NO SEE
5 + Te #7 A ne.
Sur les coupes histologiques en série, on ne retrouve plus trace des éléments néoplasiques injectés. Toutes les cavités aériennes sont remplies de sang en voie d’hémolyse. Les grosses branches de l'artère pulmonaire ont retrouvé en partie leur perméabilité comme en témoignent les hématies intactes que l’on voit à leur intérieur ; mais les parois de ces artères ont subi
une transformation intéressante : l’endothélium végète, et
pousse des prolongements papillaires dans le caillot adhérent qui le tapisse ; la paroi musculaire est infiltrée de cellules conjonctives jeunes, et de cellules géantes contenant jusqu'à 80 noyaux et davantage. Ces cellules à protoplasme légèrement basophile, à noyaux disposés en amas au centre de l'élément, ne ressemblent en rien aux cellules géantes des inflammations nodulaires spécifiques ; elles sont au contraire tout à fait comparables aux plasmodes que provoque l'injection de corps étrangers aseptiques dans le tissu cellulaire, et à ceux que nous avons vus dans les ganglions sous-maxillaires de certains cancers de la langue chez l'homme. Nous les considérons avec les réactions endothéliales décrites, comme le témoignage morphologique de la destruction par l'organisme des éléments néoplasiques apportés par l’embolie.
Le 3 octobre, les propriétaires de la chienne qui nous a fournit la tumeur IV sont venus reprendre leur animal. À ce moment l'état général semblait fort bon, les trois cicatrices opératoires étaient parfaites et exemptes de récidive locale. Pas de développement de tumeurs nouvelles ; mais dans les mamelles : thoracique antérieure et inguinale droite, abdominale antérieure gauche, les nodules ont fusionné en de petites masses multilobées variant du volume d'une noiselte à celui d’une noix.
Nous n'avons pu savoir ce que l'animal est devenu depuis.
Tumeur V. — Souris.
Adénome mammaire.
Cette tumeur du volume d’un grain de blé, mobile sous la peau et sur la paroi abdominale, est apparue, dans notre élevage, chez une femelle blanche de 10 mois qui avait déjà eu deux ou trois portées. Opérée le 15 mars 1909, elle n'a présenté ni récidive ni métastase, l'animal a succombé en janvier 1910 à une maladie indéterminée, une autopsie attentive n'a permis de découvrir nulle part d'éléments néoplasiques.
Sur les coupes histologiques la tumeur nettement encapsulée, refoulant sans les envahir la peau d’une part, les muscles abdominaux de l’autre, présente la structure des glandes mammaires normales en dehors de la lactation, telles qu'on peut les observer chez les vieilles femelles devenues stériles après un grand nombre de grossesses. Mais, tandis que chez les souris de ce genre dont nous avons examiné les mamelles, la glande n'est plus représentée que par quelques canaux excréteurs souvent bien conservés ou même dilatés, entourés de quelques acini isolés ou groupés par deux ou trois dans le tissu conjonclif voisin; dans la tumeur V les acini sont étroilement pressés les uns contre les autres et ordonnés en volumineux lobules distincts, les conduits excréteurs ont une paroi normale et un. diamètre plutôt réduit. L'intérêt de cette pelite tumeur bénigne nous semble résider dans ce fait qu'elle nous offre chez la souris un type de transition entre le tissu mammaire normal, et le tissu mammaire néoplasique malin, que nous allons étudier dans les observations suivantes. Il est remarquable que dans sa structure elle ne se rapproche pas de la glande mammaire des animaux jeunes, et encore moins de la mamelle à l’état de lactation, mais reproduit au contraire, avec l'hyperplasie en plus, le type sénile de la glande.
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