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se sont réunies et forment une masse énorme qui empéchait dans les derniers jours de sa vie l'animal de reposer ses pattes sur le sol.
À l’aulopsie, la tumeur pèse à elle seule 24 grammes, le reste de la souris en pèse 17. Pas de métastases viscérales visibles à l'œil nu.
L'examen histologique de la tumeur spontanée montre que la plus grande partie du néoplasme est formée de masses épithéliales où les cellules sont groupées en pelits acini pressés les uns contre les autres. Dans d’autres masses, la disposition des éléments est tout à fait atypique et rien ne rappelle plus l'ordination glandulaire. Les masses épithéliales sont limitées par des travées conjonctives grêles très fibreuses, pauvres en cellules, et ne renfermant que des vaisseaux adultes. Au centre des plus grosses masses épithéliales, on trouve de petites zones de caséification.
Pas d’envahissement destructif des tissus voisins.
Pas trace d’inflammation.
La tumeur prélevée à l’autopsie présente à sa périphérie la même structure que celle que nous venons de décrire. Tout le centre n'est plus qu’un noyau caséeux. Les muscles de la paroi thoracique, et surtout ceux de la paroi abdominale, sont envahis et par places entièrement détruits.
Tumeur X. — Souris.
Epithelioma mammaire mélalypique. Hémorragies. Récidive en période de lactation. Mélaslases pulmonaires.
La souris, femelle blanche de 21 grammes, est apportée au laboratoire le 22 septembre 1909. Cet animal est employé depuis un an à la reproduction intensive dans un grand élevage parisien. Comme en témoigne l'état de la vulve et du ventre, il y a probablement grossesse de plusieurs jours. En avant de la patte anté-
rieure gauche on constate une petite tumeur adhérente à la peau, libre sur la paroi cervicale, du volume d'un petit pois.
Le 3 octobre, mise bas de cinq petits dont elle mange deux. La tumeur atteint le volume d’un haricot.
Le 11, la tumeur est grosse comme une noisette, elle adhère aux muscles du cou. Ablation large avec résection musculaire. Malgré une assez forte hémorragie arrêtée au thermo-cautère, l'animal se rétablit. On supprime l'allaitement à partir de l’opération.
Le 16, cicatrices parfaites. Sutures enlevées.
Le 15, récidive en nappe dans la cicatrice.
Le 4 novembre, tumeur ulcérée du volume d'une noisette.
Le 24, mort dans la cachexie. La tumeur uleérée s'étend depuis l'angle de la mâchoire jusqu'à la région moyenne de l'abdomen.
À l'autopsie, la tumeur pèse à elle seule 19 grammes. Le reste de la souris en pèse 18. Trois petits nodules dans le poumon droit, un dans le poumon gauche (volume variant de celui d'un grain de mil à celui d'un grain de blé).
L'examen histologique de la tumeur spontanée montre une structure tout à fait analogue à celle de la tumeur IX : masses épithéliales acineuses, travées pleines, stroma grêle et fibreux; mais en outre, on trouve, par places, de vastes nappes hémorragiques qui dissocient les éléments néoplasiques.
La pièce d’aulopsie ainsi que les nodules pulmonaires sont conslitués par les mêmes éléments, mais on n’y trouve plus d’hémorragies.
La récidive pariélale très infectée dans la zone superficielle, présente en outre des masses centrales nécrosées. Dans la prolfondeurelle infiltre et détruit Ia paroi musculaire striée du thorax el de l'abdomen.
Tcmeur XI. — Souris.
Epithelioma mammaire mélalypique. Proliféralion pendant la période de lactation.
La souris, femelle blanche de »5 grammes, est apportée au: laboratoire le 20 septembre 1909. Elle sert depuis dix-huit mois à la reproduction inteusive dans un grand élevage parisien. L'examen de la vulve et du ventre montre qu'elle est pleine depuis plusieurs jours. Au niveau de l’aine gauche, entre la patte et la ligne ano-vulvaire, on voit une tumeur grosse comme un haricot, adhérente à la peau, mobile sur les parois.
On ne pratique aucune intervention chirurgicale. L'animal est: revu régulièrement tous les trois jours.
Le 28 septembre, mise bas de cinq petits dont un est tons le jour même. Les quatre autres sont allaités par la mère Jusqu'au 3 novembre, date où on les isole.
Le 4 octobre, la Llumeur a grossi (noisette).
Le 11 octobre, elle atteint le volume d’une noix.
Du 11 octobre au 4 novembre, le volume reste stationnaire, puis il décroît lentement. Si bien que le 1° décembre, il est revenu aux dimensions qu'il avait au moment de la mise-bas, le 28 septembre (haricot).
A partir du 3 janvier 1910, la tumeur se remet lentement à grossir.
Le »6, elle atteint le volume d'une noisette, et l'on voit apparaitre dans l’aisselle droite un petit nodule gros comme un grain de blé. |
Le 31, l'animal meurt d'une cause inconnue, sans que ses deux tumeurs aient sensiblement varié depuis le dernier examen.
À l'aulopsie, pas de métastases viscérales visibles à l'œil nu. La tumeur vülvaire infiitre et détruit Iles muscles abdominaux voisins. Elle est revêtue de téguments intacts. La tumeur äxi!laire, réniforme, lisse, encapsulée, mobile dans le tissu cellu-
CLUNET. 2
laire, allongée le long des vaisseaux, paraît être un gros ganglion. On en trouve d’ailleurs deux autres plus petits (grain de mil dans laine droite, et un autre du même volume dans l'aine gauche).
Sur les préparations histologiques on voit que la tumeur axillaire présente la même structure que les tumeurs IX et X (épithelioma métatypique). Mais ici hémorragies et nécroses font complètement défaut.
Pas trace d'infection, ce qu'on pouvait prévoir étant donné l'intégrité de l’épiderme qui la recouvre. On voit sur les coupes l’envahissement destructif des fibres musculaires striées de la paroi abdominale.
Le nodule axillaire est bien un ganglion hyperplasié ; ce ganglion a conservé malgré son énorme volume sa structure normale. [Il ne contient pas trace de cellules néoplasiques. Les ganglions inguinaux n’en contiennent pas davantage, maïs deux d'entre eux renferment des cellules géantes analogues à celles que nous avons décrites à propos de la tumeur IV.
Le rein contient dans la corticale de petits nodules inflammatoires. Le foie en présente d’analogues, moins nombreux, dans les espaces portes. La rate, très grosse (35 centigrammes), présente une réaction myéloïde prononcée de la pulpe rouge, et une dégénérescence amyloïde. périfolliculaire, étendue à presque tous les corpuscules de Malpighi.
Nous n'avons trouvé de cellules néoplasiques sur aucune préparalion viscérale.
Tumeur XII. — Souris.
Epilhelioma mammaire métalypique. Trois lumeurs spontanées simultanées.
La souris, femelle blanche de 0 grammes, est apportée au laboratoire le » octobre 1909. Elle sert depuis un an à la reproduction intensive dans le grand élevage parisien dont provien-
LM
nent les tumeurs VII, X et XI. Elle présente à ce moment trois tumeurs apparues simultanément depuis une quinzaine de jours, nous dit l'éleveur : l'une (haricot) occupe l’aisselle droite ; l’autre (pois, l'aisselle gauche ; la troisième (pois), le flanc gauche.
On ne pralique aucune intervention chirurgicale. L'animal est
revu tous les trois jours.
Le 14 octobre, la tumeur axillaire droite (tumeur principale), a grossi, elle a atteint le volume d'une noix, les deux autres sont stalionnaires.
Le 3 novembre, elles ont augmenté de volume toutes trois : celle de l’aisselle droite (grosse noix) tend à fusionner avec celle de l’aisselle gauche (noisette) et celle du flane gauche (noisette).
Le 10 novembre, l'animal succombe ; les tumeurs ne sont pas sensiblement plus grosses que le 3.
A l'autopste, aucune d'elles n’a ulcéré les téguments, mais la tumeur axillaire droite et celle du flanc gauche adhèrent aux muscles pariélaux qu'elles infiltrent. La tumeur axillaire gauche parait encapsulée et libre dans le tissu cellulaire. Pas de métastases viscérales visibles à l'œil nu. Le foie et les reins sont pâles. La rate, très grosse, pèse 38 centigrammes.
Sur les coupes hislologiques, les trois tumeurs présentent la même structure: épithelioma mammaire métatypique. Le stroma conjonctif adulte est très grêle. Au centre des plus grosses masses épithéliales, dégénérescence caséeuse. Pas d'hémorragies.
Les reins paraissent subnormaux. Le foie présente une dégénérescence graisseuse, marquée avec pyknose nucléaire autour des espaces portes, la zone sushépatique se trouvant au contraire bien conservée. La rate est en réaction myéloïde intense ; pas d'amylase.
Tuueur XIII. — Souris.
Epithelioma mammaire alypique. (Carcinome.) Deux tumeurs spontanées .simullanées.
La souris, femelle blanche de 25 grammes, est apportée au laboratoire le 25 septembre 1909. Elle provient du même élevage que les tumeurs VII, X, XI et XI, el elle sert depuis dixhuit mois à la reproduction intensive.
Elle présente à ce moment deux tumeurs, l'une entre la fente vulvaire et la patte postérieure droite (noisette), l'autre sur la nuque sur la ligne médiane dorsale (pois).
Le 1° octobre, opération de la tumeur juxta-vulvaire. Le nécplasme infiltre la paroi vaginale et les muscles abdominaux, largement réséqués. À la fin de linlervention, hernie inleslinale malgré la position déclive, obtenue grâce à la table opératoire d'Apolant.
La hernie réduite, on suture en deux plans. Cicatrisalion par première intention.
Le 4 octobre, on enlève les fils cutanés. L'animal est revu deux fois par semaine.
Le 9, pas de récidive dans la cicatrice, la tumeur de la nuque est devenue grosse comme une noiselle.
Le 16, récidive diffuse dans la cicatrice. La tumeur de la nuque cesse de croilre.
Le 30, la récidive atteint le volume d’une noix, elle oblitère la fente vulvaire, et fait saillie dans l'anus. La tumeur de la nuque est stalionnaire.
Le Q noven bre, l'animal meurt cachectique. La tumeur de Ja nuque est toujours stationnaire. La tumeur vulvaire (grosse noix) est ulcérée.
A l'aulopsie, on ne trouve pas de métastases viscérales ni de ganglions visibles à Poil nu, mais la tumeur vulvaire à complèlement franchi la paroi, et pousse des végétations en forme de
CE et à
chou-fleur dans l’intérieur de la cavité abdominale, sans toutefois adhérer à la masse néoplasique. Pas de péritonite.
La tumeur de la nuque adhère à la peau, mais n'adhère pas aux muscles sous-jacents.
Sur les coupes histologiques, la pièce opératoire prélevée le 1° octobre présente la structure de l'épithelioma atypique (Carcinome des auteurs allemands). Plus trace de disposition glan. dulaire. Malgré le peu d’abondance du stroma et la rareté des vaisseaux, on ne trouve pas de dégénérescence caséeuse dans l'épaisseur des masses néoplasiques.
À l’autopsie, la tumeur de la nuque et la récidive vulvaire ont une structure identique à celle que nous venons de décrire. La tumeur vulvaire présente en outre de nombreuses traces d'infection secondaire. :
Les muscles abdominaux ont été complètement détruits à son niveau.
On voit les travées néoplasiques envahir la paroi vaginale et la musculature lisse du rectum.
Tuveur XIV. — Souris.
Epithelioma mammaire acineux et kystique, à cellules claires.
La souris, femelle grise de 22 grammes, malgré la couleur de son pelage, provient de parents l’un et l’autre blancs. Elle est née dans notre élevage personnel en janvier 1907, et a eu de nombreuses portées avec des mâles blancs, les souriceaux étant tantôt blancs, tantôt gris, tantôt jaune isabelle.
Le 1 décembre 1908, nous constatons dans la région inguinale droite une ‘tumeur paraissant libre de toute adhérence, du volume d'un haricot.
Le8 décembre, exlirpalion chirurgicale, l'animal succombe à l’anesthésie (Ether). |
A l'aulopsie, pas de ganglions, pas de métastases viscérales visibles à l'œil nu.
La moitié du néoplasme est employé à la greffe : huit souris sont greffées sous la peau, huit dans le péritoine. Toutes sont négatives,
L'examen histologique du fragment fixé, montre une particularité intéressante : certaines parties des préparations sont formées d’acini de dimensions très inégales, bordés d’un épithélium cubique, et de grandes cavités ramifiées remplies de sécrétion acidophile. Dans cette région les éléments épilhéliaux sont groupés eu lobules.
Dans l'intérieur de chaque lobule le stroma conjonctf est réduit au minimum, mais les divers lobules sont séparés par d'épaisses travées fibreuses. En continuité immédiate avec la masse ainsi constituée et tranchant sur elle par la coloration de ses éléments, nous voyons dans les coupes une zone toute différente, formée de grosses cellules claires à protoplasma vacuolaire, en tous points semblables aux cellules des glandes sébacées. Ces gros éléments sont groupés tantôt en lobules pleins et simulent alors parfaitement des glandes sébacées hypertrophiques, tantôt au contraire ils tapissent des cavités régulièrement arrondies et non ramifiées, comme dans les parlies de la tumeur où la structure mammaire est évidente.
Dans ces cavités, au lieu de trouver une masse anhiste finement granuleuse, .éosinophile, tel le lait sur les coupes de mamelles en lactation, et la sécrétion paralactée dans les épitheliomas glandulaires typiques, nous voyons une accumulation de gros grains chromophobes ou orangeophiles, qui atteignent et dépassent même le volume des énormes vacuoles que présente le protoplasma des cellules pariétales.
Cavités el lobules sont exactement appliqués les uns contre les autres ; vaisseaux el stroma conjonctif semblent faire défaut dans toute cette région.
Les éléments d'aspect sébacé ont une vitalité évidente, dont témoigne l'architecture parfaite du réseau chromatinien nucléaire.
Il semble qu'on puisse exclure l'hypothèse d'une dégénération graisseuse partielle des cellules épithéliomateuses mammaires. Peut-être s'agit-il d'un développement néoplasique à double point de départ sébacé et mammaire sous l’action d’une cause locale unique ? Nous ne pouvons proposer d'explication plausible du phénomène.
Tumeur XV. — Souris.
Adénome sébacé développé sur une greffe épidermique fortuile.
Cette tumeur est bien comme les précédentes une tumeur primilive, mais ce n’est plus une tumeur spontanée. Elle s'est en effet développée à la suite d'une tentative de greffe d’épithelioma mammaire typique provenant de la deuxième génération de la tumeur M que nous étudierons bientôt.
Le néoplasme qui atteignait le volume d’un pois un mois après la greffe est entièrement formé de glandes sébacées typiques à
leurs divers stades physiologiques. Ces glandes ne diffèrent que
par leur taille double ou triple des glandes sébacées normales de l'animal.
Nous ne voyons pas de formations kystiques comme dans la tumeur XIV, non plus qu'aucune figure d’inclusion épidermique. Il est probable que la tumeur s’est développée aux dépens d'un poil ou d’une glande sébacée entraînée sous la peau avec le greffon. , = Nous avons cependant à plusieurs reprises tenté de reproduire expérimentalement cette tumeur, en greffant à dessein cette fois des poils isolés ou de très petits fragments d'épiderme. Nous n’avons jamais pu obtenir de néoplasie analogue.
Deux petits fragments de la tumeur XV -ont été greffés sur deux souris neuves sans résultat positif.
Tumeur XVI Er XVII.
Souris immunisées par une greffe négalive antérieure.
Nous devons considérer particulièrement à la fin de notre énuméralion les tumeurs XVI et XVIT, non parce qu'elles présentent des particularités de structure notable, mais parce qu'elles sont apparues spontanément chez des souris qui avaient subi plusieurs mois auparavant une greffe négative.
Ne connaissant pas de faits de ce genre signalés par les auteurs, nous entrerons dans quelques détails sur la méthode de contrôle employée :
Après le quatrième passage sur souris françaises, nous n’avons jamais eu de résullats négatifs dans la greffe des trois tumeurs A, Fet E que nous étudierons plus loin, si nous ne tenons pas compte des animaux morts accidentellement pendant la première quinzaine. Au contraire la tumeur M nous donne encore à chaque génération des échecs. Tous les animaux négatifs sont conservés au laboratoire de la Faculté de médecine pendant deux mois, durée au bout de laquelle la plupart des souris posilives de la même série ont succombé au progrès de leur tumeur. Pendant celte période les animaux négatifs sont revus comme les positifs au moins une fois par semaine. Si au bout de deux mois on ne trouve aucune trace de néoplasme, les souris sont transportées au laboratoire de Bicètre, et mises en commun dans de grandes boîtes. Les souriceaux issus de ces animaux sont par contre isolés dès qu'ils ne sont plus à la mamelle. Il ne peut donc ainsi s'élablir aucune confusion entre les souris négalives el les souris posilives greffées d'une part; entre les souris négalives et leurs descendants d'autre part.
Dans ces condiliôns nous avons vu deux fois apparaître des néoplasmes spontanés chez des souris greffées antérieurement avec la tumeur M. Aussi bien ces néoplasmes spontanés sontils de structure différente : la tumeur M est un sarcome fuso-
QT
cellulaire ; la tumeur XVI est un epithelioma mammaire kystique avec végélalions dendritiques; la tumeur XVII un epithelioma mammaire acineux typique avec grandes hémor 'agies.
Tumeur XVI.
Epithelioma mammaire kystique.
La souris, vieille femelle blanche 25 grammes isolée à Bicêtre depuis au moins trois mois, présente le 25 mai 1909, une tumeur du volume d’un pois au niveau du flane gauche.
Le 10 juin, la tumeur est grosse comme une noisette, elle
‘adhère à la peau, mais est mobile sur la paroi abdominale.
Opération. Grosse hémorragie. L'animal meurt 24 heures
après l'intervention.
À l'autopsie, pas de métastase FOTAICR ni de ganglions visibles à l'œil nu. En examinant avec soin la région inguinale droite on retrouve sur l'épiderme une petite cicatrice punctiforme qui témoigne du point d'entrée de la pipette. Aucune modification des tissus sous-cutanés à ce niveau.
Sur les coupes hislologiques la lumeur présente les grands kystes à parois végélantes à contenu paralacté, avec stroma fibreux, que nous avons décrits dans les tumeurs VI et XIV, c’est une structure que l'on n'observe guère que dans les tumeurs spontanées.
Tumeur XVII.
Epithelioma mammaire acineux typique avec grandes hémorragtes.
La souris, vieille femelle blanche 23 grammes, isolée à Bicètre, depuis deux mois au moins, présente le 15 avril 1910 une tumeur juxta-vulvaire gauche du volume d’une noisette. Rap-
porté à la Faculté, l'animal meurt asphyxié pendant le transport.
26 I. MATÉRIEL EXPÉRIMENTAL RER Re RE CPR RS ee PE RE
A l'autopsie on constate que la tumeur multilobée adhérente à la peau, mobile sur la paroi, de couleur violacée, est extrèmement hémorragique. Pas de ganglions ni de métastases viscérales macroscopiques.
La structure histologique est comparable-à celle de la tumeur X. Au milieu de vastes nappes de sang à des degrés de coagulation divers, on trouve des masses épithéliales formées de petits acini pressés les uns contre les autres, et des travées pleines atypiques. Le stroma conjonctif est très grêle, les vaisseaux même d'assez gros calibre ne sont que des capillaires dilatés. Nous n'avons encore observé ces néoplasmes hémorragiques que dans les cas spontanés.
2 Tumeurs greffées en série (1.
Tumeur M.
Sarcome fuso-cellulaire dérivé du stroma d'un epithelioma mammaire acineux avec formations kysliques.
L'intérêt des variations morphologiques de cette {tumeur nous a paru mériter une étude spéciale détaillée. Cette étude fera l'objet du chapitre IT.
Tumeur F.
Epithelioma mammaire métatypique.
Histoire clinique de la tumeur F.
F'.— (Tumeur spontanée). En avril 1908 un éleveur des environs de Berlin envoie au professeur Ehrlich une vieille souris femelle portant au niveau de laine une tumeur solide adhérente à la
(1) Dans les tumeurs greffées nous désignons le néoplasme par une lettre
grasse. La génération ou série de greffe considérée est indiquée par le chiffre de lPexposant. La tumeur primitive porte l'exposant 1.
peau, mobile sous les plans sous-jacents, atteignant le volume d'une grosse cerise.
L'animal est sacrifié : un fragment de la tumeur est fixé pour l'examen histologique, le reste est greffé à douze souris provenant du même élevage.
F°à F°.— Dès le premier passage on est frappé par le pourcentage élevé des greffes positives (plus du tiers). Au quatrième passage (30 souris à chaque passage) il dépasse 90 p. 100.
La tumeur se développe rapidement et donne en un mois des masses néoplasiques qui atteignent le volume et le poids du reste de l'animal.
F5. — Au débat d'octobre 1908 le professeur Ehrlick nous fait présent de deux souris greffées depuis quinze jours el présentant des tumeurs atteignant le volume d’une petite noix.
De ces deux animaux l’un (souris 1) est sacrifié le 16 octobre; un fragment est fixé pour l'examen histologique, le reste est greffé à seize souris françaises provenanten partie de notre éle- - vage personnel, en partie de celui de notre fournisseur habituel.
La souris 2 n'est pas inquiétée, sa tumeur croît rapidement; le 4 novembre, elle égale le volume du reste de l'animal, le 17 elle dépasse sensiblement ce volume. Le 19 décembre, la souris est encore très vivace et mange de bon appétit, mais elle est devenue complètement incapable de mouvoir la masse néoplasique dont têle, tronc, pattes et queue ne paraissent plus que d'insignifiants appendices. Cette résistance si remarquable de la souris 2 malgré le développement excessif de sa tumeur s'explique en partie du moins par l'apparition tardive de l'ulcération et son évolulion lente et superficielle : malgré la distension extrême qu'elle subit, la peau ne rougit que le 4 novembre, elle commence à s’éroder le 7 novembre et ce n’est guère qu'un mois plus tard qu’on peut parler d’ulcération véritable.
Le 12 janvier 1906, mort dans la cachexie. Pas de métastase viscérale, visible à l'œil nu à l’autopsie.
Fi. — Des seize souris greffées le 16 octobre, huit demeurent négatives (souris 2, 4, 6,8, 9, 13, 19 et 16,.
Parmi les huit positives :
Les souris 10 el 14 sont sacrifiées, le 19 novembre, avec des tumeurs du volume d’une noix recouvertes d’une peau parfaitement saine. Ces tumeurs mêlées fournissent les greffons pour la génération suivante F*.
Les souris 11 el 12 sont employées aux recherches radiothérapiques.
Les souris 1, 3,9 el 7 n’ont pas été molestées : leurs tumeurs ont crû progressivement et d'une manière tout à fait parallèle chez les quatre individus, si bien que l’histoire de l'une s'applique aux trois autres.
Huit jours après la greffe, nodosité variant entre le volume d'un grain de blé et celui d'un pois.
Quinze jours plus tard (4 novembre), volume d’une grosse noisette et début de l’ulcération.
10 novembre, volume d’une noix, petite ulcération.
>, novembre, volume d'une grosse noix el ulcération d'un centimètre environ.
8 décembre, volume égal à celui du reste de l'animal, ulcération plus profonde.
La souris 3 meurt le 4 décembre ; la souris 5 le 26; la souris 7 le 30 ; la souris 1, le 11 janvier. À l'autopsie, tumeurs énormes dépassant en volume el en poids le reste de l'animal. Pas de ganglions ni de métastases viscérales visibles à Pœil nu.
F5. — Surles vingt souris greffées le 10 novembre avec le mélange provenant de F7 souris 10 el 13,11 n’y a que quatre négalives, ce sont les souris 3, 3, 8 et 14. Nous pouvons répartir les seize autres en trois groupes :
a) Souris opérées pour greffe ultérieure.
b) Souris ayant des tumeurs à développement rapide ;
ce) Souris ayant des tumeurs à développement plus lent.
a) Souris opérées pour greffe ullérieure. — La souris 16 pré-
VE