‹ Recherches expérimentales sur les tumeurs malignesChapitre 80 sur 88 · SUR LES TISSUS NORMAUX · texte numérisé non relu

SUR LES TISSUS NORMAUX

l'épiderme puisqu'elles sont situées plus loin de l’ampoule, mais elles ont une beaucoup plus grande activité génératrice ; elles sont beaucoup plus sensibles, et une dose qui laisse intacte la couche basale de l’épiderme et ne provoque point par conséquent d'ulcération des téguments, les frappe à mort.

Le faisceau de rayons X bien manié semble ainsi un bistouri invisible et intelligent qui détruit surtout son trajet les cellules nuisibles par leur activité reproductive désordonnée, tout en respectant les éléments normaux.

Cette action destructive des rayons X est la seule propriété biologique de ces rayons, jusqu'ici employée en thérapeutique, et pour cette raison est volontiers considérée par les radiologistes comme la seule existante. On a même été jusquà employer à propos des rayons X le terme dont Dastre s’est servi à propos des rayons ultra-violets on à dit qu'ils étaient abioliques.

Un certain nombre de faits expérimentaux et cliniques paraissent contraires à cette hypothèse :

Bonney et Lazarus-Barlow (1) étudiant le développement des œufs de l’ascaris, Guilleminot (2), Cattley (3) le bourgeonnement des plantes, ont vu la division cellulaire accélérée par une irradiation faible, alors qu'elle était retardée etrendue monstrueuse par une irradiation moyenne, et définitivement entravée par une irradiation forte.

Nous avons décrit des faits de même ordre en étudiant des biopsies prélevées quelques jours après la première séance de radiothérapie : augmentation de volume des éléments, multipli-

(1) Arch. Middlesex Hospital, vol. XV., fifth. Cancer report, pp. 147, 149.

(2) GuizLemiNoT, Associalion française pour l'avancement des Sciences, Congrès de Reims 1907. (Séance du 5 août), conclut que les rayons X ne suppléent pas au manque d'irradiation solaire, mais peut-être, à faible dose, activent les premiers stades de croissance. Tandis que le radium expérimenté dans les mêmes

conditions ne produirait pas cette accélération. (3) Journal of Pathology and Bacteriology, vol. XIIT, 1909, p. 380.

-cation de leur forme de division, précédant la maturation monstrueuse el la nécrose cellulaire.

Mais point n'est besoin d’avoir recours à l'examen histologique pour se rendre compte du phénomène, il suffit de mesurer la circonférence d’une tumeur volumineuse avant et quelques Jours après une première irradiation faible.

La chose est particulièrement facile pour les tumeurs de la région cervicale où l'on peut constater une augmentation de volume de parfois plusieurs centimètres, augmentation qui cède rapidement à uneirradiation nouvelle.

Si letraitement n’est pas continué l'hypertrophie de la tumeur persiste, l’irradiation insuffisante pour le détruire lui a donné un coup de fouet. Nous avons observé un fait démonstratif de cet ordre, 1l y a deux ans; dans le service du professeur Pierre Marie à Bicêtre.

Observation XXVII

Epithélioma mélatypique du corps thyroïde.

Étude clinique :

Pi..., Homme vigoureux de 45 ans, s'était aperçu en Juillet 1907 qu'il avait sur le côté droit du cou une « glande indolente ». Cette grosseur augmente lentement mais ne l’incommode pas, et il continue sa vie habituelle.

Le 27 janvier 1908, il devient subitement complètement aphone. Un spécialiste consulté porte le diagnostic de cancer du larynx avec adénopathie secondaire. Neuf jours plus tard la voix reparail normale avec la même soudainelé que celle avec laquelle elle avait disparu.

La Lumeur continue à grossir, Un chirurgien consulté porte le diagnostic d’adéno-phlegmon du cou. Il fait une incision dans un lissu lardacé qui ne donne issue à aucun pus. Gros drain. Quinze jours plus tard la peau s'infiltre, les rebords de la

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