BASILIQUES
Les anciennes basiliques étaient destinées aux réunions des commerçants et plaideurs, comme actuellement certaines salles des palais où l'on rend la justice. Telle était la destination de la basilique de Paul-Émile à Rome, et de celle construite par Vitruve, dans la colonie Julienne de Fano sur l'Adriatique. A cette dernière, le tribunal proprement dit était séparé par un péristyle commun , et dix-huit colonnes formant un carré long séparaient la nef de la basilique foraine de
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Ligorio furent charf>(\s,s<)iis le pontificat de Pie V, lie continuer Tédificeen se conformant aux dessins de .Micliel-Anj^e : ils ne purent Tachever ; mais Vignole y ajouta les deux petites coupoles latérales (]ui contribuent si bien à l'effet pyramidal.
r^a magnifique coupole fut terminée en 1^90 par Jacc[U('s de La Porte, sous le pontificat de Sixte A', cpii fit élever au milieu de la place Antérieure Tobélisque égyptien qu'on y voit aujourd'hui. Ce même de La Porte, sous C.lément YIII, orna la grande coupole de mosaïques, et la yoùte de stucs dorés; il fit aussi les pavés intérieurs m marbres variés. Sous Paul V la croix grecque de Haltliazar Peruzzi redevint la croix latine de liramaiite; rarchitecte (iarlo Afadcrno exécuta ce cljan:;ement définitif, et construisit en i()io le porticpu^ intérieur avec la façade actuelle , qui certes n'offre j)oint un caractère convenable à son objet, et fait bien regretter que Michel-Ange n'ait pu compléter son a(lmiral)le projet. Sous Alexandre VII, le chevalier Bernin exécuta le double portique circulaire qui borde la place. l'^nfin Pie VT compléta i'ensemble en faisant ériger, par Charles Marchioni , la sacristie ([ui manquait à cett(* basilicjue.
Cette immense, cette étonnante production âc Tart a demandé prés de trois siècles pour arriver a sa perfection. Après l'empereur Constantin, dix papes y ont coopéré; plus de dix architectes y
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ont élé employés successivement. Suivant Charles Fontana , architecte moderae^ la dépense , seulement à la fin du 17* siècle, s'élevait à environ 47 millions d'écus romains (a35 millions de France), sans parler des ornements et des ouvrages postérieur», car tous les arts ont concouru à ce monument, le plus merveilleux de Rome moderne : larchitecture , la peinture, la sculpture, la mosaî* que , la brônzerie , ta dorure , etc. , y brillent simultanément avec une pi>oiusion presque incroyable. .
Je. ne connais aucun accord entre les divers éprits qui ont indiqué les dimensions de ce pro* digieux édifice. Je citerai donc de préférence un auteur romain moderne, membre de l'académie étrusque de Cortoné '. Autrement j^ne pourrais en parler que de Visu admirante. La longueur de l'axe , depuis l'entrée jusqu'à la tribune , extrémité du rond-point, est de 569 pieds français. La phis grande largeur, c'est-à-dire la longueur de la croisée intérieurement, est de 4'7 pieds. La nef centraie a 85 pieds de largeur et \l\^ pieds de hauteur sous le milieu de la voûte. Le dôme a i33 p. de diamètre intérieur; sa hauteur totale jusqu'au sommet de la croix supérieure est de 44^ pieds, dont 160 pour les pieds-droits avec leur eutable-
Vasi, Descript. des Monuiu. aiitiq. et mod. de Rome, t. 11, p. 57/1.
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mesit , rSg pour la coupole ^ 69 pour la lanterne, 29 pour le piédestal du globe, 10 pour le globe (d'airain doré ), et i3 pour la croix.
Dans ce vaste ensemble tout est proportionné, tout est en harmonie , jusqu'aux détails les phis accessoires; les effets de la perspective y semblent Combinés avec une rare sagacité : les pilastres corinthiens de la nef ont 77 pieds de hauleur. Compris base et chapiteau, ce qui correspond à un diamètre d'environ 7 pieds 8^ pouces 6 lignes; les statues placées dans les plus basses niches des entre- pilastres ont 1 3 pieds de haut , et les figures en stuc qui décorent les tympans dies arcades en ont a5 ; les unes et les autres semblent d abord de grandeur naturelle. Enfin les bénitiers, au-devant des premiers piliers de la nef, vus en entrant, paraissent supportés par deux petits anges, c'est-àdire , par des figures enfiintines , mais qui n'ont pos moins de 6 pieds de proportion.
SAIIfT-JEAir^DE-LATmAir,
I^ basilique de Saint-Jean-de-Lairan fut aussi fondée par Constantin -le-Grand; elle tire son nom du lieu de son érecMiOn, où était précédemment la palais des Latérans , et de sa dédicace à saÎAl Jean-Baptiste et à saint Jean l'évangéliste. C'est la priuiatiale de Rome et la principale du monde catholique , la cathédrale du souverain pontife , qui
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eo prend, pour cette raison, possession solennelle après son exaltation papale. La basilique primitive subsista pendant dix siècles, au moyen des réparations successives qu'y firent divers papes. En 1 3o8 , Clénaent Y teoant le siège apostolique à Avignon, elle fut presque entièrement détruite par un incendie , ^vec le palais contigu. Ce même pape la fit reconstruire. £n i349, ^^ g^^nd trero* blement de terre en ayant renversé la toiture et le plafond , elle fut restaurée par Martin Y, ensuite décorée par Alexandre YI et Pie lY. Ce dernier pape y fit exécuter .un beau plafond doré , et la façade latérale* Sixte Y y ajouta un double porti* que sur les dessins du cbev. Fontan^. Les nefs fiirent restaurées et recojustruites sous les papes Clément YIII et Innocent X, par Jacques de.LajPorte et le cfaev. Borromini. Enfin Clément TCII acheva ce magnifique temple , et fit élever par Tarchitecte florentin Alessandro^ Galflei la belle façade actuelle, dont la balustrade supérieure est ornée de onze statues de marbre. .
On voit dans les portiques la statue en bronze de Henri I Y, roi de f'rance , comme bienfaiteur de la basilique, et celle de Constantin-le-Grand, trouvée dans les thermes de cet empereur. L'intérieur de cettebasilique présente cioqnefe formées par quatre rangs d'arcades et de beaux pilastres corinthiens; on a placé dans les niches intermédiaires delà grande nef les statues colossales de3 douze apôtres, exécu*^
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tées par cVliabiles artistes. Le ])lafond est à grands compartiments enrichis de sculptures et de dorures. Le pavé est composé de marbres choisis cl
variés.
A l'autel du fond, dont le tabernacle est d'une grande richesse, on remarque les (piatre colonnes, l'architrave et le Ironton, m bronze doré; les colonnes, d ordre composite, ont c) pieds 7 pouces de circonférence. On assure que ces objets proviennent de fancien temple de Jupiter-Capitolin; quelques-uns pensent qu'ils sont les mêmes qu'Auguste fit exécuter après la bataille iYJciïum, avec le bronze des proues des vaisseaux égyptiens, et que Domitien fit placer au (.apitoie; d'autres croient qu'ils ont été apportés de la Judée par l'empereur Vespasien, avec les dépouilles du temple de Jérusalem.
SATNTF.-MARIE-MAJEtRE.
]/,{ basilique* de Sainte-Marie-Majeure est ainsi nonuuée, comme la ])rincipale des églises dédiéts à la Vierge. Lue tradition superstitieuse s'attache a la fondation primitive du temple moderne, au sommet du mont Esquilinus et sur les ruines du tem|)le de Junon-TAicim., \ers I an 35.2, sous Ir pontificat de Liberius, en conséquence d'une vision conlirmét^ par uru^ chute isolée ile neige sm ledit mont. Vm \\} . le papc^ Sixie (II agi'andil
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l'édifice sacré et lui donna la fonne actuelle; mats depuis il a été restauré et richement décoré par différents papes, notamment par Benoit XIV, sur les dessins du chev. Ferdinando Fuga.
L'intérieur de cette basilique est Irès-majestuenx et composé de trois nefs séparées par deux files de superbes colonnes d'ordre ionique,' en marbre blanc, qui sûppopte;U un bel* attique et un magnifique plafond enrichi de caissons et de stucs dorés. Entre autres objets précieux qui con<* courent à fornement des différentes parties de l'édifice, on f remarque la statue en bronze de Philippe IV, roi d'Espagne, bienfaiteur de cette basiKqué, celle aussi en bronze du pape Paul V, et le buste de l'ambassadeur du Congo, par lé chev. Bernin. On y conserve, dit-on, le berceau de Notre Seigneur^ et le foin sur lequel il filt couché dans la crèche, ainsi que les langes qui servirent à l'envelopper '. ' '