SYMBOLES NATIONAUX
Le grand nombre des nations dé l'Asie, si Taste et si populeuse, la diversité de letir position et de leurs gouvernements , ont dû variei* à l'infini leurs usages comme leurs mo^ui^. Mais il y avait un usage commun, celui' des symboles, que l'Egypte sut généraliser dans sa langue hiéroglyphique. Le souvenir, Taction et l'espérance sont le symbole moral du passé , du présent et de l'avenir. Comme rien n'est fécond dans la nature sans l'intime union des deux sexes ^ pout dotinek* une compagne au soleil , on a choisi la lune , parce ce qu'ils semblent s'être partagé le teinps , c'est^à^lire le jout" et la nuit. Aussi voit-on, dès là plus haute antiquité, chez pk*esque tous les peuples, les images ou les emblème réunis de 'cés deux asnres principaux. Les villes, les fleuves , les dontrëes , et mênie les trois parties du monde ànciiefa avaient leurs symboles distinctifs. La plupart étaient pris dans lés particularités dominantes des t-ègnes de la nature , ou dans la circonstance principale de leur iondation. Ou sait que les villes d'Orient se refM^é-
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sentaient sous la figure d*une femme courcHfinée de tour&, *comme Cybèle, avec des attributs relatifs aux productions locales ou au commerce principal du pays, quelquefois par la figure d'un animai naturel ou fantastique.
Tsà déjà fait connaître et raisonné beaucoup de ces symboles publics, dans un Afémoire sur les médailles antiques ' ; je ne rappellerai ici que la nomenclature des villes et de^ provinces ou contrées dont j'y fais mention :
Les Abruzzes {Brutii)^ TAchaïe, Adria, l'Afrique, Agrigente, Amphise, Amise, Apamée de Phrygie, Argos, l'Arménie , l'Asie , A^ope , Aspende , Athènes , Augusta ( Roraçorum) , la Béotîe , la Qithynie, la Grande-Bretagne, Colonia en Calabre, la Cappadoce, Carthage, Clusium en lÉ^trurie,Cyzique, Corinthe, Constantinople oi) Byzaqce, la Crète, Cumes, la Dacie, la Dardanie, Ephèse, Egine, rÉgypte, Eleusiniiy l'Espagne, les Gaules, la Germanie, Héraclée de Lucanie, l'Italie, Larinum dans la Fouille, la Lucanie. Lyoq, \^. Maqéjdoine , Mamertini en Calabre « Mandul^ia dans la G^ule celtique, Maroniti dans 1^ Thrace, A^assili^ (^^'** seille), la Mauritanie, Naples ou P^rtbépop^, Nicée. Païenne, la Pannonie, le Péloponèse, Pergame en Eolîde, Pharsale, Popqloniaen Étrurie, Reggio en Calabre, Rhodes, Rome, Sciq, $é|eu-
' Appepdice des Souvenirs polytechniques.
4 [4 RECHERCHFS
cio, la Sicile, Sidon , Siscia en Pannonie, Syracuse, Tagée, Tarentc , Thase au fond de la mer Egée, la Thessalie, Thessalonique , Tyr, et Velie en Calabre.
Voici d'autres symboles du même genre, recueillis dans Montfaucon ', d après les médailles.
Antioche, Une femme tourrelée et un autel flamboyant.
Apamée en Syrie. La tète de Bacchus et un thyrse au revers.
Chlo. D'un côté, une tête d'Homère, de l'autre, un spliinx et une lyre.
Colchos, Un aigle qui se bat contre un dragon.
Cor/bu. Une tète couverte de la peau d'un lion, et au revers la proue d'un navire.
Ile de Cos. Une jeune tête d'Hercule couverte de la peau du lion, au revers ime massue sous un cancre.
V Épire. La tête de Jupiter, et un aigle au revers.
VÉtolie.\jà tête de Mercure, et un sanglier.
Ile (ï Eubèe. Une tête de bœuf.
Gnossus en Crète. La tête de Jupiter et de Minos , et le labyrinthe carré.
Héraclée en Macédoine. Un casque d'un côté , un bouclier de l'autre.
La Judée. Un palmier.
' iMoNTKMTON, /Vritlcj. cxpl., i '^'" pariicjiv. v, ch. 9.
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Lacédémone. Castor et PoUux à cheval.
Ile de Paros. La tête de Méduse, et un bœuf au revers.
7/e de Samos. Ordinairetnent une Junon; quelcjnefois une amazone tenant une couronne.
Thèbes en Béotie. Un pot à deux anses, et le bouclier béotien.
Les Thespiens. Une muse et une lyre.
La Sicile, appelée' 7>mocriVi, est représentée par trois jambes pliées en arrière, également espacées, et réunies à une tête par le sotnmet des cuisses, emblème indicatif des trois promontoires de cette lie triangulaire; efatre les jambes sont autant d*épi§, symbole de la fertilité du pays.
Les trois Gaules, la Belgique^ la Celtique et FAquitaniqùe , s'appelaient aussi : Braccaia (où Ton porte des braies), Comata (aux longs cheveux) , et Togata (où l'on porte là toge romaine).
Voici une application symbolique de villes personnifiées, qui constate une grande restauration, d^heureuse et bienfaisante mémoire, faite dans TAsie-Mineure par les Romains. En 1698 on découvrit à Pouzzole, près dé Naples, un beau piédestal , malheureusement dégradé , d'environ I mètre 80 centimètres de longueur sur t mètre i5 centimètres de largeur et de hauteur, dont rinscriptioil mentionne le rétablissement par l'empereur Tibère , de douze villes d'Asie, ruinées sous son règne par tin tremblement de terre.
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Les figures des bas^reliefs représentent symboliquement ces douze villes, dont le^ noni|$ sont écrits au pied de chacune. Tacite rapporte Tévéuement à l'an de Boipe DCCLXXX, et i^omine ces douze villes. Sur le mpnuipefit , les figures et les noms sont au nombre de quatorze , tandis que Tacite ne comprend point Épfy^p ni Cybiray mais: Sardes ^ l^agnésie, Philadelphie. y Tmolus, (le mont) y Çyme^ Te1^^oSy Marine y j^pollonietn Phrygie^ Hircanie en Lydie, Mosthçae en Lydie, OPgé en Ëolid, et HiérocésMrie.
Ce document, doublement historique , apprend par l'inscription f que U république rétabli^ les jeux nommés j^agusfaies , en l'honneur de Tibère fils d'Auguste, petit-fils de Jules^ésar, souverain pontife, lorsqu'il était co|isul pour la quatrième fois, eippereur pour ^ huitième, et la trentedeuxième 4nnée de S£^ dignité fribuni^eifne.
Le culte asiatique de Mithra ou Mitbras, c'està-dire du soleil et du feu, fiit transporté à Roine« Suivant la mythologie des Perses , Mithras était né d'une pîerr^. (Le feu se tire en effet d'une pierre.) Ce culte y, devînt célèbre surtout dans le troisième siècle de notn$ ère. Le^ Ron^ains re^ sentaient Mithras le plus ordinairement fous la figure d'un jeune homme , coiffé de. la tiare persi* que, espèce de bonnet phrygieq, vêtu d'une tunique et d'un manteau flottant, à l'entrée d'une caverne; il enfbfice un poignard dans le cou d'un
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taureau qu'il tient sous ses pieds. Plusieurs signes du zodiaque et autres constellations accompagnent le groupe, tels que le Scorpion, le Cancer, le Lion, le Chien et le Serpent. On voit un bas-relief de cette espèce au musée du Loiivre à Paris. C'est une description symbolique dès propriétés et des opérations du soleil. Montfaucon explique ces symboles et les accessoires '.
Les anciens Américains avaient aussi leurs figures symboliques, pour exprimer et pour transmettre à la pensée les faits, les époques, par la représentation des objets.Le savant Humboldt nous apprend {Fuesdes Cordillières)que dans les savanes de la Guyane, sur les rivés de l'Orénoque, sur le plateau des Cordillières, etc. , on voit des rochers granitiques couverts de figures d'animaux et d'autres caractères symboliques.
SYMBOLES DIVEBS.
J'ai déjà fait connaître , dans le Mémoire cité à la page 4' 3, un grand nombre de symboles et d'attributs adoptés par les anciens et confirmés par leui^s médailles, concernant les divinités priu-. cipales et secondaires, les provinces et les cités, enfin d'autres symboles particuliers tirés des corps célestes , des différents règnes de la nature^
> MoNTFAiTcoif , Antiq. expl., t. i, a* partie, liv. v, p. 373 , 374, etc.
/| \^ iu«:rifKiu.fii s
el (les choses artificielles. J'ajouterai , au sujet du serpent, ([ui, chez les Grecs, était reml)lèrne (lu soleil ou (l'Apollon, et de la médecine, dont \pollon était le dieu, ainsi qu'Esculape son fils, qu'on en ornait les sièges, les vases, les tables, etc. Hérodote, en parlant des dépouilles que les Gr(»cs victorieux avaient pris(\s sur les l\îrses après la bataille de Platée, dit: «Ils mirent ensemble Tar- (( gent et en prirent un dixième pour le dieu qu'on <( lujnore à Delphes. Us firent de ce dixième un v< trépied d'or, qu'ils lui consacrèrent, et (ju'on (c voit présentement sur un serpent d'airain à trois •c têtes.» Montfaucon pense, a|)rès Pausanias, (]ue ce trépied était un vase soutenu par un serpent ou dragon à trois tètes. C'en est un semblable (jue Constantin-le-Grand fit exécuter sur le modèle de celui de Delphes, et qu'il pla(;a dans l'hippodrome de Constantinople '.
Enfin, on peut ajouter aux différents siijets symboliques , les signes ou caractères que les modernes ont empruntés des Grecs ou des Arab<\s, et ([iw Tastronomie, la chimie et la liturgie ont reproduits concurremment; par exemple:
Les planètes sont symbolisées de la manière» suivante : Saturne pai' le signe f, , lequel parait désigner la faux du tem|)s (pii moissomie tout;
Mn.M I K\ <:<>.x, \iiin|, «'\|>1., I. II, I " |i.irli(«, ii\ . ni. j>. i >f>,
HlSTORIGO-MOlirUMÈNT ALES. 4 > 9
Jupiter par le signe ip, initiale du nom grec de ce dieu; Mars par le signe cf , uiï jaVelot ou une flèche avec un bouclier; Vénus par le signe 9i un miroir avec son manche; Mercure par le signe "X*, un caducée; le signe $ est le symbole de
la terre ou du monde. Scaliger assure qu'on trouve ces mêmes caractères gravés sur plusieurs pierres et bagues très-antiques.
Les métaux connus des anciens sont* indiqués : Tor par le signe 0, emblème du soleil ; Targent par le signe ^ , c^est-à-dire la lune ; le plomb pat* le même signe que Saturne; Tétain par celui de Jupiter; le fer par celui de Mars; le cuivre par celui de Vénus ^ et le mercure par celui du tnessager des dieux.
La liturgie , alliée de Tastronotnie , désigne les jours de la semaine par les noms du soleil ' , de la lune , de Mars , de Mercure , de Jupiter , de Vénus.
Le même signe étant donc susceptible de plusieurs applications, on doit être attentif à leur détermination dans les sujets , soit antiques , soit modernes.
' Le Disul ou Deiz-sul des Armoricains , le Dies soiis , Dies Domini, ou Dominicay des Latins.
flXO RFCHFIICHIS
ARCfnrj CTiKi: imttativf.
Vitruve, en expliquant rorii^ine des ordres grco de rarcliitecture, dit, an sujet du dorique et de rionu|ue , (jue |)Our mettre en rapport la base* avec la hauteur de leurs colonnes, on iniaijina d'v appliquer la njèuje |)roportion qui s(» trouve entre le pied humain et le reste dri corps : ainsi le pied de Tliomme faisant environ la sixième partie de sa liaulenr totale, on donna d'abord à la colonne {lorique six de s(^s diamètres; cette hauteur, qui fut ensuite augmentée, ne satisfit point encoitî le troùt des anciens Grecs. Les Ioniens suivirent la même méthode; njais afin de rendrt^ la nouvelle colonne de cet ordre plus élégante, ils prirent pour modèle le corps de la femme, en adoptant le rapport de huit à un , lequel fut aussi aui;menté. Les cannelures dont ils orrièrent cette colonne avaient , dit-il, pour but d'imiter les plis de la robe des fenujies; les volutes du chapiteau représentaient les boucles latérales de leur coiffure ' , et les moulures (jui ceignent la base rappelleraient la chaussure des lemmes.
' Montfaiiforj Anll(|. «'\j)|., t. m, |>l. \v duiinr \c <^•N^lll (rnii iuan hiistr ilc 1( inmc iiîcoriinic, vu domi-ho^Sf sur un ImimI ()I;U, (loul la Ixllc rluvcluir, ai tistiMUt-nt an aiii^ri- .txor i^nul tf iiîu* MUic (If (iiL'nilc, pri'sruti* nut le (rout cl los tenijn-'^ dcu\ laiLit''^ boiulrs t)U nuIuUs, IrèN-aualoj^uis à ct*llc\> dont
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Nota. Le type et le costume des paysannes finistériennes (ancienne Armorique), principalement dans les environs du chef-lieu , seraient assez exactement représentés par la colonne de Tordre paestum-dorique» bien étranger sans doute à la contrée , dont les proportions ' et l'élargissement inférieur s'accordent avec la taille et la mise desdites femmes, les cannelures imitant, avec plus d'exactitude qu'en lonie , les plis serrés et uniformes du cotillon , et lie profil saillant du chapiteau correspondant aux larges coiffures de ces Armo^ ricaiues. On ne me reprochera point, à cette oc^ casion , l'enthousiasme ni la partialité d'un compatriote ; car la similitude n'a rien de flatteur.
on vient de parler. Ce buste , dit-il , appartenait en 1757 au cabinet da maréchal d*£strées. Mais cet ouvrage est-il un antique?
On a vu, de i8a8 à 1 832, une mode française analogue à cette roiffure ionienne : c'étaient de très-larges boucles de cheveux volutées sur la tète à la hauteur des tempes yune dé chaque c6té. Mais la mode n'a de national en France que sa versatilité. L'empire de la mode commence néanmoins à s'y naturaliser; la mode ne s'y borne point aux habillements: la mode envahit la politique, l'administration, les finances, la littérature, les arts. La science médicale n'a-t-elle point sa mode nouvelle? Les hautes sciences même ne sont-elles pas plus ou moins tributaires de la mode, sous le rapport des nomenclatures et des systèmes ? Que dirais-je enfin de l'intrigue , de l'hypocrisie, elc?...
' Le rapport moyen de la colonne a son diamcfri' est à peu près quintuple.
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£G|ilTUREi> ORIEUTALES.
Ob sait que les écrimres dfis langues orientales, même sur les médailles , fareqt primitivement et sont en général rangées de droite à gauche , ce qu'on appelle d'orient en occident. L<es Grecs avaient adopté la marche alternative > p^ lignes de droite à gauche, de gauclie à droite, etc, , effectivement plus commode pour le lepteyr. Cette méthode était nommée BOÏJTPO^SAON ( bQUstfophédon)^ pairce qu'en écrivant ainsi on suivait le même ordre que ]e laboureur traçant les sillons, lequel passe alternativement de la droite à la gau* che et réciproquement. Pausanias dépeint comme il suit cette ancienne manière d'écrire :
ce On commençait , dit - il , la seconde ligne où « la première finissait, la main inoûtant sur le papier « la course du diaule. »
Nota: Le diaule était une double course , qui consistait à parcourir le stade dans un sens , et à revenir vers le point de départ.