SES PRIVILEGES 4I
siège abbatial d'un monastère de l'Institut un religieux d'un Ordre étranger. — - L'évêque diocésain ne doit pas différer de donner la bénédiction abbatiale à un chanoine de TOrdre validement élu et confirmé.
— L'abbé récemment élu doit être présenté à l'Ordinaire, mais il ne doit pas être examiné par lui. — Si l'évêque refuse de bénir l'élu, celui-ci peut entrer en plein exercice de sa dignité de par l'autorité suprême du Saint-Siège. — L'abbé n'est pas tenu d'assister au synode diocésain en personne ; il peut se faire représenter par un procureur. — Il peut révoquer les religieux curés de son abbaye et les faire rentrer au monastère. — Il peut présenter ses chanoines aux ordres sacrés, à tout évêque en communion avec le Saint-Siège apostolique, si l'Ordinaire est empêché, ou refuse de conférer les ordres aux religieux présentés.
— L'abbé peut placer dans les églises paroissiales qui relèvent de l'Ordre, trois ou quatre chanoines, dont l'un est présenté à l'évêque comme curé. — Enfin, il a le droit d'infliger les censures ecclésiastiques et d'établir des cas réservés.
c) Privilèges relatifs aux religieux et aux monastères.
— Nous n'en mentionnerons que quelques-uns : Les religieux Prémontrés peuvent obtenir des bénéfices à charge d'âmes, cures et autres. — Les monastères de l'Ordre ne peuvent être donnés en commende. Les éghses de l'Ordre peuvent être consacrées par tout évêque catholique. — Les prêtres de l'Ordre,
pourvu qu'ils soient approuvés, peuvent entendre la confession et absoudre tous les serviteurs employés dans les monastères de l'Institut. — Les chanoines Prémontrés peuvent établir des églises ou chapelles dans les fermes, granges et établissements dépendant de leurs domaines, — Nul ne peut leur ôter soit leurs églises soit leurs autres biens. — Ils peuvent accepter des héritages, meubles ou immeubles. — Les curés de l'Ordre ne sont pas tenus de rendre compte du temporel de leur cure à l'Ordinaire, mais seulement à leur prélat.
B. — Privilèges particuliers de l'abbaye de Doue. — La Gallia Christiana, qui se plaît à énumérer les privilèges de l'abbé, met au nombre des plus' considérables celui d'avoir la première stalle dans le chœur de l'église du Puy, après les stalles des quatre dignitaires, c'est-à-dire après celles du doyen, du prévôt, du préchantre et du fordoyen (^) ; et même, le jour de son installation, l'abbé de Doue était placé avant eux. Nous verrons que ce jour-là, Jean de Burianne alla s'asseoir dans la stalle la plus rapprochée "du trône épiscopal, collocatus est in stallo chori sedi episcopali proximo. Le chapitre faisait toujours à l'abbé de Doue une réception très solennelle, lors de sa première
CI) Gall. Chrîsf., II, col. 686. Le préchantre et le fordoyen étaient les abbés de Saint-Pierre-Latour et de Saint- Vosy. Mandet dit à tort (Hist. du Velay, II, 305) que Tabbé de Doue prenait rang seulement parmi les choriers ,