‹ Recherches historico-monumentales concernant les sciences, les arts de l'antiquité: concernanChapitre 30 sur 90 · TEMPLE DE JUPITER A OLYMPIE · texte numérisé non relu

TEMPLE DE JUPITER A OLYMPIE

' Que reste-t-il du fameux temple ^e Jupiter à Olympîe ?... Les séûlëé* desdriptiotis de Pausanias et de VîtruVe *! Ce temple était -péristyle, c'est-à-

' ViTauvB, Préf. du liv. vii,pag. a3a. ( Trad. de Peirault. ,

Diogène habitait le vestibule de ce teniple, et' disait qiie

les Athéniens lui avaient' ' bâti nn stiperbe pâfaî^; c'est U

fue Je cynique pfajiôiopiie avait établi son tonneau de tevre

cuite, meublé d'une besace, d'un bâton et d'une écuelle.

■ Pausâk. , Gneciœ DescripL , lib, v, pag. 3o3 ( edit. H»nov. i6i3 ). — ViTRUvK, Préf. du liv. vu, p^ig. a 19; et liv. iii, pag. 70.

UISTORI€0*MONCHBNTAL£S. a 1 3

dire entouré d'une galerie de colonnes. Il fut bâti par l'architecte Liboii, Élien. Il parait, d'après la magnifique description de Pausanias, qu'tine grande partie de la mythologie grecque y était représentée soit en sculpture, soit en pei&ture. Les métaux et les matériaux les plus précieux y étaient emplojoés: l'or, les pierreries, le marbre , Fivoire, Tébène, etc. C'est par sa richesse, plutôt que par son étendue; qu'il fut mis au nombre des merveilles du monde. La statue de Jupiter* Olympien , quoique d'or et ct'ivoire, était , d'après la description de Pausanias, plus admirable par l'excellence de son travail , chef-d'œuvre de Phidias. Ce graivd artiste s*était conformé , pour l'expression de Jupiter, au texte d'Honière : « Après « avoir ainsi parlé (à Thétis), le fils de Saturne « baissa les sourcils ; sa chevelure suivit le mouve* « ment de la tête immortelle du maître de l'uni- « vers, et le vaste Olympe fut ébranlé... » Ce qu^ Virgile a traduit par le vers :

jiwiuit , ac totum nutu p^mefecit Olympum * .

Strabon a fait observer que cette statue de Jupiter assis était si grande, que le dieu ne pouvait se lever qu'eu faisant tomber la voûte. Plusieurs

» HoM. , Iliad. , liv. i, vers 5a8-53o. — Viac, iEnékl., liv. X, vers iiâ.

2ll4 ftBCHBKCH£&

autres ouvrages d'architecture ^ de sculpture et de peinture du même temple étaieat aussi de la roaiû des plus excellents maîtres.

* TEMPLE DIE DlAJifB A SPUàSB.

Le temple de Diane, à Ephèse en lonie, fut le plus célèbre de la Grèce par sa grandeur et sa magnificence ; il est au nombre des sept merveilles du monde. Oq nomme Ghersiphron de Gnosse pour l'architecte qui dirigea xiette admirable construction, à laquelle,. suivant Pline, toute l'Asie concourut pendant plusieurs siècles '. Cet histo* rien rapporte un merveilleux de tradition au sujet des moyens employés pour la fondation et l'érec* tion de ce monument immense , dont il ne reste que des débris, la plupart souterrains. U luidonne 4a 5 pieds de longueur sur aao de largeur, et 60 pieds de hauteur aux colonnes. Le pied de Pline équivalait à o"^, 2771 , environ | du pied français : ces dimensions se réduiraient , pour la longueur, à 354 de nos pieds, pour la largeur à i83 pieds, et pour la hauteur des colonnes à 5o pieds *.

L'architecture, enrichie par la sculpture, portées l'une et l'autre à un si haut degré, attestaient le

' pLtir., Hist. nat. , liv. xxxvi, ch. xiv.

' Voir, ci-après, aux Mesures romaines antiques.

HlSTOilICO-MOIf UHIHTALES. a 1 5

goût et le perfectionnement des arts, dans F Asie- Mineure.

La statue de la déesse dont le culte était pratiqué dans ce teniple ne ressemblait aucunement à la Diane ciliaèstt#6s»e. ï^^* Diana d'Épbèse présentait uo grand nombre dp mapielles ; elle avait ia tête surmontée d'uno tour, \^ ^rps presque emmaillotté^ couvert de figures et d'animaux symboliques , tels que le cancer^ le bœuf^ le lion » le griffon f le cerf, le spbinx, des insecte3> des ar*> bustes , de^ fleurs, etc. Les savants interprètent cet ensemble par la nature mystérieuse avec ses productions.!^ statue originale, ouvrage de Mentor, qui fit aussi le Jufrfter-Capitolin, était d'ébèue, suivant Pline et d'autres auteurs; on en a varié k matière dajis les diverses imitations.

Ce monument incomparable fut réduit en cendres par l'attentat. d'Erostrate que tourmentait le fanatisme de la célébrité. L'événement eut lieu la première année de la loG"** olympiade, 356 ans avant J.-C. , le jour même de la naissance d'Alexandre-le-Grand, fils de Philippe, roi de Macédoine, et d'Olympias, princesse d'Épire'.

Les édifices d'Athènes les plus estimés étaient : les Propylées, le Parthénon ou le Parthénion.

' QuiHTE-CuiLCB, Préface et Introd. de Ëeauzée.

^1^) RFCHERCIIFS

F.FS PnOPYLEFS.

]j^ nom de Propylée ( Propj/e/a, av;n)t-porle ^ i\\\ (tonné à l'entrée de la citadelle d'Athènes, qui avait été décorée par Mnesiclès. Il était réservé aïi trident impérieux des Anglais de saper et de mntiler ce beau monument de l'antiquité.

Le Parthénon, on temple de Minerve, dont on voit encore les beaux restes dans la citadelle d'Athènes, est un monument d'autant plus remarquable, qu'à l'instar de la grande pyramide de Memphis, il offre* Tétalon du stade olympique I le menu* qu(* l'égyptien ) : la largeur extérieure d(^ ce temple est exactement le sùième du stade, ou l)i(Mi MW j>lèihre = 3o"""', Sry millimètres on loo pieds ( égyptiens et grecs), source étymologique de sa dénomination iX Hécatomperlon,

TE PARTUENO^'

La longueur du temple est d(* 69 mètres 338^ dix-millimètres, ou 2^5 pieds grecs; ce qui établit entre les deux dimensions le ra|)port de [\ l\ 9, et pour suj)erficie .>•;>,, 5oo pieds carrés, faisant ime aroure. Les colonnes ont 1 mètre 8/4 centimètres de diauielre, c'est-à-dire une orayie^ ou fi pieds grecs. Ce monument appartient à Tépocpie de l.'< célébrité des arts et de la solendeur dWlhèncs.

HISTORICOBrONUM£NTA.LES. a 1 7

Les Anglais, au XIX* siècle, eu ont arraché lesmagnifiques bas -reliefs, pour orner lé musée de Londres!...

Ce lemple est périptère^octostyie ^ c'est^^-dite entouré d'un rang extérieor de colonnes, dont huit de face. 11 n'a que deux nefs, ou plutôt une nef et une aile. Les colonnes sont d'ordre dorique^ cannelées, sans base, mais élevées sur uneplate* forme de plusieurs degrés; Callîcrate en fut l'ar^ chitecte sous la direction de Phidias, qui. travailla aux sculptures. On peut' s'étonner des conceptions multipliée^ et peut-être minutieuses auxquelles s'est prêté le génie de Phidias dans l'exécution de sa Minerve dite d'At-hèiies. Si l'on- en croit Pline;, ce chef-d'œuvre d'or et d'ivoire, de a6 coudées de haut, offrait des détails merveilleux : au pourtour extérieur de son bouclier, Phidias cisela en relief la défaite des Amazones par Thésée ; dans le milieu , la guerre des géantç contre les dieux ; au bord de sa chaossure , la guerre à cheval' des La*pithes et des Centaures. Sur le piédestal, ota voyait la généalogie de Pandore. On admirait encore aux pieds de Minerve un serpent et un sphinx d'airain sar lequel la déesse tenait le fer de sa lancée

Pline, Hisl. nat., liv. xxxv, ch. v.

2l8 KtCHKRCHtS

l'odéon.

L'Odéon avait dans sa destination et jusque dans ses matériaux un genre particulier de grandeur. C'était, suivant Vitruve', un édifice où les musiciens et les poètes venaient disputer le prix du chant et de la poésie. La distribution de ces prix devait être précédée de Texécution et du débit des pièces couronnées; c'était donc une sorte de théâtre, qui présentait une forme elliptique propre à favoriser les effets de l'acoustique. Périclès l'avait fait couvrir au moyen des mats et des antennes des navires pris sur les Perses.

TEMPLKS DOUBLES.

11 y avait dans la (irèce des temples bien différents pour la forme; plusieurs étaient doubles : l'un, situé près de Dirade, avait une porte vers l'orient et une vers Toccident. La première formait l'entrée du temple de Vénus, et la deuxième celle du temple de Mars. Les Éliens avaient aussi un temple double consacré, d'un côté, à Lucine, surnommée l'Olympique; de Fautre, à Sosipolis, leur génie protecteur. A Mantinée, un temple pa-

' ViTHiJVK. Tiailuct. do Pcriault, liv. v, ch. ix , et le^

>'ot('s (lu tradinUMif.

filST01U0O*UQHUli<N TALES. a 1 9

réillement double était tonsaoré, d'un cÀté, à £s^ CQlape 9 dont la statue avait été faite pai*. Alcamèoe; de l'autre, à Latone et aea enfaùts^ dont les st^« tues étaient de la maiurde Praxitèle ^ il y. avait aussi à Rome ua temple double, dont je parlerai au sujet de Tarchitecture romaine.

AÏTPHITttÉATltXS.

JEUX PUBLtCSé

Les amphithéâtres et les cirques destinés aux combats des gladiateurs, dans là Grèce, ne doi-* vent appartenir qu'au temps des Romaitis , c'esl^ à-dire au temps des empereurs et de la domina«tioD des Romains, auxquels ce goût sanguinaire était familier, tandis qu'il est en opposition avec le caractère de douceur et d'humanité des Grecs policés, notamment des Athéniens. Mais les Grecs attachaient beaucoup d'importance aux théâtres, aux stades, aux hippodromes, etc. Il en fut -ainsi des Romains, et l'on ne. doit point s'en étonner, lorsque les anciens accordaient tant d'e$time aux vainqueurs de ces jeux publics. On assure que Pbtou même figura parmi, les lutteurs aux jeux Istbmiques et aux jeux Pythiques ; que Pythagorç

' MosTFAUCoXy Aotiq. expliq. Supplém» lom. II,liv. u, pag. 18 et 19»

aao RKCUERCHKS

remporta le prix en Elide; qu'Hréron V% roi de Syracuse, fut vainqueur aux jeux Olympiques et Pytinques. Chez les Romains, à Tinstar des Grecs, les exercices gymniques frayaient aussi le chemin à la considération. Papirius, qui vengea sur les Samnites la honte que les Romains subirent aux Fourches (>audii]es, s'honora du surnom de O/rsor qu'Homère doimait à Achille.

Dans la Grèce, les prix distribués étaient sans valeur intrinsèque; ThoninMir en faisait tous les frais : les vainqueurs des jeux Néméens obtenaient une couronne d'ache, ceux des jeux Olympiques ime couronne d'olivier, et ceux des jeux Isthmiques une couronne ou \\u rameau de pin ; mais on élevait des statues aux vaincjueurs des jeux ])ublics, et Ton avait grand soin de transmettre à la postérité l'exacte ressemblance des traits et des formes, non seulement des hommes, mais encore des chevaux vainqueurs % et ces statues étaient placées dans les lieux les ])lus sacrés, pour mieux entretenir la vénération publique. (>n regardait comme la plus grande félicité qui pût arriver à un mortel de remporter la victoire aux jeux Olympiques, jeux à la vérité tellement célèbres que leur époque est devenue luie mesure chronologique \

' Om cite l(»s clicvanx du ctOèhri' Ciinoii , capitaim* alli»'nioii, ot hii'ii craiitres renoinmés pour ItMir vitesse.

'Ou reproduit eiuore (diaque .innée, dans Florence, h*

HlSTORICCHMORDMKrrTALES. S9 1

On tait que tous les quatve ans 6n célélpTiitt les jeux Olympiques , et tous les trois, ans lies je;ur Isthmîques. A cte époques toutes les hostilités ces» saîent ^ et les Grecs se rendsrient dO' toute part a Élis ou k Coritithe. Les artbtes ne perdaient pas de vue le grand jour où: leuri ouvrages devaient être exposés aux yeux de. la Grèce entière. Qu'on se figure Tardetir et rémùlatioii qu'excitait un- tel concours, pour les arts, les talents et la gymnastique.

Emmené des amphithéâtres , aux stades y hippodromes et autres jeux publics , je n'abandonne^ rai point l'architecture dqs Grecs> s^ns paclejr.des matériaux qu'ils employaient

Les beaux marbres indigènes ne pouvaient s'offrir à de meilleurs artistes; ils donnaient en mémo temps les blocs édificateursy la ba>^ . fondamenr taie du ciment qui 1^ liait « et les princlpaiix qp* nemei^ts de rajrchitecture^ Au. temps, ^, Périclèst les Grecs, plus recherçly^. et plus .îmtruîts que

speemcW des eovrsei de obarsii suivant les lbhiilet;anii^iœ«. Au nord de la même cité moderne , dans^pue s^rèpe.a^j^ceqt? au mur de ville, des athlètes, vêtus oi^ ne peut plus fégèrement , âTexercent à un jeu de batloii roide, qui exige de la vijitteur, 4e rad^Sïtfy et Temptoi d'an gantelet. On y voit lès bustes et )«s noms de ceux qui son( devenus fam^x dans cette gymnastique, objet de rivalités en diverses contrées de Tancienne Etrurie. Cette céfébrité , il faut en convenir, est k peti ptès limitée dans le cercle des acteurs et des amateurs de ce genre de spectacle.

les Égyptiens dans Fart de composer leur ciment, appliquaient, même aux édiBces particuliers, des enduits comparables au marbre de Paros pour la blancheur, la dureté et le poli ; leurs couvertures en terrasse résistaient aux intempéries; leurs maçonneries en petits matériaux étaient solides comme la pierre de taille : c'étaient bien là des résultats du savoir, du goût et de l'industrie.

Page 1