‹ Recherches historico-monumentales concernant les sciences, les arts de l'antiquité: concernanChapitre 14 sur 90 · DES ÉGYPTIENS · texte numérisé non relu

DES ÉGYPTIENS

NOTIONS G^nriRALRS.

Toute mystérieuse qu'elle apparaisse dans son antiquité, l'Egypte est bien autrement positive

62 RBCHfiRCHES

que les nations mentionnées ci-dessus. Les mo** numents égyptiens, par leur nombre, leur grandeur et leur état de conservation, sont des témoins imposants de la puissance, de la prospérité, de l'importance de ce pays, où tout, jusqu'à sa position , est expressif et convaincant. J'ai pour garants de mes recherches curieuses, Hérodote, Diodorede Sicile, Strabon (traduction de M. Gosselin), Pline, etc., et mieux que tous ces historiens si justement célèbres, les savants français de Texpédition d'Egypte. Ces deniiers ont en quelque sorte réparé la barbarie des Perses , la vahité jalouse des Grecs, le zèle aveugle des premiers chrétiens et le fanatisme des Musulmans.

C'est Cambyse ' qui le premier a forcé et pour ainsi dire ouvert aux autres peuples la mystérieuse Egypte. Depuis cette époque à la fois désastreuse et profitable, les hommes les plus illustres de la Grèce sont venus contempler les merveilles de l'Egypte, rendre hommage à ses institutions et recueillir les débris de ses connaissances. Après les Grecs , les Romaitis sont accourus directement vers les mêmes sources altérées par ceux-là, mais encore précieuses pour l'Occident. Cette époque était pour l'Egypte celle de la décadence presque

' Cainb}se, fils de Cyrus, qu on ne doit pas confondre avec Canibysé, aïeul du premier.

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générale des sciences , des arts et de Tespr it na*lional.

Ces phases égyptiennes sont, on peut le dire, constatées sur les monuments par la diversité des inscriptions éventuelles des voyageurs ordinaire-» ment tracées en rouge, ou bien incisées sur la pierre. Les inscriptions purement égyptiennes et qui portent le cachet de la première antiquité se voient aux édifices des environs de Thèbei^ à PhiUe^ à Kamak^ à Medynet-^Abou et aux pyra« mides. M. Jomard ' fait observer que les plus curieuses sont accompagnées de la forme d'un pied tracée en tête du texte ; chez nou^ modernes Français, on emploie une main pour rîndîcation analogue. On distingue aussi à Philas des inscriptions éthiopiennes et phéniciennes au tombeau d'Osiris , sujet présumé des pèlerinages. On voit des hiéroglyphes et dés caractères persépotitainssur d^ fragments en granit, près de Soueys (Suez), à l'emplacement présumé du Serapeum. Les inscriptions grecque» du temps de Ptolémée, et romaines du temps des empereurs, sont no^ tamment à Philse , dans le^ hypogées de la Thébaide, qui, par le sujet et les noms, rappellent les premiers temps de notre ère. Enfin les inscriptions latines ont été tracées par les Romains à Philœ,

■ Mcm. sur IcsinscripC. «loc. A., tome tk, pâg. i et B de {*oiîvniçe d'Egypte. -

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aux tombeaut des rois^sur le colosse de Memnon^ à Damieffe et Alexandrie.

On a voulu déduire la haute antiquité, du nombre, de Ténor mité des monuments égyptiens, et du temps qu'a dû exiger leur prodigieuse construction. La grande population de TÉgypte ancienne expliquerait seule leur facile exécution '. Les premiers souverains du Pérou ont construit beaucoup d'ouvrages , dont plusieurs égalent au moins les plus fameux monuments de TÉgypte : on peut citer dans le nombre les deux chemins qui conduisent de Cusco à Quito ^ Tun pratiqué à travers les rochers et les précipices de la Cordiilière , l'autre le long du littoral , sur des sables mouvants, d^ns une longueur d'environ cinq cents lieues; le temple du Soleil; la forteresse et le palais de Gusco; l'ancien temple de Cajambé, et plusieurs ci^naux d'une grande étendue. Cependant la monarchie fondée par les încas n'a duré qu'environ trois cent cinquante ans , sous treize rois. Les souverains du Metique, dont l'empire (ut d'une moindre durée , ont pareillement exécuté des ouvrages surprenants : ils ont aussi leurs pyramides royales du Soleil et de la Lune *.

' L'Egypte contenait, sous les premiers rois, %^ millions d'habitants. (Mém. de Teévoux , janvier i75a, p. 3a.) Maintenant'elle n'en contient pas le dixième.

» M. Vaidecky archéologue voyageur, écrivait le i*' no-

HISTORICO^MONUlIrtîNTALES. BS

lies Chinois n'ont, dit-on, employé que cinq ans à construire leur grande muraille, qui certes est un monument gigantesque \ D'ailleurs, sans recourir à l'antiquité, la France et l'Angleterre n'offrent^elles pas, de nos jours, des exemples nombreux de travaux iriimensés, exécutés comme par encharilement? Enfin, Varron, l'un des plus érudits qui aient paru, ne fait remonter l'antiquité des Égyptiens qu'à nn peu plus de deux mille ans avant l'époque où il écrivait, c'est-à-dire à environ deux mille cent vingt ans avant J.-C. Il est vrai que les monuments astronomiques dé Thèbes reculent d'environ quatre siècles les preuves de cette antiquité.

venibre iSBa, de Palenqiie, rHerculaDum du Me^^ique, à l'un de ses amis de la Vera-Crux :

« Les ruinée que je viens étudier, s'étendent, dans un espace « de t^ à i3 Ueues, sur les flancs d'une chaîne de montagnes « qui longe la rivière àp Michol. Ce sont des constructions de « toutes les dimensions, qui ne ressemblent pointa ce que j'ai « TU dans le Mexique: ici grossièrement ébauchées, là d'un < beaa fini, et partout grandes, étotinantes. Je Suis pet^uadé - que Palenque a été bAti par un peuplé avancé en civilisa- « tion, dans une époque rapprochée des temps héroïques de • la Grèce, et que c'est d'ici que partit Quetsalcoati [C homme « bianc ei barbu)^ qui fut le premier législateur des Mexicains.

« J'ai aperçu quelques inscriptions qui m'ont paru n'être « pas hiéroglyphiques; et la moisson abondante de faits et de « dessins que j'espère accumuler, me paiera des fatigues et des « dangers que j'ai éprouvés. » (Écho Français du 7 février i8'33.)

■ Martini, Hist. de la Chine, tome 11, liv. 6, pag, 40 et 41 «

(JG HFClll HCJTJ s

Los (Jobles sont les desceiulaiits des ancKMJ^ rigyntiens el forment une race ou classe à paît qui s'est conservée plus ou moins pure, malgré les envaliissements successifs des Perses, des Macédoniens, des Grecs, des Romauïs, des Arahes et des Ottomans. Ils sont restés possesseurs exclusifs de certaines professions honorées dans le pays, connue celles de géomètres, d'astronomes, (riiistoriens, etc.

I/Égypte n'est bien connue que depuis 1800, époque de Texpédition française, à jamais mémorable dans les annales scientiikjues. Pour obttMiir sur les antiquités égyptiennes ies renseignements les plus étendus, les [)lus détaillés, les plus exacts, les plus concordants, en un niot les plus complets jusqu'à ce jour, on doit recourir au grand ouvrage publié par la commission dite Tlnstitut d'Egypte. Kn effet , C(* butin précieux a été recueilli par des savants et des artistes expérimentés, explorant chacun dans le cercle de sa compétence spéciale, sans prévention ni partialité, dans un siècle éclatant de lumières, et sous le contrôle de tous (es habiles observateurs réunis en une sort(* de jury.

I.'ÉiïVV^te est une contrée niere, dont la fecondite s'étendit avantageusement sui' I Asie. (>écrops, r^^Nptien d'origine, passa en (irece v\ lon<la ou rebâtit Athènes, dans le wT siècle axant J.-C^.; Oanaiis, dans le siècle suivant, sCtablit à Argos.

HISTORICO-MOÎVUMEWTALES. 67

Mais les Grecs, pour ne point rapporter aux Égyptiens l'honneur de certaines inventions, ont eu recours À ia Fable en attribuant, par exemple, à Prométhée celle de Tastronomie , à Palamède celle des nombres , à Astrée celle de Técriture et des mesures, etc.

Les sciences des anciens Égyptiens étaient liées à la politique, la morale et la religion, ce qui les a rendues mystérieuses, et d'autant plus difficiles à constater, qu'à l'exception des monuments, les manuscrits et le plus souvent les traditions orales ont été les seuls moyens de transmission aux modernes. L'Egypte doit être considérée comme la source coosimune des connaissances astronomiques, géométriques , et même physiques ; c'est ce que prouvent les résultats transmis notamment par Pythagore , en mesures essentiellement; égyptiennes : ces mesures sont des parties aliquotes ou des sous-valeurs de celle du globe terrestre; eette preuve est corroborée par les monuments les plus antiques. Les temples égyptiens offrent aussi, par la réunion de leurs divers symboles, la preuve que leur religion était essentiellement liée à l'astronomie.

On attribue à Ératosthène , qui vivait deux cent cinquante ans avant J.-C.,la mesure de l'arc terrestre compris entre les parallèles d'Alexandrie

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et de Syene, qu'il trouva égal, approximativement, au cinquantième de la circonférence, ou de sept degrés douze minutes'. D'où il conclut que cette circonférence était de 'jl^j.ooo stades de 700 au degré. 11 parait que ce cosmographe se sera basé siu' des o})servations antérieures de plusieurs siècl<*s. Au reste, celles (pii furent faites du temps d'Héliopolis, ou du moins à ré|)oque de la construction des pyramides de Mem[)liis, étaient I)i(*n plus antérieures encore et remontent au xu^ siècle avant J.-('.

On sait bien positivemtMit (jue les J^gvptiens connaissaient tres-ancienn(*ment la précession des équinoxes, c'est-a-dire ct»tte loi en vertu «le laquelle le sohûl, par un mouvement rétrograde, parcourt tous les signes du zodia(pie durant la période de vingt-cinq njilh» huit cent soixantesept ans'. Les t\,gyptiens auraiefit-ils voulu indiquer, par Tembléme du sphinx à tête de femme et corps de lion, un point de cette grande révolution qui se trouve entre le T/ioîi et la Vierge, où le soleil était au solstice d'été lorscpie le Nil,

' Académie des Inscriptions, tome xiin. — M^inoires de La \anze, d'An\ille, etc.

T.es œuvres astronomiques et ^éo|^ra|)lnques d'Ératosthène ont probablement servi de modèle on de type à celles que publièrent dans la suite Hippanjue, PtoUinee, Polvbe, Stra

))on, etc.

■* BiOT, Astronomie physique.

HISTOR ICO-MONUMENTALES. 69

Mrtî de 5on lit, répandisiit sur toute la terre d'Egypte ses inondations fécondantes ^

Suivant M. Fourier^ il résulte de l'examen et de la comparaison dés monuments astronomiques que la sphère égyptienne, telle qu'elle est représentée dans tous les édifices subsistants, se rapporte au xxv* siècle avant Tère chrétienne, époque où l'observation avait déjà fait connaître les premiers éléments de l'astronomie, époque de la splendeur de Thèbes. On en conclut une plus grande ancienneté des lois et des arts égyptiens. Ijes mois de l'année portaient les noms des deux principales divinités ou de leurs attributs, en commençant par Thot; les jours et les heures portaient les noms des planètes ; il y avait même une période septénaire c}ui reproduisait les noms de leurs planètes.

Dans les sculptures astronomiques d'Esné (l'ancienne Laiopolis)^ la Vierge occupe la première place et le Lion la dernière de la série des douze constellations; dans celles du temple d*Isis à Denderah' (l'ancienne Tentjris), qui sont moins anciennes d'environ quatre cents ans, le Lion occupe la première place et le Cancer la dernière : la comparaison de ces deux zodiaques prouve,

' JoLLOis et Devillikrs, Descript. gén. de Thèbes, A., t. i , chjip. IX, p. a57.

' Membre de TlnstUnt de France et de hi Commission d'Égypif». Le monde savant déplore sa perte récente.

•JO llKCIlhRCHKb

c'oiiJiiie OU Ta dit plus haut' , que les Egyptiens avaient remarqué les variations de Téquinoxe et le (léplaccineut du solstice, (ies zodiaqu(*s sont les mêmes tpie ecMix des (irecs leurs imitateurs.

La sphère de Thèbes, représentée dans les temples, se rapportant au xxv' siècle avant J.-C, est antérieure à Moïstî d'environ sept siècles. Déjà Tannée solaire était (feuNiron trois cent soixantecinq jours un rpiart, Tainïée civile n'étant que de tiois cent soixante-cinq jours; c'est de la dernière que parlait Hérodott» ; mais un peu plus tard, Platon (»t Eudoxe a|)prirent des prêtres égyptiens la dérouverte des heures supplénïentaires environ six , de la véritable année sidérale ^. Ea distinction de ces deux années civile et astronomique est aussi constatée dans les xAh'^moires de TAcadémie française des Inscriptions K

Ees cl(^|)sydres, [)our la ujesure du temps, sont d invention égyptienne.

f.es anci(Mis l.gyptiens connaissaient Texistence des anti|)odes et le mouvement de la terre autour (lu soleil immobile, système (pie les pytbagoricieiis enseignèrent dans la (irece après leurs \ ovaires rn Ei:\i)te, bien des siècles avant le

' loi lUKK, Rcclicrclics Mir l^•^^^Ull(('^ et If tiOllM'rm'Illclil »!«' 1 i ;^V|)h', A ., f (III M' M jt. ^ • i

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HISTORfCO-M ONUMSNTALES. 7 I

système contradîcioire de Ptoléinée ^ Si l'on ignore les noms de leurs anciens astronomes , on ignore également ceux de leurs anciens architectes « constructeurs et mécaniciens, dont les ouvrages n'en sont pas moins réels et dignes de leur immortalité. Il parait constant que les Égyptiens furent les msdtres des Grecs dans les sciences.

TàBLEAUX ASTRONOMIQUES.

A Denderah' il y a deux zodiaques ou tableaux astronomiques sculptés , l'un au plafond du portique antérieur {pronaos) du temple, l'autre au plafond d'une salle qui appartient au même édifice. Deux autres zodiaques sontà Esné: l'un au plafond du portique antérieur du grand temple; l'autre au plafond du portique du second temple, situé au nord d'Esné. Enfin il y a deux autres tableaux, où l'on voit seulement quelques signes du zodiaque : le premier sculpté sur Iç plafond du sanctuaire du temple d'Hermonthis ; le dernier peint au plafond d'un hypogée royal à Thèbes. Tousse trouvent à une distance de cette antique capitale, moindre d'un demi-degré. Aucun de ces temples ne se trouve orienté; ils forment desan-

* Ptoléinée (Claude ), qtii florissait à Alexandrie, vers l'an i38 de DOtre ère ; c'est lui qui le premier réduisit en un corps de science complète toutes les counais.siuice$ astronomiques acquises jusqu'à son époque. Les savants modernes ont abandonné son système i\w monde, pour suivre* celui de (Copernic.

7'^ RECMf RCIIFS

glos plus OU nioius sensibles avec la niéri- (lionne ^

Héron flAlexandrie, qui fioi'issail cenlNingt ans avant Tere chrétienne, élève de Clésibius, l'inventeur des roues dentées et des orijnc^s hydrauliques; Héron, dont les automates niécaruques excitèrent Tadiniration de I antiquité, avait imaginé la machine à rcaction^ 'en employant comme mot(^ur un courant (reîui,(le gaz, ou d'air échauffé, cjui s'écliap|)e latéralement (Vnn tuh<» disposé en éqnerre. Cétait un pressentiment de la macliine à vapeur^ dont un Français (Papin devait le premier, dix- huit siècles plus tard . combiner les l)ases et l'ensemble.

ro.NNAissAivrr.s Gi:oT\n:TiUQiîFs.

Indépendamment des ténjoignages concordants de Tantiquité, tels que ceux de Platon, d'Hérodote, (le Strabon , de Diodoie, etc. , les preuves certaines des ancieiuies coiuiaissauces asti'onomiques et géométricpies des Mgvptiens sont donc inhérentes aux monuments qui subsistent encore, et dont la fondation est bien antérieure aux savants de la (n'èc<\ On les trou\e dans la régularité de ces monuments, leur >vmetiie, les proportions harmonieuse^ de lcur.> parties, et ju-ipn dans les aligiKMuents «M les dispositions de ces

l"p^\ ph- , A., \. \ l .

HISTORICO-irONUMENTALES. ^3

édifices, surtout des plus importants et des plus antiques; on y reconnaît les règles de la statique et les effets calculés de la perspective. La grande pyramide de Memphis ou de Gyzeh , à elle seule, fournira des preuves évidentes du savoir géométrique des Egyptiens du vieux temps. M. Jomard, membre de la Commission d*Égypte, a découvert dans cette véritable merveille du monde, l'application et la solution d'un grand nombre de problèmes géométriques '. Le même savant a cité, comme preuve incontestable des connaissances géométriques des artistes égyptiens, un tracé de carreaux de proportions conservé sur le plafond d'Ombos , dont les sculptures restent sans être terminées. I! a reconnu des tracés semblables, notamment aux carrières de Gebel- ^boufedah, et formant des épures de chapiteaux à extraire dans ce lieu.

La géométrie était d'une invention nécessaire» aux Egyptiens, et son application indispensable pour l'arpentage des propriétés sujettes aux heureux débordements du Nil, base essentielle de l'impôt territorial.

On ne peut douter, à cet égard, de la science des prêtres égyptiens, puisqu'ils furent les instituteurs de Pythagore, de Platon, d'Eudoxe, d'Archimède, etc. Sous Sésostris, antérieur de

' Mém. sur le .syst métr. des anciens Égyptiens, A., t. ii, pai^f 708.

^/j HFCllI'iU.nFS

plusioiirs siècles à la guem* de J rou* , les Kg\|)tiens possédaient , au rapport d'Hérodote ' , nue égale portion de terre; et quand ces |)ortions étaient diminuées ]>ai' suite des déhordements du fleuve, un arpentage S[)écial avait pour objet d(î diminuer ])ro|)ortionnellement la redevance; la confusion seule des terrains à la suite des crues suffisait |)our nécessiter des moyens de reconnaissance. La science des mesures était donc un besoin primitif de ces peuj)les. Les anciens auteurs ne sont point d'accord sur Tinventeur , mais ils le sont sur Forigine. CVest à Técole des prêtres égyptiens que Ihalès, Pythagore, Platon, Hérodote, Ludoxe, Arcbimède, Diodore de Sicile, etc., ont été s'instruire, |>our instruire à \c\iv tour la (irèce et l'Italie; ces faits que je ré- ])ét<* sont avérés et avoués par les anciens propagateurs de la science.

C(* cpie Sésostris fit pour la division (\v l'Egypte est une confirmation de ce (pTil eut lieu de faire v[ de publier, par suite de ses conquêtes, c'est-àdire, des tables ou itinéraiies de ses vovaiT:es; Lustate et Apollonius de Hliodes en font mention dans des passages cités par M. Jomard ^. C/ctail la science du cadastre et de la géogra|)hie mise en pratique.

Mrm. sur le ^\^( u .h. ,|,s un i<iis |*,i^\ plMii>, A., I. i »

historico-monumeittàlks. 75

La science et l'histoire auront toujours à déplorer les pertes causées par Tincendie de la fameuse bibliothèque d'Alexandrie. Que d'écrits originaux et de renseignements précieux sont restés inconnus ^ ou seulement relatés par la tradition ! a Aucun peuple ne s'est plus appliqué à observer € le mouvement et le cours des astres que les M Égyptiens. Les prêtres avaient des tables astro- « nomiques dressées depuis un temps immémoa rial, et l'amour de cette science était chez eux c comme héréditaire. Ils marquaient au juste les « révolutions des planètes et leurs mouvements

< directs, stationnaires et rétrogrades, etc

c Us avaient une année solaire de 365 jours i/4-

c Ils avaient calculé fort exactement les éclipses n du soleil et de la lune , dont ils donnaient par « avance un détail très-juste et très-conforme à « l'observation actuelle ' . »

On doit aux Égyptiens la division du cercle en 36o parties , nombre égal à celui des jours dont on crut d'abord que Tannée se composait. Cette division embrasse la binaire , la ternaire, la décimale et celles qui en dérivent; on la trouve dans toutes leurs mesures antiques et modernes.

' DiOD. Sic. , Bibi. hist. , Ub, i , $ ^ ( traduct. de l'abbé Ter^ tasson.)

76 RKCïIEKCHKs

CARACTJ-RKS HIPRKSKNTATIFS.

U paraît constant qu'il n y avait en Egypte que deux genres principaux (Fécriture ou de caractères : Tun vulgaire, Tautie sacré à l'usage exclusif des prêtres. Le premier, comme notre écriture, présentait sans doute des variétés. T.e second était hiératique ^ Inéroglypliique^ ou symbolique ^ comme on voiulra. Hérodote ^ et Diodore ^ corroborent cette opinion déjà confirmée par les monuments, les manuscrits égyptiens, et spécialement par la fameuse /wr/Y^ de Rosette^ où se trouve en triple texte le décret sacerdotal de Mempliis, dotït ime des dispositions porte qu'il sera s^ravé en caractères ^«r/ej^, en lettres vuliraires et en grec. Cette pieire est une espèce de granit noir très-dur. Li» sens des deux espèces de c^iractères est toujours dirigé de droite à gauche, suivant rusaire invariable des orientaux tant anciens que modernes.

CARAcri R i:s iRH ini F.TiQi; js.

Les anciens E^yijliens écrivaient les nombres de la même manière que les Romains et que les (irecs, quand ceux-ci employaient les lettres capitales. Ils avaient des signes |)oui riuiilé, pour 5, pour 10, pour 100 el pour j ,000 , c'est-à-diie,

' Uniui»., ///.v/.';r., llh. ir, mp. V).

' J)i()i). Sic, lUIflinth. /n\lor., ///>. ni.//. i-jG.

HISTORICO-MONDMENTÀLES. 77

cinq signes principaux qui se combinaient au moins jusqu'à 10,000. Voici quelques résultats de l'étude faite par M. Jotnard de ces signes numériques, et qu'il a consignés dans l'ouvrage de la Commission d'Egypte':

OBI DOD QOQO ^C OOQII ' QQQOD ic

3 J], 303,00111, ou^c, , ou , 5 ou ,inioun,

00 000 000 00 OOQO QQOO 0000 '

10, 3o. 70. 7a. 100. 4oo. 1000. -=?

Nota. En coupant le (ruii du nymphœa cœruleoy les deux coupes présentent ensemble environ un millier de graines.

Les unités d'un nombre complexe se placent à gauche, comme dans 72 (ci-dessus). Les. fractions sont probablement exprimées par de plus

petits siffnes'd unités, comme etc. La

^ ^ 00, 000, Oflflfl,

traduction grecque de ces caractères égyptiens

' Étude du monument de Karnak, à Thèbes; 1*' mémoire. A.9 tome II, p. 61 et suivantes.

78 REGHSRCHKS

placée en regard confirme par sa correspondance les significations proposées.

Les nombres se lisent de hant en bas.

î 1 î Trois mille ^ ^ Deux cent ^ ^ 9 Trois cent ^ ^ ^ Soixante-

EXBMPLBS. ' -«- --^ ^

nnril Trente- 0000 BUD Seize \DQQDQQ Six. ^ Mille.

On remarque une symétrie habituelle dans le placement des signes numériques; c'est d'ailleurs un goût particulier aux Égyptiens , même en architecture , en peinture , etc.

Les poids sont représentés en forme annulaire, comme le Boit actuel d'Orient.

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