoivent leurs nerfs de cette moelle.
Voilà donc la volition , la contraction et la coordination tour à tour disjointes et isolées; Voilà donc trois phénomènes bien. visiblement démontrés distincts.