IRRIGATION
Au-dessus de Memphis, l'ancien canal de Joseph dérivé du fleuve, sur la rive gauche, a pour émissaire le canal d'Illaon, qui passe à Faouë( Tantique Arsînoé). Celui-ci est divisé en une multitude de petits canaux d'irrigation qui conduisent l'eau à tous les villages de la province. Chacun a le sien et se charge de son entretien. Quand on est mécontent d'un village, on ferme la vanne alimentaire de son canal, et on le prive d'eau jusqu'à ce qu'il ait satisfait à ce qu'on lui demande; aucun autre moyen coercitif ne produirait un ef-
l6^) HKCHKRCIlKb
fet aussi prompt (t aussi direct'. Ces (Ji\ers cdnanx se déchargent dans le lac iVIœris. Il y a plusieiu's antres canaux (rinicraliou siir la rive^jauche du Nil, entre l'iiehes et Mt^mphis.
i.\C MOLRIS, ou LVC 1)F. CVHO.N.
\ ers le milieu du lac iMu'i'is ' se trouve une petite île, sur laquelle les habitants dWrsinoé construisirent leur i^i/Zt^ des Morts ^ et où ils élevèrent un temple. Chnipie laniille opulente y avait sans doute un tond)eau ; car les Ei^vptiens étaient, comme on Ta vu , tivs-soigneux de letir derniei'e demeure. On n'y ])ouvait conséquc^mment arriver qu'en hateau, et vraisend)lablement le batelier ou le gardien des tombeaux s'appelait aussi (laron ; les habitants de la pro\ince du l'aïornn nomment encort^ le lac Ahicris Hirlict-cl-iarcnin i lac de Caron '. (k* Jac artificiel avail, suivani Iléiodote, '^(3oo stades i environ •.>')() kilometi'es de tour, c'est-à-dire autarit de développcMuent qîie la cote maritime d'Kg\pte '.
' Mrinoircs du diK k\v i\()\j<.(), tnm. 1, pjj;. ». ' M.- (.li;\ti»[K)lli(Hi !<• jcuiH' idciililit' ."McltIn avoc iOuth /fiOKi y \\V du nom.
' 'Vlfinuirc'S du dut- de ilovK.o , loin. I, paj;. i i ^. ^ tÏM'.nooTK, Histoire , li\ Il f'.Nfcrpr .
SISTORICO-MOIfUlf IÇNTALES. 1 6^
BAPE^U^C En POTERIE.
On voit sur le Mil des radeaux d'une construcr tion singulière : ils sont composés de pots en terre cuite d'un égal volume, artistement rangés les uns à côté des autres, liés ensemble, l'ouverture placée en dessous. On peut en former ainsi plusieurs couches superposées, lorsque la profondeur de Teau le permet. Ces masses, soutenues à flot par l'air restant au fond des pots après l'immersion, sont susceptibles d'un certain chargement. Les conducteurs y adaptent un gouvernail, y placent quelques nattes sur lesquelles ils s'établissent pour descendre le fleuve. Ces radeaux sont spacieux et ne craigiiemt que Véchouage '. Voilà probablement l'espèce de bateaux dont parle Strabon lorsqu'il dit* :
Tanta facilitaie navigant ut nonnulli testaceis utantur cymbis.
Les figures allégoriques , les bas-reliefs si nombreux , les peintures multipliées des monuments antiques de l'Egypte rappellent fréquemment la navigation, et prouvent conséqnemment l'importance que son ancien peuple attachait aux résuU
' Mémoires du duc de Rovigo, tonn. I, pag. i43. ^Sttabow, liv. xvii.
^GS RKr.FlFlUHCS
tais (le celle indushie, soiiree de tant d'avanta-fes . de richesses et de prospéritc*.
rnris dit ivil.
I.a peinture, la poésie v{ la senipture ont personnifié le Nd en le représentant sous la forme d'un vieillard avec les attributs du fleuve entouré de seize fij^m'es allé^orirpies d'enfants, dont les attitudes variées earaelérisenl Tlieureux effet des crues {\n Nil au ternie de seiz(^ coudées, qui produisait Tabondance des récoltes et la fertilité du sol. AcluelleincMit treize à (piatorze coudées du :}/<(/} (is ' vin^t-un à vitiiit-trois pieds français , sont le terin(* de l'abondanccs c'est le résultat i\c Il xliaussenienl progressif i\u fond du Nil. line crfie de Iniit coudées, au-dessous de ^lenipbis, sidfisait du temps de Mœris; elU» est bien loin de suffire actuellement, <'t déjà du t<'m|)s d'Tb'M^odote ^ il en fallait une de <|un)ze à seize coudées pour fertiliser les terres. Il y a sans doute quelque malentendu dans cetle différence on dans l'énoncé : i** Les c;rues d'un fleuvi* dilïèi'enl nt*- ( essaut^ment lorsqu On les observe à de giandes distances; par exemple : celles du Nd, (|ui s'éle-
■ .le donnerai qurlcjnes dcIniU iflafits an Mrrjytis ou Nilomt'trf du Kairr » à Idcrasion Acs hk^miits .intiijni'^, ri r^o- ^amnipnr rie la deîerniin tf ion drs ( nn(îé( s » i^^ pîiennes.
HISTORIGO*MONUMeNT ALES. 1 69
vent de vingt à vingt-quatre coudées et plus dans la Haute-Egypte , sont réduites à quinze vers le Kaire, et à deux seulement vis-à-vis de Rosette et de Damiette '. a^ Partant du point primitif de zéro du nilomètre , l'augmentation peut bien être de sept à huit coudées, mais dont il faut déduire les trois coudées et demie inférieures qui restent actuellement (au Meqyâs) en contre-bas des plus basses eaux ou de l'étiage du fleuve; ce qui réduirait la différence entre trois et quatre coudées; différence qu'on peut expliquer soit par l'exhaussement proportionnel du sol de la vallée, soit par le nombre et la diversité des nilomètres établis anciennement sur le cours du Nil, et dés coudées ou mesures en usage; ou même par le défaut de coïncidence de l'observation, au Meqyâs, avec la crue réelle du fleuve; enfin par la diversion des eaux qui s'effectuait dans les lacs Mœris et Maréotis.
Le Nil est la providence de l'Egypte : il pourvoit aux premiers besoins de tous les êtres organisés. La mesure de ses débordements est, en vérité, celle de l'abondance , de la prospérité, on peut dire de la vie. Faut-il s'étonner que les Égyptiens aient eu dans tous les temps et conservent encore un respect religieux pour le Nil ?
' Mémoire sur la vallée du Nil, par Le Père aîné, M., tom. II y pag. 537.
*7^ fu:cFii:Rf;m>
FKJK DU i\|J..
La grande importance de Tinondation pério dique du sol égyptien a déterminé la f'éte nationale connne sons le nom de ài Fête du Ml. Cette fête anlicpie est encore célébrée annnellement , avec nne grande pompe, an solstice d'été, à IWcasion de la coîipnre de la digne dn canal du Kaire, lorsque les eaux dn (leuve ont atteint, au Mfqyâs de Roudah', nn terme connn et cpie les crienrs ont annoncé, pom- la crne favorable de i() condé(\s. La conpme se fait à Torigine dn canal d'O'mar , (pii traverse la ville.
Au maximnm de la ci'ue dn ^iil, a|)res la coupure de la digne, la place Ezbeliyeh au Kairr (^àpen pies vaste connn(» le Cbauip-di^ùMars à Paris est, centre anti-es , couvert(î de ])lnsieurs pieds u'(^an. (le vaste l)assin est alors décoré tle barques élégantes, illmuinées la mut, et donne c\ ce lien de lét(* un as])ei't j)ittoresfpie.
iSota. V\\ spectacle analogue^ mais artificiel et stérile, se donïie à Home, dans la phnc» Savone, qu'on inonde [)lnsieurs fois durant le mois d'août, par le moMMi des eaux abond.intes de sa fontaine. Il s'y forme alors un (^oucours bizarre rie voitures et de (hexaux en prom(^n,ule, so:<s ie^ veux (Tuno loule iuiiombrablc rcmnlissiuif !(^s (vlilices qui ent(furenl !a |)lacc. (.et usage s('nj|)lr une com-
HlSTORlCO-MOirUMENTALES. 1 7 1
mémoration des courses de chars, des jeux publics de l'ancien cirque Aganal, dont la place Navone occupe reraplacement et présente, dit-on, la forme approximati^re.
PAPYRUS ÉGTPTIE^*
Avant de terminer cet aperçu d'une contrée si curieuse et si mémorable, je n'oublierai point la célébrité, du ^a/7;^/T£5, et je dirai quelques mots des symboles mystérieux de l'antique Egypte.
Le papyrus égyptien (le soucbet à papier, ou cjperus) est le même que celui de l'Inde ; il dif- ,fère peu de celui de Sicile, qui provient peut-être d'Egypte. Cette plante., aujourd'hui très-rare sur les bords du Nil , y était jadis indigène. Son nom bibles y d'où vient bibliothèque, est un témoignage parlant de la nature et de l'origine des premiers écrits.
L'usage du papyrus remonte à la plus haute antiquité; ce fait est démontré par les livres saints et par les écrits d'Hésiode et d'Homère. Pline fortiBe cette opinion en parlant des livres [librosè chartâ) de Numa.
Les Égyptiens employaient le papyrus à faire des chaussures, des ligatures, des mèches pour les lampes, des nattes, des matelas, des couvertures, des vêtements , des voiles ; c'était aussi, suivant Dioscoride et Pline, une plante médicinale,
]'j'À i\j:chi:uchi:s
en partie nutritive, et dont la racine faisait tlii leu. Les Ef^^yptiens faisaient un grand comme rce de leur papyrus, tant av<^c TAsie qu'avec f Europe, dès le commcMicement de Tempiie romain.
Les manuscrits égyptiens sur papyrus sont de véritables volumes. Hérodote assure avoir vu le catalogue sur papvrus des 33o rois qui ont précédé Sésostris ' ; quel indice d'antiquité! Tliéophraste, Strabon, Diodore, Elav. Josépln* parlent aflirmativement des connnentaires , des annales, des fastes historiques des l'^gvptiens. dis volumes ont bien Tavantaj^e sur ceux d'Ilerculanum «le n'être point calcinés par le feu; mais quand parviendra-t-on à les décliiffrer?
La feuille des manuscrits se formait de deux conciles très-mincesdel'écorce de la plante, appliquée^ à angle droit, collées Tune sur l'autre pour en croiser les lilamenls, et soumis<»s à l'action druie presse. La surface» n'étant pas d'une égale douceur, on conçoit qu'il fallait employer au tracé des caractères une espèce de plume résistante; il paraît, au cor|)s mém(^ de ces caractères cursils, que Ton y employait un roseau mince, taillé de manière à (onner de laiges pleins et des dépliés très-fins, ce cpii fait termineur la (pieue des lettres en biseau. Pline dit, au sujet du roseau : chartK-
' Hinnrwrr». Hisfoii.', In m, «' i«'<»
HlSTORlGO-HONlIMElSfTALËS. 1 73
^ue serviunt calami, œgyptii maxime^ cognatione quâdam papy ri ' .
C'est sous les enveloppes générales ou bandelettes qui recouvrent les momies, ordinairement entre les cuisses , quelquefois entre les bras et le corps, que Ton déposait les manuscrits trouvés dans les tombeaux. La hauteur de ces rouleaux ou volumes est variable ^ et leur développement encore davantage, kxt nombre de ceux qui ont été recueillis par les Français de l'expédition , le principal a 9 mètres *jo centimètres de longueur développée; les largeurs varient de o mètre 38 centimètres à o mètre 87 centimètres. Chaque volume est roulé sur lui-même en circonvolutions serrées de gauche à droite, sens inverse de celui de la lecture. Sa teinte est un jaune plus ou moins foncé. Lorsqu'on a découvert ce volume, il est d'abord sec et cassant, et si l'on essaie de le dérouler^ on l'entend craquer, et l'on voit les filaments s'en détacher; cet état n'était certainement point le primitif. Voici, d'après M. Jomard, auquel j'emprunte ces détails, les précautions
* Pline, Histoire naturelle , liv, xvi , c. 36.
Oo doit à fea le comte de Caylus line belle et savante dissertation sur le papyrus ou papier d'Égyple. Ce papyrus fut perfectionné à Rome, sous Je règne d'Auguste; j'en parlerai au sujet des arts chez les Romains. Les principaux musées d'Europe possèdent maintenant des manuscrits sur papyrus , soit égyptien, soit fabriqué à son instar.
1 74 hiciifrcuks
qu'il a fallu pn^ndre |)our dérouler ces manuscrits ^ .
« Il laut preniièremeut humecter le papyrus u en le recouvrant de plusieurs linges mouillés. « Quand on juge que l'humidité Ta pénétré suf- 'f fisamment, il faut tendre une. gaze fine sur un f« châssis , en lui donnant plus de longueur (ju'on <( uim suppose au volume. On passe de la colle « bien fine et ])ien délavée sous la marge du ma- <( nuscrit et sur la ga/c, eu les faisant adhérer f( Tune h l'autre par le mojen d'une douce preste sion ; j)uis on déroule, (*t on colle successivetf ment par bandes étroites de deux ou trois cen- '( timetr(\s, à mesure que l(*s parli(^s précédentes <i sont affermies. Le meilleur mov<'n de presser * doucement le papyrus contre la gaze est d'em- '< plover un tam[)on (i(* linge aNcc légèreté. Il <( faut que ce travail s<* fasse* à l'ombre; il faut u surtout ne |>.«s labandonner long-l(*mps. La <« poussière et tout ce cpii pourrait dessécher l'é- 'c toffe doi\ent aussi être écartés avec soin. On voit " (piel temps doit exiger ce travail, pour dérouler '« un papyrus de lo mètres.»
Il laut bien autrement de précautions et de pati(Mice pour dérouler un \olume irHerculaiumi.
Les papyrus sont généralement écrits par par-
' Dosrrifjtioii drs hypogées de Thèbcs, A. , tom. I, ch. 9,
HlSTORI€0-»Hf OlfUMBIYTALKS. 1 7 D
ties distinctes en colonnes et en paragraphes, ou en espèces de pages; en tête des paragraphes on voit des caractères rouges , tandis que le reste est noir. Il y a ordinairement deux espèces de caractères, les hiéroglyphes et les alphabétiques; les premiers sont en petit nombre, à moins que les rouleaux ne soient entièrement couverts d'hiéroglyphes. Très-souvent ces manuscrits sont relatifs à là vie du mort qni en était* garni , et au jugement de son ame/ Aussi remarque-t-on alors un même personnage principal, reproduit dans les différentes scènes traeées sur le papyrus.
BCRITORES DIVERSES.
Fai déjà rappelé que les caractères orientaux se lisent de droite k gauche; la preuve graphique en est triple : i** Parce que l'écriture s'aligne toujours à droite, i* Parce que les initiales des paragraphes et des pages, ordinairement en caractères différents , sont toujours à droite. 3** La direction générale des traits manuscrits se manifesta naturellement. On peut y ajouter la coupure de certaines phrases distinctes par la couleur particulière des caractères , et' dont une partie terminant^ à gauche, une des pages ou colonnes, l'autre partie commence, à droite, la colonne suivante, toujours de droite à gauche. Ce sens est aussi le même pour récriture hiéroglyphique, et, comme je l'ai
I "jG HKCliKRCni'S
lait observer ^[)age 77), pour les caractères arit luné-
tiques des J!lgy|)tiens.
lUÉROGLYPHKS.
Les caractères liiérogl} pliiques se distinguent de récriture courante, en ce qu'ils sont isolés, alignés, et ordinairc^nent de même grandeur, tandis que les caractén\s communs sont inégaux, et entrent plus ou moins les uns dans les autres, comme dans toute écriture cursive. On ne doit pas non plus confondre les hiéroglyphes avec les autres figures des tableaux, bas-reliefs, etc. : les persoiniages de c(*s derniers , ordinairement de grande proj)ortion, sont coniuie animés, toujours eu scènc^ par leurs gestes , leurs postures, ou leurs actions; tandis que les hiéroglyphes sont des p(»tits earactéies d'une multitude de formes différentes , rangés en colonnes , soit horizontales, soit verticales, sans action et sans correspondance entre eux, même lorsqu'ils représentent des êtres vivants.
Le langage symbolicpie atteste les coimaissances variées des anciens Kgypticns, siutout celle du cour humain, auquel on parle plus sûrement par les figures emblématiipics et par la re[)résentation des objets dotit linfluence ou la nécessité constante les frappe iuunancjuabiement ; par exemple : le^ edéts prodigieux de fastn* du jour, dont
HISTOBjtCO-IIOHmiCNT ALES. ÎIJ^
h lomière et la cbaleur vivifient l'univers, qui dans sa marche r^ulière partage les saisons, les mois et les jours, étaient bien propres à déterminer la reconnaissance et l'hommage des peuples vieigesy à motiver l'érection des immenses monuments qui fiirent consacrée ay. soleil : je veux parler du iameux labyriathe égjrptien , du temple d'Héliopolis et de celui d'Osimandias ; des superbe» obélisques, emblèmes d'unité et de perpétuité.
Nota. Les bandes de lumière que le soleil, vers son couchant, projette sur les vapeurs transparentes de l'horizon, ont bien pu servir de type original aux obélisques, chez un peuple adorateur de cet astre vivifiant ; les formes sont analogues ; quant au pyramidion qui termine l'obélisque, sa forme conservatrice et triangulaire pouvait bien encore être un emblème de la triade égyptienne. Les rayons et le triangle ne sont point étrangers au culte catholique , dont les sources sont orientales. Au reste , les obélisques distinguaient en Egypte les lieux et les monuments consacrés au soleil.
On a cru long- temps que les hiéroglyphes renfermaient de grands mystères religieux, de hautes spéculations philosophiques, des secrets de la science occulte, ou tout au moins des leçons d'astronomie. Cependant on sait, par les témoi-
fy^ RFCFIF.RCUFS
i^'nages de Diodore, de Strahon et de Tacite ^, que lesoaiaclères liiér()glv|^liiquesdes obéliscjueset autres inoniinKMits égyptiens ont d'abord servi à notifier et transmettre leurs lois et leur histoire. Les souverains dK^^ypte faisaient marquer sur les obélisques 1(^ poids de Tor et de l'argent, le nombre (larmes et de chevaux, la quantité d'ivoire, de parfums et de blé dont chaque nation soumise à ri^gypte hu élait rc^levable. Ainsi Ton remarque sur beaucoup cfolx^isques des lignes perpendiculaires arcom|)agnées de (pul(pie ligues horizontales sup(''rieur('S. On conjecture (|ue les premières sont des caractères iuuuéri(jues délt^Muinés vraisemblablement par les secondes, pour Tindicatiou des dixaiues, centaines, mille, etc.^.
Cette O'uvre première de la nécessité ne détruit point ce c|ue j'ai dit ; |)age 'jG] des signes ou caractères arithméti(pies. ].r)rs(pi on <'Ut découvert l'écriture alpliabétique, bien plus conuuode et j^lus satisf.iisante, on dut néi^li^cr Tusa^e des hiéroglyphes. Mais les j)rétres égyptiens, qui n'avaient point oublié récriture liiéroglyphique, en profitèrent comme d'un voili* propre à relevcT leur ministère; cVst ainsi que dans la suite les hiérogly-
' J)i()iM>r;i: (U'SIcilt', liv. i, jj.ii^. (>-;. — Sriwiiov, liv. wii . nai;. 1171. — TAdiF, AudoIcs, liv. 11, c. (io.
' IhAiscHiM, Lu htorici uni\'rf.\. ^ poi;. lof», lit?.. — Oriuiiie des Lois, tUs ails, etc., loin. I, liv. 111, pau. 221.
HiSTOftffCO-MOIfUMENTALRS. 1 79
phes furent réputés en Egypte , ou plutôt aineurs, une écriture secrète et mystérieuse, et qu'on établit une distinction de caractères sacrés et de caractères vulgaires.
La plupart des légendes et même des hiéroglyphes des monuments égyptiens sont tout simplement des hommages aux divinités protectrices, des dédicaces plus ou moins fastueuses, des fêtes ou cérémonies publiques , des commémorations de grands événements , d'actions remarquables et de bienfaits, qui ont rendu célèbres les souverains, les prêtres, les guerriers, etc., de leur antiquité.