‹ Recherches historico-monumentales concernant les sciences, les arts de l'antiquité: concernanChapitre 26 sur 90 · I 84 RECHERCHES · texte numérisé non relu

I 84 RECHERCHES

aut humilitatem , oui ptœsîcuuiàm , oui sangitt" nem , aut victoriam^ accipitem pingunt '.

Les figures humaines à tête dlbis tiennent ordinairement à la main une espèce de bâton à crans; elles représentent le Thot^ ou le Mercure des Égyptiens.

Anubis, figure à tête de chien sur un corps humain , syoïboUse le garde du Corps dlsis et d'Osiris '; aussi la voit-on fréquemment avec ces divinités.

Les symboles à tête de chacal (ordinairement

noire) sur un corps humain figurent daus les

tableaux funéraires; ils indiquent, soit un prêtre

* juge du défunt , soit un embaumeur quand il n'y

a que le masque du chacal ^.

Les sphinx quj décoraient ordinairement les abords des temples égyptiens signifiaient , au dire de Clément- Alexandrin , que ce qui concerne la divinité est énigmatique • et mystérieux. 11 y en avait, comme on Fa vu, à tête humaine et à tête de bélier sur un corps de lion , à Karnak et à Louqsor. Les sphinx à tête de bélier et corps de lion indiquaient probablement aussi quelques particularités relatives au bélier et au lion célestes;

' Hoa. A.POL.« Hiérogfyph. lîb.y ti.

> DiODORC DE Sicile, liv. i, pag. 77, ^ Descriptiou des hypogées de Thèbes» |)ar M. Joha^d, A., toin. I, ch. 9, sect. x, pag. 356.

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ceuic à tête de femme et corps de Kon avaient des rapports analogues avec les signes de la Vierge et du Lion. Wînkefanann a, dit-il, remarqué le premier ' qile les sphinx égyptiens à tête humaine ont deux sexes, c'est-àdire qu'ils sont femelles par devant et mâles par derrière, où les testicules sont apparents ; c'est ce qu'Hérodote a voulu désigner en les nommant ANAP02$ITTE2 (Androsphiggès)'.

Le scarabée occupe un des premiers rangs parmi les symboles égyptiens. Il avait été dédié au soleil ; c'est pour cela qu'on le voit en tête des obélisques. Il rappelle aussi le dogme égyptien de la transmigration des ames^ c'est-à-dire la régénéra* tion des êtres , qui ne meurent que pour prendre une nouvelle vie ; parîce que cet animal se transfbrnie en larve, et se reproduis ainsi lui-même. Jje scarabée avec sa boule (dépôt de ses œufs) figurait aux cérémonies funèbres. L'apparition des scarabées sur les limons du Nil était le signal de la reproduction dans le pays, dont il est le symbole, en même temps que du solstice d'été» époque de la fécondation qu'opèrent les eaux du Nil. . .

Le scarabée est très-commun parmi les amu-

* WivcKBLMAHH, Histolre de l*art, etc., tome I, livre ii^ page 76.

' HéEOooTB, Histoire, liv. ij, pâg. 100.

l8() KKCMERCHES

Ielt(*s égyptiens : on en voit de pierres trèsdures, telles que le jaspe, le lapis, rhématite, le grenat, la cornaline, raméthysle, etc. Le dessus porte la ressemblance de Tinsecle, et le plat ou dessous une inscription liiéroglypiiique proportionnée à la grosseur de raniulelle. M. Jomard pense que ces objets de petites proportions sont des sceaux hiéroglyphiques; il possède une bague égyptienne de ce genre et faisant cachet ^ 1! y a de ces amulettes en pierres plus connnunes, de serpentin, porphyre , granit, sléatite, etc., de plusieurs décimètn^s de long.

Les vases symboliques , dits canopcs , étaient surmontés de tètes dt^ temnies, de cynocépliales, de chacals, crèperviers; on les voit réunis, au nombre de /| et suivant cet ordre, dans les bas-reliels, les peintures, suit les caisses de momies et dans les |)apyrus, et placés sous l(\s lils funéraires.

Le cynocéphale ou singe était consacré à Mercure ou rHermes égyptien^. (V(^st lui qtii conduisait les âmes après la mort. Cette (Ici ion a passé d(\s Egyptiens aux (irecs, et d(\s Grecs aux Latine.

\y,\ fiction originale du nocher (laron t\st représentée dans les sculplines peintes (l(\s grottes d'Klétiiva, avec d'autrivs détails de cérémonies lune-

' l)<'>crij)li()n i^rijnal<' ilc Mcniphis, < Ir. A. Toni. H. clia)). vin, p;»tr. .*'>,

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bres. Le jugement des morts est aussi retracé dans un des bas-reliefs dû sanctuaire du temple dlsis dans la partie occidentale de Thèbés. On y voit le défunt suppliant, les 6gures symboliques des juges, la balance qui pèse les actions du défunt, le Thot ou Mercure égyptien qui paraît enregistrer les résultats de la pesée, sous les yeux d'Osiris, etc. Là se trouve , conformément à l'assertion de Diodore , la source où les Grecs ont puisé leur fable des enfers, de Minos assisté d'Éaque et de Rhadaraaiithe, et de Mercure introduisant les âmes, etc. Ce jugement des morts n'était, au reste, que la représentation d'un usage réel mis en pratique par les anciens Égyptiens, après l'embaumement d'un défunt, et dont la cérémonie est décrite par Diodore '. La chrétienté juge aussi , dans ce monde, les défunts dont elle propose le patronage au culte de ses fidèles.

Ijes figures tjpkoniennes^ font allusion au génie du mal, opposé à Isis, celui du bien. Ce sont (le hideux assemblages de parties hétérogènes; par exemple : un corps de pourceau avec des mamelles allongées, des bras humains et une tête grimacière qui tient à la fois de la face de Thomme,

» DiOD. Sic, Bibl. hist.^ Ub. i, pag. 107 ( édit. Amstelodami, an 1746 ).

' Typhon passait pour le meurtrier de >uu frère Osiris.

du lion et du chien, ou bien celle de l'hippopo-

tame.

Le crocodile est ordinairement employé comme symbole du mal , quoiqu'il soit un attribut caractéristique de l'Egypte et du TïU,

Le culte d'Ammpn, qui dominait à Thèbes, est celui du soleil considéré dans le signe du Bélier, c'est-à-dire à Tépoque ascendante de l'astre lumineux et vivifiant; comme type producteur de l'espèce humaine, Harpocrate était la grande divinité de Thèbes. On voit ce dieu en érection dans une des chambres du palais de Medynei-Abou. Hérodote assure avoir été témoin oculaire d'une cérémonie religieuse où l'organe viril de la génération était porté avec solennité'. Il ne faut y voir qu'un hommage rendu à la puissance reproductrice des êtres et réparatrice du genre humain. L'emblème de cette puissance est fréquemment représenté dans les bas-reliefs des temples , surtout dans le grand édifice thébain de Karoak. On peut voir toute l'énergie et les effets immédiats de ce signe générateur dans la planche 84 de l'ouvrage français d'Egypte (A, vol. II)- Ce groupe bizarre et curieux pourrait être un tableau généalogique. Les planches 86 et 92 du même ouvrage offrent d'autres représentations analogues.

' UiEoiiOTE y Histoire y liv. 11, ch. 48 et 49-

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L'étoile symbolise la nuit ou le cr^uscule. On a vu qu'elle était aussi employée pour représenter le nombre 5 : effectivement l'étoile égyptienne est toujours à cinq branches. Des savants , qui la consacrent à la nature féconde, y voient l'ambléroe de Sirins, ou Sothis, dont les praxdères apparitions 'avaient lieu quelques jours après le solstice d'étéi et coïncidaient exactement avec les premières crues du Nil.

Enfin on remarque dans la plupart des seul* ptores et peintures égyptiennes certains attributs fréquemment reproduits; par exemple : la croix à anse se trouve «ntre les mains des divinîjtés^ ainsi que le sceptre à tige de lotus. Jj^s héros ou triomphateurs portent aussi des attributs çem^ biables , dans les peintures ou bas-relie£s historiques. Le bâton à crochet est Tattribut d'une dignité et quelquefois d'une divinité. Le bâlou aogoral est surmonté d'une tête de lévrier.

'Le symbole de la croix à anse n'est point en<core décidément expliqué^ du moins que je sa*che. "Quelques-uns «en ont fait la clef du Nil dont la divinité règle les bienfaits. Je ne m'arrêterai point au signe anticipé du christianisme que d'autres ont cru y voir. I^'Croix antique avait la forme du Tau des Grecs et des Samaritains '. En effet, on voit presque toujours Tanse imroédiate-

> ÉzicRiKLy chap. ix.

U)0 UKCflERCrrFS

ineiït attachée au sonjmctde la croix égyptiennr , dont la queue ou tis:e est pendante. Serait-ee ini autre emblème de la triade, Isis, Osiriset Ilorns?

On a beaucoup parlé d'une table Isiacjue^ ainsi nommée parc(» qu'elle ])araissait re])résent<'r les mystères ou synibob^s (Klsis el d'Osiris, divinités qu\)îî ) retrouve dans des scènes et des attitudes dilïèrentes. (^et te table, dont3Iontfaucon' a donné une t>ravuie qu'd évalue à moitié des dimensions originales, devait avoir environ 3 pieds de haut sur 3pie(Is \i de large. Kllelut achetée, ausacdellome en I 5->5, par un serrurier qui la vendit au cardinal r)eml)o, apies la mort ducpit^l elle passa au duc de MantoucjubquVn i(>'^o, où cette» place fut prise par les trou[)es impériales. Le fond était de bronze, (*t le dessus eu espèce de tableau (Ténjail noir, ai'tislement entremêlé de lames (Tardent, Elle fut gravée par l^née \ ico de l^arme. Mais on n'a pu retrouver Toriginal de[)uis la prise de Mantou(*: on pense que rpielcpie soldat l'aura brisée pour retirer les lames (rarirent.

Pignorius et Kircher ont prétendu expliquer les symboles nondjnmx que cette table repiésente; ils n'ont lait que désigner quelques ligur(\s, sans présenter, ni même indicjuer les allégories, il leste encore à savoir si cet ouvrai::<î d'art était égyj^tien, ou romain par imitation.

• Aiitifjnité cxpliqurc, loin. II, il partie, liv. ii.

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TsLi dit que le fleuve nourricier de l'Egypte était personnifié sous la figure d'un vieillard entouré de seize enfants. I^ sculpture nous a transmis cette ingénieuse allégorie dans un groupe colossal en basalte d'Ethiopie, que l'empereur Fl. Vespasien avait consacré dans son magnifique temple de la Paix à Rome '. Le Nil, caractérisé par ses attributs spéciaux , y est représenté avec seize enfants, qui se jouent et semblent s'élever diversement sur le corps et les membres du fleuve, jusqu'au sommet de sa tête et sur la corne d'abondance, qu'il tient comme l'un de ses attributs. L'allégorie se distribue ^ans l'ensemble et les détails 9 avec une grâce, une intelligence, qui semblent attester le goût et le ciseau des Grecs; 00 les retrouve même dans la gravure produite par Montfaucon dans ses Antiquités expliquées ^. Enfin la matière du groupe concourt elle-même à la perfection de l'allégorie; car le Nil descend de rÉthiopie.

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