DESCRIPTION DU LIEU ÉTYMÔLOGIE DU NOM I
guilhe et d'Espaly surmontés de leurs sanctuaires.... A gauche, au sud-ouest, voici la riante vallée de Coubon, les ruines du prieuré Saint-Maurice-de- Maniaure et le pic derrière lequel s'abrite Bouzols, « le principal manoir autrefois d'une grande seigneurie, la vigie du Velay sur le Vivarais (^). »
Au midi, dans la vallée de la Gagne, voilà la Roche- Rouge, qui se détache sur le fond vert sombre des bois de pins; puis^ à quelques centaines de mètres, autour d'un mamelon basaltique, le village de Servissac, dont vingt hobereaux se sont disputés la seigneurie ; enfin une série de montagnes qui vont s'étageant les unes sur les autres jusqu'au géant des Cévennes, le Mézenc.
Revenons à Doue.
Les origines de ce lieu, y compris Tétymologie du nom, sont très incertaines. Ce nom singulier, que l'on écrit toujours en latin Doa, est diversement orthographié en français, suivant les époques. Nous avons relevé les formes suivantes : Doe, Doë, Douhe, Doue, Doue; cette dernière est la seule reçue aujourd'hui.
Quelle en est l'étymologie? M. Chassaing pense que c'est un mot celtique dont il est difficile de pénétrer le sens ^^\ Un étymologiste distingué, que nous avons consulté, fait venir Doa de ducta {aqua)y eau
U) Du MoLiN, Baronnie de Bou:(oh, p. 3.
(2) Ann. de la Société académique du Tuy, xxxil, p. 126.
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conduite, source captée pour le service des habitations voisines : Doue, en effet, quoique situé sur une hauteur, a des sources abondantes. Enfin, M. le chanoine Sauzet croit que Doa dérive de Domina par une suite de syncopes très naturelles : Domina, TDomna, Dona, Doa (^). Cette explication, qui ne contredit pas la précédente, a bien sa valeur, car elle s'accorde avec l'histoire. Au commencement du douzième siècle, avant la fondation de l'abbaye dont nous allons parler, il y avait à Doue un oratoire, Sacellum, dit la Gallia Chrislianay une église champestre, dit le Frère Théodore, dédiée à Notre-Dame, Domina ^^i.
Cette église, perdue au milieu des bois, sur une montagne , relativement loin de toute habitation, avait été bâtie par Raymond et Guillaume de Saint-Quentin, ces mêmes seigneurs d'un village voisin qui, en 1138, sous l'épiscopat de Humbert d'Albon, établirent, près de ce sanctuaire^ pour le
(i) Ânn. de la Société académique du "Puy, xxxii, p. 126.
(2) Frère Théodore, Histoire de l'église angélique de N.-D. du Puy, p. 260. — Le sanctuaire de Doue, dédié à la Vierge Marie, n'aurait-il pas, comme beaucoup d'autres, remplacé le culte rendu aux sources et aux fontaines ? Nous savons par Pline {Hist. nat., lib. XXXI, cap. 2) et par Varron (Bulliot, Ex-Voto de la Dea Bihracte), que les Celtes et les Gaulois honoraient l'eau des sources et des puits. Nous savons aussi que, partout où sa mère devait être honorée, le Très-Haut a fait jaillir l'eau limpide, symbole de la pureté de la Vierge Immaculée (N.-D. d'Orcival, par M. le chanoine Mallet, cli. i. Lille, Desclée, 1894.