‹ Recherches historico-monumentales concernant les sciences, les arts de l'antiquité: concernanChapitre 13 sur 90 · D£S PERSES · texte numérisé non relu

D£S PERSES

La Perse ent un célèbre philosophe, dont l'époque inceriaine remonte alU moins jusqu'au temps (ieDarius,^suGtesseur de Gambyse.: 2oroastre, longtemps avant Platon, introduisit chez les Perses

' On peut consulter, au sujet de Paimyre et de Balbek, le bel ouTrage publié par Robert Wood , d'après les voyages (ails en 1751 par le chevalier Dawkins, savoir:

Ramenée pabnyrCf 1 vol. >n-fol. ( Londres, 1753 ). Rmnes de Balbek^ id, ( 1^., 1757).

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l'étude de la religion et des sciences, et lut le chel des mages ^ c'est-à-dire des sages. Sa doctrine dei> deux jDrincipes ne consacrait le culte et l'adoration qu'au principe de tout bien, qu'il honorait et symbolisait par le feu perpétuellement allumée Ce culte religieux subsiste encore parmi ceux des Perses modernes qui n'ont point embrassé la religion de Mahomet, et dont les sectateurs sont nommés Guèhres. On voit au reste des réminiscences de ce culte naturel jusque dans les emblèmes du culte catholique.

Les conquêtes de C^yrus dans l'Asie ^ firent, sous le nom de la Perse, un empire innnense qui s'étendit jus(ju'en Egypte, sous le règne de Cambyse, fils et successeur du premier monarque. I.a célébrité des Perses n\i rien d'original dans les sciences etlesarls, amis delà paix. Cependant les défaites tle Xerxès à Salamine, du Darius (!(• iMarathon et de celui d'Arbellés, doivent leur renom à la puissance des vaincus, dont le dernier perdit le vaste empire fondé par le grand Cyrus , près <le six siècles avant l'ère chrétienne. En effet , les Perses ont

• Le culte de Mitias, clir/ les IViscs, nvail pour ohjel principal le soleil (pii vi\ifi(' tout, eiiMiite le (en (pii <sl son ini.i'^e snr la terre.

' I.e i^rand (lyrns rst ini pain mi vv\( w de la (Vane-ni.nonn<Ti<' dans sis lian's j^radcv, m m» diouc di» <f' ijn li l.iNinis.i la n'consli netion dn Icdij»! ' dt .le» i^iiii-m , ,ipi rs la dcliN i ,in<(' I' s Jnil> (!.• I<'!n <ap!i\ih' de -^o ans simis les CJiaIdrens

HISTORICO-MONUIfENTALES. 4^

porté l'art de la guerre à un degré presque scientifique: la description de la bataille de Tymbrée, que Cyrus gagna contre le fameux Crœsus, 544 W^ avant J.-C. , en est une preuve incontestable. Ce monarque avait fait des travaux considérables sur TEupfarate, près de Babyloue. Darius r.% dans son expédition contre les Scythes , traversa le Bosphore de Thrace sur des ponts de bateaux. Xerxès jeta un pont sur THellespont, perça, dit-on, l'isthme du mont Athos ; il équipa des flottes considérables. Au siège de Gaza par Alexandre, on creusa des galeries souterraines {cuniculos\ pour approcher des murs de la ville \ Cet expédient fut, il est vrai,' employé contre une place qui tenait pour Darius.

CIIARS AHMÉS DE FAUX.

Les chars armés de faux sont tine terrible ap-> . plication de Tindustrie des Perses à l'art militaire. En décrivant l'armée de Darius, avant la bataille d'Arbelles qui lui devint si fàtate, Quinte-Curce ' y comprend aoo quadriges armés de fisiuk et propres à répandre la terreur parmi ses enneiliis. De l'extrémité du timon sortaient des piques garnies

« QuiHT.-CoKT. , Ub, IV , cap, 6.

• QuiHT.-CumT. , Ub, IV, cap. 9.

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de fer; trots coutelas étaient fiiés et dirigés ea dehors de chaque coté du joug, et plusieurs poio* tes saillantes partaient d'entre les rayons des roues. £n6n, des feux attachées aux. jantes, et d'antres tournées ^ers la terre étaient destinées i tailler en pièces tout ce qu'on rencontrait. Ces chai^, laneés dans les rangs ennemis, tirés par des chevSiux fougueux vivement excités par les conducteurs et par des cris tumultueux^ devaient' causer tin grand désordre et produire des effets désastreux. Alexandre haranguant ses soldats ,^)>eu avant l'action, leur apprit à éviter ces machines funestes en: ouvraiit leurs rangs pour les laisser passer; mais l'avertissement ne fut entendu que d'une partie de l'armée. Les modernes auraient assez mauvaise grâce de tonner contre la barbarie de cette méthode, qpi le cède aux brûlots des armées navales et aux fusées à la Congrève. Les Perses connai^ient . la chausse -trape. Avant la même bataille, un transfuge de l'armée de Darius, nommé Dion, vint avertir Alexandre que des chausse-trapes de fer {murices ferrei) avaient été semées sur le chemin par où l'on supposait que déboucherait la cavalerie macédonienne'.

■ QuiifT.~Cu&T. , Uh, IV y cap, 14.

nrSTORfCKI^lIfDtfUllIeNTALES. 4?

PSRSlbH>US.

On cite dans l'aqtiqviité Le palais de Persépolis, dont on a voulu faire une objectioade.pt^orité, parce qu'il a beaucoup d'aoalçgie avec les édifices égyptiens. Mai^ -des antiquaires reconnaissent , notamment dans les sculptures , des imitations qui doivent être postérieores à la conquête de l'Egypte par Cambyse , ce qui ne ferait monter cette coi^struction persane qu'à un peu plus de cinq siècles a;vant«J.*C. Le témoignage de Diodore confirme cette opinion. L'historien dit au isujçt.de c^tt^ conquête dévastatrice :

a J^dijs quidem ad n&penun permansisse œta- 9 tçin^ sedargentum et aurum, eborisque ad lor mpidum apparatum y a, J^ersif^ cum Cambjses ^ jEgjrpti templa exureretj dispqiiata esse : qao n tempore transiafis in Asiam opibus et ascitis ea: « j^gjrpio curtificibusy regias illas totqorbe celé- «c âre^y in P^sepoU, etSusis, cmîeraque Media ^ à « Persis œdificata perhibent *. »

La richesse ejt le luxe fameiix des Persil ne pouvaient être le produit exclusif de la guerre; il est permis de les attribuer^ du moins qu partie, aux arts de l'Orient, Veut-on se faire une idée de cette richesse développée par les arts , il suffit de

^ DiM. Sic, £m. Jkist.,iik i,p. 55. (ÉdiL 1746*)

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voir la relation faito par Oiiinle-(jirce ' de la pompe (le Darius, le dernier roi de IVrse , dans sa marche contre Alexandre avant la bataille (Tlss^ en dilicie; je la reproduirai sommairement au sujet des usages anciens. Le même historien nous apprend' qu\\lexandre trouva dans le trésor de Persépolis jusqu'à ï!20,ooo talents, qu'il destina aux frais de la guerr(\ et qu'il fit venir de Suze et de Rahvlone des bètes de charité et des chameaux pour les trans|iort(»r. Ce grand homme entacha sa gloire dans Torgie où, stinudé par la courtisane Tais, il résolut et consomma rincendi(* du palais de Persépolis.

Alexandre visita ensuite à Pasargades le tombeau de Cyrus, ])lacé dans la partie supérieure d'une tour, où l'on voyait un lit d'or, une table garnie de vases, un cercueil d'or, des vêtements et des bijoux précieux. Aristobuh^ ^suivant Arien , chargé par Alexandre (K^ reconnaître l'état des lieux qui avaient été pillés, rapporte Tinscription trouvée sur le tombeau de ce grand |)rince, et conçue (^n ces termes :

Passant y je suis Cyrus ^Jils de Camhyse : j\ii acquis r empire aux Perdes ; J'ai récrié sur VAsie: ne m'envie donc pas ce réduit ^

Les Phéniciens, dit-on, revetidiqu(»nt la prio-

■ QlINT.-('l HT. , llh. m , (fJ/J. '\.

' l<l(ni , ///>. V, /ih, G

HISTORICO-M01fl7MinfTALQ5. ^g

Hté d'invention des caractères ou signes expressifs de la pensée. < Mais le témoignage de Lucain en faveur des Phéniciens n'est que celui d'un poète, et peut bien être balancé par ceux de Platon^ Tacite et Ptine, en faveur des Égyptiens. Au reste, ce que Mempfais ne possédait pas encore, Thèbes pouvait l'avoir pratiqué bien antérieurement; et l'on sait combien Thèbes était peu connue avant l'expédition français eti Egypte.

CiLÉB^iri MARITIME DES PHimCIEITS.

La célébrité des Phéniciens tient surtout à leur supériorité dans l'art de la navigation. Ces peuples essentiellement marins ont eu l'empire de la mer; et si l'ambition avait dominé leur génie maritime ,. ils auraient eu l'empire du monde : ne connaissons-nous pas un gouvernement marin, ambitieux et politique,, à .la fois phénicien, grec et carthaginois^ qui de nos jours> ne vérifie que trop cette belle pensée d'un poète iançais t

• Le trident de Nq>tooe est le sceptre du monde * ? v

■ P&œiiices primi^Jamœ si eredùar, auti Mensuram rudibus vocem signare figuris, Uundumflumineas Memphis contexere hîbïoi Noperat; et taxis tantum voUicresque ferœque Scmlptaque serva&ant magiceu antmaUa iingmas.

(LirçAJK, Phars, liv. m j v. aao.) • Le Mièbb. Poème sur le commerce, couronne par TAcadémie française, en i ^35.

5l RECHERCHES

«teurs; tes géomètres et tes sages guident eux- « mêmes tes proues. Tous les vaisseaux de la mer « sont employés à ton commerce. Tu tiens k ta « solde le Perse y le Lydien ^ ï Égyptien; tes mu- « railles sont parées de leurs boucliers et de leurs «cuirasses. Les enfants diArouad bordent tes « parapets; et tes tours , gardées par les Djùnéndéens (peuple phénicien), brillent de Téc^at de a leurs carquois. Tous les pays s'empressent de « négocier avec toi. Tarse envoie à tes marchés « de Fargent, du fer, de Tétain, du plomb. Wo- « nie y le pays des Masques et de Teblis^ t'appro- « visionnent d'esclaves et de vases d'airain. \]Ar^ « ménie t'envoie des mules , des chevaux, des ce cavaliers. L'Arabe de Dedan voiture tes mar- « chandises. Des îles nombreuses échangent avec « toi l'ivoire et Tébène. \2Araméen ' t'apporte le a rubis, la pourpre, les étoffes piquées, le lin^ te le corail et le jaspe, l^s enfants ai Israël et de f^Juda te vendent le froment, le baume, la « myrrhe, le raisiné, la résine, l'huile; et Damas, aie vin de Hcdboun^ et des laine3 fines. Les M Arabes A' Oman offrent a les marchands le fer tf poli , .la cannelle , le roseau aroinatique ; et l' A- « rabîe de, Dedan des tapis pour s'asseoir. Les « habitants du désert et les Kedar paient de leurs

' Les Syriens ; ce nom s'étendait aux Cappadociens et aux habitants de la Haute-MésopotAOïie.

HlSTORlGO-irOlfrMEirTALES. 53

te chevreaux et de leurs agneaux tes riches martt chandises } les Arabes de Saba et- Ramé t'enri- « chissent par le commerce des aromates , des a pierres précieuses et de Tor '. Les habitants de iiHarariy *de Kaiané (en Mésopotamie) et d'^- « d!t7/i€7 , facteurs de FArabe de Cheba , de XAssj- 9 rien et du Kaldéen, commercent aussi avec toi «et te vendent des châles, des manteaux artiste- « ment brodés, de l'argent, des mâtures, des corte dages et des cèdres; enfin les vaisseaux (vantés) « de Tarse sont k tes gages.

« O lyr^ fière de tant de» gloire et de richesse «bientôt les flots dé k mer s'élèveront contre « toi, et la tempête te précipitera au fond des eaux. « Alors s'engloutiront avec toi tes richesses; avec « toi périront en un jour ton commerce , tes nécgociants, tes correspondants, tes matelots /tes «pilotes, tes artistes, tes soldats, et le peuple «immense qui remplit tes murailles. Tes ra* «meurs déserteront tes vaisseaux; tes pilotes « s'asseyeront sur le rivage, l'oeil morne contre « terre. Les peuples <)ue tu enrichissais , les rois «que tu rassasiais, consternés de ta ruine, jette- « ront des cris de désespoir. Dans leur deuil, ils

« couperont leurs chevelures; ils jetteront la

' Strabon ( liv. xvi) dit que les Sabéens avaienl fourni tout l'or de la Syrie, avant que les habitants de Gerrha, près de remboHchure de l'Euphrate, les eussent supplantés.

54 HKCHEItCHES

a cendre sur leur front dénudé ; ils se rouleront « daiis la poussière , et ils diront : Qui jamais égala «f Tjrrf^cette reiue de la mer? n

Combien les arts n'out-ils pas dû coopérer à cette antique splendeur! Tant de prospérité lut terminée pÀr une horrible catastrophe. L'an 58o avant J**C., Nabuchodouosor, souverain de Babyloue, marcha contre Tyr, s'en rendît maître après un siège plus long que celui de Troie '. On sait que le vainqueur, irrité de la résistance des Tyriens, et déçu de ses esipéranqes d« pillage ^ mit tout à feu et à sang^ et détruisit la Tille de fond en comble, l'an 567 avant J.-C.

Cependant, plus de deux siècles après, elle fut encore assez puissante pour résister aux attaques vigoureuses d'Alexandre , durant un siège de sept mois. Le général macédonien entreprit une immense digue ou chaussée pom; réunir le continent h VWe sur laquelle était la ville ; il y employa des pierres, des sables et des bois du mont Liban. Cette entreprise hardie n'eut qu'un succès partiel , à cause des avaries que la mer occasiona , et même par la résistance active des assiégés. Alexandre ne vint à bout de s'emparer de la ville que par l'attaque combinée de ses vaisseaux \ Après les vicissitudes de sa fortune, qui l'ont

■ Flav. Josèfhb. Autiq. jiid., liv. x, chap. 1 1 .

* QUIIIT. CURT., iib. IV, Vif p. 5.

HISTORlOO^-llOilDMSNTALES. 55

6iicces8Îireinefit délmite et relevée^ Tjrr jouit en-* core de la paûx et de la tranquiUilé, mais sous la protection des Romaîss.

Tyr , «{iii, par son heurense position et surtout par son active industrie, fut longtemps la reine de la mer .partout où ses flottes pénétrèrent; dont les colooies principales répandues (|ans le monde étaient : Carth^ge en Afrique , Thèbes en Béotie, Cadix sur l'Océsn; Tjnr Topulente n'offre plus que des huttes ou des cassines misérables^ sur un Ultoval modifié!

On y vpit encore, dit Volney ', parmi des monceaux de raines, d^x belles colonnes k triple lut de granit pouge, d'une espèce étrangère à. la Sfrie^ Djeszàr F^clia, après avoir dépouillé ces cantons pour oruec sa mosquée d'Acre , a voulu les enlever ; mais il n'a même pu , car il était , diton , son ingénieur et son architecte , il n'a pu les remuer. L'histoire mentionne un aqueduc consi* dérable , * dont il reste quelques vestiges et qui oanduisait les ^ux d'une source .magnifique dans l'ancienne Tyr. On rapporte la construction de cet ouvrage au temps de Salomon ^ époque de la splendeur et de la plus active industrie des Ty* riens.

Le nom grec de Tripoli ^ située au pied du

' VoLNKY. Voy. en Egypte et en Syiie. État politique de U Syrie, chap. viii.

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luoiit Liban, signifie trois viiieSy c'esl-à-dire la réunion de trois colonies fournies par Sidon, Tyr et Arad, dont les établissements très-mpprochés ont fini par n'en composer qu'un. Au village dit La Marine^ où sç trouve, sinon lembarcadaire, du moins le mouillage actuel , on voit quelques débris épars qui prouvent que ce lieu ne fut point étranger aux arts de l'antiquité.

Seleucus-Nicanor, roi de Macédoine , avait bâti, à l'embouchure de l'Oronte , sur la rive septen? trionale du fleuve, une ville très-foHe, Antioche, et le port de Séleucie, où l'on aperçoit encore les traces de deux jetées qui dépendaient de l'ancienne enceinte comblée depuis long^temps. Ge Heu n'est plus firéquenté que par des pécheurs. Le même prince fonda aussi Laodikea (aujour-r d-hui Laiaqiê)y située à la base et sur la rive aie* ridionale d'un promontoire très^vancé dans la mer. Son. port, dont l'enceinte était vaste^ est maintenant en grande partie comblé par les sables , et peut à peine réunir quelques forts bâtir ments de commerce.

: Les Chakiéeus de Babyloue ayant détruit la puissance des Assyriens en*deçà et au-delà . de TEuphrate, achevèrent la conquête séduisante de la Syrie , Tyr exceptée. Les Chaldéens furent conquis par les Perses du temps de Cyrus, et les Perses par les Macédoniens sons Alexandre. Les armes de Pompée soumirent plus tard à l'empire

Bl8TOftlCO*llONllMJSNTALE5. Bj

romain la Syrie et les contrées voisines, qui passèrent aux Arabes sous Tétendard de Mahomet , enfin aux Turks ottomans , qui les perdront k leur tour. Tant de vicissitudes, signalées par les ravages et la destruction, ont efiacé jusqu'aux traces de Tancienne grandeur de ces peuples autrefois si belliqueux, si riches et si renommés, ils sont, je ne dirai pas plus modifiés , maïs plus renouvelés que les Égyptiens, chez lesquels on retrouve y de nos jours, quelques types du caractère primitif;

Paut*il donc s'étonner de la stérilité, de la misère et de Tignorance qui, notamment dépuis la domination des Turks, dégradent la Syrie , l'Asie mineure et même TÉgyptë ? lii on n'édifie point , on ne répare point , on ne s'ingénie point : si quelqu'un améliore , le pacha dit : « Cet homme € ade Forgent; il le fait venir; il lui en demande; « s'il nie, il a la bastonnade; et s'il accorde ^ on « la Ini donne encore pour en obtenir davan* « tage '. »

Cependant le peu d'arts qui s'exercent dans l'Asie moderne paraissent retracer les procédés des siècles les plus reculés : les étoffes , les teintures, les armures d'Alep, de Damas,, de Tyr« présentent le goût , la solidité , la perfection an-

' VoLHBT. Voyage en Egypte et en Syrie.' État politique de la Syrie^ chap. vfi.

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tiques. Le ciment dont ils iont lisage ponr lerus travaux hydrauliques doit être semblal)le à celui des Grecs. «Ils emploient, dit Volney, la « cliaux bouillante ^ ; ils y niéK^nt un tiers de sa- <c ble et un autre tiers de cendre et de brique K pilée. Avec ce composé ils font des puits, des « citernes et des voûtes imperméables, w Voiriev cite, pour lavoir vue en Palestine, une espèce singulière de voûte, formée de cylindres en brique ou poterie de huit à dix pouces de longueur, creux, et pouvant avoir deux pouces de diamètre àrintérieur: leur forme est légèrenient conicpie; le bout le plus large est fermé, l'autre est ouvert. Pour construire la voûte, on les range les uns à coté des autres, mettant le bout fermé en tlehors; les joints sont garnis avec du plâtre de Jérusalem ou de Nàblous; les bouches inférieures des cylindres ou claveaux se ferme^nt avec une couche de plâtre. Si la voûte est en donu*, on passe au dessus un enduit à Thuile, et Touvrage devient imperméable. Dans la Syrie on fait avec ces poteries légères les bordures ou gardje-corps des terrasses.

J\ota. Un système analogue de voûtes en j)oteries a été employé dans les premières conslruc-

' VoLNFN. AOva^e <*n Svrif. Ktat nolil., cliap. wiii. ^S'^^ — Xcut-ildiie autre cho.'îc ipir la chaux dlcrvoM «-ult <lans rdMiMc (I cxtiiM'iioii *

HISTOAIGO-MOIfUMlNTALES. 5g

tîoQS du Tbéâtre*FraDçai$, joignant le fialais d*Or^ léans à Paris, ainsi qu'aux soflSjtes des galwies marchandes de ce vaste bazar.

Enfin on voit encore dans la Syrie de cea in* dmtrieuses serrures de bois, à confisse, lesquelles remontent jusqu'au t^mps de Salomon , qui ka désigne dans son Cantique '.

CABTHàG».

Si de TAsie occidentale nous passons a TAfrique septentrionale, Tyr nous porte immédiatement à la plus célèbre de ses colonies. Cartbage était si^ tuée vers le fond d'un golfe, ep avant de Tunis^ à^Touest du cap Son. Didon (d'aboVd j^Aie), fille d un roi de Tyf , pour éviter U tyrannit de Pygmalion son frère, meurtrier de Stchôe son époux, aborda cette cèle et y bâtit, ou du moins illustra Cartbage, vers Tan H8a avant Fère chrétienne. Les malheureuses amours de cette princesse ootinspire le bel épisode de. Virgile^; Didon est aussi célf^bréepar l'admirable pinceau de notre peintre Guérin ^.

L'excellente position du port de Cartbage méritait les travaux considérables qui s'y dévelop-

* Pessuium aperuù. (Cant. des cant., chap. v, >. 6.)

' ViEG. Eneid,^ lib, ii, m, iv et v.

' Tableau de la (;alerie du Luxembourg, à Paris.

6o RECHERCHES

paient jadis poar tous les besoins d'une marine puissante et d'un commerce florissant. Des établissements, des édifices de tout genre attestaient la magnificence et la richesse de cette ville fameuse, dont Tenceinte avait trois cent soixante stades de circuit. Bélidor < en donne une description, sans doute d'après Apion-rAlexandrin et Strabon. Carthage , la malheureuse rivale de Rome , dut aussi sa célébrité à l'un des plus grands capitaines de l'antiquité, Annibal, fils d'Amilcar, et qui, k l'âge de vingt-sis ans, général des Carthaginois, (ilo ans avant J.*C.), après divers exploits le long de la Méditerranée, pénétra dans l'Italie à travers les Alpes , attaqua les Romains , défit successivement Corn. Scipion près du Tésin, Sempronius-Longus près de la Trebbia, Cn. Flamînius près du lac Trasimène , fat arrêté par Q. Fabius-Maxim us, mais défit ensuite Tarent. Varro i la bataille de Cannes , où périt Paul-Émile avec quarante mille hommes de pied et deux mille sept cents de cavalerie, dont cinq mille six cent trente chevaliers romains. On sait que ce terrible Annibal, s'oubliant au milieu des délices de Capoue , laissa aux Romains le temps de se remettre, et, des portes de Rome , fut contraint, après des revers, de retourner à Carthage, où il fut à son tour vaincu par Scipion surnommé Vj^/ri"

< Archît. hydr., tome iv, liv. ni , cbap. a.

HlSTORICO-MOn UHBNTALBS. 6 f

coin y et dans sa fuite s'empoisonna lui-mém^. Quelle vicissitude !

Carthage â été maîtresse de presque toute la côte septentrionale d'Afrique , d'une partie de TEspagne , de, la Sicile , de . la Corse et de la Sardaigne. Il ne fallut pas moins de quarante années de guerres pour subjuguer la superbe rivale de Rome. Un siècle après sa ruine , Carthage fut restaurée comme colonie romaine, notamment par Jules-César; elle redevint encpre florissante. Conquise de nouveau par les Vandales, vers Tan 439 de notre ère , elle fut reprise par Bélisaire sous l'empire de Justiuien, qui sut en apprécier l'importance et la fit réparer. Enfin sous Léonce, l'an 698, les Sarrasins s'en rendirent maîtres, la saccagèrent et la détruisirent sans ressource. Tunis, ville voisine, en profita.

Aujourd'hui, cette colonie tyrienne n'est, pas moins efiEicée que sa métropole, dont, elle égala ou surpassa la splendeur. Mais Carthage, dans sa position toujours importante et toujours avantageuse, u attend-elle pas quelque génie destiné à la succession du gouvernement tunisien?..

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