‹ Recherches expérimentales sur les tumeurs malignesChapitre 43 sur 88 · IMMUNITÉ ZOOLOGIQUE · texte numérisé non relu

IMMUNITÉ ZOOLOGIQUE

chaleur au bain-marie (44 degrés centigrades) sur le greffon d'une tumeur, mixte : ce chauffage plus nocif pour les éléments épithéliaux que pour les élements conjonctifs permettrait d’obtenir à volonté des sarcomes purs en partant d’une greffe mixte. Mais tandis que les cellules sarcomateuses des tumeurs mixtes développées sur les témoins greffés avec la masse non chauffée, conservaient la structure habituelle, tous les sarcomes purs développés aux dépens de la masse chauffée présentaient les monstruosités cellulaires en question.

I semble donc que dans l'organisme de la souris grise la tumeur À rencontre des substances nuisibles à son développement et qui modifient sa morphologie habituelle. Ce n’est plus comme dans les cas jusqu'ici étudiés, un simple ‘arrêt de développement, que l’on pourrait expliquer, par l'insuffisance d’une substance X nécessaire, dans l'organisme de l'animal greffé, il faut faire intervenir un facteur activement nocif: peut-être un anticorps?

— c) Nous avons pu, lors des premiers passages à Paris des tumeurs qui nous avaient été données à Francfort, étudier quelques phénomènes d'immunité, liés, non plus à l'espèce animale, ou à la race, mais à la simple différence de provenance des animaux : souris blanches d'élevages français, au lieu de souris blanches d'élevages allemands.

— Comme nous venons dele voir, dans la tumeur A la différence de provenance des souris n’a pas eu d'influence sur Le pourcentage des premières générations. La puissance de prolifération n’a guère été diminuée non plus, puisque, dès le premier passage A!5, nous voyons plusieurs animaux porter des tumeurs aussi grosses qu'une noix trois semaines après la greffe. Mais par contre, la malignité est moindre, et plusieurs survivent plus

de deux mois; tandis qu’à partir de AS la mort, due aux seuls progrès de la tumeur, survient souvent au bout de trois semaines et n'arrive presque jamais après la sixième semaine.

— Nous observons les mêmes phénomènes, mais à un degré

bien plus marqué dans la tumeur E. Le pourcentage n'a pas été modifié du tout, (100 0/0 de souris positives dès la première greffe sur souris française 7)

Il est remarquable que cette tumeur a présenté dès la première greffe à Francfort, une virulence à ce point de vue, que l'on n'obtient dans les autres tumeurs qu'après un grand nombre de générations. Dès le début elle s’est comportée chez les animaux greffés comme un parasite d’une vitalité extrême ; il est intéressant de rapprocher ce fait de l’origine tératologique et non simplement métaplasique du néoplasme.

La prolifération au contraire a été très retardée par le chansement de race de souris. Elle est plus lente chez nos animaux que dans le premier passage après tumeurs spontanées, sur souris allemandes ; et il faut attendre la dixième génération sur souris françaises E%, pour oblenir en six semaines des masses néoplasiques du volume d’une noix.

La malignité de la tumeur est très faible dans les premières générations françaises, la plupart des animaux appartenant à la série E° greffée le 15 octobre 1908, ne meurent qu’en mai, juin et juillet 1909, et ce n'est qu'à partir de E*! que nous voyons la majorité des animaux succomber aux progrès de leur tumeur trois à quatre mois après la greffe.

— Dans la tumeur F, le transfert sur souris françaises est d’abord marqué F7 par une chute considérable du pourcentage : 90 0/0 au lieu de 100 0/0. Dès la seconde génération F$ il atteint 80 0/0 et retrouve son taux primitif qui ne se modifie plus depuis, avec F.

La puissance de proliféralion si intense dans Ia tumeur F, a paru au contraire peu influencée par la transplantation sur souris française. Dès la première greffe parisienne F7, nous voyons des tumeurs atteindre le volume de la souris en cinq semaines, el dépasser ce volume en six semaines. Cependant le second transfert F$ donne des tumeurs sensiblement plus torpides, il faut six semaines à la tumeur la plus active de la série pour atteindre le volume d’une noix. Avec la troisième généra-

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