‹ Recherches historico-monumentales concernant les sciences, les arts de l'antiquité: concernanChapitre 28 sur 90 · NAVIGATION · texte numérisé non relu

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Sans parler de Dédale et de Jason rÂrgônaute, la guerre de Troie. prouve Tantiquité de la uavi* gatîoD chez les Grecs , dont les vaisseaux déjà perfectionnés différaient sans doute beaucoup du monoxilon ^ espèce de pirogue ou gondole , faite d'un seul tronc d'arbre , et dont Tusage a percé dans les temps modernes, pour franchir les basfonds voisins des côtes, suivant ce que rapporte le voyageur Spon ^ ; mais ces vaisseaux grecs n*étaient point encore des trirèmes.

L'invention et la première construction des trirèmes sont attribuées au Corinthien Amînoclès par Hérodote, Thucydide, Diodore de Sicile et Pline. L'expression de trirème est souvent appliquée par les anciens auteurs à tous les vaisseaux de guerre sans distinction. On nommait caiqphracies les vaisseaux pontés, et aphractes ceux qui ne Tétaient pas. La force et la position des éperons influaient beaucoup sur le succès d'un combat naval. Ou conçoit aussi que la manœuvre . simultanée de tant de rames et de calibres différents exigeait beaucoup d'exercice et l'obéissance la plus attentive aux divers comniandementSw

Le récit de la bataille navale de Salamine entre

' Spon , t. 1 , p.ig, 141.

Thémîstocle, général des Grecs, et Xerxès, roi des Perses, en personne, récit d*Hérodote et sommairement relaté par Montfaucon \ où figuraient d^ine part 878 trirèmes grecques , de l'autre 1 207 trirèmes des diverses nations soumises à l'empire de Xerxès , sans compter les vaisseaux de charge et autres d'un ordre inférieur, atteste, outre de grandes forces navales , une tactique brillante eu égard aux moyens de l'époque. On sait que la victoire couronna la bravoure et le talent de Tbémistocle.

Les vaisseaux de guérite, longs, garnis de rames et de rostres ou d'éperons, étaient bien distingués des vaisseaux décharge, courts, arrondis par les bouts, sans rostres, mais susceptibles de rames ou de voiles ; ces dertUers diffèrent peu des barques modernes d'Italie. La colonne Trajane, à Rooie, représente des uns et des autres.

Quant aux nombreux rangs de rames que dés auteurs se sont plti à donner aux vaisseaux de guerre des anciens , on peut raisonnablenient limiter sa crédulité, par exemple, à l'égard du vaisseau de Ptolémée-Philopator, à 4o rangs de rames, dont parle Atbénée d'après Callixène ; de celui d'Hiéron, roi de Syracuse, à 20 rangs, cité par Athénée d'après Moschion; de celui de Phi-

' MoKTF^ucoii, Antiquité expliquée, lom. IV, a* partie, livre IV.

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lippe, roi de Macédoine, à 16 rangs, mçntionné par Tite-Liye;de ce^x de Démétrius, à i5 et 16 ^angs, dont Plutarqiie cite la yitease et Tagilité. Ces. énormes machines n'étaient sans doute que pour Tostentation, et toi:^t au plua susceptibles de remorque, surtout les deu% premiers. On irait peut-être trop loin en bornant Futilité de œs grands navires aux diioensions et structures des vaisseaux qui ; suivant Florus ^ , composaient la flotte de Marc- Antoine , avec - laquelle il aHaît combattre Auguste à la bataille d'Actium; ces vaisseaux étaient au nombre de vingts depuis 6 jusqu'à 9 rangs de rames ^ munis de tours et de ponts^ ressemblant , dit Florus ^ à des villes ou des cita* délies que les vents avaient peine à remuer et dont la grandeur énorme fut cause de leur perte. Les trirèmes, tant, de fois mentionnées par les histoires grecque et roinaine, étaient probable* ment le meilleur emploi des forces navales de ^antiquité. On nommait ihrcuniief les rameurs du rang supérieur^, zygites ceux du rang, du milieu » et thalamites ceux du rang infi^rieur.

Anciennement chaque navire n'avait -qu'une voile ; déjà du temps de Pline ils en avaient plusieurs , non seulement l'une au-*dessus de l'autre , mats même sur la .longueur du navire '•

' Emil. Flor. y Ub. iv, caf>. 11.

* Plin., Ub, XIX, in Prœfat.

Il ISTO A lOO-llOfr V ItÉNT A LES. 1 99

lies habitants de llle d'Sgiae peuvent être regardés comme les premiers navigateurs et commerçants de la Grèce. Cette industrie djite k peu près du retour des Héraclides dans le Péloponèsé ; aussi étaien^ils alors considérés comme un peuple puissant '. Mais ce rôle brillant fut de courte durée; les Éginètes furent chassés de leur île par les Alliénieus, du temps de Périclès, et ne purent se relever de cette défaite. Dès (ors leur puislance navale et leur commerce furent anéantis.

ARTS HéÇABTIQUES,

La seule description du bouclier d'Achille * prouverait que les arts de la Grèce , au temps héroïque de la guerre de Troie, ou du moins avant son chantre immortel, étaient déjà poussés à un très-haut degré. Gel ouvrage curieux , où Y ulcain avait employé Tor, l'argent, le cuivre et Tétaîn, artistement travaillés, représentait les principales constellations , des combats , des fêtes, des jeux , des danses, des scènes variées d'agriculture, etc.

Le miroir est d'un usage très-antique dans la Grèce. Sophocle, cité par Athénée^, représentait Vénus contemplant ses charmes dans un mi-

• Strabou, Géogr. , Uv. vin, pag. 577.

' HowKiiE, Iliade, liv. wiii.

^ ATHÉjf.yliv. XV, pag. 687.

'y.Oi) RECIIKKCIIES

roir, après sVtro parfumée tout le corps. Fausanias ^ parle cruii miroir enchâssé dans le mur iïuii temple de la Grèce. Il parle aussi ^ d'un miroir n)erveilleux superslitieusemenl employé pour jui^er des maladies; ce dernier était de forme ronde.

L'usaiçe des peaux de bètes, pour Técriture, est des plus antiques, telles que le parchemin ou vélin, les peaux de mouton, de chèvre, etc. Hérodote en attribue rinvention aux Ioniens. On sait que les méthodes graphiques diffèrent essentiellement : la manière orientale, la plus ancienne, est toute de droite à franche, et l'occidentale toute lie gauche à droite. iNIais les Grecs avaient une méthode intern^édiaire qu'ils nommaient ùoiistro- /j/icclo/i, ce (pji signilie écriture infléchie; elle était par lignes alternatives de droite^ à gauche et lie gauche à droite, et send)le un pa.ssage de la prennere à la seconde manière. I/écriture bousiropliédon subsistait encore dans la Grèce au temps de Solon, dont les lois furent publiées vers l'an 5()4 iïvant Tère chrétienne.

Les vases des anciens avaient des formes on ne peut plus variées. Plusieurs portaient des noms analogiu^s à la matière dont ils étaient comjX)sés: les vases ((tîiruhicus ^ par exem[)le, si renommés,

' pArs\M\^,liv VMI, cli.ii). WWll.

" Idiin ^ liv. VII , rh.ip. \\i

HISTORIGO-MONUMENTALES. aO I

étaient composés du métal formé dans l'incendie de Corinthe par l'armée romaine sous le commandement de L. Mummius, c'est-à-dire d'un mélange accidentel d'or, d'argent, de cuivre et d'autres métaux en fusion. Les fouilles opérées, plus tard, dans les ruines de cette belle cité, lors de sa reconstruction par César, y firent découvrir d'anciens vases, et autres ouvrages en terre cuite ; on appelait ceux-ci nécrocorinthiens ^ parce qu'ils avaient été trouvés dans des tombeaux. Les Romains vantaient beaucoup les vases de Chio^ les samienSy lesbiens^ déliaques et murrhins ou myrrhins; ce qui peut-être signifie seulement qu'ils étaient feiits de matières imitant celles des lieux célèbres que leurs uoms rappellent; cependant les vases déliaques étaient de cuivre. Cicéron accuse Verres d'avoir emporté de Sicile beaucoup de vases déliaques et corinthiens.

Varrpn donne la description d'une horloge que Cypreste avait faite à Athènes; c'était probablement une espèce de clepsydre, la mécanique n'étant point encore appliquée à ce genre d'instrument.Les Grecs, suivant Hérodote, ont appris la gnomonique des Babyloniens. Long-temps avant cet historien il était parié d'une horloge solaire, au livre iv des Rois^ et dans Isaïe. Ce fut, dit Pline, Anaximène, Milésien, disciple d'Anaximandre , qui montra à Lacédémone l'horloge solaire^ dite sciotériqucy qui fut apportée à Rome par Lu-

cius-Papiriijs-Cursor, douzr ans avant la ij^uiTi'c contre Pyrrhus.

\RT .MILITAI iii:.

Palamède inventa, j3eiulant la guerre de Troie, Tordre de bataille, l'art de donner le signal, le mode de reconnaissance [fesseras ) et de placer des sentinelles \ Pliilon de Bvzance construisit l'arsenal d'Athènes, c'est-à-dire du Pirée, pouvant contenir mille vaisseaux. H écrivit sur rarcliitecture civile, militaire et navale.

Ce fut Périclès, suivant Diodore de Sicile relaté par Montfaucon , qui le premier employa les ujachines à Tattaque des places, comme le bélier, la tortue, la catapulte et la baliste. On sait que le bélier servait à renverser, de près, les murailles par la force de percussion ; la tortue était une espèce de cabane sur roulettes, pour abriter les assaillants ; la catapulte servait à lancer d'énormes pierres, et la baliste à décocher de forts traits à une «rande distance. Dans un cond^at naval ces traits étaient autant de brûlots envelop])és de matières enflammées.

On i\{' |)eut confond le cette tortue-machine avec celles cjue furnjaient les (jrecs, les Romains et les (jaulois, i;r(>ii|)és vl seirés sous leurs l)ou-

' 1*1 iNP , Hisloin ii.ihurlli', liv. VII, <Im|>. ivii.

HISTORIGO-BIONUM EN T A.LES. ao3i

cliers, se liant et s'appiiyant en espèce de voûte. Cette manœuvre s'appliquait, soit par un peloton investi, soit pour décider l'entrée d'une ville assiégée en forçant ses portes sous un abri impror visé. Les soldats de flainc couvraient et défen^ datent la masse par leurs boucliers dressés sur la terre. On en voit des exemples .sur les colonnes Trajane et Antonine , à Rome.

Les Grecs avaient, comme plusieurs des nations d'Asie, Tusiige des chars armés de faux, ainsi que les Gaulois ; j'en ai donné la description au sujet des. Perses et de l'armée de Darius. Mont- ÊiacooL reproduit, d'après Tite-Live^ la description de la bataille d'Antiochus, roi de Syrie, contreScipion rA3iatique , bataille où l'armée romaine fut victorieuse*. On y voit figurer, outre les chars à faux, un grand nombre d'éléphants avec leurs tours armées, savoir : seize, du côté des Ro* mains et cinquante-quatre du coté d'Antiochus ; ceux-ci portaient quatre soldats et le conducteur.

Je parierai de leurs armes . tant offensives que défensives, à l'occasion des usages militaires de divers peuples.

' MoKTFAUGov, Anûqoité cxpKquée , tom. IV, i** part., liv. iv»ch. lo. .

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