‹ Recherches expérimentales sur les tumeurs malignesChapitre 11 sur 88 · ER ED · texte numérisé non relu

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sente le >3 novembre, deux petits nodules (> grains de blé) au niveau du pectoral droit : le 1°" décembre on opère cette tumeur grosse comme une petile noisette.

A la dissection, la tumeur infiltre la peau, mais ne semble pas adhérer aux muscles de la paroi abdoïininale. On-laisse les muscles intacts, on extirpe largement la tumeur et les téguments voisins. Suture en un plan aux agrafes Michel.

Un fragment est prélevé pour l'examen histologique, le reste

est mêlé à la tumeur de la souris 20 pour préparer les greffons.

Le » décembre, on enlève les agralfes. Cicatrisation parfaite.

Le 9, on constate un petit point induré au centre de la cica-

trice.

Le 19, récidive sur {oute la longueur de la cicatrice (3 mullimètres de diamètre).

Le 19, la tumeur atteint le volume d’une noix, elle est aussi grosse que celle des souris de la même génération qui n'ont pas été opérées, elle est ulcérée au centre.

Le »8, l'animal est sacrifié mourant. La tumeur ulcérée volumineuse dépasse en volume et en poids le reste de la souris. À l’autopsie, les parois thoracique et abdominale sont entièrement envahies. La tumeur fait saillie à l’intérieur de l'abdomen soulevant le périloine intact. Pas de ganglions visibles à l'œil nv. Deux nodules mélastatiques dans le foie, trois dans le poumon. droit, deux dans le poumon gauche. Ces nodules ont en moyenne la dimension d’un grain de blé.

La souris 20 est opérée le même jour et dans les mêmes conditions que la précédente, mais la tumeur; bien que d'aspect extérieur semblable, avait envahi les muscles de la paroi abdomi-

nale, qui doivent être partiellement réséqués. Le lendemain de

l'intervention, il se produit une éventration, et l'animal meurt avec une anse d'inlestin grêle étranglée entre les lèvres de la plaie pariétale.

b) Tumeurs à développement rapide. — Les souris 1,2, 4, 7, 9,15 el 19 présentent des tumeurs à développement rapice el sensiblement parallèle.

Huit jours après la greffe, le 25 novembre, ces tumeurs ont le volume d’une petite noisette. ;

Le 8 décembre, elles atteignent le volume d'une cerise.

Le 15, chez quelques-unes la peau s'’amincit, devient glabre et transparente, signes précurseurs de l’ulcéralion.

Le 19, les tumeurs sont grosses comme des noix, les tumeurs des souris 1, 7, 9, 1» sont recouvertes de peau normale, les tumeurs des souris 2, 16 et 19 sontulcérées.

Le 3 janvier, toutes ces tumeurs sont ulcérées, les animaux succombent cachectiques entre le 16 et le 30, avec des masses néoplasiques plus lourdes que le reste du corps. À l'autopsie ni ganglions, ni métastases visibles à l'œil nu.

c) Tumeurs à développement lent. — Les souris 6, 10, 11, 12, 13, 17,18 ont des tumeurs à marche beaucoup moins rapide:

Le 23 novembre, les tumeurs atteignent à peine le volume d’un grain de mil, le 1°" décembre celui d'un pois, le S celui d'une petite noisette. Le 15, les tumeurs ne sont guère plus grosses, mais chez les souris 10 el 11 elles commencent à s'ulcérer. Le 19 décembre aucune de ces tumeurs n’atleint encore le volume d’une cerise. Les animaux meurent cachectiques entre le 12 février et le 15 mars. Les tumeurs présentent à l'autopsie le même volume que chez les souris précédentes. Toujours pas de ganglions ni de mélastases.

F°. Des vingt souris greffées le 1° décembre, une meurt accidentellement, quatre jours plus tard et ne peut par conséquent entrer en ligne de compte, c’es' la souris 16.

Les 19 autres sont positives. Treize d'entre elles, les souris 1, 2,3, 4,9, 6, 7; 9, 10,11, 12, 13, 19 ont des tumeurs à marche très rapide: grosses comme une petile noisette, huit jours après l’inoculation, elles dépassent, dix-neuf jours plus tard, le volume d'une noix, bien qu'aucune d’elles ne soit encore ulcérée.

Les six dernières souris :8, 14, 17, 18, 19 el 20 ont des tumeurs à prolifération moindre mais encore très intense, puisque huit

jours après la greffe, les tumeurs dépassent le volume d’un pois, et que, dix-neuf jours plus tard, elles atteignent celui d’une grosse noisette.

Tous les animaux chez lesquels on laisse évoluer les tumeurs meurent entre le 23 janvier et le 25 février, par conséquent avant ceux de la génération précédente.

FUà F#.— Nous ne donnons pas de détails sur les 32 der-

nières générations parce qu'à partir de la dixième l'adaptation

du néoplasme à la greffe sur souris françaises paraît achevée, la virulence sous ses différents modes paraît fixée :

S1 nous défalquons les animaux morts accidentellement dans les huit premiers jours qui suivent la greffe, le pourcentage atteint 100 p. 100.

Les tumeurs atteignent le volume d’une noisette au bout de 12 à 16 jours, celui d'une noix au bout de trois semaines environ; presque toutes commencent à s'ulcérer à ce moment; chez les animaux qui survivent, au bout de six semaines la masse néoplasique atteint le volume et le poids du reste de l'animal, elle les surpasse souvent de beaucoup chez ceux qui survivent deux mois et davantage.

Pour n'opérer qu'avec un matériel aseptique, il faut pratiquer les repiquages tous les 15 à 18 jours.

La mort due aux seuls progrès de la tumeur survient parfois au- bout de trois semaines, le plus souvent entre cinq semaines et deux mois, rarement plus tard.

Nous n'avons jamais observé de régressions spontanées, sauf chez des souris en période de lactation ou sur des souris grises sauvages (cf. Chapitre V).

A l'autopsie des animaux morts des progrès de leur tumeur, et qui n’ont point subi d'interventions chirurgicales nous n'avons trouvé que deux fois sur 230 examens des métastases viscérales visibles à l'œil nu. Mais nous renvoyons sur ce sujet au Chapitre où il est traité particulièrement.

Par contre la peau et les muscles sous-jacents sont infiltrés et

partiellement détruits dans tous les cas de tumeurs ayant dépassé vingt jours. Le péritoine est souvent soulevé par la prolifération du néoplasme vers la cavité abdominale. I n'est franchi par les végétalions malignes que dans quelques cas de longue évolution, environ 4 1/,.

Structure de la tumeur K.

F!.— La tumeur spontanée envoyée par l'éleveur berlinois au professeur Ebrlich présentait d'emblée la structure de lépithelioma mammaire métalypique : travées épithéliomateuses pleines au milieu d’un stroma conjonctif adulte normal; la structure acineuse rappelant l'architecture de la glande ne se rencontrait qu'en des points disséminés.

F° à Fi. — Dès la seconde génération, la tumeur présente une alypie plus marquée : travées épithéliales massives ramifiées sans ordre, au milieu d'un tissu conjonctif assez abondant mais pauvre en cellules, riche en fibres conjonclives.

Dans les travées épithéliales les cellules se disposent plus ou. moins irrégulièrement autour d’axes conjonctivo-vaseulaires très grèles. La tumeur est pauvre en vaisseaux. Pas d'hémorragies. Par contre 1l y a une tendance marquée à la nécrose, et les masses épithéliales renferment pour la plupart en leur centre des amas caséeux entourés de zones de pycnose, et de chromatolyse nucléaire à tous les stades. Rares ilots d'éléments groupés en acini.

Cette structure reste identique au cours des six premières généralions sur souris allemandes.

F'àù F%. — Nous n'avons pas trouvé de variations morpho. logiques dans nos passages successifs sur souris françaises, même lors des premières générations où la virulence était unpeu atlénuée.

La Lumeur à l'heure actuelle est encore un epithelioma mam-

maire métatypique où domine l'aspect carcinomateux. Cependant sur certaines préparations, et particulièrement dans les coupes de métastases viscérales, la structure acineuse reparaîl par places avec une grande netteté. Le stroma est peu abondant, formé de lissu conjonetif adulte. Nous n'avons encore jamais trouvé de préparalions où la prolifération des éléments conjonctivo-vasculaires puisse faire penser à une évolution sarcomateuse de ce stroma.

Tumeur E.

Chondrome dérivé d'un tératome abdominal.

Histoire clinique de la tumeur E.

Le professeur Ehrlich dans un mémoire publié dans les Arbeilen aus dem küniglichen Institut fur experimentelle Therapie zu Frankfurt A. M., Heft 1, p. 65, raconte l'histoire des premières générations de cette {tumeur ; nous la résumerons rapidement.

E! ({umeur spontanée). — En juillet 1905 le laboratoire de Francfort reçoit une souris femelle dont le ventre est gros. La palpalion à travers la paroi abdominale permet de sentir une tumeur du volume d'une cerise environ. On rencontre assez souvent chez les souris vivantes de pareilles tumeurs, mais l'autopsie montre le plus souvent qu'il s’agit de foyers de suppuration développés autour des organes génitaux ou d’entozoaires. Il s’agit cette fois au contraire d'un néoplasme véritable : la tu-

-meur n’adhère ni aux viscères, n1 à la paroi abdominale, elle

n’est fixée qu'en un point au grand épiploon. De forme presque sphérique elle ne présente aucune végétation; sa consistance esl assez molle, sa couleur gris blanchâtre translucide, avec quelques zones hémorragiques assez étendues.

La plus grande partie de la tumeur est employée pour la greffe :

CLUNET, ô

seize souris reçoivent un fragment sous la peau, seize autres en recoivent un dans le périloine.

Le reste de la tumeur est fixé pour l'examen histologique.

E2. — Des seize souris greffées sous la peau, une meurt accidentellement quelques jours après l’inoculation, deux sont négatives, treize positives.

Contrairement à ce que l’on pouvait supposer à priori, puisque le néoplasme primitif s'était développé dans le péritoine, aucune des greffes intrapéritonéales n'a donné naissance à une tumeur. Les greffons ne sont point résorbés, ils persistent sous forme de grains libres à peine plus volumineux que le jour où ils ont été renfermés dans la séreuse. Leur aspect macroscopique rappelle celui des grains riziformes que l’on rencontre dans cer-

taines synovites tuberculeuses.

E* à E°. — Aux troisième, quatrième, cinquième passages, on multiplie les sériès à chaque génération, afin de rechercher des modifications histologiques possibles.

A la cinquième génération, on recommence, sur vingt souris, la tentative d'inoculation intrapéritonéale : la masse incluse dans la séreuse ne donne que des grains riziformes tomme à la deuxième génération, mais on observe cetle fois onze tumeurs développées au point d'entrée de la pipelte. L’une d'elles prolifère à travers la paroi dans la séreuse pariétale et donne lieu à une ascite hémorragique avec plusieurs centaines de grains riziformes dans le liquide, et des métastases viscérales à prédominance hépatique.

E à EI, — À partir de la cinquième génération le pourcentage oscille entre Qo el 100 p. 100 ; la prolifération reste très lente, mais arrive à produire des masses néoplasiques énormes. Le Lype de la tumeur semble fixé tant au point de vue clinique qu'au point de vue anatomique, ce qui permet une description d'ensemble : quatre à cinq semaines après la greffe, on voit se développer une pelite masse néoplasique aplatie en forme de disque ;

celle masse est résistante, très élastique, et diffère par cette consistance plus ferme, comme par sa coloration bleuatre, d’un epifhelioma où d'un sarcome au début. Elle demeure longtemps extrèmement mobile sous la peau et sur la paroi abdominale. Souvent le point de départ de la tumeur est multiple : il se développe deux ou trois petits disques qui, au bout de six semaines, commencent à confluer pour donner naissance à une tumeur lobulée. Souvent cette Lumeur est très hémorragique dès le début, et apparait presque noire à travers la peau, bien que celle-ci ne soit envahie que beaucoup plus tard. Au bout de deux mois les lumeurs commencent à atteindre un volume considérable. Les animaux succombent en général dans le troisième mois qui suit la greffe, avec des tumeurs ülcérées qui atteignent ou dépassent le volume du reste de l'animal.

A l’autopsie, le centre de la tumeur est occupé par une zone nécrosée dilacérée par les hémorragies. Mais cette nécrose est toute différente de celle que nous avons observée dans le sarcome et l'épithelioma : il s’agit de ramollissement rouge, et non de caséification.

Et. — Le professeur Ehrlich nous fait présent au début d'octobre 1908 de deux souris greffées depuis le 7 septembre, et appartenant à la dix-neuvième génération. |

La souris 1 présente le 15 octobre une tumeur du‘volume d’une cerise et relativement hémorragique.Le 30 octobre cette tumeur, encore libre de toute adhérence, est grosse comme une noix. On sacrifice l’animal. Une partie de Ta Lumeur estfixée pour l'examen histologique, le reste sert à greffer vingt souris de notre élevage.

L’autopsie ne montre aucune mélastase.

La tumeur est peu hémorragique et peu dégénérée étant donné son volume.

La souris > n’est pas inquiétée : Le 30 octobre sa tumeur a le même volume et le même aspect que celle de la souris sacriliée. Le 12 novembre, elle est aussi grosse que le reste de l'animal et commence à s’ulcérer. Le 24 novembre, l'animal meurt; sa

tumeur est plus grosse encore, elle présente des ulcérations profondes et étendues. A la coupe,hémorragies et nécroses considérables, mais pas de caséification. Pas de métastases macrosco-

piques.

E*. — Les vingt souris greffées le 15 octobre sont positives, mais chez la plupart d’entre elles le néoplasme prolifère avec une lenteur extrême ; beaucoup de tumeurs mettent plus d'un mois, quelques-unes près de deux mois avant d’être appréciables cliniquement ; les tumeurs ont d’ailleurs une évolution fort différente suivant l'animal considéré.

Nous rapporterons en détail les résultats du premier passage de la tumeur E, sur souris françaisés :

La souris 17 est remarquable parce qu’elle présente avec netteté le phénomène de la régression. La tumeur ne commence à apparaître (grain de blé) au point greffé que le 12 novembre 1908. Le 27 novembre, elle est grosse cemme une noisette. Le 4 décembre elle a diminué et ne dépasse pas le volume d'un pois. Le 19, tout a disparu. Iln'y a eu ni grossesse intercurrente, ni aucune condition physiologique ou pathologique particulière que nous ayons pu élucider. Le phénomène a duré en tout vingttrois jours. On sacrifie l'animal le 7 juin 1909. Pas trace de néoplasme à l’aulopsie.

Les souris 11 el 12 ont eu des tumeurs à développement relalivement rapide, puisque quinze jours après leur inoculation ces tumeurs présentent le volume d'une noisette. Elles sont l’une et l'autre soumises aux rayons X (le 14 novembre) et reçoivent chacune 30 H. sur leur tumeur.

Souris. 12.— La lumeur involue rapidement et le 27 novembre elle n'a plus que le volume d'un pois, le 4 décembre celui d'un grain de blé. La souris meurt à ce moment en même temps qu’apparaissent les premiers signes de la radiodermite. La mort provient vraisemblablement de l'irradiation (protection insuffisante des viscères). À laulopsie pas de métastase, la tumeur est plus pelite encore que la palpalion le faisait supposer, elle est ferme.

homogène, mais ne présente pas l'aspect translucide des chondromes au début. Pas d'hémorragies.

Souris 11. — L'autopsie de la souris 12 n'avait pu être pratiquée que quelques heures après la mort. Pour obtenir une pièce parfaitement fixée, et pouvoir aussi éliminer le facteur putréfaclion, on opère aseptiquement, le 9 décembre, la souris 11 en parfaite santé. Trois jours plus tard on enlève les agrafes. La souris est bien portante et sans récidive le 2 janvier.

Le 11,-nodule (grain de blé) dans l’aine droite, au point d'entrée de la pipette.Le »2, la tumeur est grosse comme une noisette. Le» février, elle commence à s’ulcérer (noix). Le 19 elle dépasse le volume du reste de l'animal. Mort dans la cachexie le 25 février. À l’autopsie, la tumeur pèse 31 grammes alors que le reste de la souris n'en pèse que 17. Pas de métastases.

Les souris 1, 2, 7el18 ont comme les souris 11 et 12 un début de développement rapide et leurs tumeurs atteignent au bout de quinze jours le volume d’une noisette.

La tumeur de la souris 2, très hémorragique, s’ulcère dès le 4 décembre. Le 11 elle atteint le volume d’une petite noix ; le 19 l'animal meurt. À l’autopsie vastes zones de dégénérescence et nappes hémorragiques. Il est bon de remarquer que la souris 2 était un animal jeune (quatre mois) qui n'avait pas encore atteint son complet développement.

La souris 7 est employée comme témoin de la souris 11, les deux tumeurs ayant un début d'évolution identique : on les opère le même jour, 9 décembre. La tumeur 7 n'a pas été soumise à l'irradiation. Trois jours plus tard on enlève les agrafes, cicatrice

parfaite. Mais tandis que la tumeur irradiée ne récidive que le 11 janvier, la tumeur non traitée repullule aussitôt dans la cicatrice ; dès le 15 décembre, six jours après l'opération, elle a le volume d’un grain de blé, au bout de neuf jours celui d’un pois; le © janvier, elle est grosse comme une petite noisette. Puis elle décroit progressivemént, el se trouve entièrement résorbée le 29. L'animal surveillé régulièrement une fois par semaine ne présente aucune nouvelle poussée néoplasique. Il est sacrifié en

pleine santé apparente deux ans après la greffe, le 17 octobre 1910. On ne trouve à l’autopsie aucun vestige de néoplasme.

Les tumeurs des souris 1 el 18 après un début d'évolution relativement rapide (petite noisette en 15 jours) ne progressent plus qu'avec une lenteur extrême: le 5 décembre elles ont le volume d’une noisette ordinaire, et ne présentent encore aucune tendance à l’envahissement des téguments et à l'ulcération. Elles: sont l’une et l’autre peu hémorragiques.

La tumeur de la souris 1 commence à régresser à .parbr du 18 décembre; le 18 février, 1l n’en reste plus trace, l'animal meurt le 11 juin sans qu’on puisse retrouver aucun élément néoplasique à l'autopsie

La souris 18 est opérée le 23 décembre pour fournir le greffon de E?'. Guérison complète. ;

L'animal est sacrifié le 7 mai, sans qu'on trouve aucune trace de récidive ni aucune métastase à l’autopsie.

Les autres animaux ont un début de développement néoplasique retardé, ils peuvent être répartis en deux groupes : Tumeurs à développement progressif: souris 3, 4,5, 6,8, 10, 13, 19, 19, 0, et cela malgré des maternités intercurrentes (souris 8 el 10) ou une intervention chirurgicale (souris 4 et 10).

Tumeurs régressant après éliminalion spontanée du néoplasme (souris q, 14 et 16).

La souris 3 présente une tumeur grosse comme une noix le >> janvier 1909, ulcérée le 5 mars. Mort spontanée le 7 avril.

La souris 4 est opérée pour greffe le »3 décembre 1908. Récidive dans la cicatrice sous forme de nodule gros comme un grain de bléle 4 avril 1909. La récidive est grosse comme une noix le 10 août, comme Île reste de lanimal le 15 décembre. Mort sans métastases le 24 janvier 1910.

La souris 5 à une Lumeur du volume d’une noisette le 19 décem'bre 190$, grosse comme une noix le 5 mars 1909, ulcérée le 13 mars. Mort le 20 juillet, °

La souris 6 à une tumeur grosse comme une noisette le 23 décembre 190, comme une noixle5 mars 1909, ulcérée le 17 avril,

Mort le Q juin; à l'autopsie, la fumeur pèse: 30 grammes, le reste de l’animal 18.

La souris 8 met bas deux portées pendant l’évolution de sa tumeur ; la première de 5 petits le 29 janvier 1909, la seconde de 4 le 10 avril 1910. Tous ces souriceaux sont élevés à la mamelle pendant quatre semaines. La tumeur n'en continue pas moins à progresser régulièrement: Le 6 février elle est grosse comme une noix, le 26 mars elle s’ulcère. La mort ne survient que le 27 mai, Tumeur plus grosse quele reste de l'animal à l'aulopsie.

La souris 10 a deux portées et une intervention chirurgicale pendant Pévolution de sa tumeur : le 19 décembre 1908, tumeur grosse comme un haricot; le 4 mise-bas de 5 souriceaux : le 28, extirpation chirurgicale du néoplasme, on retire les petits ; le 22 Janvier 1909 mise-bas de 4 souriceaux:; cicatrice opératoire parfaite ; le 5 février, récidive dans la cicatrice; le 19 mars, la |

. tumeur atteint le volume du reste de la souris. Mort le 28 mai avec une énorme tumeur ulcérée. é

La souris 13 a une tumeur régulièrement progressive : noisette le 23 décembre 1908, noix le 16 janvier 1909, ulcérée le 5 mars. Mort le 17 mars, tumeur aussi grosse que le reste de l'animal.

La souris15 a une tumeur d'évolution analogue mais plus : lente : noisette le 10 janvier 1909; noix le 14 mai; ulcérée le

» juillet. Mortavec une tumeur énorme, le 2 août.

La souris 19 présente une tumeur grosse comme une noisetle ‘le 5 février 1909; ulcérée le 19; noix le 26 mars ; atteignant le volume du reste de l'animal Je 24 avril ; dépassant ce volume à l'autopsie le 7 mai.

La souris 20 a une tumeur grosse comme une noisette le 12 février 1909; comme une noix le b mars ; ulcérée le 24 mars; aussi grosse que le reste de l'animal à l’autopsie le 10 mai.

Les trois dernières souris présentent comme la souris 7 déjà étudiée un phénomène que nous n'avons jusqu'ici observé que dans la tumeur E : Ælimination de la masse néoplasique au dehors après ulcération spontanée.

La souris 4 a une tumeur grosse comme une noisette le

23 décembre 1908, comme une noix le 22 janvier. La tumeur s'ulcère et commence à s'éliminer par nécrose aseptique, sans phénomènes de suppuration à partir du 22 février. Le 19 mars, cicatrisation parfaite, pas trace de tumeur à la palpalion. Récidive le 17 avril, qui s’accroit rapidement. Mort le 3 mai avec une tumeur ulcérée plus grosse qu'une noix.

Souris 16 : Tumeur grosse comme une noisette le 29 janvier 1909, comme une noix le 12 février ; ulcération le 26 février ; début d'élimination de la tumeur le 5 mars; le 26 mars, la tumeur à entièrement disparu, il ne persiste plus qu'une petite ulcéralion plane de deux millimètres de diamètre; le 27 avril récidive in situ (noiselte) ; le 1° mai, grosse noix ulcérée ; le 10 mai aulopsie, tumeur ulcérée énorme. |

Souris 14 : Tumeur grosse comme une noisette le 19 décembre 1908 ; opérée le 23 décembre ; récidive dans la cicatrice (grain de blé) le 28 mai 1909; la récidive est grosse comme une : noiselle le 27 août, comme une noix le 30 octobre; à partir de ce moment elle s'ulcère et commence à s'éliminer au dehors ; le 26 janvier 1910, elle est grosse comme un pois, le 4 février on ne trouve plus aucune trace de néoplasme.

Le 25 février, on pratique une seconde greffe, dans la région dorsale cetle fois, avec un greffon provenant de E*. Cette greffe demeure négative. Le 15 mai 1910, l'animal est encore parfaitement bien porlant, aucun vestige de Ltumeur, pas plus dans la région dorsale que dans la région ventrale.

Et à E*. — Dès le second passage sur souris françaises la tumeur E se montre beaucoup plus virulente, nous n’observons plus dans cette série, non plus que dans les suivantes, de régression ; et dans ces seize générations nous n'avons que deux cas de guérison après élimination spontanée de la tumeur. (E*, souris 1 et E" souris 6). Si nous éliminons les animaux morts accidentellement pendant les 15 premiers jours, le pourcenage des cas posilifs est rigoureusement de 100 0/0.

Dans les six dernières générations, la malignité semble croître,

nous ne conservons guère les animaux plus de trois à quatre mois après la greffe ; mais l’évolution des tumeurs reste toujours plus lente que dans nos trois autres néoplasmes greffés : Il faut compter 15 jours pour obtenir un nodule gros comme un petit haricot; les tumeurs sont aptes à fournir de bons greffons au bout de trois à quatre semaines. Nous n'avons pas encore constaté de métastases viscérales pas plus chez les souris opérées que chez les autres. |

A l’autopsie nous avons vu l’envahissement de la paroi parles éléments néoplasiques, et la végétation de la tumeur à l'intérieur de la cavité abdominale, mais ce phénomène est loin d'être la règle. Par contre, c’est dans la tumeur E que nous avons observé les plus volumineuses masses néoplasiques chez la souris. L'un de nos animaux pesait à l’autopsie 65 grammes; la tumeur à elle seule comptait pour 42 grammes dans ce poids.

Structure de la tumeur E.

E!.— Le fragment de la tumeur spontanée, conservé pour l'examen histologique est formé d’une substance fondamentale par places complètement anhiste, par places légèrement fibril-

Jaire, et prenant mal tous les colorants. Dans cette substance,

on voit des cellules isolées ou groupées à l’intérieur d'une même capsule. Ces capsules à peine visibles en certains points sont extrèmement épaisses en d’autres. Bien que de volume sensiblement égal, elles contiennent un nombre très variable de cellules.

Les cellules elles-mêmes n'ont de noyaux bien colorables qu'en des zones très limitées et qui répondent à la périphérie de la tumeur. Tout le centre est formé de masses compactes plus ou moins nécrosées.

La tumeur est extrêmement vasculaire : elle est riche en capillaires embryonnaires, dilatés, et présente de nombreuses hémor-. ragies interslilielles.

Malgré l’absence des rétros tinctoriales habituelles du cartilage, on porte le diagnostic de chondrome malin, diagnos-

oo PI I

tie que l’évolution histologique de la tumeur au cours des générations ultérieures ne fait que confirmer.

Le grand nombre de vaisseaux intimement unis au tissu cartilagineux qui à l’état normal en est dépourvu, le développement de cartilage en un point de l'organisme où ce lissu n'existe pas normalement, mais où par contre les productions tératologiques sont fréquentes (voisinage des organes génitaux), permet de penser qu'il s'agit d’un néoplasme à tissus multiples, d'un embryome dontun seul élément a proliféré avec malignité. Le fait s'observe parfois chez l'homme dans les tumeurs de l'ovaire et surtout dans celles du testicule. ”. -

Nous avons pu, grâce à l’obligeance du docteur Baudouin, de Tours, étudier un cas analogue chez un jeune homme de 5 ans. Ce malade succomba à la généralisation d’un tératome testiculaire complexe : les métastases qui lardaient tous les viscères ne contenaient plus qu'une seule variété de tissus.

E*’ à El. — Dès le premier passage, la tumeur acquiert des caractères morphologiques remarquables par leur fixité :

Dans les tumeurs récentes, et à la périphérie des vieilles tumeurs, la structure du chondrome est toujours facilement reconnaissable, et beaucoup plus typique que dans la tumeur spontanée.

Si l’on étudie les diverses étapes que suit un greffon au cours de son développement, on voit au début les capsules pressées les unes contre les autres, si bien que leur double contour n'est : pas toujours partout reconnaissable. Elles renferment des cellules vivaces à noyaux fortement colorés. Puis la substance fondamentale anhiste se dépose entre les capsules et les isole, leurs parois deviennent distinctes.

Dans un dernier stade les cellules se nécrosent, leurs noyaux ne prennent plus les colorants, la substance fondamentale devient granuleuse el mélachromatique, les capsules n'apparaissent plus que sous forme de lacunes arrondies ou ovalaires, découpées dans celle substance.

Comme le montre déjà l'étude macroscopique, la vascularisation de la tumeur E est un des caractères les. plus remarquables de sa structure.

On trouve bien dansles jeunes tumeurs des régions étendues dépourvues de vaisseaux et où la nutrition des éléments semble assurée comme dans le cartilage normal par la cireulation des liquides plasmatiques dans un système de canalicules intercellulaires. Mais entre ces ilots purement cartilagineux, on trouve dans un stroma conjonclif très peu développé d'énormes capillaires à parois embryonnaires et même de véritables systèmes caverneux, à parois réduites à leurendothélium. On comprend que des vaisseaux aussi fragiles se rompent aisément, et qu'avec la dégénérescence apparaissent aussitôt des hémorragies interstitielles souvent étendues. £

Ces néoformalions vasculaires si abondantes surprennent au premier abord dans un chondrome, le tissu cartilagineux normal étant complètement dépourvu de vaisseaux. La chose est plus compréhensible, si l'on admet qu'il s'agit non pas d'un chondrome développé aux dépens du cartilage normal du squelette, mais bien d’un tératome simplifié. On sait la richesse vasculaire extrême de ces tumeurs et la prédilection avec laquelle les germes vasculaires néoplasiques métastasent. Dans certains cas, ils forment à eux seuls presque la totalité des noyaux secondaires. Ce sont les tumeurs décrites autrefois par MM. Malassez et Monod sous le nom de sarcomes angioplastiques, et étudiés aujourd'hui sous le nom de chorio-épithéliomes ou placentomes malins. Le cas que nous avons examiné avec le docteur Baudouin avait cette structure.

Dans la tumeur E nous ne retrouvons ni les syncytiums ni les grandes cellules claires rappelant la structure des cellules de Langhans qui caractérisent ces tumeurs, mais les vaisseaux néoformés, capillaires dilatés ou sinus ont la même architecture que dans ces tératomes, on y rencontre les mêmes-hémorragies interslitielles précoces et étendues.

E* à Eï. — Nous n'avons trouvé aucune modification de structure, dans les 16 générations de tumeur E que nous entretenons sur souris françaises depuis octobre 1908. Peut-être seulement les cinq dernières séries sont-elles moins hémorragiques que les premières, mais il s'agit là surtout d’un fait macroscopique et l'architecture intime du néoplasme reste le même.

Tumeur A. ’

Sarcome polymorphe dérivé du stroma d’un epithelioma mammaire alypique. Sarcome Sieben d'Ehrlich.

Histoire de la tumeur A pendant sa culture à Francfort.

A!. — La tumeur spontanée est apportée au laboratoire de thérapeutique expérimentale le 27 mars 1903. L'animal est sacrifié : un fragment est prélevé pour l'examen histologique, le reste est greffé sous la peau de trente souris.

A°à A. — Sur ces trente souris greffées, six sont positives. On choisit celle des six dont la tumeur est apparue le plus tôtet a proliféré le plus vite, pour fournir la matière de la gretfe d’une série nouvelle de trente souris. Dans cette nouvelle série on choisit d'après le même critérium la semence pour la série nouvelle et ainsi de suite. On emprunte ainsi la méthode des bactériologistes qui veulent augmenter la virulence d'un microbe.

La virulence atteint bientôt son maximum et sous ses trois formes : pourcentage, prolifération, léthalité précoce :

Le pourcentage atteint 100 ?/, dès la vingtième génération.

La prolifération (1) est telle qu'en huit jours la tumeur gref-

(1) Par greffes successives en employant à chaque passage 10 souris et en utilisant tous les animaux, on arriverait en 70 générations (la tumeur est actuellement à sa 201°) à une masse néoplasique telle que l'imagination a peine à la concevoir, Ehrlich a fait le calcul : « Si nous nous représentons celte masse, dit-il, sous la forme d'un cube, l'arrète de ce cube serait si longue qu'il faudrait à la lumière cent mille ans pour la parcourir. »

ere EN LS fée atteint le volume d'une amande, En un mois son poids dépasse celui du reste de la souris.

La mort survient dans tous les cas entre trois el six semaines. |

La tumeur primilive présentait la structure de l’epithelioma atypique (carcinome alvéolaire).

A à A. — Après la 40° génération {août 1904) apparaissent dans la tumeur des modifications de structure :

Tandis que jusque-là on voyait d'épaisses travées cellulaires anastomosées, présentant dès le huitième jour après la greffe des nécroses étendues, les cellules épithéliales se groupent en petits ilots englobés dans un stroma plus dense; la dégénérescence est plus tardive et bien moins abondante, la tumeur devient plus ferme à la palpation.

A5, — A la 68° génération (juillet 1905) le stroma qui Jusqu’alors avait les caractères du tissu conjonctif normal prend brusquement les caractères paraembryonnaires et atypiques du tissu de sarcome. La 68° génération tout entière est formée de +u-

meurs mixtes.

A5 à A7. — Dans les quatre suivantes on trouve dans quelques tumeurs encore des vestiges épithéliaux, la plupart sont cependant des sarcomes purs.

A partir de la 73°, on n’observe plus que du

AT à Al6.

sarcome pur, polymorphe, atypique.

La virulence de la lumeur, äu triple point de vue pourcentage, prolifération, léthalité, conserve son intensité extrême.

Depuis la 73° génération (septembre 1905) jusqu'à la 164° (octobre 1908) la tumeur greffée dans les mêmes conditions et sur des souris de la même provenance ne présente aucune modifi-

cation notable.

On n'a jamais constaté à Francfort de métastases viscérales

de la tumeur A.

Histoire clinique de la tumeur A sur souris françaises.

Au début d'octobre 1908 le professeur Apolant nous fait présent de deux souris greffées depuis huit jours et APPAUteREUE à la 164° génération.

At. — Le 16 octobre, la souris 1 portait une tumeur du volume d’une noix environ non adhérente à la peau ni à la paroi abdominale et recouverte de téguments sains, nous la sacrifions pour inoculer dix-huit souris françaises.

A l’autopsie pas de métastases macroscopiques.

Huil jours plus tard aucune des souris greffées ne présente de signes locaux marquant le début de l’évolution d’une tumeur, pas la plus petite nodosité. Comme nous connaissons la rapidité extrême avec laquelle la tumeur À commence habituellement à se développer (volume d’une petite noisette en huit jours), nous pensons que l’insuccès est dû à une faute de technique dans la greffe.

La tumeur de la souris 2 est déjà grosse comme une noix ; elle commence à adhérer à la peau, nous craignons l'ulcération prochaine et la perte de la graine précieuse au moins à l’état aseptique. Aussi le 23 novembre nous n'hésitons pas à sacrifier à son tour la souris 2 pour greffer cette fois vingt souris nouvelles. L’autopsie de l'animal ne révèle aucune métastase macroscopique.

A1. — Le 27 octobrenous pouvons constater que nos craintes n'élaient pas justifiées,des nodosités apparaissent chez quelquesunes des souris greffées le 16, et le 4 novembre nous voyons des tumeurs qui atteignent le volame d'une cerise.

Sur dix-huit souris greffées le 16 octobre, six demeurent négalives, il est remarquable que ces six souris sont toutes grises ou jaunes (métis de blanches et de grises) Ce sont les souris aa, 6, 10, 17:

Parmi les douze autres, deux (souris 9 et 13) sont sacrifiées lé

10 novembre, leurs tumeurs non ulcérées et du volume d’une grosse noix sont mélangées pour fournir le greffon de la génération suivante Al. |

Les souris 7 et 8 sont consacrées à la radiothérapie: elles reçoivent le 12 novembre 30 sur leurs tumeurs.

La souris 7 qui avait, au moment de l’irradiation, une grosse tumeur uleérée meurt spontanément quatre jours plus tard après une courte agonie.

La souris 8 qui avait, au moment de irradiation, une tumeur moins grosse et non ulcérée, présente au bout de quatre jours une régression notable de cette tumeur; son état général esl bon, elle estsacrifiée pour l'examen histologique ce même jour 16 novembre.

Les six souris 2, 4, 12, 14, 16 et 18 abandonnées à ellesmèmes présentent rapidement de grosses tumeurs ulcérées ; elles succombent toutes avant que ces tumeurs n'aient dépassé le volume du reste du corps à des dates variant entre le 10 novembre et le 2 décembre.

Si bien que le 2 décembre il ne reste plus parmi les souris positives de la génération A'5* que deux animaux vivants, le numéro 11 et le n° 15. Ces deux souris méritent une mention particulière.

En effet, la souris 11 est une souris grise, sauvage, toutes les autres souris positives jusqu'ici considérées étaient des souris blanches. La lenteur du développement de la tumeur est très remarquable chez cet animal: tandis que tous les autres compagnons de greffe sont morts en 18 jours avec de grosses tumeurs ulcérées, il faut 30 jours à la souris 11 pour édifier une tumeur de même volume, qui, d’ailleurs, est parfaitement supportée ;elle meurt le »2 décembre 61 jours après la greffe, avec une tumeur ne dépassant pas en volume le reste de l'animal.

La souris 15 est une souris jaune métis. Nous observons égalément chez elle un retard notable, quoique moinsmarqué, dans le développement de la tumeur : il faut au néoplasme un mois au lieu de quinze jours pour atteindre le volume du reste de l’animal ; l'animal suecombe le 30 novembre.

A iv. Les vingtsouris grefféesle 23octobre avec A'5 souris 2 sont toutes des souris blanches, elles sont posilives loutes les 20. |

Les souris 7 el 8 sont consacrées à la radiothérapie, eles recoivent l'une et l’autre 30 H sur leur tumeur, le 14 novembre. Six jours après l'irradiation on trouve la souris 7 morte dans le bocal et déjà un peu pourrie. Pour éliminer le facteur putréfaction on sacrifie le lendemain la souris 8 en vue de l'examen histologique.

Lés-souris a 34, 07.019110; Tiere, 14014 TO MO ETES 19, 20, sont abandonnées à elles-mêmes, et leurs tumeurs prolifèrent rapidement et d’une manière sensiblement parallèle ; en quinze jours, elles atteignent le volume d'une petite noix, au bout de trois semaines elles s'ulcèrent, la mort survient avec des tumeurs moindres que le volume du reste de l'animal après une période variant entre trois el six semaines après la greffe. Si bien que le > décembre toutes les souris de la série A! sont mortes ou sacrifiées sauf la souris 2.

La souris ® élait pleine au moment de la greffe. La tumeur commence à se développer chez elle à peu près aussi vite que chez les autres animaux de la série, el quinze Jours plus tard le néoplasme atteint le volume d’une noisette. Puis il reste stationnaire, et le 15 novembre (un mois après la greffe) la souris met bas six pelits parfaitement normaux qu'elle allaite comme le feraitune souris saine. À partir de ce moment la tumeur se met à régresser rapidement ; le 18 novembre elle n’est pas plus grosse qu'un pois, le25 qu'un grain de blé. Puis elle recommence à proliférer, et le 10 décembre alors que les petits ne tettent plus et sont séparés de la mère depuis huit jours, la tumeur atteint à nouveau le volume d'une noisette qu'elle présentait déjà le 4 novembre. En quélques jours la tumeur s'ulcère. L'ulcération creuse vers la profondeur, mais la tumeur elle-même ne croît que très lentement,

Le 17 décembre 1908, on enlève chirurgicalement le néoplasme

(grosse noiselle) qui n'a pas envahi la paroi abdominale. En cinq

Jours cicatrisation parfaite de la plaie. L'animal survit plus d’un an à l'intervention. Il succombe accidentellement le 31 janvier 1910, eton ne troùve aucun vestige néoplasique à l'autopsie.

A1. — Des vingt souris greffées le 10 novembre avec le mélange des tumeurs provenant de A'6 souris 10 et 13, une seule demeure négative, la souris ».

Les souris 19 et 20 sont sacrifices le 27 novembre, avec des tumeurs du volume d'une grosse noix. Le mélange de ces tumeurs produit le greffon de la génération suivante A.

Parmi les dix-huit autres, les six souris 3, 4, 9, 9, 13, 16 et 17 présentent des tumeurs d'une malignité remarquable : vingt jours après la greffe, tous ces animaux sont morts spontanément avec des tumeurs ulcérées du volume d’une noix.

Les neuf souris 1,6, 7,8, 11, 12, 14, 15, 18 ont des tumeurs qui évoluent plus longtemps et arrivent à dépasser le volume du reste de l'animal. La mort survient spontanément en un laps de temps variant entre cinq et six semaines après la greffe. Quelques animaux sont sacrifiés mourants pour oblenir des pièces histologiques dans les meilleures conditions de fixation.

Seule la souris 10 présente un développement particulièrement lent de [a tumeur, puisque celle-ci ne.dépasse pas le volume d’une cerise le 19 décembre et ne commence à s'ulcérer

que le 20 janvier 1909. L'animal meurt le 1‘ février avec une tumeur plus grosse que le reste du corps.

A1. — Les vingt souris greffées le 27 novembre avec les tumeurs provenant des souris 19 et 20 Ai sont toutes positives. Le 12 décembre, on sacrifie la souris 14 pour une expérience radiologique sur la masse greffée. Nous décrirons cet essai dans la seconde partie de ce travail, Chapitre IX. Le 15 décembre, on sacrifie la souris 15 pour greffer la génération suivante A6,

La souris 13 est destinée à rechercher les modifications précoces produites sur les cellules néoplasiques par les rayons X :

CLUNET. 4

le 12 décembre, la tumeur recoit 0 H; 48 heures plus tard l'animal est sacrifié pour l'examen histologique.

La souris 18 est consacrée au même objet : le 12 décembre, la tumeur recoit 20 H. Trois jours plus tard l'animal est sacrifié pour examen histologique.

La souris 0, au contraire, est employée à la recherche des modifications tardives produites par les rayons X sur les cellules néoplasiques : irradiée le 5 décembre, elle reçoit 20 H. sur une tumeur du volume d’une noisette. À partir de lirradiation la tumeur cesse de croître ; quinze jours plus tard, elle commence à régresser ; et vingt-trois jours plus lard (29 décembre) elle n’a plus que le volume d’un petit pois. Elle est enlevée alors chirurgicalement. La cicatrisation de la plaie est parfaite en 48 heures.

La souris 17 reçoit 0 H le 5 décembre sur une tumeur du volume d'une grosse noix; cinq jours plus tard on la retrouve morte dans son bocal. La putréfaction est tellement avancée qu'elle est inutilisable pour l'examen histologique. L'autopsie montre cependant une rate tout à fait atrophiée témoignant de la protection insuffisante des viscères pendant l'irradiation ; faute de technique qui a produit la mort de l’animal. x

Les souris 1,2, 4, 0,6, 7, 8,0; 14, 12 et 16 abandonnées à elles-mêmes font des tumeurs à marche rapide, qui en quinze jours atteignent le volume d'une petite noix, et en un mois celui du reste de l'animal. Ces tumeurs s’ulcèrent pour la plupart en moins de trois semaines et entrainent la mort de la souris en un laps de temps variant entre trois semaines et un mois. Quelques-unes sont sacrifiées cachectiques pour l'examen histologique.

A5 à A1. — À parlir de A'S (quatrième génération sur souris francaises), les diverses modalités de virulence du néoplasme paraissent adaplées au nouveau terrain.

Si nous laissons de côté les animaux morts accidentellement.

pendant les huit premiers jours qui suivent la greffe, le pourcentage alteint 100 0/0.

Les tumeurs sont grosses comme une noisette au bout de huit à dix Jours, comme une noix au bout de 15 Jours. Beaucoup d'entre elles commencent à s'ulcérer à ce ruoment, et pour n'opérer qu'avec du matériel aseptique il faut faire le repiquage tous les 12 à 15 jours.

La mort due aux seuls progrès de la tumeur survient souvent au bout de trois semaines, les animaux vivent rarement plus d'un mois après la greffe; les survies de six semaines sont exCepüonnelles.

Nous n'avons jamais observé de régressions spontanées, sauf dans la période de lactation, ou chez des souris grises sauvages.

Au moment de l’autopsie les masses néoplasiques n’atteignent Jamais le volume énorme que nous avons rencontré dans les tumeurs F, E et M à développement plus lent.

Nous n'avons jamais observé de métastases viscérales dans la tumeur À que les souris aient été opérées ou non. Par contre l'infiltration et l'ulcération de la peau sont, comme nous l'avons

vu, très précoces. L’envahissement destructif de la paroi est de

règle dès le huitième jour. Le péritoine est envahi et traversé par les végétations néoplasiques beaucoup plus souvent que dans aucune des autres tumeurs.

Structure de la tumeur A.

L'étude anatomique de la tumeur A depuis sa transplantation sur souris françaises est aisée, car toutes les fois que la tumeur à été greffée dans les conditions habituelles et abandonnée à ellemême, elle a toujours reproduit exactement le type histologique qu'elle présentait chez les deux souris rapportées d'Allemagne.

Structure de la tumeur A chez les souris normales. — À un faible grossissement, une tumeur récente non ulcérée parait composée d'un tissu compact homogène où les noyaux se pressent les uns contre les autres.

A un fort grossissement (cf. fig. 26), on voit que ce tissu est entièrement formé de cellules conjonctives polymorphes accolées les unes aux autres. Les formes allongées en fuseau prédominent, mais les formes arrondies et ramifiées sont très nombreuses. Les noyaux sont inégaux avec de gros nucléoles ; on rencontre beaucoup de mitoses normales, quelques mitoses atypiques. | |

Pas trace de sécrétion cellulaire, ni collagène, ni élastine. La tumeur est peu sanguine; elle ne contient pas de vaisseaux à parois normales; on ne trouve que quelques espaces capillaires contenant des hématies et limités par les cellules néoplasiques elles-mêmes. Malgré cette absence de parois vasculaires différenciées les tumeurs ne sont pas hémorragiques.

Tant que la tumeur n'est pas ulcérée, on n'observe ni diapédèse, ni aucune marque histologique d’inflammation; avec l'ulcération survient l’infiltration leucocytaire, et même dans quel- - ques cas la formation de véritables abcès.

Indépendamment de ces phénomènes infectieux on observe dans quelques grosses tumeurs (grosse noix el au-dessus) des masses nécrosées entourées de zones où les noyaux sont pyenotiques el présentent les diverses figures de la chromatolyse.

La tumeur infiltre et détruit les tissus voisins qui ne réagissent pas à son contact. Lorsque la lumeur a envahi le chorion, les poils tombent, les glandes sébacées disparaissent, les papilles dermiques s’affaissent, l'épiderme s'amineit et s'aplatit par la distension qui amène bientôt sa rupture.

L'uniformité constante de structure de la tumeur À dans toutes les généralions que nous avons pu observer, est très favorable à l'étude des modifications produites par les diverses condilions expérimentales, qu'il s'agisse d'états physiologiques particuliers, ou de tentatives thérapeutiques.

Nous renvoyons au chapitre V pour les altérations morphologiques produites par les conditions de race, de gravidité et de laelalion; à la seconde partie de notre travail chapitres VIII eLIX pour les modifications radiothérapiques.

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