‹ Recherches historiques sur l'Abbaye de Doue [microform]: et sur les prieurés qui en dépendaientChapitre 42 sur 78 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Les abbés de Doue de 1481 à 1560. — Jean VI de Burianne : visite à Doue de Humbert de Monthermès, abbé de Prémontré^ général de l'Ordre; l'abbé de Doue siège aux stalles du Chapitre dans la Cathédrale du Puy ; il transige avec la Maladrerie de Brives. -~ Thomas Duron : il siège parrai les chanoines du Puy. — Claude de Burianne : ses rapports avec la famille de Môntanhac ; il siège parmi les chanoines du Puy ; il est nommé par le Pape protecteur de l'abbaye . de Bellecombe ; il fait des arrangements avec le seigneur de Bouzols et les habitants d'Orzilhac. — Jean VII de Burianne : transactions avec la famille de Môntanhac et les habitants d'Orzilhac ; accord avec les habitants de Saint-Germain- Laprade au sujet des dîmes de la paroisse; il termine un différend survenu entre l'évêque de Viviers et le Chapitre N.-D. du Puy.

UELQ.UES années avant sa mort, Mathieu de Burianne avait résigné la charge abbatiale en faveur de son neveu Jean VI de Burianne, prieur de Saint- Germain-Laprade, qui fut le vingt-quatrième abbé de Doue.

Peu de temps après ravènement de Jean de Ba-

rianne, le monastère norbertin eut la visite de R. P . en Dieu et seigneur Humbert de Monthermès, abbé de Prémontré, supérieur général de tout l'Ordre, conseiller, confesseur et aumônier du roi. La présence de l'abbé de Prémontré à Doue et dans notre pays fut signalée par un fait que nous ne pouvons passer sous silence. Jean de Burianne, abbé actuel, modernus, de Doue, et Mathieu de Burianne, usufruitier et administrateur perpétuel de l'abbaye, profitent du passage du supérieur général pour récompenser comme ils le méritent, les longs et désintéressés services des Montanhac, notaires du couvent de temps immémorial. A cet effet, ils passent en leur faveur, devant notaire, l'acte important qui suit :

« L'an de l'Inizarnation 1481 et le vendredi, 21 avril, au règne du seigneur Louis, roi de France, sous Tépiscopat de Jean de Bourbon, évêque du Puy, les trois abbés susnommés reconnaissent que Raymond de Montanhac, bachelier ès-droits et notaire du Puy, a, pendant trente ans^ sauvegardé avec un zèle audessus de tout éloge les droits, franchises et privilèges de l'abbaye de Doue ; qu''il a dressé un terrier ou registre complet des cens dus au monastère; qu'il a fait et passé tous les actes, moyennant une seule messe annuelle à célébrer pour le repos de son âme ; que Bertrand et Benoît, de Montanhac, son aïeul et* son père, ont pendant cent ans rendu les mêmes services au couvent ; que, enfin, ledit Raymond a, depuis

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vingt ans, acquis et amélioré à grands frais et à force de travail des vignes situées sous le monastère et appelées Las Vinhassas, au milieu desquelles il a construit avec pierres, chaux et sable, une maison forte," bénite par R. P. Mathieu de Burianne, alors abbé de Doue •

« Pour toutes ces raisons, lesdits abbés, du consentement et en présence de Jean Tholomac, procureur général de tout l'Ordre^ et de Vital Achard/vicaire de Saint-Germain-Laprade et procureur du monastère de Doue, ratifient ce qui a été déjà fait en faveur de la famille de Montanhac, et de plus permettent à Raymond et à ses successeurs :

« i** D'habiter la maison- forte qu'il vient de construire; . •

« 2° De prendre dans la forêt de Doue tout le bois nécessaire à son chauffage ;

« 3° De faire paître son bétail et son troupeau avec ceux de l'abbaye.

« En retour, Raymond de Montanhac se reconnaît le vassal des abbés de Prémontré et de Doue, et déclare tenir d'eux en fief franc et noble sa maison et sa propriété de Montanhac . 11 en. rend sur-le-champ hommage, et, en signe de reconnaissance féodale, il donne à genoux aux abbés, le baiser de paix, genibus flexis, osculo pacis interveniente^ et prononce, la main sur les saints Evangiles, le serment de fidéUté. Les abbés, en gage de leurs promesses, portent la main à la poitrine à la manière des prélats, more prelatorum-

« L'acte est passé au Puy, dans la maison abbatiale de Doue, en présence d'Antoine Ranoyat, chanoine du Puy ; Jean Achard, frère carme ; M^ Pierre Montagne, notaire de Craponne; Pierre Boyer, savetier ; Jean et Jacques Massiot, père et fils, selliers (0: »

Le i8 novembre 1483, Jean de Burianne se dirige, mitre en tête et crosse en main, vers Féglise cathédrale du Puy où il est reçu en grande pompe, à la manière accoutumée par le doyen, le prévôt, lé préchantre^ le fordoyen Pierre Boyer et tous les chanoines auxquels il prête serment de fidélité. Il prend ensuite place au chœur dans la stalle voisine du trône de Y éYèquQ, deinde collocaius est in stallo chori sedi pontificali proximo i^) . • -

Le 24 janvier 1484, Tabbé de Doue réunit en Chapitre tous les religieux profès et chanoines réguliers de son abbaye, à savoir : Mathieu. Berbigier, sacristain et prieur claustral, Antoine du Sap ; Jean Pohsier et Jean Lashermes, celui-ci originaire de Goudet. Tous, d'un commun accord et par acte authentique passé devant M® Montanhac^ notaire au Puy, autorisent firère Vital Achard, chanoine régulier du monastère et vicaire claustral perpétuel du prieuréde Saint-Germain-Laprade, dépendant de Doue, à donner à perpétuité aux vicaires, ses successeurs, la

\i) oirchives départementales de la Haute-Loire, f. de Doue. Voir aux Pièces justificatives, n° 15." (2) Gallîa Christiana^llf col. 772.

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petite maison qu'il a fait construire à ses frais et dépens à Saint-Germain, ainsi que toutes ses dépendances, écurie, grange et jardin (i).

Jean VI de Burianne vit se terminer un long procès intenté par les religieux de Doue aux administrateurs de la Maladrerie de Brives et au seigneur de Bouzols « pour raison de certaine isle qu'ils avaient à la rivière de Loyre ». Les pièces de ce fameux procès, rédigées en latin, se trouvent aux Archives départementales de la Haute-Loire (2) ; elles ne comprennent pas moins de quatre-vingts pages in-quarto, d'une écriture très serrée. Nous nous contentons d'en donner une rapide analyse.

L'an du Seigneur 1488 et le vendredi, 27 août, sous le règne de sérénissime prince Charles (VIII)^ par la grâce de Dieu, roi de France, à la première heure du jour, près de la tour du pont de Brives, en présence d'excellent homme Guillaume Dolezon, docteur ès-lois, commissaire à ce désigné par le roi, siégeant sur un. escabeau de bois, super quoddam stannum fusteum, qui lui sert de tribunal, comparaît personnellement vénérable homme frère Vital Achard, syndic de l'abbaye de Doue, ayant procuration du R. P. en J.-C. Jean de Burianne, bachelier ès-décrets, abbé dudit monastère.

(1) Archives de la Fabrique de Saint-Germain- Laprade,

(2) Fonds- de Doue.

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Jean de la Farge, licencié es lois, avocat au Puy, prend ensuite la parole au nom de l'abbé et des religieux. Il lit un acte reçu M^ Raymond de Montànhac, notaire, le 15 janvier 1483, par lequel le couvent de Doue, composé de Tabbé Jean de Burianne, Mathieu Berbigier, prieur conventuel^ Vital Achard, Jean Centenat, Antoine Baraton, Jean Lashermes et Jean Ponsierj chanoines, convoqués en chapitre au son de la cloche, suivant l'usage, avait nommé pour défendre ses droits vénérables et discrètes personnes M^ André Dompnini, notaire de Chapteuil, baile du rnonastère, Jean de la Farge^ Jean Cornut, Jean Ferrand, Barthélémy Descours, Jean Amblard, Guilhaume Montanhac, avocats licenciés, Raymond de la Farge, Bertrand Rival, Marc Charreyre^ Mathieu Chauchat^, Guillaume Pélissier, Jean de Girolis et Jean Marques, clercs de notaire.

Lecture faite de la procuration donnée par le chapitre de Doue aux hommes de loi, dont les noms précédent. Vital Achard^ syndic, et Jean de la Farge^ avocat, disent que le- couvent possède plusieurs tènements et, entr'autres, une petite île composée d'arbres et de pacages;, située au milieu du fleuve de Loire^ au-dessus du pont de Brives^ dont il a toujours joui pacifiquement et sans conteste tout le temps requis pour une légitime possession ; que, nonobstant cela, un certairi Guigon Remoroscle, récemment pendu pour ses méfaits, l'a troublé dans la possession

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