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ÉTUDE DE QUELQUES PHÉNOMÈNES D'IMMUNITÉ

On connait à l’heure actuelle très peu les phénomènes de l’immunité en matière de néoplasies malignes. Autant qu'on peut en juger, d'après le petit nombre de faits acquis, il semble que: ces phénomènes différent par certains points de ceux que les biologistes ont étudié au cours de diverses maladies infectieuses ; par exemple, la présence d'anticorps spécifiques chez les animaux immunisés, ne nous paraît pas avoir été encore rigoureusement démontrée, malgré les innombrables tentatives

faites en ce sens dans tousles pays.

Gn peutnéanmoins distinguer comme dans les maladies infectieuses une immunité spontanée lenant aux caractères propres de la race ou de l'individu ; et une immunité acquise liée à un état physiologique ou thérapeutique particulier.

Nous étudierons dans ce chapitre quelques faits ayant trait à ces deux ordres d'immunité :

. — IMMUNITÉ SPONTANÉE : 1° /mmunilé zoologique : hée, a) à l'espèce animale, b) à la race, c) à l'élevage.

2° ]mmunité individuelle : (a) Régressions,etb) guérisons sponlanées lardives de néoplasmes évoluant comme des tumeurs malignes chez les animaux témoins.

11. — IMMUNITÉ ACQUISE : 1° /mmunilé des animaux en élai de grossesse el de lactalion.

2° Immunité des animaux vaccinés par une greffe antérieure négative, |

1° Immunité zoologique :

— a) Les conditions dans lesquelles on peut transplanter avec succès les tumeurs malignes paraissent jusqu'ici étroitement limitées à une espèce animale donnée : non seulement on n’a pas encore Jusqu'ici apporté la preuve d'un transfert de cancer humain sur un animal de laboratoire, (y compris le singe anthropoïde), mais on n’a pas même obtenu de résultats positifs avec les tumeurs les plus virulentes de la souris, (entraînées au transfert par un grand nombre de passage successifs), en greffant ces Lameurs sur un animal aussi voisin dans l'échelle zoologique que le rat. |

Nous avons essayé nous-mêmes de greffer sur de jeunes rats les tumeurs F, E, A et M. Les deux premières nous ont donné des résultats entièrement négatifs. Avec la tumeur A (sarcome polymorphe), et la tumeur M ({sarcome fuso-cellulaire), nous avons vu Chez quelques animaux se produire huit jours après la greffe des nodosités qui atteignent parfois le volume d'une noiselle, mais se résorbent toutes spontanément, trois semaines ou un mois plus tard. — La structure histologique de ces petites tumeurs, prélevées au moment où elles sont à leur acmé (15 jours à 5 semaines après la greffe), reproduit celle de la tumeur greffée ; mais surtout dans la tumeur M les figures de divisidn cellulaire font presque entièrement défaut, et malgré l'absence d'infection, la périphérie des nodules est envahie par des leucocyles, des cellules conjonctives jeunes et des plasmodes qui paraissent bien provenir des tissus voisins de l'hôte et jouer un rôle de phagocytose (1).

(1) Ces résullats négatifs sont en somme tout à fait comparables à ceux obtenus dans les mêmes conditions par Ehrlich (Arbeiten aus dem Küniglichen Instilut für experimentelle T'herapie, Heft I, p.83, 1906) et par Stabr (Centralblatt für allyemeine Pathologie und palhologische Anatomie (Band XXI, n° 3, 1910). Comme dans le laboratoire de ce dernier auteur, nos rats et nos souris se trou-

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