‹ Recherches expérimentales sur une nouvelle fonction du foie: consistant dans la séparation de laChapitre 3 sur 7 · SANG · texte numérisé non relu

SANG

TÉRINE.

CHOLESTERINE POUR 1000 PARTIES.

Grammes.

Grammes.

l"cas, côté paralysé.

Le verre de montre conteDaU 0^^,002 de substance extrait^, mais l'exameo le pins minutieiix ne put faire découvnr vm seul cristal de cholestérine.

— cdtésain....

2^ cas, cdté paralysé.

Gomme dans le premier cas*

— cdté sain ....

3® cas, cOté paralysé.

Comme dans le premier cas.

— côté sain....

Le résultat de ces observations est fort intéressant. Pas un seul cristal de cholestérine n'apparut dans aucun des trois spécimens de sang provenant du côté paralysé, tandis que ceux du côté sain fournirent à peu près la quantité normale. Comme la paralysie trouble la nutrition des autres tissus en même temps que celle des nerfs, il n'est pas possible d'affirmer, d'après ces observations seules, que la cholestérine est exclusivement produite dans le système nerveux. Mais la nutrition des nerfs est indubitablement la plus affectée, et cette observation, rapprochée des expériences précédentes sur les animaux, semble décider la question de l'origine de la cholestérine.

Nous pouvons donc étendre notre première conclusion et dire : la cholestérine est produite dans la substance du système nerveux.

Avant d'étudier la nature de la cholestérine et de nous demander si elle est un produit excrémentitiel ou récrémentilielj nous allons tâcher de la suivre dans l'économie et de nous assurer s'il y a un organe qui la sépare du sang. Dans l'examen de cette question, nous adopterons la méthode employée pour découvrir son origine, c'està-dire nous analyserons le sang à son entrée dans certains organes et à sa sortie. L'organe que nous serons naturellement conduits à examiner en premier lieu est le foie, puisque c'est la seule glande dont le produit contienne de là cholestérine, qui, si elle n'est pas manufacturée par la glande elle-même, doit être, par elle, séparée du sang.

Dans notre première série d'expériences sur ce sujet, nous nous efforçâmes de montrer, sur le même animal, l'origine de la cholestérine dans certaines parties et son élimination de l'économie. Dans ces expériences dont le résultat était seulement approximatif (car nous n'avions pas encore réussi à extraire la cholestérine parfaitement pure), nous commençâmes par le sang artériel, l'examinant dans la carotide, alors qu'il se dirigeait vers le cerveau, analysant la substance du cerveau, puis le sang à son retour du cerveau dans la jugulaire interne ; examinant le sang qui se rend au foie par l'artère hépatique et la veine porte, puis la sécrétion du foie, puis le sang au sortir du foie dans la veine hépatique, et enfin le sang de la veine cave dans l'abdomen. Les analyses du sang de la carotide, de la jugulaire interne et de la veine cave ont déjà été citées en traitant de l'origine de la cholestérine. On se rappellera que cette substance se trouve en

Â/j këguërghes expérimentales

grande quantité* dans la jugulaire interne et en petite quantité seulement dans la carotide, ce qui montre qu'elle est formée dans le cerveau. Nous donnerons maintenant la conclusion de ces observations relatives à la manière dont-la cholestérine est séparée du sang.

Expérience VII. — Des spécimens de sang furent tirés de l'artère hépatique, de la veine porte et des veines hépatiques, et une petite quantité de bile fut extraite de la vésicule biliaire. Ces spécimens furent examinés comme il a été indiqué dans Texpérience IIl , c'est-à-dire évaporés, pulvérisés et traités par l'éther ; celui-ci fut évaporé, le résidu traité par Talcool bouillant livré ensuite à l'évaporation ; enfin de la potasse caustique fut ajoutée et le produit examiné au microscope.

Sang de la veine 'porte. — I/examen microscopique du sang de la veine porte fit découvrir de nombreux cristaux de cholestérine qui devinrent visibles quand le liquide se fut en grande partie évaporé.

Sarîg de l'artère hépatique. — L'examen microscopique du sang de Tarière hépatique, fait après évaporation presque complète du liquide, offrit une quantité notable de cholestérine , plus abondante que dans le spécimen précédent. On observait aussi quelques cristaux de stercorine.

Sang de la veine hépatique. — Le premier examen du spécimen provenant de la veine hépatique, fait immédiatement avant d'ajouter tapotasse, découvrit des masses de matière grasse et quelques cristaux de stercorine. La solution de potasse fut alors ajoutée, et un autre examen

attentif, fait deux jours plus tard, ne laissa plus voir que des globules et des granules de matière grasse. Le verre de montre fut alors mis de côté et observé onze jours plus tard, alors que le fluide était entièrement évaporé. Pour la première fois , quelques cristaux de cholestérine étaient visibles. Il y avait aussi de nombreux cristaux d'acide margarique et sléarique.

Bile, — Tous les examens de la bile offrirent de la cholestérine ; en réalité, le précipité était formé de cette substance à l'état presque pur.

Si Ton rapproche cette série d'expériences des obser- • valions faites sur la carotide et la jugulaire interne, on verra qu'une série démontre d'une façon assez conclusîve que la cholestérine est formée dans le cerveau , tandis que l'autre prouve qu'elle disparaît du sang , dans une certaine mesure, pendant son passage à travers le foie et qu'on la trouve dans la bile. En d'autres termes, elle est formée danè le tissu nerveux et ne s'accumule pas dans le sang, parce qu'elle est excrétée par le foie. Ceci suggère une série intéressante de recherches, et ce fait, s'il était prouvé , serait également important pour le pathologiste et pour le physiologiste. Mais pour décider cette importante question , il faut quelque chose de plus que l'évaluation approximative de la quantité de cholestérine séparée du sung par le foie. Il faudrait, s'il est possible, calculer la quantité ainsi séparée pendant le passage du sang dans cet organe, aussi exactement que la quantité acquise par le sang en passant dans le cerveau. Mais ce calcul est plus difficile. D'abord , l'opération nécessaire

pour obtenir le sang est bien plus sérieuse que celle par laquelle on l'extrait de la carotide ou de la jugulaire interne. Il est très-difficile d'obtenir de la veine hépatique du sang non mélangé, et l'exposition du foie à l'air, si elle se prolonge, doit troubler sa fonction éliniinatrice de la mênie manière que l'exposition des reins à l'air arrête en peu d'instants l'écoulement de l'urine parles uretèTCS. Il est probable, toutefois, que l'administration de l'éther n'a pas sur l'élimination de la cholestérine par le foie la même influence que sur sa formation dans le cerveau. Nous savons en effet que les anesthésiques , tout en exerçant une action spéciale et particulière sur le cerveau, ne troublent pas les fonctions de la vie organique comme la sécrétion et l'excrétion, et nous pouvons supposer qu'ils ne modifient pas l'action dépurative du foie. Il est heureux qu'il en soit ainsi, car il devient beaucoup plus difficile d'obtenir du sang des vaisseaux abdominaux, en présence de l'agitation violente d'un animal qui n'est pas sous l'influence d'un anesthésique ; à ce point qu'il nous a été impossible d'en obtenir de l'animal de l'expérience VI, qui n'avait pas été éthérisé.

Dans le but de résoudre par une analyse quantitative exacte la question de la disparition d'une partie de la cholestérine. du sang pendant son passage à travers le foie, nous avons répété l'opération qui consiste à recueillir le sang à son entrée et à sa sortie du foie. Dans notre première tentative, le sang fut obtenu d'un façon si peu satisfaisante et l'opération fut si longue, que nous ne crûmes pas qu'il y eût lieu de compléter l'analyse et nous aban-

donnâmes Texpérience. Nous fûmes plus heureux dans la suivante.

Expérience VIII. — Une chienne de bonne taille (pleine) fut mise sous Tinflûence de Téther, l'abdonaen fut largement ouvert et du sang recueilli de la veine sus-hépatique, puis de la veine porte. Le sang fut obtenu de la manière la plus satisfaisante, l'opération ayant été courte et le sang recueilli sans mélange. Un spécimen de sang fut alors extrait de la carotide pour représenter le sang de Tartère hépatique.

Les trois spécimens de sang furent alors examinés au point de vue de la cholestérine, d'après la méthode ordinaire, et le résultat fut le suivant :

Quantité de sang. Cholestérirte. Proportion

de cholestérioe Grammes. Grammes. pour iOOO parties.

Sang artériel 10,335 0,013 1,257

Veine porte 10,902 0,011 1,009

Veine hépatique. . . 5,115 0,005 0,964

Quantité perdue par le sang artériel en passant

dans le foie 23,309 pour 100,

Quantité perdue par le sang artériel en passant

dans la veine porte. 4,460 pour 100.

Cette expérience prouve positivement quil y avait de bonnes raisons de supposer, d'après TexpériQuce VII, que la cholestérine est séparée du sang par le foie; et nous pouvons noter ici une coïncidence remarquable entre l'analyse de l'expérience VI, dans laquelle le sang fut étudié à son passage dans le cerveau, et celle que nous venons de citer où le sang fut étudié à son passage dans

â8 hegherches expérimentales

le foie. L augmentation de cholestérine dans le sang artériel^ en passant à travers le cerveau^ était de 23,307 pour 100, et ia perte éprouvée en passant dans le foie est de "23^^09 pour 100. Naturellement, le foie doit éliminer une quantité égale à celle produite par le système nerveux, puisque cet organe seul effectue son élimination. De plus, sa formation étant continuelle, son élimination doit l'être aussi, pour l'empêcher de s'accumuler dans le système circulatoire. La coïncidence presque parfaite entre ces deux quantités, dans des spécimens recueillis sur différents animaux, bien que n'étant pas nécessaire pour prouver le fait que nous venons d'avancer, n'en est pas moins très-frappante.

On voit par l'expérience Vlil que le sang de la veine porte, quand il se rend dans le foie, ne contient qu'une faible portion de cholestérine de plus que le sang de la veine hépatique, tandis que cette proportion est considérable dans le sang artériel. Le sang artériel est un mélange du sang de tout le système, et, comme il semble probable qu'avant d'arriver au foie il ne traverse aucun organe qui diminue sa cholestérine, il contient une certaine quantité de cette substance, dont il doit se débarrasser. Le sang de la veine porte, provenant d'une partie limitée de l'organisme, contient moins de cholestérine; toutefois il en abandonne une certaine quantité. Le système porte fournit la plus grande partie du sang qui circule dans le foie, et est nécessaire à d'autres fonctions importantes de cet organe, telles que la production du sucre et de matières grasses. Peu de temps après son en-

SUR UNE NOUVELLE FONCTION DU FOIE. â9

Irée dans le foie, le sang de la veine porte se trouve mêlé avec celui de l'artère hépatique (I), et c'est de ce mélange que se trouve séparée la cholestérine. Il suffit que du sang contenant une certaine quantité de cholestérine arrive en contact avec les cellules qui sécrètent la bile, pour que la cholestérine -soit spparée. Le fait de son élimination par le foie est bien moins difficile à prouver que celui de sa formation dans le système nerveux. En effet, sa présence dans la bile, la nécessité de son élimination constante du sang, conséquence de sa formation constante et de son absorption par ce (luide, suffisent presque seules pour autoriser à conclure qu'elle est séparée par le foie. Toutefois cela est mis hors de doute par l'analyse du sang à son entrée dans cet organe ,et à sa sortie.

Un nouvel anneau se trouve ajouté à la chaîne des faits qui constitue l'histoire de la cholestérine. Le premier consiste en ce que :

La cholestérine est formée dam le cerveau et dans le système nerveux^ et est absorbée par le sang.

Le second, que nous venons de démontrer, est que :

La cholestérine formée dans ces milieux et absorbée par le sang en est séparée lors de son passage à travers le foie.

La question qui se présente alors, en suivant ce sys-

(i) D'après Robin , les branches de Tarière hépatique sont presque entièrement distribuées dans les plexus interlobulaires et sur les parois du canal hépatique et de la veine porte, mais ne pénètrent pas dans la substance des lobules. — Dictionnaire de médeciîie, de chirurgie ^ de pJuirmacie, des sciences accessoires et de Vart vétérinaire^ dit de Nysten, ^dilé par Robin et Liltré, douzième édition. Paris, 1858, article Foie.

A. FUNT. U

50 RSdHEttCfiËâ ÈXPÉMMeUftALES

tème de recherches, est celle-ci : Que devient la cholestérine séparée du sang? La réponse est facile et n'exige (|tie Tékattien de Tuti des produits du foie, — la bile.

Lu bik. — Dans les remarques placées en tête de ce mémoire, hdds avons metitionné les différentes opinions soutenues par les physiologistes, par rapport au rôle de la bile, -^ qilelques-uns la regardant comme purennent etcrémetititielle, et d'autres la rangeant parmi les fluides récrémentitiels. Nous avons relaté en détail des expériences qui nous ont conduit à penser qu'elle a deux fonctions distinctes : Tune récrémentitielle, qui a probablement un rôle important à remplir dans la digestion, mais dont nous n'avons pas l'intention de nous occuper ici) l'autre excrémentitielle, que nous devons nécessairement faire entrer dans la discussion du principe important qui ndus occupe. En examinant la bile, nous voyons que c'est un fluide très-complexe, et des recherches physiologiques sur là destination dé qùeltjuèis-tiris de ses éléments, faites par Bidder et Schrtiidt, Daltôft et d'autres^ Ont démontré qu'ils ne sont pas expulsés du corps, mais résorbés par le sang, eh même temps que l'impossibilité de les retrouver dans le sang de la veine porte, au moyen des réactifs appropriés, montrent qu'ils sont probablement altérés par cette résorption. Ces substances, qui ont été jusqu'à présent considérées cotnme les éléments principaux de la bile, bien que leur fonction soit obscure, sont le glycocholate, etle lauro-cholatede soude, découverts par Strecker dans la bile du bœuf en 1848. La composition de la bile, donnée dans la physiologie de Dalton,

« basée sur les calculs de Berzélius , Frcrichs et Lehitiann, » est la suivante :

Composition de la bile du bœuf.

Eaa 888,ee

Glyco-cholate de soude \

! 90,60 Tauro-cholate de soude j

BillTerdioe

Matières grasses , ^ ^ , „

> 13.42 Oléates, margarates et stéarates de soude et de potasse.

Gholestérine

Chlorure de sodium

Phosphate de soude

Phosphate de chaux i ^ 15,24

Phosphate de magnésie

Garixmate de soude et de potasse

Mucus de la vésicule biliaire 1,3/i

Parmi ces composants de la bile, nous avons la biliverditie, qui est simplement un pi^incipe colorant; les matières grasses ainsi que les oléates, margarates et stéarates, qui, réunis aux sels biliaires, retiennent, dit-on, la choleslérine en suspension ; le chlorure de sodium, présent dans- tous lés liquides de l'économie animale ; les phosphates et les carbonates qui sont simplement excrétés et sont aussi des constituants de Turine; de sorte qu'il reste seulement, parmi les composants les plus importants, dont le rô : est le moins bien compris, les sels biliaires et la cholestérine. Les sels biliaires sont proba-

(1) Dalton's phystology, seconde édition, p. 158.

bleinent récrémenlitiels, mais la cholestérine est l'un des grands produits de la destruction de Téconomie. La bile présente donc, en ce qui regarde sa composition chimique, les caractères combinés d'une sécrétion et d'une excrétion. Comparons maintenant ces deux caractères, pour voir ce que ce liquide a de commun avec les sécrétions, et à quel point il obéit aux lois qui régissent les excrétions. Pour cela, nous ferons d'abord ressortir les distinctions importantes qui séparent ces deux classes de produits.

Les sécrétions sont caractérisées par la présence d'éléments fabriqués dans la substance des glandes, et que Ton ne retrouve pas dans d'autres points de l'économie. Telles sont la pancréatine dans le suc pancréatique; la pepsine dans le suc gastrique ; la ptyaline dans la salive , et nous pouvons ajouter le glyco-cholate et le laurocholate de soude dans la bile.

Ces matières apparaissent tout d'abord dans la substance même de la glande, elles ne préexistent pas dans le sang ; elles sont déversées par la glande dans un but spécial, ei lorsque leur action n'est pas requise, celle-ci ne les laisse pas échapper (1). Nous en voyons des exemples dans les liquides digestifs qui sont des sécrétions proprement dites. Ils ne s'écoulent que quand leur activité est requise par l'ingestion d'aliments; ils ne sont pas éliminés de

(i) L'écoulement de la salive est beaucoup plus abondant au moment où l'on prend de la nourriture, toutefois il a lieu d'une manière consiautedansla bouche, et la salive est ordinairement avalée, mais on ne sait pas exactement pour quelle fm»

réconomié, mais leurs éléments sont résorbés par le sang quand leur fonction est accomplie. De même les sucs gastrique et pancréatique ne sont jamais sécrétés avant que les aliments n'arrivent dans le canal alimentaire, et ils sont résorbés avec les matières digérées.

L'écoulement des sécrétions est généralement intermittent, et la glande, pendant sa période de repos, fabrique les éléments de la sécrétion, qui sont entraînés dans leur canal, lorsque les excitants convenables (les aliments, par exemple) causent un afflux de sang vers Torgane. La glande fabrique les principes de la sécrétion, et le sang fournit les menstrues, le liquide qui les dissout et les déverse dans le canal. Si nous découvrons le pancréas d'un animal dans Tintervalle des digestions, nous le trouvons pâle et dépourvu de sang ; aucun liquide ne s'écoule par le canal pancréatique ; cependant les éléments du suc pancréatique sont présents dans la glande, car en la faisant macérer dans de l'eau, nous pouvons les dissoudre et former un suc pancréatique artificiel qui offrira les mêmes réactions chimiques et les mêmes propriétés digeslives que la sécrétion naturelle. Mais si nous mettons à nu le pancréas d'un animal pendant la digestion, nous trouvons la glande gonflée de sang; la sécrétion s'écoule dans le canal, et les produits de la glande sont emportés dans le sang , — procédé que nous avons imité en les dissolvant dans l'eau par la macération de la glande. Les dernières expériences si brillantes de Bernard ont prouvé que la fonction des glandes est régularisée par le système nerveux, et que la galvanisation de certains nerfs, par

5Â RBGHERGHES EXPÉRIMENTALES

laquelle on imite la -force nerveuse, produit une accumulation de sang vers Torgane et amène la sécrétion; tandis que la galvanisation d'autres nerfs fait contracter les vaisseaux et arrête la sécrétion.

Comme les substances qui caractérisent les sécrétions sont fabriquées par les glandes et ne préexistent pas dans le sang, elles ne s'accumulent pas dans le sang si la glande est enlevée ou ses fonctions interrompues.

Les caractères distinctifs des sécrétions peuvent donc se résumer ainsi :

Leurs éléments apparaissent d'abord dans les glandes et ne préexistent pas dans le sang. Ils ne sont pas expulsés de l'économie (à l'exception du lait, destiné à nourrir Tenfant) ; leur écoulement est intermittent. Leur rôle est de contribuer à quelques-unes des fonctions nutritives de réconomie.

Les excrétions^ dont l'urine peut être regardée connme le type, ont des caractères tout à fait différents.

Les matières excrémentitielles ne font pas leur première apparition dans les organes qui les séparent, mais sont produites dans le système général.

Elles préexistent dans le sang qui les a absorbées aux différents points de l'organisme où elles se forment, et les amène à des organes spéciaux qui les séparent dans le seul but de les expulser. Nous en trouvons un exemple dans l'urée, que l'on a reconnue dans le sang, Turine et quelques tissus. Cette substance, l'un des produits eîKGrémentitiels les plus importants, est absorbée par le sang dans certaines parties du système et amenée aux reins qui

SUR UN^ NOUVELLE FONCTION pU FOIE. 66

la séparent du sang el la rejettent de Téponomie. Tijndis que les sucs gastrique et pancréatique et toutes les sécrétions ordinaires proprement dites sont résorbées î^yea |e^ aliments sur lesquels elles ont agi, Turée peqt rester d^ns la vessie un temps indéfmi sans être jamais absorbée.

L'écoulement des excrétions est continu. La glande n'a besoin d'aucune période de repos pour en fabriquer Ips éléments, car ils préexistent tous dans le sang. l^\k nutrition est constante et la désassimilation ou usure qui nécessite la nutrition ou réparation est également constante. Le sang fournit à tous les besoin^ du syi^tèpe et reçoit tousses résidus. Comme il s'appauvrit constamment, il faut qu'il soit enrichi par quelque cho^e du dehors; c'est ce que font les aliments que la digestion prépare ppur l'absorption. Le rôle des liquides sécrétés se r^ppQ^*|;e principalement a la digestion, et comme celle-ci est intermittente, les sécrétions le sont aussi, M^îs l'usure est constppte , et les substances pxcrémentitjelles se produisent sans interruption ; aussi la nécessité des sécrétions pst*alle occasionnelle et celle des e^^crétions ppnst^htfi* 3ien que celles-ci ne soient rojetées da l'éconou^ie que par intervalles , elles sont è chaque instant séparées du ^ang et s'accumulent dans des réservoirs d'oii elles sont expulsées à des intervalles convenu blés. Ces réservoirs n'existent point pour les sécrétions propfepient dites, ^\ ce n'est pour la lait, qui s'accumule dans les canaux de la glande mammaire, et seul, entre les sécrétions, sort de l'économie.

Si les glandes sécrétantes assument une fonction d'ex-

56 KËGHERGHËS EXPÉRIMENTALES

crétion, ce qui arrive dans certaines circonstances pathologiques, leur flux devient continu. Nous en avons un exen)ple dans réliminalion accidentelle de Turée par les follicules gastriques. Lorsque les reins sont affectés par la maladie au point de ne pouvoir séparer Turée de l'économie, raccumiilation de cette matière excrémentitielle dans le sang fait que certains organes tendent à Télinniner. Les follicules gastriques se chargent de cette fonction et produisent un fluide qui contient de Turée. Alors le suc gastrique, si nous pouvons lui conserver ce nom, n'est plus une sécrétion , mais une excrétion ; et nous constatons que son flux n'est plus intermittent et dépendant de Texcilation produite par les aliments introduits dans Testomac, mais qu'il est constant et continue jusqu'à ce que l'irritation causée par la décomposition de l'urée en carbonate d'ammoniaque dans l'estomac produise une inflammation qui arrête la sécrétion. Nous avons ainsi un exemple de sécrétion intermittente , caractérisée par la formation dans la glande d'une substance qui ne préexistait pas dans le sang, transformée en une excrétion constante caractérisée par une substance qui n'est pas fabriquée par la glande, mais préexiste dans le sang.

Les substances qui caractérisent les excrétions s'accumulent dans le sang quand l'organe qui les sépare d'ordinaire est enlevé ou que ses fonctions sont troublées. C'est à ce fait que nous devons de connaître la préexistence de l'urée dans le sang. On Ta trouvée dans ce liquide où elle s'était accumulée, chez des animaux dont les reins avaient été enlevés, et avant que nos procédés

chimiques fussent assez délicats pour la déceler dans le sang à rétat sain , où cette substance est maintenue en faible quantité à cause de l'élimination constante qu'en font les reins.

Ainsi les caractères des excrétions sont entièrement opposés à ceux des sécrétions. Leurs éléments préexistent dans le sang et ne sont pas fabriqués dans la substance des organes qui les éliminent. Le;ir écoulement est constant, leur séparation du sang n'a pas d'autre but que leur évacuation ; elles ne sont destinées à prendre part à aucune des fonctions nutritives.

Ayant ainsi mis en opposition les sécrétions et les excrétions, examinons la bile et voyons quels caractères l'assimilent à l'un de ces genres de produits ou à tous les deux.

La bile est caractérisée par deux espèces de principes. L'un, le glyco-cholate et le tauro-cholate de soude, fabriqués dans le foie, que l'on ne retrouve dans aucun liquide autre que la bile, qui ne préexistent pas dans le sang, et assimilent la bile aux sécrétions. L'autre, la cholestérinc, préexiste dans le sang et s'en trouve simplement séparée par le foie, ce qui donne à la bile un des caractères des excrétions.

Les sels biliaires ( glyco-cholatc et tauro-cholate de soude) sont déchargés dans le canal intestinal, pour un usage spécial, au commencement de la digestion. Si nous mettons à nu le foie et la vésicule biliaire d'un chien qui n'a pas pris de nourriture, nous verrons la vésicule biliaire distendue par la bile ; mais nous la trouverons presque

vide, si nous examinons ces organes pendant la digestion. Il est vrai qu'après une longue abstinence, la bile est déversée dans le canal alimentaire, mais on doit se rappeler qu'elle renferme un autre constituant, la choleslérine , qui doit être évacuée , comme nous allons le voir. Les sels biliaires ne sont pas évacués. Le docteur Dalton a montré que les substances obtenues en faisant évaporer le contenu du gros intestin, traitant le résidu par Talcpol et précipitant par Téther, n'ont pas d'action sur le réactif dePettenkoffer, si délicat pour les selsbiliaires. Nous avons traité de la même manière les excréments humains avec le même résultât. Donc ces sels ne sont pas rejetés de l'économie sans transformation. La question qpi sp présente ensuite est de savoir s'ils en sont rejetés soi|S une forme différente. Ils contiennent une certaine proportipp de soufre, et BidcJer et Schmidt ont prouvé que l'pa ne retrouvait dans les excréments que le quinzième de la quantité qui pénètre dans l'intestin avec la bile. Conim^ le soufre est un corps siniple, il ne peut être décomposé et les sels biliaires doivent être absorbés pendant leur passage dans )e cânal alimentaire. Il est vrai que l'on ne peut reconnaître ces sels dans le sang qui vient de l'intestin, mais nous ne pouvons non plus retrouver la papcréatine du suc pancréatique, la pepsine ou l'acide lactique du suc gastrique, dans le s^ng de 1^ yeine porte ; et cependant ces substances sont absorbées par la membrane muqueuse du canal intestinal , ch^ngé^s par legr union avec les éléments dont elles ont causé la digestion. Il est probsible qu'un changen^ent analogue a lieu pour le glypp-

cholate et le tauro-cholate de soude , et empêche qu'on ne les retrouve dans le sang au moyen des réactifs ordinaires. Ces faits contribuent à faire placer la bile au rang des sécrétions.

D'un autre côté, la cholesiérine préexiste dans le sang, qui l'absorbe en certains points de l'organisme et l'apporte au foie qui l'en sépare dans le seul but de l'expulser de l'économie. Les mêmes considérations générales s'appliquent à cette substance et à l'urée. La bile se trouve ainsi classée parmi les excrétions.

L'écoulement des sécrétions est généralement intermittent. Cela n'est pas absolument vrai de la bile, mais son écoulement est rémittent. Le docteur Dalton (1) ^ publié une série d'expériences intéressantes sur un ani» mal qui avait une fistule duodénale. Dans cette observation, 67 centigrammes de matière biliaire sèche furent déversés dans le duodénum immédiatement après l'ingestion d'aliments, chez un chien pesant 16 kilogrammes et demi. A la fin de la première heure, la quantité fut réduite à û^%268; elle se maintint entre 0«%2â/i5 et 0«',3015 jusqu'à la dix-huitième heure, et alors devint inappréciable; elle fut de 0^%67 à la vingt et unième heure, de 0*%213 à la vingt-quatrième, et de 0^',201 à la vingtcinquième. Le liquide fut recueilli chaque fois pendant quinze minutes, évaporé ^ sipcité, traité par j'alcopl ^)3Solu, et précipité par l'étherj puis Ip précipité, séché et pesé,

(1) Dalton, On the Constitution et Physiology ofthe bile (American Journal of médical science. Pliiladciphi((, octobre i857)*

fut regardé comme représentant la quantité de matière biliaire présente. Ces expériences ont seulement rapporta répoque de Técoulemeut de la bile dans TintesHn; mais comme la plupart des animaux ont une vésicule biliaire qui reçoit la bile à mesure qu'elle est sécrétée, elles ne montrent pas à quelle époque ce fluide est formé par le foie. Schwann, Bidder et Schmidt, Arnold, Kôlliker, Millier ont fait des expériences sur ce dernier point, en posant une ligature sur le canal cholédoque et pratiquant une fistule au fond de la vésicule biliaire. Les expériences de ces observateurs ne sont pas complètement d'accord , pour ce qui regarde le moment où la sécrétion de la bile est à son maximum. Sur un animal chez lequel une fistule avait été établie au fond de la vésicule biliaire, on recueillit la bile pendant trente minutes immédiatement après Tingestion d'aliments et une heure plus tard, puis à des intervalles de deux heures pendant le reste des vingt-quatre heures. Les spécimens de la bile ainsi recueillis furent pesés avec soin, évaporés à siccité, et Ton nota la proportion de résidu sec. La table suivante montre les résultats de ces observations faites douze jours après l'opération, alors que l'animal, qui pesait d'abord douze livres, en avait perdu deux. Son appétit était vorace lors des expériences.

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