SUR LES TISSUS NORMAUX
Au bout de quelques jours les spermatogonies, les petits spermatocytes et les spermatides sont atteints de pycnose, leur chromatine se condense en un bloc homogène.
Les gros spermatocytes présentent surtout des phénomènes de karyorrhexis, le filament chromatique se résout en fines granulations, la membrane nucléaire s'amincit.
Les éléments ainsi altérés disparaissent par un double processus : les uns s’effritent comme érodés par les liquides intercellulaires dans lesquels ils finissent par se dissoudre, les autres sont phagocytés par le syncytium sertolien.
Au processus de destruction fait suile un processus de réparation.
Si l'irradiation a été suffisamment intense pour frapper de nécrose tous les éléments du tube considéré, la réparation porte uniquement sur les tissus interstitiels : épaississement de la membrane propre du tube du tissu conjonctif intercellulaire, hypertrophie du syncytium et multiplication des noyaux sertoliens : on ne trouve plus de trace des cellules de la lignée séminale.
Si l'irradiation a été moindre, les cellules séminales en voie de maturation ne sont pas modifiées, elles évoluent jusqu’au stade spermatozoïde, et comme telles gagnent les vésicules séminales. Mais les spermatogonies subissent un arrêt dans leur évolution, leurs noyaux cessent de se diviser el pendant longtemps la membrane propre du tube n’est plus recouverte que par une seule catégorie de cellules : par des spermatogonies de premier ordre avec noyau contracté témoignant d'une phase de repos cellulaire.
: Après plusieurs semaines, si le testicule n’a pas élé irradié de nouveau, les spermatogonies qui ont été inhibées mais non pas tuées recommencent à proliférer, et reproduisent un épithélium séminal normal avec sa lignée cellulaire complète.
Ces résultats ont d’ailleurs été confirmés par Regaud et Blanc (Soc. de biol., 28 juillet, 10 novembre et >> déc. 1906), qui ont
opéré sur le même matériel.
Ces derniers auteurs insistent sur ce fait que cette inhibition qu'ils décrivent sous le nom de léfhargie cellulaire, ne parait pas avoir influence défavorable sur la qualité des générations ultérieures.
Nous retrouvons donc, dans le testicule normal en voie de destruction sous l’action des rayons X, la plupart des modifications cellulaires que nous avons observées dans les cancers irradiés.
Les œufs des animaux inférieurs montrent dans ces conditions des réactions assez semblables.
Perthes (Versuche uber den Einfluss der Roentgenstrahlen und Radiumstrahlen auf die Zelltheilung, Deutsche med., Wochenschrift, XXXI, 1904), étudiant les modifications apportées par les rayons X sur la segmentation des œufs d'ascaris, montre ainsi : qu'une irradiation forte empêche complètement le développement de ces œufs, qu'une irradiation modérée produit un arrêt de la segmentation suivie de mitoses irrégulières, aboutis- Sant à un développement monstrueux, tandis qu'une irradiation faible produit seulement l’inhibition avec développement ultérieur normal.
Dans un autre travail en collaboration avec Nathason, cet auteur prétend qu'il s’agit sans, doute là d'une loi générale de biologie, car, opérant sur les plantes en voie de développement, il obtient une action analogue avec destruction complèle si lirradiation a été suffisante, arrêt et reprise ullérieure si la dose a été trop faible.
[semble done d'une part, que, quel que soil le tissu considéré, les rayons X à dose suffisante détruisent tous les éléments vivants; el d'autre part, que lorsque des tissus complexes recoivent une même dose, les divers éléments sont frappés à mesure de leur activité fonctionnelle et surtout de leur activité reproductrice (division cellulaire par milose).
La radiothérapie est fondée sur ces faits, et l'on voit disparaître des néoplasmes malins sous une peau ftacte : les cellules néoplasiques ont recu moins de rayons que les cellules de
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