COLONNE DE POMPÉE
2® La colonne dite de Pompée est élevée sur un mamelon au sud de l'enceinte arabe; elle est en granit oriental; son fût a 20 mètres 5o centimètres de hauteur, et 2 mètres 56 centimètres de diamètre moyen; son poids est évalué à 281,128 kilogrammes 70 centièmes, non compris le soubassement, la base et le chapiteau (du genre co-
ijS niciiKHCiiEs
rinthien),(l<)iit la hautenreiisenible est de 8 mètres ^f) centimètres; aÏDSÎ la hauteur totale du monument est (le a8 mètres 75 centimètres. Il est maintenant recomui cjuc cette colonne fut élevée à Septime-Sévère, (|ui visita rÉi^^ypte Tan 200 de notre ère \ Ce monolithe est probablement unique en son i;enre; mais il n\ a (Tégyptien que le fut, dont la longueur est le neuvième du stade, et le dianu^lie inférieur de G loudtes. Cette remarque est due à M. Jomard.
AACiix puvnr.
l/aucien |)hare (rXlexandiie passait pour une des sept merveilles du monde '. C'était Touvrage de Soscrate,sous Ptoléméc-Philad(Hphe, 'iS'5 ans avant J.-C. Il portait cette inscri|)ti()n iSoscmfer/c Cnide^ fils d hlxiphcuH' ^ aux dieux protecteurs ^fa^'orahlcs aux na\'!gateitrs.
I/extréme hauteur du phîU'e faisait comparera la lune le feu t[u On allinuait au sonuuet, et dire à Stace, poète latin du l^^sièch^:
' MiMiioirc (leGuAT. Lf Vhw swv la \'\\\v (l'Alcxandrit-., M., tomo ■/, |>. '2S V
' \.c j)Iiaro (PAlcxandi ir piil le nom de Tilo i\\.' P haros ^swr la(]n('Ile, ou pivs de la(ju«'ll(, il U\\ construit. Aoilà sans doute l'orii/ine du mot aj)f)li(jnf aux ouvrai^i's maritimes analoj^ues à ee monmnent eélehre, connue !<• fameux tombeau de Mausole de\uit l'origine du mot liaïKais u;ansol<'c; telle e>l aussi lopinîou de ranti(|uaMe iMouf faucon.
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iumina noctivagœ tollii pharos œmula lunœ.
Il avait, dit-on, 4^0 pieds d'élévation, et présentait, de nuit 9 des feux qui se voyaient de 3oo sta^ des (environ lo lieues marines) au large. La côte est en effet basse et dangereuse par ses bancs de sable et ses rescifs. Strabon parie de ce phare merveilleux % qui fut détruit par des tremblements de terre successifs, et "Sur remplacement duquel se trouvent actuellement une mosquée et le château, construits au commencement du xvi'' siècle.
Il y avait aussi un miroir {spéculum è/erro sinico)'^ par le moyen duquel on voyait de trèsloin les vaisseaux en mer. Buffon^ admet la pro* habilité de ce miroir d'acier poli, qu'il considère comme un réflecteur concave au fond d'un tube obscur, c'est-à-dire une espèce de télescope. Ces
Les Ptolémce5 joignirent cette île à la terre ferme, à l'instar de Tyr, par une levée que sa longueur précise de 7 stades fit nommer Hepta-SiacUum, Les sables accumulés contre la même levée forment en partie le sol de la ville actuelle d'Alexandrie. Malgré l'assertion de plusieurs écrivains, on doute que lancien phare fût construit sur cette île , mais bien sur un rocher isolé, au nord-est, et à 5oo mètres environ de Pharos , une autre levée joignant le rocher à l'île. (Staabon, liv. i, édition française, note de M. Gosselin.)
' StUABON, Géographie, liv. xvii.
' Abulfi&da , Descriptio Mgypti.
^ BiJFFON, Introduction à l'histoire des minéraux,»™* partie.
l()() KECHJiUCHKS
deux instrumenls sont une grande application de» la catoptriqne.
Alexandrie n'est plus que la ville des Arabes : la grande cité, qui dans le temps de sa splendcMu* avait une population de 3oo,ooo personnes libres \ et plus du double avec les esclaves , compte maintenant à peine 8,000 habitants, toutcompris; c'est un mélange d'Egyptiens, de Turcs, (rArabes, de Maures, de Grecs, de Svriens, de Juifs et de quelques chrétiens.
AAVIGATIOA in CAJN Al X.
Le commerce Tnaritime des Égyptiens ne date que des derniers temps de leur ancienne monarchie, depuis INéchos ou Néchao, fils et sticcesseur de Psammétique ou Psamménitli, environ 610 ans avant J.-C. Ce roi d'Egypte fit partir des borfls {\c la mer Rouge une flotte conduite j^ar des Phéniciens, avec ordre de suivre et de pourtourner les cotes dAfrique, et dé revenir en Egypte par la Méditerranée , c'est-à-dire par les colonnes d'Hercule ou le détroit de Gibraltar. (l(*tte belle tentative remplit son objet, et les navigateurs repaiurent à Fembouchure du INil dans la troisième antiée de leur dé|)art.
Depuis cette époque les m()nar(|ues égyptiens
Dioi». Sic, Bihlmth. /iisto/.^ Uh. wn.
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portèrent leur attention du côté de la marine , jusque et y compris Amasis^ qu'on doit regarder comme le dernier monarque de l'ancienne Egypte; mais alors Tempire de la mer était, comme je lai dit, entre les mains des Phéniciens'.
La navigation avait antérieurement fixé la po-' litique des Égyptiens : suivant Hérodote et Dio<^ dore% Sésostris, qui vivait, à ce que l'on croit, environ i356 avant L-C.^, fit équiper, sur le golfç Arabique, une flotte de 4oo. voiles, sans doute par les Phéniciens t pour le seconder dans ses con^quêtes. Ce souverain voulut ensuite faire jouir son royaume du firuit de ses travaux; et dans ce but il fit creuser plusieurs canaux, qui, débouchant au Nil, devaient mettre en communication la mer Rouge et la Méditerranée, en portant la fertilité dans ies.contrées intermédiaires. Il parait que cette entreprise occupa plusieurs des successeurs de ce grand monarque , s^rtout Néchao , fils de Psainménith.
On a pu considérer comme entreprises incomplètes ou seulement ébauchées , par exemple , des canaux antiques dont il ne reste que des traces plus ou moins apparentes. Mais, par la sin^ple rai-
' Amasis. cessa de régner environ 53o ans avant J.-C.
* HiaoD., Histoire, liv. ii, n° loa. — Dion. Sic, Bibliothèque historique, liv. i, p. 64*.
' M. Champolliou le jeune identifie Sésostris avec Ramsès: le-Grand , 111°''' du nom.
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son de leur antiijuilé, on peut s'expliquer Tétnt m tiiel de CCS repères indicateurs ; car, s'il est vrai que les canaux modernes exig^ent des entretiens et des curages annuels, sous peine dVtre bientôt obstrués, atterris et abandoiuiés, on peut bien attribuer à des circonstances locales, coininiuies d'ailleurs à tous les pays, telles que l'incurie . rembi<rras des finances, des événements politiques, et tontes les causes de destruction qne les siècles peuvent accumul(»r, attribuer, dis-je, des résultats susce|)tibles d'elïacer même entièrement les parties principales (Touvrcti^^cs qui furent jadis de la plus i^rande utilité. C.e|)endant i\ f;nit évitei ini trop facile entrahumient vers le sens contraire, en proclamant le mérite d'une existence et d'une utilité complèles sui' les premiers a])errus d«»s vestiges de l'antiqtuté; les conjectures ne supj)léent jamais l'Iiistoire.
Le canal tlit des Rois, dont les traces ont été bien reconnues en 1799 par les ini^énieurs français, pendant la mémorable expédilion d^K^^ypte, consistait en quatre parties : la première était une dérivation de la branche ori<*ntale du iNil, dite Pélusiaque, près de Bubaste; la deuxième passait dans la grande vallé(^ dite» Oadi; la troisième était le trajet des Lacs- A mers ^ et la quatrième débouchait dans le golfe Arabi(pie à Soueys \ ou plutôt
' Le jiMint cvfr.'rnc ilii rnp.H, vrr> l.« iiif-r F»(>iil:c. «'fair Qol-
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devait en recevoir les eaux depuis la formation conjecturale de l'isthme sablonneux qui sépare le golfe des Lacs* Amers , s'il est vrai que ces der^ niera furent primitivement le fond du même golfe. Le développement total de ces parties, de la mer Rouge au Nil, a été trouvé par lesdits ingénieurs de i65,ooo mètres. La largeur variait sans doute; car, suivant Hérodote, elle aurait été d'environ 5o mètres, et suivant Pline de 33 mètres. Pline lui supposait uue profondeur équivalente à lo mètres; mais, d'après Strabon, la profondeur était seulement suffisante pour les navires d'un grand port, ce qui la réduit tout au plus à moitié, car les plus forts bâtiments du Nil n'excèdent (>as aoô tonneaux.
Dans la suite on y travailla de nouveau sous les Ptolémées et sous Trajan. L'an 639 de notre ère, le' kalife O'/Tinr, lorsqu'il fut maître de l'É*
u>um (le Cljrsma des Grecs), près et au nord de Soueys ou Suez, dont le port actuel est une espèce de quai où les plus petits navires ne peuvent aborder qu*à haute mer , et cette «er ne s'y élève que d'un mètre à i mètre 3o^ ; les bâtiments de commerce sont obligés de rester au mouillage, qui se trouve à une lieue du port, et en est séparé par une plage sablonneuse découvrant à basse mer. Il arrivera à Soueys ce qui est depuis long-temps arrivé kQoizoum; un gouvernement qui pourrait rétablir la communication fluviale entre la mer Rouge et la Méditerranée devrait donc, pour en assurer le débouché, former son établissement maritime du midi au mouillage situé au-delà de Soueys.
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gypte, rétablit la commuiHcation, et la rendit |>ln^> directe entre le Kaire et la mer Rouge par \in nouveau canal aboutissant , à Belbéis, au canal des l'ois. L'ouvraixc» (XOUuir fut noninié le canal du PruicC'cleS'IuilcIes. Il était du aux soins dWnirou, alors i;()uverne!n- de ri^i^yjjte. Ainsi les Kf^yptiens priniilils, l<*s Grecs, les Koniainset les Aral)<\s y ont successivement coopéré, l^lnlin , uiie troisième coinnnniicalion lut ouverte, vers Alexandrie, par une dérivation du \il , à Uahmànieb, sur la rive j^auche du fleuve. On assure que le pacha actuel, Melienied-Ali, vice-roi d'Egypte, a fait restaurer ce dernier canal.
On savait, d'après Pline, que la mer Rouge était plus élevée de 3 coudées que le sol d'Kgvpte^ (>(*s 3 coudées ré|)ondent à i n^ètre 3cSj millimètres. Les opérations des Français dans ce pays ont doinié rni lésultat inverse entre lés hautes eaux de la mer Rouge <^t la plaine des pyramides^, ^lais c'est la conséquence évidente de l'exhaussement du sol égyptien depuis Sésostris, dont l(\s travaux hydrauliques attestent que Ton possédait alois la science» du nivellement, et qn'on
' L/trà (lett'i mit iniindntiofus Tfu tu^ c.rvrlsinrc tribus nibitis Rifbrn mdvi co'upcrto quiini tend .îi'jiyfjti. Pr.iX-, Htstor.natur.^ lib. VI, C(ip. 7<).
' Mnnnii (' sur U; canal th'-^ Av\\\ mcîs , par M. \.v Pore, E. M , paL'ts i^>n, 1 7^ ri 1 -(».
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peut bien la faire remonter jusqu'au temps de Mœris. Les opérations des Français ont aussi résolu la célèbre question des niveaux respectifs de la mer Ronge et de la Méditerranée : ils ont reconnu avec certitude que les hautes mers de vive-eau de la mer Rouge sont plus élevées de 9 mètres 907 millimètres que les basses mers de vive-eau de la Méditerranée.
Le port d'Alexandrie est actuellement double; mais le vieux port vaut encore mieux que le port neuf, qui s'encombre depuis deux siècles par les sables et par les dépôts abusifs du lest des navires. Auâsi le premier est-ûl réservé pour les Musulmans, et l'autre pour les Européens.