‹ Recherches historiques et statistiques sur l'intempérance des classes laborieuses; et sur les enfants trouvésChapitre 33 sur 49 · PORTUGAL · texte numérisé non relu

PORTUGAL

Ce qui concerne les enfants trouvés en Portugal , est encore moins connu qu’en Espagne : c’est-à-dire que les

Portugais , quoique très-soigneux en général dans P administration de leurs hôpitaux, sont encore arriérés pour ce qui regarde ceux de l’espèce dont nous nous occupons.

Suivant d’Hautefort % les maisons de charité de ce pays, n’étant pas assez riches dans les provinces frontières de l’Espagne, pour soigner les enfants trouvés exposés, on prenait le parti de les abandonner. Le ministre espagnol, Carapo-Manès, instruit de ce désordre, envoyait acheter en secret ces enfants, et on les vendait 80 francs quand ils avaient eu la petite vérole. Dans le cas contraire, le prix n’était que de moitié.

Quoiqu’il en soit, ce sont des femmes que l’hospice charge de distribuer ces enfants dans les environs de Lisbonne. Elles les emportent d’ordinaire , dans des paniers , et des abus, tels qu'ils ont conduits leurs auteurs sur l’échafaud , paraissent être résultés de cet état de choses.

La reine, aïeule de celle qui occupe le trône aujourd’hui, touchée de compassion, avait fondé, peu de temps avant sa retraite au Brésil , une association de dames nobles, sous l’invocation d Isabelle, pour surveiller l’allaitement et l’éducation des enfants trouvés ; mais cette institution est tombée avec celle qui l’encourageait de ses exemples et de sa bienfaisance.

Ainsi, en Portugal, en Espagne, en France, les femmes se sont montrées partout les mêmes. Partout, leur cœur

1 Coup d’œil sur Lisbonne et Madrid, p. 20 et suiv.

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compatissant s’est vivement ému à l’aspect des malheurs de l’enfance abandonnée, et l’on voit si Louis XIV comprit bien quels services elles pouvaient rendre par leur intervention dans F administration de l’hospice , qu’il fonda en 1670 à Paris.

En 1819, les enfants trouvés étaient au nombre de 5,600, dans une partie du Portugal 1 . 11 paraît avoir été plus considérable en 1825. Quant à Lisbonne, le nombre moyen des enfants trouvés qui y ont été recueillis, a été, de 181 5 à 1819, de 2,050. Or, comme le nombre des naissances y a été pendant les mêmes années de 7,800, terme moyen, le rapport entre les enfants trouvés et les naissances se trouve être de 26,28 sur cent.

Avant de terminer ce qui concerne les États du midi de l’Europe, nous devons faire remarquer d’après les calculs de M. de Châteauneuf, p. 33, que Rome, Lisbonne et Madrid, situées dans un climat chaud, au milieu de pays où les mœurs passent pour être relâchées, ne présentent, sur un total de 16,400 naissances , que 4,300 enfants abandonnés ou 26 sur cent à peu près • tandis que Vienne, Pétersboug et Moscou, prises ensemble, donnent , comme nous l’établirons bientôt , une proportion de 30,8 sur cent : ou 8,500 enfants trouvés, sur 27,000 naissances.

A quoi tiennent ces différences, et le Nord aurait-il, contrairement à l’opinion commune, des mœurs plus re-

Essai statistique sur ie Portugal par de Balby, t. 1, p. 208,

lâchées que le Midi, ou bien existerait-il plus de misère sur les bords glacés de la Newa, que dans les plaines arides de la Castille? La solution de pareilles questions dépend de la connaissance d’un si grand nombre de circonstances statistiques, que les éléments manquent encore pour l’obtenir.

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