‹ Recherches historico-monumentales concernant les sciences, les arts de l'antiquité: concernanChapitre 40 sur 90 · CIRQUES · texte numérisé non relu

CIRQUES

Roinulus érigea le premier cirque de Rome, près du Forum : les uns disent pour célébrer les jeux en Thonneur de Neptune; les autres en font un hippodrome (circus equestris). Ce fut, dit -on, le théâtre de lenlèveroent des Sabines. Tarquin-F Ancien construisit le premier cirque en maçonnerie, nommé depuis circus maximusj entre le mont Palatin et le mont Aventin. Ce fut lui qui institua les jeux du. cirque. Suivant la description qu'en fait Denys d'Halicarnasse % le grand cirque était long de trois stades et demi ( environ 644 niètres) , et large de 4 jugera ( environ sk8o mètres); il pouvait contenir iSo^ooo personnes. Augmenté par Jules-César, il devait, suivant Pline ^, eu contenir a6o,ooo. Auguste y fit placer l'obélisque qu'on voit aujourd'hui sur la place du Peuple. Après l'incendie de Néron , Tra* jan le fit reconstruire sur les dessins du célèbre Apollodore de Damas, et tellement vaste, suivant Dion \ qu'il pouvait contenir 38o,ooo personnes. U fut èudore restauré et embelli par Constautin-

» » ' Citations do Vasi. D«'scripr. des moniini. antiq. cl Bdoder. de Rome, r. ii, p. 4u8, 429, 4')o.

le-Graïul , dont le fils , Constance , y plaça uii deuxième obélisque, celui qu'on voit maintenant élevé sur la place de Sainl-Jean-de-Lalran.

T.c cirque Flaniinius était aussi fort grand et fi>i t l)eau, suivant le dessin cpi'en donne Mi)nlfaucou, (Taprès Laurus ^ On a com|ïlé jusqu'à dix cirquo à l{f)me; mais le seul qui reste, et qui puisse donner une idée satisfaisante de ce genre dVdificc, est le cii(|ue de Caracalla.

On sait cjue la destination des ciicjues était la course des cliais. \Amr forme était un carré long, terminé d'un bout par une partie demi circulaire, de l'autre |)ar une ligne droite ou par une courbe ])eu sensible. Le milicni était divisé, suivant la longueur, par une plate-form(î étroite, nommée /a spiiia ^ sur laquelle étaient élevés des obélisques, des statues et des trépieds. La spiria était défendues aux extrémités, par des bornes [metœ ^. I/arène était entourée de plusieurs rangs de portiques et de gradins pour les spectateurs. Les places de distinction, telles que riiémicycle et les lours carrées qui dominaient l'enceinte, étaient

fort biiguées.

M(»>'TF AI r.oN , Antiij. cxpl. , l. iii , i*^ p.iitic, |>l. clix. Si(rtt quos curriiii/o puU'cnrn ni ^tnpit atn

hvitatti mtis

lIoRAT. ()d. lib. I, od. I.)

flISTORICO-lfONllMeJSfTALES. ^H^

Quoique les cirques fussent priocipatement (lestiuésaux courses de chars, ils servaient aussi, dit-on, pour les courses à pied, pour les jeux de la lutte, du pugilat, pour des chasses d animaux et autres exercices propres à former la jeunesse k la guerre et aux combats. C'est dans le grand cirque, au rapport d'Aulu-Gelle cité par Yasi, qu'Ândroclès, exposé aux bétes féroces » ayant été reconnu par un lion auquel, en Afrique, il avait arraché une épine du pied, cet animal, au lieu d^ dévorer Androclès, se mit à le caresser '.

Les auteurs grecs ne sont point d'accord sur le nombre des tours requis pour la course du cirque : Homère n'en désigne qu'un, mais fort loiàg; Pindare en met douze, et Sophocle six ou sept. Ce dernier nombre parait avoir été adopté cbc» les Romains.

Les coiiducteurs de chars aux courses du cirque, k Rome, étaient des esclaves, des affranchis, ou des^étrangers. On vit pourtant dans la suite des fils de iiobles et des sénateurs exercer cette foac^ tion; plusieurs empereurs, dissolus à la vérité^ Calîgula, Néron, Yitelliui, Commode, Caracalla et Déliogabale, n eurent point. honte de se faire quriges dans le cirque '. I^es noms des auriges et

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' C^t Androclès était r^sclave dWpruçonsal ^n Afriquf, A pion, Akzandriu, qui se trouvait à Romç Tan 40 de notri? ère, affirme celle anecdote dt^ vîsit.

» MoifTrAUGOV, Antiq. expl., t. m, a* partie, liv. ïn, p. aSa.

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ceux (les chevaux de la course, leur généalogie méuie et leurs portraits étaient chantés et transmis sur le marbre. Il y en avait de célèbres, tels r]ue Faurige ou l'agitateur Scorpus , qui, suivant le poète Martial, faisait, de son temps, les délices de Rome. Dans ces courses les auriges ou conducteurs étaient divisés en quatre sections, dites factions, distinguées par les couleurs : la blanche, la rouge, la hleue et la verte; tous portaient un bonnet d(* même couleur (bleue).

CntQUi: DF CARACALI.A.

Le cirque de (laracalla, attribué à Antonin Caracalla, était moins spacieux (pie celui de Tarquin. On retrouve les murs de la circonférence, qui supportaient les gradins pour les spectateurs; On reconnaît laspina ainsi que les metœ. On voit encore le grand arc sous lequel le vainqueur des jeux sortait (»n triomphe sur la voie Latine, et les vestiges des carceres (loges pour les chars, pour les chevaux, et pour les animaux féroces).

C'est là qu'on peut observer les vases ou voussoirs creux, en terre cuite, employés soit pour rendre les voûtes plus légères, soit pour épar^^ner la brique; moyen importé en France et mis en œuvre, avec des modifications, aux travaux du Palais-Hoval ^l'Orléans) et du Théatre-Francais adjacent , à Paris.

HISTORIGO^MOBUMENTALES. 289

On remarque, au oirque de Caracalla , que- la spina n'est point sur l'axe de l'arèhe ^ mais plus rapprochée de la droite où commençait la course, sans doute pour faciliter it développement des chars au tournant vers la gauche. Au milieu de cette épine était l^obélisque égyptien qui surmonte actuellement la belle fontaine de Navane.

amphithAatrci».-

Amphithéâtres de Rome. — Ce mot eét originàîi*e du grec et signifie théâtre doublé, deux théâtres réunis Tun contre l'autre. Le spectacle le plus fréquent des amphithéâtres romains était celui des gladiateurs ; il commença l'an 4go de la fondation de Rome, sous le Consulat d'Appius-Glatudiu^ et de M. Fulvius. H se donnait d'abord aux funérailles des principaux magistrats et des sénateurs, ensuite à des occasions semblables , mais de personnes moins importantes ; enfin, dans les solennités publiques, aux dédicaces de monuments, aux Quinqueiinales, aux Décennales, etc. Dans les premiers temps, les esclaves et les captifs faisaient Toffice de gladiateurs ; plus tard, ce fiirentdes cri^ minels condamnés, à l'exception de quelques hommes libres qui s'en faisaient un mérite, un sujet de réputation ou de lucre. Pétrone rapporte la formule d'un serment qu'on faisait prêter aux gladiateurs entretenus : « Nous sommes prêts

2190 RVGHBftCUBS

m à souffrir le feu , les liens , le fouet^ le fer el la « mort, pour faire notre devoir de gladiateurs ^ p Le sort du vaincu dépendait du mouvement de barbarie qui animait quelquefois les spectateurs et les portait à crier : Redpe ferrum; alors le vainqueur, frappait saijis miséricorde, etc. Mont- Jhocon dit que cet usage cruel de spectacles vient des Étrusques, qui le tiraient peut-être des Lydiens dont ceux-ci furônt une colonie.

Dans les amphithéâtres , le podium y c'est-à-dire la première galerie dominant Tarène^ était la place destinée aux sénateurs, aux magistrats , et même aux empereurs , pour lesquels il y avait un troue ou stége particulier. Du reste, la distribution des gradins, escaliers et vomitoires supérieurs était semblable à celle des théâtres. Les chevaliers occupaient les gradins entre.le podium et la première précinciion.

Le premier amphithéâtre de pierre , à Rome y fut celui de Statilius-Taurus , bâti dans le Champde-Mars, sous l'empire d^Auguste, suivant Dion; il fut brûlé sous Néron. Cet amphithéâtre était bien moins vaste et moins beau <}ue cekir de FI. Yespasien , dit le Colysée. On ne voit à Rome de restes en ce genre que ceux de ramphithéâtrc Castrense et de l'amphithéâtre Flaitien.

L'amphithéâtre Castrense se trouve entre 1

Ce ne pouvait être là ce Dukejmfpatrid mon.

HiSTORICO-MONUMENTàLES. agi

portes Majeure et Saint-Jeau , en dehors de l'enceiiite de Servius-TulHus. Cet édifice, dont les murs sont en briques , parait tirer son nom de sa destination pour les combats des soldats contre les betes féroces. Les colonnes et les arcades qui subsistent attestent un assez bon goût ; mais Tensemble n'était pas considérable.

COLYSÉK.

L'amphithéâtre Flavien est plus connu sous le nom de Colysée [Cotosseo). Ce colosse de Tart fut commencé par l'empereur Flavius - Vespasien , Tan 72 de l'ère chrétienne, après son retour de la guerre contre les Juifs. Titus l'acheva et le dédia à Vespasien son père; cette dédicace fut, dit-on, célébrée par des combats de gladiateurs et de betes féroces. Le plan de Tamphithéâtre est elliptique; c'est la forme ordinaire de ces édifices. Il a environ 533 rtiètres de pourtour extérieur et ^3g mètres de développement intérieur au po~ ^/iim, c'est-à-dire au bord de l'arène. La hauteur totale est d'environ 5i mètres, composée de quatre ordres grecs superposés à l'extérieur, le premier du bas dorique, le deuxiène ionique, le troisième et le quatrième corinthiens. 11 y avait trois rangs ou séries de gradins, avec un portique supérieur. De nombreux dégagements facilitaient la plus prompte sortie des spectateurs, dont le nombre

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total pouvait être de 1 00,000. I/arène était de 5 à 6 mètres plus bas qu'elle ne Test maintenant à cause des décombres; ce qui garantissait les spectateurs de Tatteinte des animaux.

Les beaux restes de ce monument, altéré par le temps et par les vicissitudes des siècles, ont fourni partiellement à la construction de divers palais; le pillage et Tincurie en accéléraient la ruine, quand le pape Pie VI arrêta ces désordres, fit soutenir les parties menacées et prit des mesures conservatrices de ce qui se trouvait épargné. Depuis cette heureuse époque on peut admirer, sous une prévoyante surveillance, ce précieux témoin de Tancienne grandeur romaine.

On assure qu'un grand nombre de chrétiens ont souffert le martyre dans cet amphithéâtre, condamnés par la barbarie des empereurs à y devenir la proie des bétes féroces. Depuis ce temps on a érigé dans Tenceinte du Colysée de petites chapelles expiatoires rappelant les circonstances de la passion de Jésus-Christ.

AUTRES A!\rPHITHKATRES.

L'amphithéâtre de Vérone est l'un des plus grands et des mieux conservés de l'Italie , du moins dans l'intérieur, car l'enceinte extérieure est j)rosque ruinée, à l'exception de quelques arcades qui présentent trois cours du même ordre

HISTOHIGO-HONUMKNTALI'S. SqS

dorique, l'un au-dessus de l'autre, monotonie remarquable. L'arène elliptique a environ 76 mètres de grand diamètre sur 43 mètres de petit

Les restes de l'amphithéâtre de Capoue attestent une grande magnificence et un développement considérable; sous ces rapports il le cédait à peine, dit-on, au Colysée de Rome; il avait aussi ses quatre ordres successifs d'architecture.

L'amphithéâtre de Pouzzole ne montre plus qu'une partie de son plan et rien de ses orne* ments; il devait être presque aussi vaste que le Colysée de Rome. On le considère comme tràsantique d'après la simplicité de ses divisions. Du temps d'Auguste, les combats de gladiateurs , a Pouzzole, étaient fort renommés. C'est à l'occa* sion d'un affront fait à un sénateur romain dans cet amphithéâtre, qu'Auguste promulgua la loi des préséances aux jeux publics ', Cet amphi* théâtre n'ayant point de podium élevé au-dessus de l'arène , on en conclut qu'il n'était point destiné aux combats d'animaux.

Les Gaules avaient aussi leurs amphithéâtres, surtout dans la partie méridionale ; mais les restes en sont moins conservés qu'en Italie. Il y en avait â Fréjus, à Nîmes, Arles, Orange , Tintiniac près Tulle, Bordeaux, Poitiers, Autun, Metz, etc. Les restes de celui d' Autun (l'ancienne Bibracta)

• SuET. in AugusiOy c, xxxxiv.

JAj { ]ii:cm:iu.iiLS

doniKMil nue liante idée de cet édifice. La face (\\léri( me était à quatre élap^es, avec arcades, et d(\s slahies dans le liant, au lieu de pilastres.

rui':vi iiFs.

Le s\ sterne de construction des théâtres fut apporté de la Grèce à Rome; mais les Romains \ iinMit plusieuis clian^^enients de formes et de destinations : chez h^s (Irecs, Thémicycle du has el;iit le lieu ou les l).da(hns s'exerçaient; chez les lîoinains il fut destiné aux places des sénaicurs et des |)ruuipaux dignitaires; aussi Torches- \vc était-il plus grand chez les Grecs. Les chevaliers romains occu|)aient les premiers rangs au- (!es-,iis de Torchestre juscju'aux vomitoires ; plus haut, le p(Hipl(* avait s(»s |)laces suivant les lois /loscia et .Iulid , concernant les théâtres. Les £?ra- <lins des chevaliers étaient séparés de ceux du peuple par un couloir ou pali<M' général nomme pri'cinctio \ ceinture ou h al te uni,

\,Ks théâtres se couvraient éventuellement |)nr luie glande t(Miture de toile, et dans la suite par un lissu |)lus riche.

flISTORIGO-iiONUJMBflITALES. 29$

THSàTRS DM, PQIfP££.

I^ premier théâtre permanent construit à Rome fut celui de Pompée^ l'an de la fondation de Rome 699 , après la guerre ' contre Mithridate , roi de Pont. Il fut b4ti. dans la forme du théâtre de Mitylène en Grèce» mais plus grand et plus magnifique; suivant Pline ^ il pouvait contenir quarante mille spectateurs. A peine en voit-on quelques fragments prés du Campo-di-Fiori^ au bgut de Tancienne via Recta. Montfaucon a donné le plan de ce théâtre, d'après la table iconographique gravée sur une grande' pierre du temps de l'em* pereur Septime-Sévère , où tout le plan de la ville de Rome était dessiné avec les noms des lieux en particulier \ Ce plan, le seul vraisemblable, est simple et d'une médiocre étendue. Il y avait quinze escaliers montant en droite ligne depuis l'orchestre jusqu'à la galerie supérieure. On y voit la precincHo qui. séparait les places des chevaliers romains de celles du peuple.

THEATRE DE MAACELLUS.

Le théâtre de Marcel lus fut bâti par Octave- Auguste , qui le dédia à Marcellus , son neveu , fils

' MonTFAUcogi, Antiq. ex|J., t. niy 'a^ partie, liv. 11, pi. cxm.

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d'Octavie sa sœur; ce fut le second tlicâtre permanent de Tancienne Rome. Son plan était demicirculaire. Suivant Serlio, le diamètre inférieur, au niveau de Torchestre, était décent quatre-vingtquatre pieds romains (environ cinquante- cinq mètres), et le diamètre de l'Iiémicycle entier ou de Tenceintc extérieure de quatre cent dix-sept pieds (environ cent vingt-quatre mètres). C*est dans les restes de ce beau théâtre que se trouve maintenant enclavé le palais Orsini. Des différents ordres qui décoraient le pourtour extérieur on ne voit plus qu'une partie des deux inférieurs, du coté d<^ la place Montanara ; mais la construction en est si belle et les proportions si parfaites, que les architectes modernes Font prise pour modèle des ordres dorique et ionique placés Tun sur I autre.

j\ A H M A CH IFS.

Les naumachies étaient de vastes bassins artificiels. On y doiuiait le s[)ectacle, c'est-à-dire des simulacres de combats navals sur des galères, el des ex(^rcices ]>ublics, pour former la jeunesse aux manœuvres de la marine. Les partis combattants prenaient les noms des peuples célèbres, par exemple : les flhodiens se battaient contre les Siciliens, les Athéniens contre les Perses, les Egyptiens contre les tyriens. Jides-César

HISTORIGO^arONITMENTALES. 297

donna un' spectacle de naumacbie , oii Taffluence fol si grande que plusieurs furent étouffés dans la foule. 11 y avait quatre mille rameurs et mille combattants de chaque côté. A cet effet il fit creuser, dans le Champ-de^^Mars , une espèce de lac où il amena Teau du Tibre. Auguste fit aussi une naumacbie sur Tautte rive du fleuve. Caligula en construisit une troisième. Néron, Titus et Domitien donnèrent encore le même spectacle. La naumacbie de ce dernier empereur est la seule* dont on admette quelques traces, au pied du mont Pincius, où se trouve actuellement la place d'Espagne, au milieu de laquelle on voit une grande fontaine dite délia Barcaccia *. Cette naumacbie était, dit-on, bordée de portiques. On rapporte que non seulement presque tous les combattants, mais encore beaucoup de spectateurs y périrent par un grand orage et une tempête horrible *. Suétone et Tacite parlent d'un grand combat naval qui fut donné, dans cette même naumacbie, par Tempereur Claude.

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