SCIENCES, ARTS
Moïse, le législateur des Hébreux, prouvait, quinze cents ans avant J.*C., des connaissances en géographie ainsi qu'en ast;ronomie , dans ses descriptions du paradis terrestre et des circonstances du déluge ^. Le récit de Moïse sur la
' RiACHE&y China iliustraiay 1. iv, c. 4, pag. a3.i. . > DtOD. Sic^JBihL àist.^L ii, pages 126 et 127.
^ Le déluge commeoça l'an 600 de Noé, le dix-septième jour du second mois. Les eaux s'accrurent et se soutinrent ensuite au même degré d'élévation pendant 1 5o jours consécutifs, jusqu'au dix-septième du septième mois, après lequel Tarche s'arrêta sur les monragnes. Toutes les chronologies s'accordent sur Tâge de Noë y sur l'indication des mois et sur le nombre des jours du déluge. Il u Vu est pas de même sur Tannée du monde qui détermine l'époque de cet événement, parce que les chro-
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création du monde émane d'une iotelligencé f>lué capable et plus instruite que ne l'ont supposé les tiaducteurs ou les interprètes de la Genèse. Un tel ouvrage ne pouvait être simultané ; le^ lois éternelles de la physique et de la chimie s'y op'^ posaient; l'expression A^sixjours^ adoptée pour embrasser cette œuvre merveilleuse, est, sans doute, au moins hasardée, et, comme le fait ob^ server fiuffon , ne peut signifier judicieusement que des époques ou des périodes successives , in«^ déterminées dans les siècles, par exemple, en suivant le système de ce grand naturaliste et prenant l'atome terrestre comme exemple : pour la formation de ce globe igné , primitivement fluide à l'instar du soleil, et son mouvement réglé dans
noiogistes calculent différemment, non les générations, mais les iLges particuliers des dix chefs de fanlille qui te succédèrent depub Adam jusqu'à Noé inclusivement. C'est pourquoi la chronologie grecque, en cumulant ces Ages» fixe le déluge k Pan <)u mon<)e ou de la création ai4a, et la chronologie hébraïque à l'an i656. Si Ton considère le soin habituel des Hébreux pour leur chronologie , et l'originalité de leur texte (dans la langue du narrateur primitif) , t^tte dernière époque me semble mériter la préférence. Ainsi l'année du déluge, déduite de 4004 ans , fixerait cette époque à a348 ans avant l'ère chrétienne. (Genèse, ch. v, des génératioiis.*^Id. ch. vu, ]^ 1 1 et a4 > cb. viii , ]^ 3 et 4.)
Quoi qu'il en soit, il résulte des i5o jours écoulés du 17 da deuxième mois au 17 du septième, une période et acte de cinq mois composés chacun de 3o jours. L'année dvile eu usage au lemps de Moïse était donc de 36o jours au moins.
HISTORI€CKMOiriflf EITT ALES. l 'J
l'espace autour du. centre de gravitation ; pour la consolidation et le refroidissement graduel de cette masse; poUr la conversjk>n de son atmosphère vaporeuse et brûlante en eaux marinexS descendues à la surface du globe , le débrouillement du chaos et la séparation rationneUe du firmament; pour les dépôts et alluvions secondaires provenu» de ces «çaux; pour le oretrait partiel, mais coti$idérable« des mêmes eaux, . la végétation et rhabitation possibles tles continents, etc. Moïse peut dpnc passer pour un génie vaste et pour un f^ototy pe d'instruction hébraïque. .
Josoé, suûces^iir de Moise^ £t dont le. haut mérite et les granjdes» victoires sont plus vraisenir blables.que la station .du spleil obéissant à .son ordre^ Josué^rSiU' retour d'Egypte, quanc) il fut question de p£9*tager les terres conquises . enti*e les tribus d'isrïiel ^ envoya des hcunmes pour les mesurer^ fit Iftjir adjoignit des personne^ habiles dans la géQm^Xtie '. Déjà l'usage et la transCoriçation des métaux. étaient bien connus de ces peuples réunis en nation ; dta en va juger.
ABCniVBCTURB , SGULFr0.RE ^ etC.
Le monument le plus célèbre de l'antiquité judaïque est le magnifique temple du Seigneur,
' Fut. Josèphk, Àmiq. jud. , -1. v, ch. i , ^ 73.
1> AlClISACHKS
que Sâlotmon fit ebnstruire , à Jérusakni , (tanrod mille ans avafit J.-C. Il fut aidé dans cet ouvrable menreilteux par Rîram ^ roi de Tyr^ qui non Miu-< lemeUt entoya à Salômon des «Datériaus prérieii< ^ mais enodre lui pK>cu^a uu arehilecte du même nom dUlram , kabHe dans son art , * eomme eb ôuVrages d'or, d'argent et d*aitain. Flav, Jonèphe donne Thistoriqùe' et la description de ce temple '« l*rente mille ouvriers , par sections de mille , furent successtTément employés à lit coupe dés Iniiâ, soilante-diic mille au t^anspo'i^t des maté^ riaux; quatre-yîngt mille nfaçonsavéc troi^ lAiile deux cent^ maîtres chargés de la taillé et de fa pose des pierres. Le temple fut commencé la quatrième année du i^gne de Salomon , quatorze cent qua^ Hinte aus après le déluge , et là construction d^un tel édiflide ne dura que sept ans *. Il avait soixante coutMes de Ibtegueûr, vingt coiidées' de )à^geur et soiieanté coudée^ de hauteur; nti second tem*^ pie de tnéiAie dinMMsion s'élevait sur le premîfer. lildépendatUtnent >des deuit fameuses cèlonhes en bronze, taottimées Jaikin et Bùoi^ placées au pronaos ou porche de ce temple ; de l'immense vasque dertii sphérique, d'airain , nommée la JUé^ k cause de sa grande capacité, qui était de trois
' Flav. Josèphe, Antiq. jud. y I. viii, ch. a.
* Ce nombre est consacré par la franc-maçonnerie, dont les travaux symbolisent l'édification du temple de Sakunon.
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mille congés, vasque supportée par douse bœufs acaroupis; de. l'autel pour les sacrifices, aussi d'airain , ayant vingt coudées de longueur, autant de largeur et dix de hauteur , tous les ustensiles de service étaient d'or* d'argent du d'airain massif; les dorures etles sculptures étaient prodiguées en ornements , ainsi que des tapisseries riches de couleurs et d'ouvrage. L'énumération de tous ces objets est fort exagérée sans doute , mais elle n'en atteste pas moins un développement bien rémar'* quable de l'industrie et des arts les plus variés.
Ce monument, détruit par Nabuchodonosor , près de six cents ans avant J.-C, fut rebâti par Zorobabel, sous la protection de Darius, fils d*Hystaspes, et la nouvelle dédicace s'en fit solennellement vers r^n 5 1 5 ai vaut J.-C.
Les bas-reliefs du triomphe de Titus sur l'arc de cet empereur, à Rome, représentent, entre autres trophées de la pompe, le faineux candé-^ labre d*or à sept branches , et la table d'or, avec les trompettes du temple de Jérusalem.
Outre le temple consacré au vrai Dieu, Salo* mon fit bâtir un superbe palais, pour lui et pour ses nombreuses femmes. On cite encore son trône d'ivoire, revêtu d'un or très -pur et flanqué de plusieurs lions d'un beau travail*. La magnificence de ce grand roi lui attira , comme on sait ,
' DiOD. Sic. , £ibL hist. , I. m , c. lo, ]^ i8 et 19. — Flav. JosàPBE, Antiq. jud. , 1. vin, ch. a, ^ 161.
JtO RFCHKIlCfIFS
(lu cœur (le rÉthiopie, la visite de la reine dr Saba. 11 ne fut pas t(JUJours le sage des sages ^ et fit dans la suite ériger d'autres temples moins C()usi(lLTal>les qu'il consacra à Astarte , déesse des Sydoniens, à Molosch, dieu des Ammonites, à Chamos, idole des Moabites.
(«•IIVRFS DE SALOMO>.
Salomon est Tauteur des Proi^erbes^ de VEccUsiaste^ du Cantique des Cantiques^ et, dit-on, de divers traités sur les plantes du Liban, depuis le cèdre juscju'à l'iiysope, sur les animaux de la terre et de la mer, etc. Ce grand roi mourut neuf cent s()ixanle-(juinze ans avant Tère chrétienne, après un règne de (juarante ans qui nous atteste une grand(" variété de connaissances importantes.
Les Hébreux avaient des mesures communes avec les Babyloni(*ns et les Perses, telles que le mille, 1(* stade, la carme [rous) et le pied iséraïni)^ toutes en ra[)port avec les principales mesures égyptiennes.
PISCIM: PROIiATIQli:.
L'art ancien des constructions réclame ici lui c'\iMiij)le curieux (h* son application à Thydrauli- (Hic, cl <K ja (H^nlorme au système accr'Mlitè parmi nous pour la solidité et l'imperméabilité des ma-
HISTORICO-MONUMEUTALES. 7l 1
çonneiies': je veux parler de la Piscine probati^ queii Jérusalein. Notre poétique Châteaubriant en a donné une description, de visuj dans son Voyage de Paris à Jérusalem '. Je crois devoir re* produire tcrxtuellement cette description intéressante par les détails d^une construction extraor-» dinaire.
« La piscine probatique est le seul monument « qui reste de Farchitecture primitive des Juifs « dans cette cité. On voit encore cette piscine 9 près de la porte Saint-Étienne. Elle bornait le « temple au septentriorf. Cest un réservoir long ff de cent cinquante pieds et large de quarante. « L'excavation de ce réservoir est soutenue par «des murs, et ces murs sont ainsi composés: un a lit de grosses pierres jointes ensemble par des « crampons de fer; une maçonnerie mêlée, appli- « quée sur ces grosses pierres; une couche de a cailloutage collée sur tette maçonnerie ; un eu- «r duit répandu sur ce cailloutage. Les quatre lits « sont perpendiculaires au . sol et non pas hori- « zontaux'; Fenduit était du côté de Teau , et les % grosses pierres s'appuient encore contre, la « terre.
a Cette piscine est maintenant desséchée et à « demi comblée ; il y croît quelques grenadiers « et une. espèce de tamarin sauvage. On re-
i* ÉditipD, t. U, p. 3/,7 (Paris, 1811 }.
2 a ]IBCH£R0HES
a marque aussi dans le côté occidental deux aiv i< cades qui donnent naissance à deux voûtes : (c c^était peut-être un aqueduc qui conduisait Teau (( dans rihtérieur du temple.
« L'Évangile l'appelle proàaiîquej parce qu'on « y purifiait les brebis destinées aux sacrifices. « Ce fut au bord de cette piscine que Jésus*Chrisl « dit au paralytique :
« Ijevez-vous, et emportez votre Ut. »
FLAV. JOSÈPHS.
La Judée vit naître FlaviusJoisèpbe, descendant des grands-prétres de Jérusalem et du sang royal des Machabées. Il est étonnant que ce fameux historien, surnommé le TUe^Live des Grecs ^pre^^ que contemporain de Jésus-Christ , puisqu'il naquit Tan 37 de notre ère, ait si laconiquement parlé de l'événement le plus mémorable et le plus essentiel de l'époque. On doit peut-être at^ trîbuer ses réticences à la politique des empereurs romains près desquels il écrivit et termina ses jours.