‹ Recherches historico-monumentales concernant les sciences, les arts de l'antiquité: concernanChapitre 55 sur 90 · C. Catulus employa le premier les t^ntures de · texte numérisé non relu

C. Catulus employa le premier les t^ntures de

■ MoRTFAucoN, A.nliq., expl. , suppl., t. 11, liv. iv, p. 79. * Plihk, Hist, nat.y tib, vu, c. 74.

^ Plirb, Hisi. nai.y Ub. xix, c. 5.

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toile , lors de la dédicace du Capitole. Plus tard, Lentulus Spiuter fit couvrir le théâtre en tissus de carbase {^carbasina vêla) pour la célébration des jetli ÂpoUinaires. César, lorsqu'il "était dictateur, fit couvrir entièrement le Forum ^ la voie Sacrée depuis âon palais, et la montée du Capitole jusqu'au temple méttie. Ce genre de magnificence parut, dit-on, plus admirable que le sp^tacle des gladiateurs ; c'était beaucoup dire. Dans la suite Marcellus, fils d'Octavie, petidaut soti édilité sous le XI* consultât d'Auguste, fit pareillement couvrir la place publique seulement pour abriter les plaideurs. Peu de temps après , des voiles de couleur d'azur et parsemées d'étoiles furent tendues , au moyeti de cordages, sur l'amphithéâtre de Néron. Leé cours intérieures des palais, dit Pline, étaient couvertes de tentures rougea qui en défendaieht l'herbe contre l'ardeur dit soleil ^

Les victoires de Lucius-Scipion , Cti. Manlius, L. Mummius et Pompée, développèrent â Rome le goût et le luxe des riches étoffes, de la vaisselle d'or et d'argent, des vases et ustensiles précieux, des bijoux et des pierreries. Plinedétailie, en lescensurant, l'ostentation et le luxe effrétié que Pompée étala dansJe troisième triomphe qui lui fut décerné souslesconsulatsdeM. PisouetdeM. Messala*. Les

' Pline, Hist* nat.^ itb, xix, r. 6.

* PuifE, Hùi. nat.y lib. xxxvu, c. s.

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dépouilles ennemies formaient presque tout cet attirail.

Les anciens Romains^ plutôt par luxe que par amour des arts^ attachèrent un grand prix aux ouvrages de peinture comme à ceux dé sculpture, etc., et s'en procurèretit beaucoup de l'Asie : ils possédèrent surtout, par voie de conquête, des chefis-d'œuvre de Polyghote, d'ApoUodore , de ZeUxis, Parrhasius, Protogène, Apelle, etc. Leurs peintres nationaux furent peu célèbres. Pline rapporte néanmoins que l'empereur Néron se fit peindre sur toile , en colosse de cent vingt pieds de haut; mais qusmd ce grand tableau fut achevé, la foudre le brûla et endommagea une partie du lieu de son exécution *. L'auteur de ce grand tableau fut probablement AmuHus, peintre renommé de l'époque.

Les palais de L. Crassus et de M. Scaurns offraient un luxe inouï de marbres rares , de colonnes et d'ornements apportés à grands frais de TAsIe et de la Grèce. M. Scaurus fit construire, pehdant Son édilité, un théâtre merveilleuse de trois étages, où Ton avait ettlployé trois cent soixante colonnes de marbre. L'étage inférieur était tout de mafbre; celui du milieu était de verre {média è vitro) ^ c'est-à-dire probablement revêtu de glaces; le haut était sculpté et doré; le

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• In Maianis ou Lamianis hortis. Plik., Ub, xxxv, r. 7.

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tout décoré d\\n nombre considérable de statues en bronze, de riches draperies et d'excellentes peintures. Il y avait place pour quatre-vingt mille spectateurs assis.

Caïus-Curion , pour la léte qu'il donna au peuple romain à l'occasion des funérailles de son père, suivant l'usage établi, désespérant de surpasser la somptuosité de Scaurus, y suppléa par l'industrie, et le génie de la mécanique, eu faisant construire deux vastes théâtres, en charpente , tellement disposés et si bien équilibrés sur pivots , qu'on pouvait les séparer ou les réunir à volonté, même erj former un amphilhéàlrtou coivsée complet; ce qui eut lieu pour divers gemu^s de spectacles, lorsque ces théâtres étaient remplis de monde '.

Plintî a vu LoUia-Paulina, qui lut depuis réponse detlaligula, tonte couverte d'émerandes et de j)erles. Sa tête, les tress(\s et les boucles de ses clieveux, ses oreilles, son cou, ses bras , ses doigts en étaient chargés; il y en avait pour 4o,ooo,ooo de sesterces ^. Po|)pée, femme de Tenipereur Néron , fit ferrer d'or les [)ieds des chevaux ou mulets qu'elle aimait le n)ieux ^.

On a pu juger, par tout ce qui précé<le, du

' l^.iN., /th. xxxvi, c. i5.

' Pi. IN., His't. nat.. iih . i\, c. 58.

' Pmn,, Hist. tun., lih. xxxni, r. i i

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luxe et de riminense richesse qui se déployaient dans Rome, surtout au temps des empereurs. MoDtfaucoQ ^' en indique les sources et la succession à peu près de la manière suivante : David laissa à son fils Salomon , pour la construction dix temple de Jérusalem, 3ooo talents d'or et 7000 talents d'ajpgeut; Salomon y ajouta une quantité immense d'or et d'argent que lui apportait une flotte partie d'Asiongaber (sur le golfe Arabique). Nabuchodonosor enleva ces richesses et les transporta à Babylone, où le sac de Nini^ve avait déjà réuni d'autres richesses. Ces trésors furent considérablement augmentés par le pillage de Tyr, ville riche et puissante, et par celui de l'Egypte. Cyrus, roi de Perse, ayant subjugué la Lydie, s'empara des trésors du fameux Crœsus, prit ensuite Babylone avec ses richesses incalculables. Cambyse, fils de Cyrus, y ajouta le produit de sa conquête d'Egypte. Combien les Romains^ vainqueurs de tous ces peuples de l'Asie , de l'Egypte et de la Grèce ^ ne durent-ils point cumuler de richesses en tout genre ? Suétone, Tacite, Pline et Flav. Josèphe, entre autres, donnent une idée des richesses immenses et des prodigalités de Caligula^ de Claude, de Néron, de Yitellius, etc.

Le luxe à Rome gagna, pour ainsi dire, toutes les classes de la société. Séuèque , se récriant sur

* MoMTFAUCoif, Àntiq. expl., suppl., t. m, liv. 5, c. i.

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I(* luxe ot la coc|iietterie des femmes romaines, (lit : <( Leur folio était telle en cv point, qu'une i( seule femme portail deux ou trois patrimoines « pendus à ses oreilles. » Le même historien dit encore : <« Qu'un miroir était aussi grand que le (( corps humain * , et qu'un seul miroir leur coù- <( tait plus d'argent qu'il u'en fallait pour marier <r la fille d'un iiénéral de l'armée romaine. Crovez- <i vous, ajoute-t-il, que les (illes de Scipion eus- <c sent des miroirs enchâssés dans l'or, elles à qui « le sénat donna une dot médiocre? Cette dot ne « suffirait |)as aujourd'hui j)our fournir un miroir cf à la fille d'un affranchi. »

Les miroirs dont parle Séuèque étaient-ils métalliques ou bien de verre? Déjà le verre était iMn[)lové (lar)s Rom<», puiscjue Néron se servait «l'une lorgnette, qu'on y coruiaissait le prisme { vitruni frigonum) ^ \i'S vitraux, les fioles lacrymatoires, les émaux, etc., et qu'il y avait, au temjjs de Pline, une fabrication de verre.

En parlant des Orecs, j'ai mentionné différentes esj)èces de vases que les Romains vantaitiU beaucoup : l(»s vases corinthiens, ceux de Chio. les samiens, lesbiens, déliaques et murrhins. La uïatière de ct^s dcrni(»rs est une espèce d'émail ou de laitier de volcan. Après la défaite de Mithridate

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i>ar Pompée, ils devinrent à Rome un objet de luxe déraisonnable; les Romains leur ont donné des valeurs d'une extravagante fantaisie. Voici , k loGcasion de ces vases , une anecdote tragique :

Yedius^PoUion avait sur le mont Pausilippe une superbe villa ^ dont les ruines attestent l'étendue, oélèbre d'ailleurs par se^ réservoirs de murènes {piscinœ) sur le bord de la mer« Un jour que Pollion traitait Auguste dans cette villa, on vint Tinformer qu'un esclave avait rompu un vase précieux nommé Murrhin... a Qu'on le jette aux nw* rênes {mimurenas) ! » dit froidement Pollion* On assure que l'empereur, pour empêcher Pollion d'exercer k l'avenir ce genre de cruauté, fit briser tous les vases de cette espèce. Ou a peut-être abusé de cette anecdote^ en faisant regarder ce genre de mort comme un supplice adopt contre les esclaves, ou comme un barbare usage de ce Pollion pour la nourriture de ses murènes.

Le luxe devient facilement voluptueux, et la musique se prête aux passe-temps de la mollesse. Néron trouvait une cruelle volupté, durant l'incendie de Rome, en chantant sur la lyre l'incendie de Troie. Quel passage du luxe et des arts au

crime!...

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